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Ecosia : Le Moteur De Recherch

26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 10:23

Un petit document étonnant et réjouissant sur cet orphelinat hors du commun ou des personnes se dévouent pour sauver ces petits ètres sans défense que sont les bébés paresseux . Ces animaux sont -ils là pour nous rappeler à notre vraie humanité ?

 

 

 

 

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 11:18

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 Il s' y trouve différents articles propices à la réflexion que je trouve intéressants à lire .

 

Bien à vous ,

 

Dominique

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 11:37

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Des entretiens video  avec ce philosophe décidément bien sympathique , ou l'on retrouve ce langage clair et simple ,présent dans la plupart de ses ouvrages .

 

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Septembre 1958, dans une station balnéaire. Face à la mer montante, un étudiant de 19 ans est submergé d’un bonheur étonnant. Avant de se retirer, elle lui laisse l’écume de sa Philosophie tragique (PUF, 1960), son premier essai. "Voilà comment, en une nuit, je suis devenu philosophe!" Dès ce livre de jeunesse, Clément Rosset inaugure le "paradoxe de la joie" : "Etre heureux, c’est toujours être heureux malgré tout." Car "la joie, nécessairement cruelle de par l’insouciance qu’elle oppose au sort le plus funeste", est "l’approbation inconditionnelle de l’existence".

Sans raison, ni pourquoi elle est "alogon". "La joie est, par sa définition même, d’essence illogique et irrationnelle." Et c’est là sa force majeure. L’homme joyeux demeure incapable d’expliquer son bonheur, indicible. Faim d’un réel inappétissant, la joie tragique est "une folie qui permet paradoxalement - et est seule à le permettre - d’éviter toutes les autres folies". Telles que les passions, qui se toquent d’amour fou. "La passion marque l’emprise ordinaire du fantasme du double sur la perception du réel", qui pourtant est "idiot", soit, étymologiquement, simple. Tant chez Euripide que chez Racine, la passion a pour effet "d’éloigner de soi l’objet de ses vœux, […] de transformer un objet présent en un objet absent". "Phèdre ne désire pas. Elle est totalement indifférente à Hyppolite", s’amuse Rosset, qui a le goût du paradoxe.

Un "appoint" du bonheur

Calciné en abstraction, l’objet absent continue pourtant d’enflammer la passion, par négation : "Ma faim qui d’aucun fruit ne se régale", regrette, amer, Mallarmé. Dans la fine bouche de Rosset, la passion garde le même arrière-goût que la privation du poète. Pourquoi alors cette "petite lettre" glissée sous le paillasson peut-elle rendre fou ? L’épreuve de la rupture morcelle le moi, jusqu’à ce que cette "expulsion hors de soi" engendre une cessation d’être. N’étant plus le moi que je pensais être, je ne suis plus rien.

"Tu m’aimes donc je suis"
, ferait battre un cogito transi. Mais loin de tout repli narcissique, le bonheur repose bien loin de soi. "Qui souvent s’examine n’avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte", provoque Rosset dans Loin de moi (Minuit, 2001). Demeure alors une joie qui n’a plus d’objet privilégié, tel l’amor fati. Cet "appoint" du bonheur demeure pourtant le punctum pruriens de la philosophie, le point où toutes les pensées viennent "pourrir".

Car, au fond, l’homme joyeux "est toujours parfaitement incapable de dire pourquoi, ni en vue de quoi il vit - et cependant il tient désormais la vie pour indiscutable et éternellement désirable". Si, depuis Hésiode, "les dieux ont caché ce qui fait vivre les hommes", c’est que la joie demeure un "mystère". Et dans ce secret dissonant de l’homme au réel, Rosset souffle la dernière note à Mozart : "Au moment du couperet, Mozart sera mon dernier mot" car "une joie comprise est toujours moins profonde qu’une joie incomprise".

Pour aller plus loin

L’Ecole du réel (Minuit, 2008) 
De Platon à Heidegger, la philosophie pense la différence entre l’être et la réalité. Avec Clément Rosset, pas question de fuir le réel dans des illusions : le tragique de l’existence humaine est que le réel est là sous nos yeux. L’école du réel réunit des textes fondamentaux qui (re)donne goût à cet ici-bas inappétissant.

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 10:55

idées [ Article paru dans le journal " L 'Humanité " du 7 Juin 2005 ]

La raison des choses selon Wang Fuzhi

Histoire des idées. Commentant l’oeuvre du philosophe chinois, le sinologue Jacques Gernet invite à découvrir un mode de pensée rationnelle qui ne craint pas la contradiction.

La Raison des choses :

essai sur la philosophie

de Wang Fuzhi (1619-1692),

par Jacques Gernet, Gallimard, 2005, 440 pages, 27,50 euros.

En 1644, l’empereur de la dynastie Ming Chong Zheng, après une insurrection populaire, est contraint de se donner la mort dans l’actuel parc de Jingshan à Pékin. - Passé cinquante ans de désordres - sociaux et institutionnels, les Mandchous prennent officiellement le pouvoir dans l’empire du Milieu (à majorité peuplé de Hans - NDLR). L’installation de la nouvelle dynastie barbare (les Qing, 1664-1911) provoque de nombreux mouvements de résistance. Certains intellectuels et fonctionnaires d’État, dès les dernières années du sixième siècle, avaient dénoncé la corruption des institutions et s’étaient opposés au pouvoir « tout-puissant » des eunuques de la cour des Ming. Selon ce groupe, la dégradation des moeurs avait entraîné une crise sociale à l’origine de la chute de la dynastie légitime et de la victoire mandchoue.

C’est dans ce contexte de grande agitation politique que s’inscrit l’oeuvre du philosophe Wang Fuzhi. Issu d’une famille de lettrés modestes, il s’engage à vingt ans dans l’action politique contre le nouveau pouvoir. Ses écrits sont officiellement bannis et il est obligé de se cacher dans le sud-ouest de la Chine. Il y reste jusqu’à sa mort, en 1692, se consacrant à l’étude du Classique des mutations (Yijing) et à la rédaction d’une « somme prodigieuse d’écrits dont il espérait que profiterait un jour la postérité ». Le travail du sinologue Jacques Gernet (*) nous donne par ce livre à connaître l’oeuvre fleuve d’un des plus grands philosophes chinois qu’il accompagne de nombreuses traductions inédites.

La pensée de Wang Fuzhi, qui se réfère à celle du maître Zhang Zai (1020-1078), est fondée sur un retour au concret et à l’interprétation des textes de Confucius. Il critique fortement l’influence du taoïsme et du bouddhisme sur la doctrine confucéenne à partir déjà de la dynastie Tang (618-907) et la façon dont les traditions classiques avaient été réinterprétées au cours du sixième siècle. Il considère ces influences comme la cause principale de l’inertie qui avait caractérisé les dernières décennies du pouvoir des Ming. En particulier, il dénonce le philosophe Wang Yangming (1472-1529) qui avait mis l’accent sur l’intuition dans le processus cognitif. Wang Fuzhi, au contraire, refuse l’idée d’illumination, comme celle d’un innéisme de la sagesse. Contre les théories bouddhistes et taoïstes, et contre la pensée néo-confucéenne, il soutient que le pouvoir d’organisation ou principe (li) est « inhérent aux deux formes de l’énergie universelle (qi), le yin et le yang » et n’est pas indépendant d’elles. Yin et yang ne sont pas deux forces opposées et contradictoires, mais complémentaires, l’une ne pouvant exister sans l’autre. De la même façon il n’y a pas de contradictions dans l’univers, mais uniquement des complémentarités. « L’univers ne cesse de se détruire en même temps qu’il se construit, il n’y a aucun accroissement ni déperdition. » Là où les bouddhistes et les taoïstes voient le vide, Zhang Zai et Wang Fuzhi voient l’invisible en perpétuel mouvement, « énergies et pouvoir d’organisation opèrent en effet à un niveau infinitésimal, inaccessible à nos sens. Nous ne pouvons constater leur action inexplicable qu’a posteriori, car elle ne nous devient visible qu’une fois les êtres constitués ». Wang Fuzhi critique aussi la façon dont bouddhisme et taoïsme avaient dénigré la valeur des perceptions dans l’acte cognitif. Il - affirme que le monde affecté en permanence d’un mouvement de flux et reflux global, asservi à une même « raison des choses », est bien réel (et non une illusion). « Nos sens, affirme-t-il, nous donnent une perception inexacte de l’univers (…), mais bien qu’elle soit partielle, l’image que nous avons du monde est la seule à pouvoir nous aider à comprendre son fonctionnement. »

Mais l’ouvrage ne constitue pas exclusivement un commentaire de Wang Fuzhi. À travers une mise en contexte culturel, historique et linguistique, l’auteur montre la perception différente que la culture chinoise a de la philosophie et des catégories du discours. Il nous présente un panorama du débat intellectuel de la Chine, mettant une nouvelle fois à mal le cliché d’une culture chinoise statique et immuable.

Paola Sandri,

diplômée de langues

et cultures orientales

(*) professeur émérite au Collège

de France.

 

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 22:19

 

 

Un documentaire remarquable sur la disparition des abeilles , un signal d'alarme de la nature qu 'il ne nous est plus possible d 'ignorer . Lien vers le texte explicatif . 

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 11:20

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Les textes de Confucius , Mencius et Siun - Tseu forment la base de l 'ancienne organisation sociale chinoise connue sous le nom de confucianisme . Bien qu 'il ne soit pas en accord avec l 'organisation politique du Parti communiste chinois , le confucianisme , qui prèche l ' harmonie sociale par la pratique de l ' altruisme et de l ' équité , a eu une influence considérable sur la longue histoire de la Chine en tant que nation unifiée .

 

Le confucianisme en tant que moyen de connaissance a été étudié par Huston Smith . En passant en revue les moyens possibles de mettre au point une organisation politique planétaire future , Smith suggère l 'incorporation de la technologie , essentiellement occidentale , de l 'investigation essentiellement orientale du moi et du Moi et de la technique essentiellement chinoise ( confucienne ) de l 'organisation des hommes en société . Il écrit :

 

  Je pense que le concept confucien du Jen  , qui se traduit littéralement  par membre d'une mème tribu , hommes libres ou hommes égaux , est le seul concept social qui pourrait nous aider à nous orienter vers une retribalisation planétaire . A l 'époque de Confucius , le Jen était la vertu de cultiver les relations humaines , de développer les facultés et les aptitudes interpersonnelles et de respecter les droits de l ' homme , ce qui exige souvent la sublimation de sa propre personnalité . Confucius a dit : " Le jen ne doit jamais ètre abandonné , mème si l 'on va s ' établir parmi les barbares . "

 

[ Extrait du livre du Pr Edward Rosenfeld - Le livre des extases - Ed - Marabout - Pages 190  -  191 ]

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 16:59

Prêtre dans le calvados, aumônier en psychiatrie, en prison, coorganisateur d'un café interreligieux. Essayer "de parler en vérité et non comme les scribes".

 

Le CREDO de DIETRICH BONHOEFFER.

Je crois que Dieu peut et veut faire naître le bien à partir de tout, même du mal extrême. Aussi a-t-Il besoin d'hommes pour lesquels " toutes choses concourent au bien ".
Je crois que Dieu veut nous donner chaque fois que nous nous trouvons dans une situation difficile la force de résistance dont nous avons besoin. Mais Il ne la donne pas d'avance, afin que nous ne comptions pas sur nous mêmes, mais sur Lui seul. Dans cette certitude, toute peur de l'avenir devrait être surmontée.
Je crois que nos fautes et nos erreurs ne sont pas vaines et qu'il n'est pas plus difficile à Dieu d'en venir à bout que de nos prétendues bonnes actions.
Je crois que Dieu n'est pas une fatalité en dehors du temps, mais qu'Il attend nos prières sincères et nos actions responsables et qu'Il y répond.
Dietrich BOENHOFFER,
pasteur allemand résistant au nazisme, mort dans les prisons hitlériennes début 1945.
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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 09:29

clément rosset
clément rosset est l'idiot de la famille des philosophes.

ses livres, lui-même le dit, ne sont que des assemblages de pensées d'autres auteurs, reliées entre elles par quelques remarques personnelles. précisons que notre philosophe sait bien que toute pensée se heurte inévitablement à sa propre impossibilité et qu'il n'y a de toute façon pas de délire d'interprétation, puisque toute interprétation est un délire. une fois qu'on a dit cela, on a plus qu'à ranger tous les livres de philosophie et à retourner se délecter des pensées si sublimes & si profondes de bhl ou d'andré comte-sponville (qu'on se souvienne de ce tag qui a figuré un moment sur le socle d'une statue de la place de la sorbonne : "ni comte, ni sponville !" ).

rosset est peut-être le meilleur philosophe vivant, mais ça, on ne le sait pas, ou trop peu, car il est éclipsé par les bavards contemporains, thuriféraires de la modernité, idiots plus ou moins ouvertement au service des partis politiques le moment venu. avec notre philosophe, pas de danger de telle dérive : si, comme le préconisait nietzsche, la philosophie doit être de la dynamite, alors qui pourrait récupérer la pensée de rosset ? - lui qui est étranger à toute idéologie, à la morale d'etat, aux comportements panurgiens et moutonniers ?… oui, la pensée est une bombe à retardement, fût-elle artisanale, bricolée en dehors des chapelles officielles, sorbonicoles ou collège-de-françaises… heureuse université de nice ! qui a reçu pendant trente et un ans l'enseignement du philosophe du tragique et du double ! mais il faut s'expliquer : l'œuvre de rosset a commencé à se coucher sur le papier durant les ennuyeux cours de terminale : ce labeur clandestin a donné la philosophie tragique en 1960, livre scandaleux par son indépendance d'esprit, plus scandaleux encore d'avoir été publié dans la collection quadrige, au cœur même de la chapelle des puf. ce livre est plein de fureurs incontrôlées, de débordements, d'amphigouris, de chaos primordial - l'auteur ne confesse t-il pas dans une préface tardive avoir écrit ce livre en état d'hypnose ? oui, c'est le livre de l'ivresse face à la révélation tragique, au mensonge de la morale, à la confrontation avec l'impensable de l'existence, tout ceci résumé en ce terrible aphorisme : " la providence est la tragédie. " cinq ans après, élève à normale sup', avec comme maître louis althusser, rosset récidive par une lettre sur les chimpanzés, parodie bouffonne de la rhétorique tant scolastique que marxiste-léniniste, où il revendique haut et fort le droit pour les animaux d'être considérés comme égaux aux hommes - à moins que ce ne soit les hommes les plus complètement bêtes…

*

rosset n'a cessé par la suite d'explorer le tragique de l'acceptation de la réalité, inconditionnellement et la fuite de la plupart des hommes, et de presque tous les philosophes, dans le double, cette seconde réalité fantasmatique (d'aucuns disent qu'elle est métaphysique, "humaine, trop humaine" dirait nietzsche.) qu'ont ne cesse de reconstruire par impuissance devant la violence perpétuelle du présent. qui peut dire qu'il a toujours vécu dans l'instant, sans jamais chercher de fuite dans l'éternité. "nous n'avons aucune communication à l'être" nous enseigne montaigne : dès lors, la pensée est cette folie illusoire qui n'aboutit à rien, sinon à dire que le monde nous est étranger. si on ajoute avec rosset que " la réalité est cruelle, mais c'est la réalité ", puisque qu'aucun ordre dans le monde n'est organisé avec comme fin la réalisation de nos désirs, alors comment ne pas se sentir perdu dans une réalité glaçante et suffocante ? la philosophie doit-elle nous donner des raisons de vivre ? certainement pas répondrait schopenhauer. alors qu'est-ce qui peut nous préserver du suicide face aux révélations hideuses que nous impose la pensée du réel ? rien, sinon la jubilation tragique, cette joie qui se passe de toute raison, et qui se nourrit paradoxalement de l'abîme où nous ne cessons de nous engloutir. la joie accepte cette idiotie du monde, soit son indépassable singularité, son identité parfaite, sa pure facticité. cet événement que tu as vécu, ou que tu as refusé de vivre, ne reviendra plus jamais : il s'est produit une unique fois. tout coule, pour le dire dans les termes d'héraclite l'obscur : ce fleuve où tu crois te baigner n'est pas même une fois le même. inutile de chercher un sens au monde : ayons l'honnêteté de reconnaître pour de bon qu'il est insignifiant. face à ce déchirement complet du voile rassurant de nos illusions, que faire, sinon adopter une pratique du pire ? (cf. pratique du pire, puf (encore !) 1971.) la pitié tragique est consciente de la vanité de toute chose, de leur caractère infiniment éphémère. pourquoi se tourmenter à chercher un ordre, une nature, un sens, qui n'a même jamais existé, et dont, en conséquence, nous ne pouvons raisonnablement nous sentir privés ?

soyons joyeux aujourd'hui, sans quoi la vérité nous aura vite poussés au suicide, comme elle fit sans doute avec lucrèce, qui ne put supporter de la contempler. on a bien compris : le message philosophique de rosset est rigoureusement simple. il est un antidote à tout pessimisme, puisque la joie est assez forte pour que nous puissions rire encore même quand la vie se déclare dans toute son horreur. on est toujours heureux malgré tout.

*

que le mauvais lecteur n'aille pas croire que si les propos de rosset sont désespérément simples (car qui veut être philosophe doit apprendre à désespérer), ils sont pour autant simplistes. au contraire, ils sont emplis de clarté, de concision et de profondeur : l'œuvre de rosset est sans doute une entreprise de démystification : il est l'héritier de cette " école du soupçon " dont parle ricœur à propos du trio de têtes marx-nietzsche-freud. on pourra s'étonne d'ailleurs de trouver des propos si sérieux par leur tragique par des références à la littérature, espagnole en particulier (ces espagnols qui avaient tous eu plus ou moins cette intuition quichottesque que l'artifice et la réalité ne sont qu'un). mais pas seulement la littérature, mais aussi la musique -manuel de falla, ravel, offenbach … -, mais aussi le cinéma - rené clair…- et carrément la bande dessinée, puisque l'étude du sparadrap du capitaine haddock ou du village gaulois qui résiste encore et toujours l'envahisseur romain nous apporte de précieuses illustrations sur les thèmes oniriques ou illusoires obsédants. clément rosset n'a écrit qu'un seul livre qui ne soit pas spécifiquement philosophe : il s'agit de route de nuit, où, en successeur de maupassant, il raconte une longue maladie qui l'épuisait des rêves d'un autre - ironie du sort, une espèce de double de lui-même, un cousin du horla, qui hantait son sommeil paradoxale. ainsi la métaphysique s'est elle vengée d'avoir été tenue à l'écart de l'œuvre rossetienne…

ceux qui voudraient trouver dans la philosophie une doctrine facile ou une idéologie peuvent donc passer leur chemin s'ils croisent un livre comme l'anti-nature, le réel et son double ou encore le démon de la tautologie. qu'ils retournent plutôt lire les si célèbres profils bac pour étudiants en galères, ces abrégés qui vous expliquent si bien que chez descartes, " la volonté est infinie, tandis que l'entendement est limité " alors qu'en tout état de cause chez spinoza, ils sont " une seule et même chose ". pour les autres, qui désirent aussi se délasser de la pesanteur universitaire, ils peuvent s'aventurer à lire rosset, quitte à être désarçonnés, pris d'un vertige proprement "métaphysique" devant cette tentative de faire parler notre perpétuelle ébahissement devant l'être. la parole du tragique est sans cesse une invitation au rire jubilatoire.

enfin, disons le, avec clément rosset, la philosophie redécouvre ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : non pas une spéculation désintéressée, ni une œuvre en vue d'une illusoire moralisation, ni un instrument au service d'un quelconque pouvoir, mais une arme de guerre contre les non-dits de la bêtise, une œuvre de libération de l'esprit et une invitation à s'effrayer - et qui sait, à jubiler - devant notre impensable existence.

 

clément rosset sur le ouaibe :

http://www.culturactif.ch/chronique/lachronique.htm : une réflexion critique très intéressante en trois parties, intitulée "jusqu'où peut-on suivre clément rosset ?"

http://www.lemonde.fr/mde/ete2001/rosset.html : la reproduction d'une interview du philosophe, parue dans le monde de l'éducation en novembre 1999. l'auteur revient sur sa vie, sa carrière & explicite plusieurs points de sa pensée du tragique et du double.

http://www.puf.com/resultats_auteur.php?auteur=3918 : une liste des ouvrages de rosset parus aux puf. voir le lien vers le monde et ses remèdes pour le compte-rendu qui en est donné dans charlie-hebdo.

chronique établie par nicolas f. wilhelm

arturo.hyde@caramail.com...

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 11:38

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 04:01
        Vladimir Jankélévitch (1903-1985)

                     Dernière mise à jour: le 15 mars 2010 / Webmaster, Dr Romain Gajo, Université de Fribourg (CH)
                                 Philosophie, musique, morale


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