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Ecosia : Le Moteur De Recherch

8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 22:11

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Edition : Vrin / Mimsis
prix : 28 €

 

 

 

Modeler une pensée capable d’entrevoir la réalité dans son déploiement fugace en une multiplicité d’événements singuliers, en évitant les paradigmes universalistes traditionnels: telle est la question qui traverse de part en part notre temps. Vladimir Jankélévitch a su être à la hauteur d’un tel enjeu. Tout son travail – situé au croisement de divers langages, de la philosophie à la musique, de l’anthropologie à l’éthique – vise à entrevoir le caractère insaisissable et paradoxal des choses. Sans jamais donner dans un minimalisme facile, mais en restant au contraire fidèle à l’exigence d’une plus grande vigilance de la pensée, et ce jusqu’à l’intransigeance, précisément à raison de la complexité difficile du réel.
Le présent volume – qui rassemble, outre les interventions du colloque qui s’est tenu à Rome à l’occasion du centenaire de la naissance de Vladimir Jankélévitch, des contributions nouvelles ainsi que deux textes du philosophe – met en evidence la vitalité d’une telle perspective, en nouant avec elle, en provenance de nombreux spécialistes venus de divers horizons, un dialogue serré et stimulant.

Vladimir Jankélévitch (Bourges 1903 – Paris 1985) a enseigné la philosophie morale à la Sorbonne de 1951 à 1977. Parmi ses oeuvres: Philosophie première. Introduction à une philosophie du “presque” (Paris 1954); Traité des vertus (Paris 1968-72); De la musique au silence (3 voll. 1974-79).

Enrica Lisciani Petrinienseigne la philosophie théorique à l’Université de Salerne, en Italie. Elle a dédié plusieurs travaux à Jankélévitch, et a également dirigé les traductions de plusieurs de ses oeuvres en italien.

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DominiqueGiraudet - dans penser
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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 17:49

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DominiqueGiraudet - dans penser
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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 22:37

Bonjour à toutes et à tous ,

 

Je tiens à mettre au moins une page de mon site pour cette belle association qui s 'occupe

 

si bien de nos amis les chats . Elle les receuille , les soigne , les place . C 'est trés beau que

 

des ètres  s 'occupent ainsi d 'autres ètres vivants en souffrance . Je leur rend modestement

 

hommage en écrivant quelques lignes pour les remercier .

 

 

 

Bien amicalement ,

 

Dominique Giraudet

 

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 21:56

 

 

Contenu du livre :

 

 

 

Résumé

Dans cet essai publié en 1958, l'auteur, spécialiste du taoïsme et du zen, maître à penser de la beat generation, dénonce certaines oppositions qui ont fondé la civilisation occidentale. S'appuyant sur les sages d'Extrême-Orient, il préconise un nouvel art de vivre basé sur le sentir, la spontanéité, ouvrant la voie à une écologie spirituelle et à une sexualité contemplative libérée de l'ego.

Quatrième de couverture

Amour et connaissance

« Le meilleur livre que j'aie écrit, au moins du point de vue littéraire », disait Alan Watts d'Amour et Connaissance. Publié aux Etats-Unis en 1958 sous le titre Nature, Man and Woman, cet essai reste étonnamment actuel. En un style alerte, incisif, plein de poésie et d'humour, l'auteur dénonce un certain nombre d'oppositions arbitraires qui ont fondé la civilisation chrétienne : « moi » et l'autre, bien et mal, amour et connaissance, et surtout esprit (masculin) et nature (féminine) - cette dernière faille étant reliée à toute une problématique sexuelle. A cette conception dualiste, rigide et agressive à la fois envers la femme et envers la nature, Alan Watts substitue la vision souple, unitive, globale des sages d'Extrême-Orient, qui privilégient l'art de sentir, la spontanéité, « la joie intense qui accompagne la révélation que nous sommes éphémères et transparents ». Il ouvre ainsi la voie d'une écologie authentiquement spirituelle ainsi que d'une sexualité contemplative, généreuse, source possible et expression d'Eveil.

Fiche technique

  • Reliure : Poche
  • Page : 248 p
  • Format : 18 x 11 cm
  • Poids : 194.00 g
  • ISBN : 978-2-35118-018-1
  • EAN13 : 9782351180181

 

 

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 16:23

S'affirmer avec Nietzsche
par Balthasar Thomass, Paris, Eyrolles mars 2010


Mettez du Nietzsche dans votre vie !

Nietzsche conçoit le philosophe comme un médecin chargé de nous guérir d'une culture - le nihilisme - qui, valorisant le néant jusqu'à déprécier la vie, nous a rendus malades de ressentiment et de mauvaise conscience. Mais il ne s'agit pas de maquiller le tragique de l'existence avec le vernis d'un optimisme béat; dire oui à la vie, c'est au contraire saisir ce qu'elle a de douloureux comme un stimulant pour vivre de manière plus intense, plus créative. Comment affirmer sa singularité en sortant du formatage du " troupeau "? Comment retrouver ses forces et donner un sens à ses faiblesses? Comment faire face à la souffrance sans se réfugier dans le rêve stérile d'un bonheur lisse? La critique de Nietzsche n'est pas abstraite, il propose des méthodes précises pour nous transformer de fond en comble. A l'heure du retour du religieux intégriste, d'une morale puritaine et de craintes millénaristes, la cure nietzschéenne d'une affirmation radicale de la vie est plus que jamais salutaire.

Au sommaire

Les symptômes et le diagnostic - Le nihilisme, cette maladie humaine, trop humaine
Les clés pour comprendre - Se désintoxiquer de la morale
Les moyens d'agir - Devenir ce que l'on est
Une vision du sens de l'existence - L'éternité de l'éphémère


Balthasar Thomass, S'affirmer avec Nietzsche, Paris: Eyrolles mars 2010, 216 p., 14 euros.

News posted by: paolo D'Iorio

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DominiqueGiraudet - dans penser
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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 18:53

 

Avril 2010
Editions Edysseus
Prix : 16 €

"Un traité gnostique en 777 propositions qui interroge la réalité conçue comme système d’enfermement.
Il s’agit, du point de vue de la philosophie, d’un très vieux thème, exprimé notamment dans la fameuse allégorie de la caverne de Platon. Je n’ai pas écrit ce traité, toutefois, pour faire de cette question une analyse philosophique, pour la simple raison que, de la façon dont je ressens aujourd’hui les choses, la philosophie est elle-même devenue un système d’enfermement.
Je ne l’ai pas écrit en me posant la question de savoir comment il serait compris, mais principalement pour répondre à un besoin intérieur. En cela, il a parfaitement rempli sa fonction et, tout ce que je lui souhaite à présent qu’il a suffisamment vécu en moi, est de trouver sa vie propre, en continuant à évoluer dans l’esprit et dans le cœur des gens qui le liront." B. Sirbey

Boris SIRBEY est l’auteur d’une thèse de philosophie sur la théorie des sciences à l’université de Paris X. Il y aborde la science du XXI siècle par une approche finaliste et systémique.

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 14:39
Jacques Gernet l’avoue : les textes anciens des auteurs chinois ne nous sont guère accessibles et l’oeuvre de Wang Fuzhi (prononcez Fou-Tcheu) est "difficile et volumineuse". Après avoir travaillé sur cet auteur chinois du XVIIe siècle durant vingt ans, Jacques Gernet le tient pour le plus éminent penseur de son époque et nous permet ici de découvrir non seulement une personnalité intellectuelle très méconnue en occident mais également une pensée philosophique très éloignée de notre philosophie occidentale.
Puisque Wang Fuzhi s’interroge sur la nature de la réalité, du visible, du sensible, du rapport entre l’homme et ce qui l’entoure, en ce sens, il est bien philosophe. Et pourtant, Jacques Gernet explique pourquoi on ne peut lui appliquer ce qualificatif.

Précisons, simplement pour mémoire, que Wang Fuzhi (1619-1692) est presque contemporain de Galilée (condamné en 1633), et de Descartes, mort en 1650. Les dates de Wang prouvent qu’il a rédigé ses oeuvres durant le Grand siècle, celui de Louis XIV... Et pourtant, lorsque le jésuite Mattéo Ricci portera en Chine l’idée d’un Créateur, un penseur tel que Wang ne pourra l’admettre, et Jacques Gernet explique pourquoi.

Un effondrement
Jacques Gernet estime qu’on ne peut comprendre la conception de Wang qu’en connaissant le contexte dans lequel il vécut. Il donne donc des précisions sur son lieu de naissance, son entourage familial, ses études et surtout sur cette période historique très dure que fut le renversement de la dynastie Ming au profit de celle des Mandchous.

Wang lui-même s’interroge longuement sur les causes de ce désastre, de cet effondrement : l’égoïsme du pouvoir impérial, le laisser-aller et le fatalisme qui s’emparent des élites sous l’influence de courants de pensée en vogue au siècle précédent qui vantent le rejet de toutes entraves et le détachement de ce monde. Wang rejette donc à la fois le bouddhisme, le taoisme et la tradition lettrée. Ces courants, il les qualifie de « beaux parleurs aux discours vicieux ».

la critique du langage
L’une des principales critiques de Wang Fuzhi vise le langage qu’il tient pour artificiel. Le langage est en effet une création humaine qui, de ce fait, ne peut pas rendre compte de la réalité du monde. « les mots nous cachent la réalité du monde » dit en substance Wang.

Les choses, les êtres, nous sont insaisissables dans leur réalité même, parce que tout change en permanence. Mais, curieusement, Wang affirme aussi que le monde est fait de constantes. Comment concilier ces deux affirmations ? Parce que, explique Jacques Gernet, pour Wang, il y a une réalité invisible à nos yeux, parce que le rien n’est pas vide, il est plein, rempli d’énergies. Toute la face cachée des choses nous échappe. L’invisible et l’inaudible sont faits des mêmes éléments que ce que nous voyons et entendons.

Donc, il n’y a pas de différence de nature entre le visible et l’invisible, seulement une différence de perception. Wang pense qu’il n’y a pas de rapport adéquat entre l’image que nous avons de l’univers et ce qu’il est dans sa réalité.

Nos sens insuffisants
Selon Wang, nos sens sont insuffisants parce que les phénomènes que nous ne pouvons pas voir se produisent à un niveau d’énergies infinitésimales.

Wang écrit : « l’homme distingue les quatre points cardinaux afin de se repérer par rapport à ce qu’il a devant ou derrière lui ; il se conforme à la distinction du passé et du présent, du commencement et de la fin pour donner un ordre à ce qu’il voit et à ce qu’il entend... Mais du point de vue du principe d’organisation spontanée (li) et des énergies invisibles, il n’est pas vrai qu’il y ait un avant et un après... Dans l’absence de toute orientation temporelle ou spatiale du chaos dans lequel le principe d’organisation dirige les énergies, le commencement est aussi la fin, le créé est aussi l’origine du créé, ce qui est au repos est aussi ce qui circule, ce qui sépare est aussi ce qui unit . Il n’est rien qui ne commence, rien qui ne soit achevé ».

Mais, -et là on retrouve la critique de Wang envers le bouddhismse- la réalité n’est pas non plus une création de nos sens ni une illusion mentale.

La vie est organisation
Jacques Gernet résume : « Pour Wang comme pour les chinois en général, ce sont les mêmes mécanismes qui jouent dans le domaine des choses humaines et dans celui des réalités physiques ou naturelles. Il existe un principe spontané d’organisastion (li) inhérent aux énergies qui assurent la formation du vivant... La vie, la nature, l’être humain, la société, c’est une organisation, et cette organisation procède des mêmes mécanismes ».

Un vocabulaire très moderne
Jacques Gernet souligne les termes utilisés par Wang : répartition, dosage, fusion, nouage, écoulement, arrêt, principe d’organisation, énergies, ordre, hasard...

Tout cela, rédigé, rappelons-le, au XVIIe siècle. On croirait lire les mathématiciens, les biologistes, les astrophysiciens les plus en pointe aujourd’hui... Les uns se penchent sur l’organisation de la vie, les autres remettent en question l’espace et le temps

Jacques Gernet considère donc Wang comme un auteur très moderne dont les conceptions philosophiques rejoignent, par analogie, celles des sciences les plus avancées :
les sciences contemporaines, libérées d’une longue tradition substantialiste et mécaniste, considèrent comme naturelle la coexistence de l’ordre et du hasard,
elles admettent que des phénomènes de natures très différentes puissent se fonder sur des mécanismes communs,
et que le comportement des énergies au niveau infinitésimal soit aberrant par rapport à celui de nos perceptions
elles identifient matière et énergie
elles se fondent en biologie sur des combinaisons dans lesquelles place et moment sont décisifs.

Un livre pour découvrir Wang Fuzhi

L’essai de Jacques Gernet consacré à Wang Fuzhi s’intitule La Raison des choses, paru chez Gallimard, en 2005, dans la collection « Bibliothèque de philosophie », dirigée par M. Marcel Gauchet.

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http://www.canalacademie.com/ida890-Jacques-Gernet-Essai-sur-Wang.html

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DominiqueGiraudet - dans penser
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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 22:01

Je n'ai pas encore lu tout l 'article , mais seulement cette belle conclusion , qui , en quelquesorte se suffit à elle - mème . Je vous la transmet donc .

 

Dominique Giraudet

 

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Rappel toutes les citations entre guillemets sont extraites d'oeuvres dont les références portées en annotation, pour je ne sais quelle raison ont disparu au cours du changement de format de Mac à Pc. Si vous voulez une référence exacte vous pouvez me la demandez en me mailant.

 

Un hymne à l’amour...

 

 

A l’occasion de cette fréquentation avec la pensée de Jankélévitch qu’avons nous appris sur la vérité ?

Tout d’abord, nous savons qu’à propos de l’idée générale de la philosophie, Vladimir Jankélévitch, suit l’esprit de la philosophie socratique par ses interrogations. Il incite à la connaissance de soi, mais afin de la dépasser, et non pour limiter l’homme au raisonnable.

Il nous fait découvrir que l’essentiel n’est pas dans la possession, mais dans l‘expression. Il interroge la raison, afin de savoir ce qui peut lui donner sa vérité et son caractère expressif. Pour Socrate un au-delà de la raison est impropre au raisonnement et donc inutile

1, avec Jankélévitch l’impensable demeure inconnaissable, mais est reconnu comme quelque chose qui existe. L’absence d’explication d’une telle chose sans valeur, car au dessus de toute valeur est elle-même une donnée suffisante pour nous faire comprendre son esprit supérieur.

La pensée de la vérité est subsumée à une idée plus générale, et reconnue par Jankélévitch, comme ce qui donne, à la vérité, sa vérité. Cette raison au-delà de toute raison c’est l’amour. Avec cette mise au premier plan de l’amour, la vérité perd son caractère de commandement coercitif qu’il faudrait appliquer à la lettre. Car le statut de l’amour interdit une exigibilité d’apparat. Bien que le seul commandement soit d’aimer, l’amour ne peut faire partie des tables de la loi. L’amour provient du plus profond d’un homme afin de lui faire aimer son prochain. Il s’ensuit que commander d’aimer n’est qu’une métaphore, pour faire comprendre à quel point l’amour est nécessaire et suffisant, pour transformer le mal en bien et, l’erreur en vérité. Ce commandement s’inscrit dans le coeur de chacun et, non, sur des tablettes ou un agenda, de peur d’être oublié.

Cette raison, découverte par Jankélévitch, en tant qu’elle dépasse toutes les autres en pouvoir de création, implique qu’elle demeure au-delà aussi de toute limite. Ce devoir d’aimer son prochain est devoir sans raison. Et il est exigence d’aimer jusqu’à en mourir. La raison est raisonnable par ses limites, cette absence de raison rend l’amour tout puissant et illimité.

La beauté de la philosophie de Jankélévitch est de faire une confiance totale à l’amour. Il est de ce fait la clef de voûte de tout l’agir humain. Il transfigure tout ce qu’il touche, et même s’il ne fait que l’effleurer, cette très subtilissime approche donne plus de vérité à celui qui sait la recevoir, que n’importe quelle autre raison raisonnable. Ici, le schéma est inversé ce sont les raisons raisonnables qui sont stupides et, qui portent en elle aucun germe de vérité. La philosophie de Jankélévitch est dans cette mesure, aussi, fécondante. Elle fécond la vérité puisque celui qui aime, donne la vérité aux vérités.

Possédant l’amour nous le transmettons à tous ceux que nous approchons "avec un coeur de vingt ans et une innocence de huit heures de matin"

2. Car l’amour ici ne nous aveugle pas. Il nous a rendu assez clairvoyant pour ne pas nous satisfaire de nos propres possessions. Il nous rend assez perspicace pour savoir que ce qui nous reste, ce que nous détenons, c’est paradoxalement ce que nous donnons. L’amour nous rend assez clairvoyant pour nous faire sentir que posséder, c’est mourir à petit feu sur des fauteuils de velours. C’est donc lorsque nous nous donnons tout entier, que nous nous possédons le plus.

Tout cela ne signifierait rien si Jankélévitch n’en avait été le vibrant porte parole, comme Socrate. Lui, dont on pouvait dire qu’il était toujours sur la brèche, lui dont on pouvait dire qu’il était un militant. Ce terme même de militant que l’on n’ose plus porter, lui le portait haut et fort. Comme Socrate il nous a laissé une voie...la sienne. Non pour qu’il faille l’imiter grammatiquement. Mais certainement, pour qu’on en poursuive l’esprit. C’est-à-dire pour qu’on en suive l’amour; l’amour et ses paradoxes. Et sa logique au-delà de toute logique. L’amour qui offre prise à toutes les critiques, l’amour qui s’accompagne de sincérité, d’honnêteté, de fidélité, de générosité enfin et, qui débute toujours par un acte courageux.

L’incitation à devenir ce que l’on est et, à le devenir de toutes ses forces, ressort de la philosophie de Jankélévitch. C’est dans l’acte d’aimer que l’on devient le plus soi-même. L’exigence d’aimer quelqu’un, et non "le genre humain tout entier"

3 , nous fera accéder, paradoxalement, à la possession de nous-mêmes.

D’autre part, aimer, c’est agir en connaissance de cause. Cette cause, c’est le bien. Car l’amour produit le bien. Agir et produire sont de nouveaux réunis eux qui furent séparés par les disciples de Socrate

4. Prattein et Poein, le faire et le créer, donnent à la vie son charme. Ce charme paradoxal de la création par le don de sa personne.

La vie est donc occasion de faire œuvre de sa personne. Toute la vie n’est peut-être ainsi qu’une esthétique flamboyante, un charme éclair dans l’épaisseur du temps. Ce qui était le privilège de l’artiste, à savoir la création, deviendrait donc le privilège de chacun ? Car parce que nous étions déjà demi-dieu et donc demi-créateur, en aimant de toute notre âme comme Dieu, (à supposer que Dieu détienne une âme, toutefois même s’il n’en a pas, il reste qu’il est tout amour), ne devenons-nous pas des créateurs à part entière des dieux en somme ? Mais ce n’est pas là une pensée de Jankélévitch.

La morale et l’esthétique ne se réunissent-ils pas alors dans un seul et même concept ? L’amour en tant qu’il transfigure ne fait-il pas être une certaine beauté dans l’être qui est touché par cette grâce. La beauté et la bonté se voient ainsi unies par le même esprit, qu’est celui de l’amour.

N’est-ce pas ce qui arrive à Ulysse ? Ne se laisse-t-il pas aller, enfin, à aimer Pénélope ? Alors que régnait le désordre à Ithaque, ne remet-il pas tout en ordre ? La beauté ne vient-elle pas en compagnie de l’amour, remettre la Paix sur l’île ? A cet égard le dernier chant de l’Odyssée s’appelle la Paix. On retrouve aussi cette bonté et cette charité, issues sans doute de l’amour qu’il porte à Pénélope et par voie de conséquence, à Ithaque; faisant que d’une part, il ne tuera pas tous ceux qui se sont révoltés contre lui et, que d’autre part il ira voir son père, pour le réconforter : "Mais je voudrais d’abord aller à mon verger voir mon noble père, que le chagrin torture..."

5.

Ce chemin d’Ithaque s’achève donc aussi par un amour qui rend beau et bon. La vérité d’Ulysse, cette vérité là qu’Homère ne nous fait qu’entrevoir car le livre s’achève là, ne l’avait-on pas pressentie tout au long du voyage d’Ulysse. Ce voyage, comme le nôtre, comportait ses erreurs, ses revirements, sa lassitude, son épuisement et ses étranges désirs venus d’on ne sait où, qui nous font nous remettre sur la route.

Le mystère est là. Ce mystère impénétrable de l’amour. Il nous tenait depuis le début et, il nous tiendra jusqu’à la fin. Cette vérité mystérieuse on sait qu’elle existe, on peut même lui donner un nom à savoir l’amour, mais qui peut dire ce qu’elle est pour nous ? Il est donc clair que "le plus difficile" pour reprendre la phrase de Rilke, mise en exergue au début du mémoire, ce sera de tenir cet amour envers l’autre. Même si l’on peut penser que l’amour est la chose la plus simple qui soit cette simplicité là peut de gens peuvent y atteindre et personne peut prétendre l’avoir atteinte. Si l’amour est simple cela ne veut donc pas dire que ce soit la chose la plus facile, mais bien la chose la plus ardue.

Confions à Jankélévitch la dernière phrase, car après tout ne nous a-t-il pas aider à nous étonner de ce mystère que nous portons, sans réussir à l’exprimer par des mots :

"Béni soit donc le je-ne-sais-quoi

qui fait de la lettre morte un esprit vivant, qui fait parler la lettre muette;

béni le presque-rien qui fait quelque chose de rien;

béni enfin le charme

sans lequel les choses ne seraient pas ce qu’elles sont"

6.

 

Alors nous n’avons plus qu’à vivre et, sentant combien vivre c’est aimer de toute son âme, ne perdons pas le temps d’aimer :

"Le vent se lève, c’est maintenant ou jamais,

ne perdez pas votre chance unique dans toute l’éternité,

ne manquez pas votre unique matinée de printemps"

7.

accueil

 

 

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 15:37
Samedi 24 avril 2010 6 24 /04 /2010 12:44

C'est ainsi que Fabrice Luchini explique son choix de lire des textes de Philippe Muray ( à l' Atelier)

Si vous ne  connaissez pas ce génie, je vous recommande L'empire du bien  (Ed. Les belles lettres)  et Festivus, festivus... (entretiens avec E. Lévy) et bien entendu vous pouvez heureusement écouter Répliques

Quelques citations:

 "Tout finira dans la canaille" Nieztsche

"Il ne faudrait jamais débattre" Philippe Muray  (a-t-il connu "Ca se discute"?)

 Merci Philippe Muray, merci A.F. de nous le faire revivre le temps d'une matinée...

"Derrière le festif, il y a le fascisme" Fabrice Luchini

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 14:15
Je propose ce nouveau penseur , je viens de le découvrir , je sens qu 'il y a des choses intéressantes à découvrir dans cette pensée .

Bien à vous ,

Dominique .
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EXTRAIT :

HOMO FESTIVUS
C’est une allégorie, un mannequin théorique. Il est l’ombre conceptuelle portée par les masses festives mises en jeu dans On ferme.

C’est l’homme de la fin de l’Histoire, qui ne nie plus rien hormis la fin de l’Histoire. Cette contradiction se retrouve exprimée, en tout ou partie, chez certains personnages d’On ferme. L’homme qui ne nie plus n’a plus d’avenir. Il n’est plus le temps historique (Hegel). Homo festivus est pleinement satisfait par le nouveau monde homogène, mais, pour se donner l’illusion d’avoir encore un avenir, l’instinct de conservation lui souffle de garder auprès de lui un ennemi, un opposant absolu qui, parce qu’il s’oppose à lui absolument, lui permet de se croire lui-même vivant. Cet opposant (en France le Front national, Le Pen ; plus généralement le néo-fascisme, le racisme, etc.), c’est lui qui empêche Homo festivus de n’être plus que pure animalité en accord avec le donné.

Tant qu’il n’y avait pas identité entre monde et homme, il y avait Histoire. L’identité d’Homo festivus et du monde hyperfestif révèle la fin de l’Histoire. Cette identité supprime le désir qui avait fait l’Histoire. Cette fin n’est le nouveau commencement de rien. Les négateurs de la fin de l’Histoire sont ceux qui ont aussi le plus fait pour qu’elle s’arrête, en combattant la négation qui est la possibilité de sa perpétuation. L’individu qui clame que l’Histoire n’est pas finie tout en luttant contre les résidus de barbarie qui la faisaient exister est un personnage comique de notre temps.

Après la fin finale du conflit maître-esclave, plus loin que la réalisation de la reconnaissance mutuelle, dans la situation d’égalité absolue de la fin de l’Histoire, l’Histoire continue sous forme de farce avec le pathos de la lutte pour la reconnaissance. La fiction de la lutte pour la reconnaissance est maintenue. Elle produit une sorte de néo-chant épique dérisoire.

Le post-humain est quelqu’un qui se croit libéré des dettes que ses ancêtres pouvaient avoir envers le passé et qui file sur ses rollers à travers un réel dont la réalité ressemble à du carton-pâte (parc d’abstractions). Il est désinhibé à mort, il fait la fête, mais il ne rit pas parce qu’il est plus ou moins retombé en enfance et que le rire suppose un fond d’incertitude dont l’enfant a horreur .

Portatif .

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http://www.philippe-muray.com/

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