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Ecosia : Le Moteur De Recherch

24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 17:43

Bonjour Monsieur Domeracki,

L’invitation que vous me faites dans votre dernier message à “parler philosophie” me convient tout à fait, même si ma façon de lire la philosophie n’est pas celle d’un spécialiste ou d’un professeur de philosophie. En fait, à mes yeux, tout le monde fait de la philosophie en ce sens que tout le monde, à un moment ou à un autre, est contraint à se poser des questions. C’est pour cela, par exemple, que je lis Ludwig (Wittgenstein) avec plaisir, parce qu’il ne propose pas de philosophie, c.à.d. de système, de synthèse, de vision, mais qu’il adopte une méthode de penser analytique et critique. A mes yeux, c’est cela l’attitude philosophique, socratique en somme (pas platonicienne, même si Platon est quand même superbe, non?). D’autre part, j’ai acquis aussi à force de m’intéresser à l’intelligence dite artificielle la conviction que nos perceptions, nos émotions, nos pensées sont des simulations, ce qui rejoint le transcendentalisme de Kant et de Husserl. Notre cerveau est un simulateur et, que ça nous fasse plaisir ou non, toutes nos pensées sont liées à cet organe. D’où mon opposition frontale à toute forme de pensée qui prétendrait que nous avons la capacité de surmonter notre “prison” transcendentale et de parvenir à rejoindre le transcendant. D’où ma réserve à l’égard de la distinction heidegerrienne être/étant. Cette distinction relève pour moi du religieux, dans le sens de C. Rosset (j’ai adoré son livre: “L’anti-nature”), je veux dire d’une tendance humaine à imaginer derrière les phénomènes (”phainomena”!)autre chose de plus fondamental, de moins relatif, de plus certain, de plus crédible etc etc. Pour moi, c’est une forme de pensée magique, enfantine, et cela fait longtemps que j’ai renoncé à me sentir concerné par ce genre de simulation. Or, de l’insistance maniaque de Heide sur ce qu’il appelle “l’oubli de l’être”, je pourrais en somme simplement en sourire, comme me font sourire les êtres humains en quête d’absolu, de Dieu, d’arrières-mondes (comme disait Friedrich), etc etc. Mais voilà, ce genre de simulation ne me fait pas sourire tous les jours, surtout pas en politique. Si Heidegger a pu trouver dans le projet politique des nazis, tel qu’il lui apparaissait, un attrait, c’est que ce projet, comme du reste celui de l’ennemi idéologique des nazis, je veux parler du communisme, avait un caractère absolu, religieux, totalisant. Or, je m’oppose, pour des raisons philsophiques, à toutes les formes de projets politiques à caractère totalisant: la pensée religieuse me fait peur! Et je partage avec M. Faye, même si ce n’est peut-être pas pour les mêmes raisons, son hypothèse de travail (comme nous disons en sciences) à savoir qu’il y a un lien organique entre l’oeuvre de Heide et son engagement politique. Ce dernier n’était pas qu’une Dummheit, à moins qu’il faille appeler Dummheit toutes les formes de pensées religieuses qui sont pour moi, en effet, de malheureuses “nostalgies de l’être” pour parler comme M. Alquié.
Bien cordialement
R. Misslin

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DominiqueGiraudet - dans penser
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24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 15:45

Dieu, la mort et le temps

Emmanuel Lévinas

Le livre de poche

Contenu de l'ouvrage :

Deux cours. Les deux derniers professés par Emmnuel Lévinas en Sorbonne, durant l'année universitaire 1975-1976. Deux cours qui sont comme une glose méditative autour de quelques mots : Dieu, la mort, le temps. En ouverture, la mort et le temps. Pour la première fois, ces deux notions qui parcourent l'oeuvre entière du philosophe sont longuement explicitées. Parallèlement, Lévinas renoue avec sa recherche sur le mot Dieu, inversant les termes du diagnostic heideggerien : lorsque la philosophie a confondu, dès son origine, Dieu et l'être, ce n'est pas tant le second qui a été oublié, c'est d'abord le premier qui a été éclipsé. La tâche de la pensée revient alors à libérer Dieu de l'emprise métaphysique. Au final, ces deux textes éclairent sous un autre jour et à partir d'un angle nouveau trois des thèmes majeurs de la réflexion d'Emmanuel Lévinas. Mais ils reviennent aussi, au gré d'une parole vagabonde, sur d'autres notions fondamentales de l'oeuvre - la responsabilité, Autrui, la patience, le Dire, la transcendance, le témoignage...

Spécifications:   Broché: 285 pages Editeur : LGF - Livre de Poche (25 janvier 1995) Collection : Livre de poche Langue : Français

 

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 08:45
Penser l’existence, Exister la pensée”
Approche phénoménologique de la psychothérapie
En publication – Juillet 2007
  « L’existence est rare. Nous sommes
constamment, mais nous n’existons que
quelquefois, lorsqu’un véritable événement
nous transforme »
                        
Henri Maldiney

Huit années de réflexion dans le sillage de mes promoteurs et professeurs Henri Maldiney, Jacques Schotte, Jean Kinable et Michel Dupuis ont transformé mon rêve en réalité : prendre appui sur la phénoménologie pour soutenir en mai 2003 une thèse de doctorat en psychologie clinique.

Trois nouvelles années furent nécessaires pour réécrire cette thèse, peaufiner ma pensée et proposer à la publication un livre plus condensé et structuré qui puisse permette à chacun, au fil et dans l’écart de mon cheminement, de questionner le sien propre. Son fondement est de ne jamais oublier qu’un patient, un collègue, un ami, un simple « quidam » n’est jamais un objet manipulable. Leur présence nous convoque à la rencontre du visage (1) , de cette ouverture sans fond  qui donne ce qu’il ne possède pas. Les sciences humaines se démarquent des sciences exactes dans la mesure où elles tiennent compte aussi du caractère irrationnel de l’être humain en ne l’enfermant jamais dans une catégorie ou une destinée pré-établie. 

Qui se soucie encore aujourd’hui, au-delà du concept ou de la simple formule,  des fondements d’une psychothérapie humaniste ? Comme se déplie en nous le sens propre de l’humanisme ?  Restons-nous conscients que nous ne sommes ni table, ni animal ? Nous avons la capacité de dire « je peux autrement » que ce que je suis car je ne suis pas, j’ai à être. Le psychothérapeute se confronte quotidiennement à l’impuissance de cette possibilité dont l’appel du patient déploie le pathos. L’appel ne témoigne-t-il pas de la puissance de la crise, comprise en tant que rupture à l’impossible d’un mode de vie soumis jusqu’ici à l’éducation, à ce qu’il est convenu de faire, au « qu’en dira-t-on », un mode de vie qui ne tenait pas compte de ce que nous étions au plus profond de nous-mêmes : ouverture et projet ? L’appel à l’aide n’est-il pas un appel à exister, à déchirer l’absurde, l’ébrouement du rien  qui s’impose à nous pour fuir ce qui nous semblait être inacceptable : la mort, la finitude, la néantitude.

Déchirer l’absurde en recherche de sens, déchirure qui n’est possible qu’au jour événementiel du sublime : « Le sublime est ce moment vectoriel de force où « quelque chose », un « il y a » nous surprend non pas par ce qu’il donne à voir ou entendre mais précisément par le vide éclaté qu’il instaure. Ce ne sont ni les séries de notes de musique ou les choix de couleurs ou les méandres des traits d’une toile pas plus que la beauté d’un paysage ou la courbe pure d’une sculpture qui forment le sublime mais la présence au sein de cette présence d’une absence de nous, de ce qui nous a constitué, d’une puissance phénoménale de dissolution de toute étantité, de toute construction. » (2)

L’essence de l’homme est existence. Il n’est pas. Il a à être. Il advient. Cette existence n’est-elle qu’une croyance parmi d’autres ? Peut-être ? De toute manière, nous n’érigeons pas en vérité ou en dogme « l’exister » ; nous en partageons humblement l’épreuve.  Qui n’a pas entendu au fond de lui un appel silencieux à se dépasser, à sortir de lui-même, de ses évidences, de ce qu’il croyait une fois pour toute sa vérité. Une première prise de conscience impitoyable ressentie comme une vague néantisant tout ce que je suis. De tous les appels, l’un est particulièrement redoutable : le trouble de l’amour. Si j’aime, ce que je suis a été. « Se vider de ses désirs autant que possible et de combler ce vide par l’amour pour ceux qui sont liés à soi, en les aimant infiniment, immensément et sans conditions. »(3) C’est ainsi que très rapidement l’Être, le Rien, l’Amour se sont imposés comme fil rouge de mon questionnement.  

Un phénoménologue « n'invente pas son objet mais doit le rencontrer là où il est, découvrir le sol phénoménal sur lequel il se laisse apercevoir. »(4) C’est pourquoi notre analyse s’est nourrie de nombreuses œuvres d’art bouleversantes d’humanitude pour comprendre(5) la souffrance de l’impuissance humaine : celle d’un peintre mélancolique en quête de l’œuvre absolue, celle d’un homme de peine en quête de son innommable, la honte. L’un et l’autre, accaparés, sont enlisés dans le quotient de l’équation existentiale dont les foyers tensionnels sont l’animalité, la divinité, la création et la néantisation. Ce cheminement a interrogé les existentiaux fondamentaux : l’espace, le temps, le corps, l’être-pour-la-mort, la disposition affective… et  ouvert des horizons : le toucher haptique, le geste dansé comme mouvement existential, la tonalité fondamentale qui porte le saut,  l’homme tant configurateur de monde qu’ébroueur du rien, le fond de l’homme qui s’avère être « sans fond », le geste d’amour qui esquisse sans jamais se refermer, la nostrité, la simultanéité de l’Être et du Rien, l’avènement de la vacuité, l’événement de la rencontre, la trouée du sublime.

 

En cliquant sur une des rubriques ci-dessous, vous pouvez directement accéder à la  table des matières, la soutenance de ma thèse, la bibliographie ou certains passages des sections. L’annexe picturale vous dévoile les toiles analysées.

Si vous désirez réserver ce livre à sa parution, envoyez-nous un émail avec vos coordonnées.

Cliquez ici:

I. Soutenance  de ma thèse de doctorat en mai 2003

II
. Table des matières de « Penser l’existence, exister la pensée »

III. Préface du Pr. Stevens

IV. Se frayer un chemin

V. Interrogeons la psychothérapie

VI. En présence simultanée de l’Être et du Rien

VII. Aimer – Créer – S’ouvrir au monde

VIII. La trouée du sublime

IX. Bibliographie

X. Remerciements

 

 

1 : LEVINAS, Le visage et l’extériorité : Visage et Ethique in Totalité et Infini, p.211 à 238

2 : Ado HUYGENS, Penser l’existence, exister la pensée, section V,  p. 215

3 : Kwang-Sou LEE, Amour, Maisonneuve & Larose, 2004, p.90

4 : Henri MALDINEY

5 : Le comprendre Heideggerien : S’intonner : Verstehen ist immer gestimmtes,  Être et Temps, Gallimard, p.187

 

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 15:18

   " J'ai rencontré un gars nommé Layard qui nourrit/Mon esprit réceptif d ' une nouvelle doctrine/Lane y avait sa part,D.HLaurence aussi/Gide également,mais je ne savais pas alors/Ils m'apprirent à dire mon horreur profonde/Pour tous ceux qui préfèrent l ' Art /A la Vie,à l' Amour,à l' ètre Pur-en-son-coeur."

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DominiqueGiraudet - dans penser
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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 14:26

Perspectives philosophiques n°1

PHENOMENOLOGIE ET PSYCHIATRIE :

AUTOUR DE LA “ DASEINSANALYSE ”

Bruno TEBOUL

Un tel intitulé mérite une explication tant au sujet de cette mise en relation entre deux disciplines

différentes et éloignées, qu’aux disciplines elles-mêmes, et aux domaines d’études auxquels elles se

consacrent : en effet, la phénoménologie qui a commencé à s’édifier avec Kant et Hegel pour trouver

son accomplissement avec Husserl, a toujours été d’intention philosophique. Mais il est vrai que la

phénoménologie se présente aussi comme une psychologie, non pas la psychologie ordinaire ayant

rapport à l’empirie, mais une “ psychologie eidétique ” ou encore “ transcendantale ”. Le terme

“ transcendantal ” se réserve, depuis Kant, à la discipline qui est à la recherche des conditions de

possibilité de la science. Une psychologie transcendantale serait donc une étude des conditions

psychiques de possibilité de la science. Si Husserl préfère le terme “ eidétique ”, c’est parce que son

point de vue est plus vaste : son projet est plutôt d’étudier les conditions de possibilité de la science

pour toute conscience possible en général. On conçoit que sa psychologie eidétique n’ait, dès lors,

pas grand-chose à voir avec une science particulière, même si elle a trait à la vie psychique.

Néanmoins, si elle est au fondement de toute science, on doit la retrouver au fondement des sciences

de la vie mentale. Dans quelle mesure ? Et en quel sens ? Quel serait le fondement philosophique de

la psychiatrie ? Quel est cet apport phénoménologique à la psychiatrie ? Quelle nouvelle discipline et

science émane de cette rencontre entre médecine et philosophie ? Plus précisément, quelle science

étudie “ les phénomènes ” de la maladie mentale en tant qu’ils appartiennent “ aux manifestations ”

de l’homme ? Que faut-il entendre par “ Daseinsanalyse ” ?

Un mouvement important dans la philosophie contemporaine porte de nombreux auteurs, parmi les

plus notoires, à l’étude des phénomènes de la maladie mentale, en tant que manifestations essentielles

de l’homme et de son destin. Effectivement, des travaux conjoints de médecins (psychiatres) et de

philosophes, s’est dégagée progressivement une science nouvelle, que l’on reconnaît maintenant sous

le nom de “ psychopathologie ”. Il serait inutile de rappeler la difficile genèse de la psychopathologie.

En revanche, il est important de souligner que la psychiatrie s’est instaurée sous l’égide d’un

médecin-philosophe : Pinel, auteur d’un Traité médico-philosophique. Ludwig Binswanger, un des

chefs de fil de ce courant de psychiatres phénoménologistes, considérait qu’une “ science n’est pas

une science au plein sens du terme aussi longtemps qu’elle ignore sur quelle fondations

aprioriques, sur quel fondement philosophique, donc, elle s’édifie (in Discours, parcours et

Freud, p. 105, “ analytique existentielle et psychiatrie ”). Selon Binswanger, toujours, “ la

psychiatrie, science de l’homme psychéiquement malade, n’est pas possible sans une intelligence de

la structure apriorique ou de la constitution d’être de l’être homme en général ” (op. cit.).

Cette considération se dévoile dans une langue, sans nulle doute, empruntée à la phénoménologie,

mais de quelle phénoménologie s’agit-il ? Pourquoi un psychiatre s’intéresse-t-il (au point de faire

sien l’outil conceptuel du phénoménologiste), à cette discipline philosophique inaugurée par Edmund

Husserl ? Que peut attendre la psychiatrie de la phénoménologie en matière d’étude de la folie ? Non

pas une “ méthode ” d’investigation qui viendrait doubler la science d’observation clinique, comme le

rappelle avec juste raison Georges Lanteri-Laura : “ la phénoménologie de Husserl ne va pas

prétendre pratiquer la psychiatrie mieux que le psychiatre, comme les sophistes de Platon, qui

viennent parler de la médecine mieux que le médecin ” (La Psychiatrie phénoménologique, Paris,

1963, p. 86-87).

Mais si la phénoménologie se situe dans la perspective d’une recherche des fondements de la

connaissance, alors elle est susceptible d’aider la psychiatrie et la psychopathologie comme d’autres

sciences, à reconnaître leur propre sens et l’origine de leur validité, de leur évidence et de leur

certitude. Et comme elle rattachera inévitablement les sciences de l’homme mentalement malade à

toutes les sciences de l’homme, puisque son point de départ est un ego transcendantal qui ne les

distingue pas encore, la psychologie eidétique, découlant des sciences de l’existence et de ses

“ apparitions ” principielles, pourrait nous mener à mieux saisir l’origination de la maladie mentale et

sa spécificité (puisque la maladie mentale n’est d’abord qu’un mode d’apparaître de l’existence). En

outre, on admettra que la phénoménologie de Husserl a eu une influence diffuse jusque dans la

pratique clinique. Mais son rapport n’est pas immédiat. Parce qu’elle n’est pas une branche de la

connaissance générale mais une recherche de ses fondements, elle est une philosophie générale, et en

tant que telle, aucune branche de la connaissance ne peut l’ignorer tout à fait, car selon le souhait de

Claude Bernard, elle répond à “ cet esprit philosophique, sans être nulle part, et partout et qui, sans

appartenir à aucun système, doit régner non seulement sur toutes les sciences, mais sur toutes les

sciences humaines ”, (Introduction à 1’étude de la médecine expérimentale, 1912, p. 351).

Ainsi peut-on définir une attitude phénoménologique chez le clinicien même, qui ne sera nullement

obligé de “ mettre entre parenthèses ” les acquisitions de la psychophysiologie, ni les descriptions

sémiologiques des maîtres illustres de l’observation, ni même les classifications syndromatiques des

grands systèmes nosologiques, quand il laissera apparaître tout malade, chaque type de malade avec

l’originalité et la particularité qui lui est propre, dans laquelle il se montre et dévoile sa manière

d’être de façon à déterminer les essences propres (eidos) du sujet en question. il est vrai que la

phénoménologie de Husserl ne voit pas les faits psychiques comme des phénomènes qui peuvent être

observés. Il faut en élucider l’essence qui est le sens même de l’être ; la “ vision des essences ” est

une intuition qui nous livre l’objet en sa personne même, et qui est une relation immédiate du sujet et

l’être dont on dégage les structures profondes par la pénétration de son vécu. C’est une totale

rupture avec la conception classique de l’observation et de ses déductions scientifiques. Car ce qui

est objet d’analyse du psychiatre phénoménologiste, c’est bien l’existence et l’être-au-monde du

malade, seuls capables de rendent compte des causes de la maladie mentale, comme manifestation

possible de l’humanité : la personnalité est comme une expérience vécue. Il n’y a plus de maladie

mentale, plus de malades mentaux ; il y a pour chacun une expérience, des événements vécus qui lui

sont propres et qui constituent son moi. C’est ce moi opposé au moi d’autrui qu’il faut pénétrer par

l’intuition. Ludwig Binswanger fut le premier à pratiquer cette nouvelle conception et approche de la

maladie mentale, à la lumière de l’analyse de l’existence, du vécu des malades mentaux, ou personnes

considérées comme telles : Binswanger se réfère à la phénoménologie de Husserl, mais la filiation est

déjà lointaine et, d’après lui, la phénoménologie s’est transformée de façon telle qu’on puisse en

attendre des applications jusque dans le monde empirique : “ le concept de la phénoménologie s’est

depuis [i.e. depuis 1932] transformé à plus d’un égard... il faut distinguer rigoureusement entre la

phénoménologie pure ou eidétique de Husserl, comme discipline transcendantale, et

l’interprétation phénoménologique de formes humaines d’être-présent, comme discipline

empirique ”, (op. cit., p. 53). La transformation à laquelle notre auteur fait allusion est celle qu’aurait

subie la phénoménologie husserlienne à la suite des recherches de Heidegger. Il ne peut être ici

question de discuter la doctrine de Heidegger, et on reconnaîtra à Binswanger le droit de s’en

inspirer ; mais on peut se poser la question de savoir si, lorsqu’on s’inspire explicitement d’un auteur,

il faut encore faire référence à ceux dont lui-même tire quelques éléments, importants sans aucun

doute, mais qui ne forment plus la véritable originalité de son oeuvre. Pour l’instant, on se contentera

d’entériner ce constat que la source de Binswanger est Heidegger. Or, il est vrai que le sens que

donne ce dernier à la phénoménologie marque “ une transformation ” du concept par rapport à

Husserl, ce que Binswanger aperçoit très clairement ; la problématique heideggerienne est

fondamentalement ontologique (quand le point de départ husserlien est gnoséologique).

Lorsque Heidegger aperçoit la constitution fondamentale de l’être-présent dans l’être-dans-lemonde,

il veut énoncer par là quelque chose sur la condition de possibilité de l’être présent.

L’énoncé de l’être-dans-le-monde a donc, chez Heidegger, le caractère d’une thèse ontologique,

c’est-à-dire d’une énonciation sur un contenu essentiel qui détermine l’être-présent en général

(op. cit., p. 52). Et c’est bien sur ce point de départ ontologique que se fonde “ l’analyse

existentielle ” ou “ Daseinanalyse ” : “ C’est de la découverte et de l’exposition de ce contenu

essentiel que l’analyse existentielle a reçu son impulsion décisive, son fondement et sa justification

philosophique, ainsi que ses directives méthodologiques ” (ibid., p. 52). L’ontologie heideggerienne

procure donc à “ l’analyse existentielle ” des directives méthodologiques. Mais celles-ci doivent être

soigneusement interprétées : Heidegger se meut toujours dans le domaine transcendantal (les

conditions de possibilité de l’être-dans-le-monde), tandis que l’analyse existentielle veut rester

empirique. C’est pourquoi Binswanger distingue “ analytique ” et “ analyse ” : l’analytique

existentielle serait le corps théorique adoné à l’étude des conditions transcendantales de “ 1’êtredans-

le-monde ” ; l’analyse existentielle étudierait “ l’être-présent ” donné, sous forme de “ faits ”,

réunis en des “ structures ” : “ Par analytique existentielle, j’entends la clarification philosophiquephénoménologique

de la structure apriorique ou transcendantale de l’être-présent, comme êtredans-

le-monde, due à Martin Heidegger ; par analyse existentielle, l’analyse empirique,

phénoménologique, scientifique des modes de structures d’être présent factuels ” (Binswanger,

ibid., p. 52).

Qu’est-ce que la seconde emprunte à la première en fait de méthode ? Il est assez difficile de le

cerner de près en suivant les textes de Binswanger. Nous pensons cependant qu’il s’agit

principalement de l’intersubjectivité qui permettrait de surmonter les problèmes d’accès à autruiobjet,

afin de comprendre son monde : “ Avec Sein und Zeit, le problème de la subjectivité s’est

détaché de la corrélativité (de la relation) sujet-objet, et même du cadre étroit de la connaissance,

pour se situer sur le vaste terrain de l’être-dans-le-monde comme transcendance. La subjectivité

signifie maintenant la structure apriorique non seulement de la connaissance, mais aussi de la

subjectivité transcendantale en général, terminologiquement et ontologiquement déterminée comme

être-présent ou être-dans-le-monde ”, (ibid., p. 91). Par ailleurs, en effet, les principes

méthodologiques de l’analyse existentielle ne semblent pas doués d’une originalité qui les

distinguerait nettement de la psychiatrie ou de la psychopathologie. Ces principes se réduiraient à

deux : l’utilisation de la notion de “ structure de l’être-présent ” et l’interprétation du contenu de son

langage en tant que ce contenu est considéré comme phénoménal : “ La recherche analyticoexistentielle

présente... premièrement l’avantage de ne pas avoir à traiter avec un concept aussi

vague que l’est celui de la vie, mais avec une structure dégagée fondamentalement et dans tous ses

aspects, la structure de l’être-présent comme être-dans-le-monde ; elle a, deuxièmement,

l’avantage de pouvoir effectivement laisser l’être-présent s’exprimer sur soi, de le laisser venir au

mot ; ce qui veut dire que les phénomènes dont elle interprète le contenu sont principalement des

phénomènes de langage ” (ibid., p. 65). L’analyse existentielle est donc une analyse logique des

contenus structuraux de la parole du Da-sein, présent comme être-dans-le-monde, doué d’un logos

propre. La structure phénoménologique du Da-sein associée étroitement à l’être-présent-dans-lemonde,

au-monde principalement. L’être n’existe, n’est complet que par ses relations avec le monde

qui l’entoure. Et l’analyse du Da-sein ou Daseinsanalyse consiste en l’étude de l’être-présent, dans

l’histoire de la vie, au sens de l’accord avec autrui., dans le contact de la participation à la joie et la

peine d’autrui.

L’exploration des structures, la Daseinsanalyse, cherche à établir le niveau de la communication du

sujet avec le monde, à pénétrer le sentiment de son “ être-dans-le-monde ”. Ainsi, la Daseinanalyse

se destine à la compréhension et l’interprétation des modalités et structures de l’existence conçue en

phénomène biographique, en tant que manière d’être et d’exister, expérience vécue, et, en la

circonstance, une rupture d’avec notre réalité. Ce thème biographique est une explication, une

étiologie de ce que nous appelons la maladie. La maladie mentale est remplacée par le concept du

phénomène biographique et existentiel, de la succession des événements dans le vécu, avec des

interprétations qui varient selon la position théorique de l’observateur. La Daseinsanalyse se borne à

l’investigation des fondements de l’être-là, à l’exposé de la manière dont le malade ressent son

existence-au-monde, sans qu’il soit question d’en considérer l’expression comme un symptôme et

une maladie. L’analyse existentielle s’attache, non pas aux catégories cliniques comme le fait la

psychiatrie, mais à la compréhension du Dasein comme être-dans-le-monde. L’analyse existentielle

se donne pour tâche de percer à jour les méandres de la structure des modes existentiels

(Daseinsweisen) sur lesquels viennent se greffer folie de persécution, prétentions, extravagances,

affection, c’est-à-dire “ la perte du Moi dans l’existence ”, dans le cadre de la schizophrénie par

exemple. Par Daseinsanalyse, il faut donc entendre clairement et simplement le sens littéral qui est

fixé à ce concept (Da-Seins-Analyse) !

Bruno TEBOUL

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DominiqueGiraudet - dans penser
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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 12:10

Commentaires et appréciations

"Les mots de Bob sont tous très clairs et très simples; ils vont directement au coeur des choses, sans que vous ayez aucunement le sentiment que Bob s'est transformé en superstar spirituelle dans ce processus. Vrai et rafraîchissant.
Je recommande hautement le livre “Qu'est-ce qui ne va pas dans l'instant présent à moins que vous n'y pensiez ?” Bob "Le Marin" est une pure lumière, un exceptionnel joyau.


Joan Tollifson  http://home.earthlink.net/~wakeupjt/

 

"Cher Bob, quand je suis rentré chez moi, la semaine dernière, j'ai trouvé votre livre qui m'attendait (à la poste). C'est une grande chose et j'aime votre clarté directe. La métaphore du fer dans le feu était nouvelle pour moi et elle marche très bien. Je lis de moins en moins de choses sur le "sujet" car de nombreux écrits me paraissent dévier de cette manière pure de pointer vers le centre, mais votre livre est une joie à partager et je le recommande sans hésitation aux soit-disant "autres". Merci beaucoup.

Leo Hartong  http://www.awakeningtothedream.com
 


"Bob Adamson est un Australien qui a terminé sa recherche spirituelle en 1976 en la présence du renommé Sri Nisargadatta Maharaj. Depuis lors, il en a aidé d'autres à mettre fin à la leur. Quand il dit qu'il demeure en Cela, c'est une déclaration audacieuse mais convaincante. Bien que les thèmes de cette collection de causeries soit conventionnels et attendus, le sentiment  de vérité vivante qui en exsude n'a rien à voir avec la certitude des idées, mais tout à voir avec sa certitude d'être. L'Être est le fondement, le point de départ et le point d'arrivée de son enseignement. Comme il demeure Là, Adamson parle avec l'autorité, la force et l'immédiateté de la vérité.
Le titre du livre résume son enseignement : les problèmes n'existent que dans l'esprit, pas dans l'ici et maintenant. C'est un enseignement familier du non-dualisme. Mais comme les étudiants d'Adamson le savent, son approche vers Cela est pénétrante, directe et immédiate. Il insiste sur le fait de rester dans le présent, juste tel qu'il est. Ce qui est remarquablement absent de ses causeries, c'est la mention de l'illumination, de l'éveil, de tout engagement vers un objectif futur à atteindre. Son idée centrale, c'est que vous êtes déjà, que vous êtes déjà complet, que vous êtes déjà éternellement présent en tant que conscience. Pour voir que vous êtes déjà libre,la seule chose qui est nécessaire, c'est la compréhension.
... Les gens ne répondront pas tous, bien sûr, à ce message et à ce mode direct de transmission, de même que les gens n'ont pas tous répondu à ceux de Nisargadatta ou de Ramana Maharshi. Les gens n'entendent pas tous ce qui se dit est réellement là, sans le colorer de leurs propres croyances. C'est la question familière de la maturité. Comme on peut le mesurer par les réponses de ses étudiants, il est clair que les mots d'Adamson passent vraiment au-dessus de la tête de certains.
Peu importe. Pour eux, ce n'est encore qu'une instruction préparatoire bénéfique. Mais il est aussi clair que les mêmes mots percent les coeurs des autres étudiants et les transforment profondément. Pour ceux qui sont déjà prêts, cela peut être le chemin le plus rapide pour comprendre."

Dennis Trunk (extrait d'un commentaire)  http://3mg.fcpages.com/adamson.html



Son enseignement, comme celui de Nisargadatta, est d'exposer le fondement de l'être. L'enseignement de Bob est de toujours montrer que la nature de l'esprit est de diviser, que la “compréhension est tout” (pour citer Nisargadatta) et que la compréhension survient à partir de l'expérience directe : ici même, en ce moment même, arrêt total, présence-conscience.
Chose curieuse, en lisant le livre, je continuais à attendre que la personnalité de Bob perce à travers, je la recherchais même. Mais je ne peux pas dire que je l'ai trouvée. Je n'ai jamais touché sa  personnalité. Je pense que c'est une qualité rare, cet effort de nettoyage. Une personne peut lire ce livre et ne pas sentir l'impression qu'il y a là un "type" qui s'exprime, même si c'est un livre de causeries composé de questions et de réponses. Cela me dit qu'il n'y a pas de Bob là.



Jerry Katz http://www.nonduality.com 

 



Simple conscience

Gilbert Schultz est le collecteur et l'éditeur des causeries de Qu'est-ce qui ne va pas dans l'instant présent à moins que vous n'y pensiez? et des trois CD qui l'accompagnent enregistrés lors de réunions avec Bob Adamson "Le Marin".

"Les questions présentes dans ce livre couvrent complètement les nombreux angles d'où peuvent survenir tous les chercheurs et même bien plus. Les réponses touchent à une qualité d'intemporalité qui éveille chez le lecteur sa propre intelligence immédiate et intemporelle. La signification absolue de son enseignement et tous les mots merveilleux que l'on pourrait dire à ce sujet ne sont qu'insignifiance lorsque l'on repose dans cette simple conscience. Fondamentalement, c'est ce dont traite son enseignement. La redécouverte de notre vraie  nature, la simple conscience. Une introduction à la conscience toujours fraîche et nouvelle, et cependant ordinaire, est tout ce qui est nécessaire. Tous les détails compliqués ne sont que juste que le bagage qui appartient au chercheur. Bob donne cette introduction de manière unique, par ce qu'il montre, tout à fait spontanément, à tous ceux qui assistent à ces réunions. Le livre et le CD aussi peuvent rendre et rendent bien cette introduction possible.
Pour ce qui me concerne, la vérité de ce qu'il dit est claire et sa vérité m'a amené au-delà de tout besoin de la réentendre. Ayant dit cela, je peux ajouter qu'il y a souvent du plaisir à  la réentendre. Mon expérience d'avoir été avec Bob est qu'après ses indications répétées pour montrer comment questionner directement et immédiatement par soi-même, on voit le contenu de l'esprit et on réalise qu'il est insubstantiel et transitoire. Ce goût de n'être pas le contenu de l'esprit avec absence d'identification au corps est le virage de la soit-disant conscience individuelle. Cela ne peut être manigancé ni contrôlé et dans les termes de "maître et disciple", c'est une introduction qui ne peut être réduite à une histoire ou à un compte-rendu qui n'a pas plus d'importance que toute autre recette. Est-ce que la recette est le gâteau ? et même le fait de manger le gâteau ? Manger la recette ne vous donnerait probablement que des douleurs à l'estomac.
Le livre contient de nombreux pointeurs qui aident l'esprit à trouver sa source. Je peux avec une confiance absolue dire que ces pointeurs marchent. Ils sont simples, directs et profonds, ils coupent à travers tous les détails dans lesquels l'esprit se prend. Par exemple,un des pointeurs est "Vous ne trouverez jamais la réponse avec l'esprit." ou "Vous ne comprendrez jamais cela avec l'esprit." L'essentiel, c'est que, si nous entendons réellement ces pointeurs et ce qu'ils indiquent, cela amène un arrêt dans l'esprit, alors ce qui reste, sans la pensée, est très subtil et cependant profondément évident. Cela doit être goûté par soi-même.
Tout en travaillant aux retranscriptions des bandes enregistrées qui forment le contenu de ce livre, j'ai remarqué combien Bob nourrissait rarement les concepts qui suggèrent un passé ou un futur. Certains phrases étaient tout à fait frappantes par l'absence de structure normale et de temps normaux. Je savais que le discours se produisait spontanément lors des réunions et que cela aussi était, d'une certaine manière, significatif.
Alors que je travaillais à ces enregistrements, de plus en plus, tout cela a commencé à me paraître plus que correct. Ce discours retenait l'attention dans l'immédiateté et évitait les structures d'un paysage mental avec passé, présent, futur, qui semble si commun à notre esprit et à notre manière d'exprimer les choses.
Quel effet cela a-t-il eu sur moi ? Eh bien, ce que je peux dire, c'est que le "chercheur" qui paraissait être si fortement présent ici dans cette soit-disant personne, s'est évanoui sans un au-revoir, ni même dans un éclair. En fait, ce que l'on reconnaît, c'est qu'il n'a même jamais existé. Même si je tentais d'y penser maintenant, tout point de référence à un temps ou à un processus aurait peu de sens. Tout est la conscience qui apparaît sous la forme de ceci ou de cela. L'essence connaît et c'est immédiat. Il n'y a que la conscience de tenter de transmettre avec des mots quelque chose qui est dépourvu de mots et qui n'est pas dans le temps.
Comment l'expliquer est au-delà de moi et pourtant l'_expression me traverse. L' "événement de l'éveil", c'est une des choses  que les chercheurs veulent communément entendre. C'est la carotte.
Au début, dès que je demandais à Bob de me parler de "son événement", il rappelait rapidement mon attention à ma "propre" présence-conscience simple et totale. De cette manière, la clé est donnée. Ce n'est peut-être pas ce que le chercheur veut entendre mais la subtilité de la chose peut s'infiltrer. Le chercheur n'est qu'une pensée... Il ne peut penser, ni entendre, ni voir. Lorsqu'on voit cela, il y a perception d'une vision du contenu de l'esprit et sa posture habituelle s'affaiblit, elle est sapée. Dans les termes habituels d'une "progression", on pourrait dire que cette affaiblissement "continue" de se produire et que l'ouverture "s'accroît".
On remarque que les pensées ne sont plus "lourdes" et que les états perturbateurs se montrent de moins en moins. Cela ne se manifeste même plus comme quelque chose de significatif et le repos dans la nouvelle ouverture a lieu dès que l'organisme se détend. Les jeux de l'esprit cessent.
On pourrait dire que le corps a une préférence pour la détente naturelle, qui s'oppose au flot habituel d'anxiétés et de souffrances qui proviennent des drames psychologiques qui ont constitué tant des activités précédentes et cela est rafraîchissant et libéré de la pensée. Plus tard, l'esprit le traduit en mots."

 

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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 11:36

Pour Paul Veyne, il lui aura fallu trois coups de dés au IVe siècle

Étienne Dumont
Publié le 19 mars 2007

En 312, Constantin se convertit à la suite d'un songe. L'étendard du Christ doit apporter une victoire décisive à celui qui ne gouverne que la Gaule, l'Angleterre et l'Espagne. Le 28 octobre, le co-empereur bat à plates coutures en Italie son rival Maxence. Un usurpateur, mais Rome a l'habitude! Maxence est tué au Pont Milvius. Installé le lendemain dans la capitale, Constantin peut faire de sa foi une «religion favorisée».

La messe est-elle dite, au propre comme au figuré? Non. Professeur honoraire au Collège de France, Paul Veyne le démontre brillamment dans son essai, Quand notre monde est devenu chrétien. L'historien n'hésite pas à aller à l'encontre des idées reçues à force d'avoir été imposées. La progression du monothéisme ne possédait alors rien d'inexorable. Constantin n'avait-il pas adopté la religion de 5% à 10% de ses sujets?

363 et 394, les années fatidiques

Paganisme et christianisme coexistent donc en 312. Les anciens clergés n'en subissent pas moins des vexations, ce qui montre aux ambitieux où souffle le vent. Pour réussir, il faudra se convertir. Le passage se fera au mieux par conformisme, au pire par opportunisme. C'est que l'Eglise veut vite le pouvoir. Le paganisme se limitait à des gestes rituels. Le christianisme s'approprie les consciences.

A deux reprises, tout manquera néanmoins de basculer. Veyne donne deux dates clés: 363 et 394. Que se passe-t-il? En 363, Julien meurt prématurément.

Helléniste de pointe, l'empereur avait les moyens d'enrayer la progression du nouveau culte. Tout se jouera dans le choix de son successeur. Le païen Sallustius décline. Ce sera le chrétien Jovien, choisi par défaut.

En 394, la situation est devenue difficile pour les disciples de Minerve ou de Jupiter, dont la capitale est Rome, le «Vatican du paganisme». Le catholique modéré Eugène, qui règne sur l'Occident, va se retrouver poussé à attaquer l'intégriste Théodose, empereur à Byzance. Ce dernier l'emportera le 6 septembre. Dès lors, le paganisme devient sursitaire.

Mais la fin tardera! Les catholiques sont divisés par des querelles internes. Des hérésies. Dans un long chapitre, Veyne montre bien que le pire ennemi n'est pas l'autre, mais l'analogue. Le «mi chair, mi-poisson» fait peur. L'université païenne d'Athènes pourra du coup tenir jusqu'en 529, le temple d'Isis à Philae jusque vers 550. Certaines régions d'Egypte auront donc été chrétiennes trois générations à peine, avant de doucement s'islamiser.

L'Europe a-t-elle du coup vraiment des «racines chrétiennes»? Pas pour «l'incroyant» Paul Veyne. «Notre Europe est démocrate, laïque, partisane (…) des droits de l'homme, des libertés de penser et sexuelles, du féminisme et du socialisme. (…) Toutes choses qui sont étrangères et parfois opposées au catholicisme.»

 

«Quand notre monde est devenu chrétien, 312-394» de Paul Veyne aux éditions Albin Michel, 322 pages.



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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 16:34

École de Summerhill

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École de Summerhill

Fondation 1921
Type École privée
Localisation Leiston, Grande-Bretagne
Fondateur Alexander Sutherland Neill
Directeur Zoé Readhead
Niveau Élémentaire, Secondaire
Site web (en)Site de Summerhill
L'école de Summerhill
L'école de Summerhill

L'école de Summerhill est un établissement d'enseignement fondé en 1921 par Alexander Sutherland Neill (1883-1973) afin d'y appliquer ses théories pédagogiques originales. Les principes du fonctionnement de l'école sont la liberté, et une forme de démocratie basé sur l'égalité des voix pour sa gestion. Après avoir occupé plusieurs lieux elle est située depuis 1927 dans le Suffolk près de Leiston en Angleterre. À la mort de Neill, l'école expérimentale survécut à son fondateur. En 2000, l'école fut menacée de fermeture par le gouvernement britannique mais après un recours devant la Haute Cour de Londres elle obtint un accord reconnaissant son droit à disposer d'une philosophie propre. L'école est actuellement dirigée par Zoé Readhead, la fille d'A.S. Neill.

Sommaire

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Qu'est ce que Summerhill ? [modifier]

Summerhill est une communauté de 75 enfants de 5 à 16 ans, répartis en trois groupes suivant leur âge, et d'une douzaine d'adultes, sans compter le personnel de service. La plupart sont internes. L'enseignement structure la communauté mais ce n'est pas l'essentiel. Le plus gros du temps et de l'énergie est consacré à la gestion de la vie quotidienne dans tous ses aspects. Le « self-government » est l'épine dorsale de Summerhill. Cette autogestion n'est pas une demi-concession, c'est un style de vie qui fonctionne grâce à des réunions régulières facilitant les expériences, les changements. Une mobilité et un développement permanents, non pas suscités par une bureaucratie anonyme ou un maître charismatique mais par l'observation, l'interaction de chacun, la discussion, la diplomatie. Chacun exerce son droit à influencer directement la communauté dans laquelle il vit. Tout peut être remis en question.

Les idées de Neill et le fonctionnement de l'école [modifier]

A.S. Neill était psychanalyste et éducateur, il a œuvré durant 40 ans à l'éducation des jeunes. La vocation de cet homme a été durant toutes ces années essentiellement axée sur la liberté. Ainsi, il s'est dressé contre la pédagogie traditionnelle, qui selon lui était trop soucieuse d'instruire au lieu d'éduquer et qui n'avait pour objet que de former de petits robots au service de l'industrie. Il décide d'accueillir dans son école des enfants « difficiles » et de leur appliquer une pédagogie révolutionnaire basée sur la liberté et le respect de chacun.

Dans cette école, les cours sont facultatifs, les enfants, s'ils le souhaitent, peuvent jouer toute la journée ou se livrer à des activités manuelles dans l'atelier. Les soirées sont réservées à la danse, au théâtre, aux fêtes et, s'il n'avait craint la fermeture de l'école par les autorités, Neill n'aurait posé aucun interdit sur la sexualité. L'assiduité aux cours du matin (l'après-midi est réservé aux jeunes qui décident de leurs activités) n'est pas obligatoire, aucune présence n'est requise. Souvent, les élèves arrivant d'écoles traditionnelles ne font que jouer, mais liberté ne veut pas dire anarchie et ceux qui ne veulent pas étudier ne doivent pas gêner ceux qui le veulent. Un jour cependant, quand l'enfant dilettante le décidera, il rattrapera les autres et complétera ses études. Neill cite un cas qui dura ainsi 3 ans. Selon lui, le temps de convalescence est directement proportionnel à la haine que l'enfant a de son ancienne école. Une fois la convalescence terminée, il se remet en général à jour dans ses études avec une vitesse surprenante.

Le vendredi soir est réservé à l'assemblée générale. Durant cette réunion présidée par un élève élu, les enfants exposent leurs problèmes, en débattent, élaborent leurs lois et dans cette assemblée ni la voix de Neill ni celle des autres adultes n'a plus de poids que celle d'un enfant. C'est, disait Neill, le secret de la réussite d'une technique pédagogique apprise au contact d'Homer Lane. C'est pour répondre au but que s'était donné Neill qu'il élabora ainsi son école. Renoncer à toute discipline, toute direction, toute suggestion, toute morale pré-conçue, toute construction religieuse quelle qu'elle soit.

Dans l'ouvrage collectif : Pour ou contre Summerhill, Bruno Bettelheim explique la différence, déjà formulée par Neill, entre la liberté et la licence, différence que bien des parents n'arrivent pas à saisir, c'est-à-dire en fait le respect des autres :

« Le fond de la philosophie de Neill est naïvement rousseauiste : l'enfant humain naît foncièrement bon ; si seulement la société, mauvaise en soi, et les mauvais parents, laissaient l'enfant se développer sans angoisse ni refoulement, il arriverait tout seul à maturation et serait le plus magnifique des êtres humains. Quant à la psychanalyse, Neill n'a retenu d'elle que deux choses : que seule la répression est mauvaise, et que les névroses sont provoquées par les refoulements sexuels. (…) Neill savait très bien que le fait de céder à la force conduit l'enfant et l'adulte à n'avoir l'un pour l'autre que de la haine ou du mépris. Si nous permettons à une personne de nous imposer sa force ou de nous intimider, nous ne pouvons plus faire grand chose pour elle. Nous ne pouvons plus l'aider, parce qu'elle ne nous respecte plus ; et aussi parce que nous ne l'aimons pas, qu'on se l'avoue ou non. »

Curieusement Summerhill a eu beaucoup plus d'impact en France qu'en Angleterre où, malgré son succès, ses résultats et sa longévité, elle est relativement peu connue.

Divers [modifier]

D'après Neill, les élèves ont un jour proposé de voter l'autorisation de fumer. Il aurait proposé un "amendement" n'autorisant que les cigares, et c'est cette proposition qui a été adoptée. Ainsi lui-même étant fumeur de cigare pouvait continuer, et les cigares étant beaucoup plus chers que les cigarettes, le risque était faible d'avoir des élèves fumeurs.

Bibliographie (livres traduits en français) [modifier]

  • Libres enfants de Summerhill A.S. Neill, Hart Publishing (New York, 1962 - traduction en 1971 éditions Maspéro, puis réedition aux éditions de la Découverte et en poche Folio essais N°4, 1985. Ce livre fit, à son arrivée en France, l'effet d'une bombe qui mit à mal le rapport traditionnel à l'autorité. Il tomba à pic dans l'euphorie libertaire de l'après-68, un an plus tard paraissait Une société sans école, d'Ivan Illich. Dans les années qui suivent la parution du livre, Summerhill se met à susciter une telle curiosité que l'école, symbole de la pédagogie anti-autoritaire, devient un lieu de pèlerinage. Hippies ou militants viennent de tous les coins du monde observer ces gamins exemplaires et folkloriques
  • La Liberté, pas l'anarchie, d'A. S. Neill (suivi de : « A propos de Summerhill », de Bruno Bettelheim). Hart Publishing (New York) 1966, Payot, « Petite bibliothèque », 1970.
  • Pour ou contre Summerhill (dossier). Collectif, Hart Publishing (New York), 1970, Payot, « Petite bibliothèque », 1972
  • Neill ! Neill ! Peau de mandarine !, d'A. S. Neill(autobiographie). Hart Publishing (New York) 1972, Hachette, 1980.

Voir aussi [modifier]

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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 16:29

Autres ouvrages à propos de A.S Neill [modifier]
  • J. F. Saffange, Libres regards sur Summerhill, Lang (Genève), 2000.

Ouvrage comportant une biographie très complète, une modélisation de la pensée de Neill, ainsi qu'une foule de commentaires et de points de vue de chercheurs et pédagogues célèbres (Piaget, Freud, Dolto, Oury,...).

Liens [modifier]

, dans le comté de Suffolk, qu'il « dirigea » jusqu'à sa mort. Il fut alors remplacé dans sa tâche par sa femme jusqu'en 1985, puis par sa fille qui est l'actuelle directrice de l'école.

Sommaire

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Biographie[1] [modifier]

Le 23 septembre 1973 mourait Alexander Sutherland Neill. Cette disparition ne fit guère la une des journaux. Elle marquait la fin de l’aventure de Summerhill considéré comme un haut lieu de la pédagogie libertaire la plus avancée et installé Neill au cœur d’un vif débat pédagogique.

Le pionnier des années 20 [modifier]

Mort à 90 ans, Neill aura passé la plus grande partie de sa vie dans les salles de classe, comme élève, élève maître près de son père, instituteur, puis directeur d’école.

Lecteur des ouvrages de Freud, il était habile à en utiliser les concepts pour railler ses collègues. C'était un adversaire farouche de Maria Montessori, déjà éminente théoricienne de l’éducation à qui il reprochait scientificité et moralisme. Neill sema la controverse et provoqua « beaucoup d’indignation ». On sait tout aussi peu qu’il participa au congrès de Calais, croisant là Decroly, Ferrière et tous les grands pionniers, s’y faisant remarquer comme un auteur d’ouvrage de combat.

Summerhill [modifier]

Neill ouvre sa première école en 1922, au cours d’un périple en Europe, mais c’est en 1924, qu’il fonde Summerhill, près de Leiston, en Angleterre. Au travers d’une vingtaine d’ouvrages et d’innombrables articles, il en a conté la vie quotidienne, ne manquant jamais l’occasion de susciter la polémique, brossant sans cesse le tableau d’un lieu où l’adulte n’a pas imposé sa loi, lieu fait pour le jeu et où règne le plus parfait désordre.

Les journalistes baptisent Summerhill : l’école « à-la-faites-ce-qu’il-vous-plaira ». Pourtant, l’école, avec ses bâtiments de bois, son grand parc et ses arbres, apparaît, surtout l’été, comme un lieu des plus agréables, véritable école à la campagne comme Ferrière pouvait en rêver au début du siècle. Mais, dans cette école, les cours sont facultatifs, les enfants, s’ils le souhaitent, peuvent jouer toute la journée ou se livrer à des activités manuelles dans l’atelier. Les soirées sont réservées à la danse, au théâtre, aux fêtes. S’il ne craignait la fermeture de l’école par les autorités, Neill ne poserait aucun interdit pour la sexualité.

Le vendredi soir est réservé à l’assemblée générale. Durant cette réunion présidée par un élève élu, les enfants exposent leurs problèmes, en débattent, élaborent leurs lois — et, dans cette assemblée, la voix de Neill, ni celle des autres adultes, n’a pas plus de poids que celle d’un enfant.

La pulsion libertaire [modifier]

Neill ne fut ni un scientifique ni un chercheur — peut-être un philosophe, mais surtout un rêveur et un idéaliste. Il ne fut pas l’homme d’une école pédagogique ou psychologique particulière, ne développa jamais une approche méthodique, réfléchie. Son œuvre n’est qu’une extension de sa personnalité. À vrai dire, à l’inverse de ses contemporains, Neill ne pose jamais d’abord les problèmes de l’éducation en termes de besoins, mais en termes de droit.

« Chacun est libre de faire ce qu’il veut aussi longtemps qu’il n’empiète pas sur la liberté des autres » : telle est la philosophie de la liberté qui prévaut à Summerhill. Mes gosses, notait-il à cette époque, ont fait ce qui leur a plu et je ne doute pas qu’ils ont exprimé le meilleur d’eux-mêmes. »

L’individualiste farouche [modifier]

De son enfance, Neill ne sort pas sans difficulté ; la peur de pécher, la peur de mourir sans avoir pu sauver son âme. Et, dans cette famille nombreuse, entre un père qui ne l’estimait guère et une mère distante, le jeune Alexander ne semble pas avoir reçu l’amour qu’il réclamait — cet amour qu’il a su si bien donner à ses élèves. Une telle enfance forge un individualiste farouche, « le genre de gars à peindre son vélo en bleu quand tous les autres les avaient noirs ». Il aura été dans son école, effectivement, un solitaire, un marginal, trouvant là sa permanence, sa force et sa fragilité.

« L’individualisme sauvera le monde, [...] ton pays a besoin de toi », dit-il à chacun de ses élèves dès 1915, car la liberté proposée aux élèves ne vise rien de moins qu’à en faire des hommes aux services des autres. Neill émerge de cette enfance en vouant une haine farouche à tout enseignement religieux et à toute imposition de valeurs quelles qu’en soient les formes. Sa vision de l’école traditionnelle avec les châtiments corporels ou de l’école nouvelle avec la méthode Coué (Père de la pensée positive sa théorie : « Il ne s’agit pas de vouloir guérir, mais de s’imaginer guérit. » Sa phrase de guérison été : « Tous les jours et à tous les points de vue, je vais de mieux en mieux.»), par exemple, exacerbe ses réactions. Neill voudra pour sa part n’en appeler jamais qu’à l’intelligence de l’enfant et à sa libre décision. « Je n’essaye jamais de faire partager mes croyances ou mes préjugés aux enfants. », « Je ne vois pas de quel droit les éducateurs forcent les enfants à adopter ce qu’ils considèrent comme le bon goût »

Pour Neill, le monde est noir, et cette noirceur révèle en creux la bonté de l’homme : « L’idée générale est que l’homme est un pêcheur en naissant et qu’il doit être formé pour être bon. »

La sensibilité chrétienne [modifier]

« Je suis une personne très religieuse ; quel homme de l’Écosse calviniste ne le serait pas ? », redira souvent Neill. C’est qu’en effet son éducation formera en lui une sensibilité chrétienne d’une force exceptionnelle ; par deux fois, Neill souhaitera devenir pasteur.

Neill avait quelques raisons d’écrire que ses élèves « vivaient aussi honnêtement et aussi humainement que tout chrétien qui suit l’Évangile. »

Neill cessera très vite de lire Freud. En fait, il trébuche bel et bien sur la conception de l’homme véhiculée par la psychanalyse, rejette toute la théorie freudienne sur la structuration de la personnalité et ne reconnaîtra jamais l’existence du complexe d'Œdipe (ensemble des pulsions qui pousse l’enfant mâle lors du 3e stade du développement « stade œdipien ou génital », entre 2 ou 3 ans, après le stade « orale » et le stade « sadique-anale »), à ressentir pour sa mère une attirance et une hostilité chez son père. Il va jusqu'à dire qu’il y a plus d’éducation dans la fabrication d’une boule de neige qu’en écoutant de la grammaire pendant une heure.

Principes pédagogiques [modifier]

Grand lecteur de Rousseau, Neill croit en la bonté fondamentale de l'être humain, et préconise de tenir éloignés les enfants de la brutalité de la société des adultes. Il ne faut ainsi rien imposer à l'enfant, afin de jamais brimer ses pulsions, ses désirs, sa curiosités et sa joie de vivre. Le seuls interdits doivent concerner directement la sécurité physique de l'enfant. Ainsi Neill permet volontiers, voire encourage, des comportements qui peuvent paraître associaux : hurler, fainéanter, mentir, voler... À Summerhill les enfants ne sont pas tenus d'assister aux cours.

Neill accorde une très grande attention aux enfants, et s'attache à ne jamais les laisser sans réponses face à leurs interrogations ou problèmes, dès qu'ils en font la demande explicite. Ils leur accorde à volonté des séances individuelles au cours desquelles il réinvente constamment ses méthodes de psychothérapie active.

Les enfants sont fréquemment déstabilisés par les différences radicales de la vie à Summerhill par rapport au reste du monde, mais Neill rapporte que dans la grande majorité des cas, deux à trois mois de comportements associaux libres à Summerhill suffisent pour que les enfants se dirigent d'eux-mêmes vers les salles de classes et les ateliers. Ceci repose sur le principe de Neill "d'épuisement de l'intérêt". Toute activité reposerait sur l'intérêt. Or, les centres d'intérêts réprimés par la société des adultes, qu'il s'agisse des jeux ou de la masturbation, par exemple, demeurent actifs dans l'inconscient, comme autant de haine de l'autre et de soi, ce qui conduit à développer des comportements extrêmes, névrose ou déviance. L'intérêt épuisé, les enfants peuvent grandir "sainement".

Au-delà, Neill, depuis toujours aura renié tous les autres principes pédagogiques, et notamment la pédagogie traditionnelle : ce qui se passe dans les classes ne l'intéresse pas, étant donné que l'intérêt de l'enfant lui fera accepter toutes les contraintes pour parvenir à son but. Et c'est ici que réside le point le plus criticable du modèle neillien.

Bibliographie [modifier]

  • A.S. Neill, La Liberté, pas l'anarchie, (suivi de : À propos de Summerhill, de Bruno Bettelheim), Hart Publishing (New York) 1966, Payot, coll. Petite bibliothèque, 1970.
  • A.S. Neill, Neill ! Neill ! Peau de mandarine !, Hart Publishing (New York) 1972, Hachette, 1980. Autobiographie.
  • A.S. Neill, Journal d'un instituteur de campagne, Payot (Paris), 1975.

Autres ouvrages à propos de A.S Neill [modifier]

  • J. F. Saffange, Libres regards sur Summerhill, Lang (Genève), 2000.

Ouvrage comportant une biographie très complète, une modélisation de la pensée de Neill, ainsi qu'une foule de commentaires et de points de vue de chercheurs et pédagogues célèbres (Piaget, Freud, Dolto, Oury,...).

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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 15:14

Description du produit
Présentation de l'éditeur
Le déclin des systèmes religieux institutionnalisés a laissé un grand vide moral et affectif au sein de la cultur
occidentale. Après la décomposition du christianisme et de sa théologie, Steiner examine les mythologies de substitution offertes par le programme philosophico-politique de Marx, la psychanalyse freudienne et l'anthropologie structurale de Lévi-Strauss. S'intéressant à leur dimension rédemptrice ou apocalyptique, il s'interroge également sur les racines juives de ces trois grands mouvements prophétiques qui ont pris la relève d'un christianisme qui avait voulu supplanté l'héritage du judaïsme. A côté de ces sommets de l'intelligence spéculative, il examine ensuite la vogue des " petits hommes verts ", mais aussi des sciences occultes ou de l'astrologie, sans oublier les cultes orientaux : autant de tentatives incapables à ses yeux d'apporter une réponse à la " crise du sens " qui frappe l'homme moderne

Détails sur le produit
  • Poche: 88 pages
  • Editeur : Editions 10/18 (6 novembre 2003)
  • Collection : Bibliothèque
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2264036834
  • ISBN-13: 978-2264036834

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