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Ecosia : Le Moteur De Recherch

18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 08:53

Alan Watts, le théologien hippie

Article paru dans le journal Le Monde fin 1973 

alanwatts.jpg le théologien Alan Watts

 

          Avec Alan Watts, mort en Californie le 18 novembre, disparaît une des figures les plus étranges de la pensée américaine, non pas de celles qu'on trouve dans les universités, bien que Watts , remarquable connaisseur de la philosophie orientale, y ait enseigné à plusieurs reprises, mais un philosophe vivant dans les rues, dans les “slums” intellectuels de San Francisco, parmi les clochards de la Bowerie, les beatnicks et les hippies de Greenwich-Village, tous ceux qui se sentent mal dans leur peau.

          L'auteur de la Joyeuse Cosmogonie(1) naquit en Angleterre en 1915, et obtint après son arrivée aux Etats-Unis en 1938, le titre de docteur en théologie. Avant la guerre, ses travaux sur l'histoire des religions orientales lui avaient valu une réputation internationale. Avec la crise morale qui allait déchirer l'Amérique, faire de sa jeunesse la conscience malheureuse du système, l'enseignement de Watts allait rencontrer des disciples par centaines de milliers. Une fois l'ouragan du rock and roll passé, que Jerry Rubin, l'auteur de Do It, considère à juste titre comme l'acte de naissance de la nouvelle gauche américaine, les ballades tristes et mélancoliques de Dylan, comme les poèmes hurlés et haletants de Ginsberg allaient marquer une nouvelle étape de la sensibilité. Tous les romans de Kérouac, des Clochards célestes aux Anges vagabonds, traduisent admirablement cette épopée de ceux qui, guitare sur le dos, poèmes et chansons dans la poche, à défaut d'argent, partirent “à la conquête de leur continent américain “. Pour eux aussi, il y avait quelque chose de pourri dans le coeur de l'homme occidental, dans sa vie, et il fallait fuir le “rêve américain”, le cauchemar climatisé de Norman Mailer, pour conquérir une vie nouvelle. Cet exil ou ce pèlerinage qui précipita toute une génération sur les routes du monde entier et vers l'Orient, Watts l'a souvent directement inspiré en contribuant à le justifier. On comprend que tant de jeunes aient vu en lui un prophète et un messie.

La sagesse de l'Orient

          Le génie de Watts, c'est d'avoir été capable de traduire l'inspiration de l'orient, sa sagesse millénaire, en langage moderne, et d'avoir élaboré à partir de cette vision une critique de la vie quotidienne américaine. Tous ses ouvrages, Joyeuse Cosmogonie (1), Amour et connaissance (2), Matière à réflexion (3), développent les mêmes thèmes : les Occidentaux ont perdu, avec leur civilisation technique, le sens de la vie. Ils ont tué leur sensibilité et ne savent plus regarder le monde qui les entoure, une fille, un arbre, un coucher de soleil, comme s'ils les voyaient pour la première fois. Aussi, Watts prônait-il le retour à la nature, la réconciliation avec l'univers, l'évasion sous toutes ses formes, comme les prémisses d'un nouvel art de vivre. Ce prophète de soixante ans n'était qu'un enfant qui regardait les autres, leur vie, leurs valeurs avec un regard ironique sans comprendre les réponses que l'on donnait à ses questions.
          Prophète, mystique, il fut aussi un poète qui citait à l'appui de ses thèses aussi bien Virgile que le Tao-te-king. Ses oeuvres, traduites dans le monde entier, garderont longtemps après sa mort ce charme, cette puissance de séduction sur ceux qui savent encore rêver.

Jean-Michel PALMIER

(1) Joyeuse Cosmogonie, éditions Fayard.
(2) Amour et connaissance, Denoël, 1971.
(3) Matière à réflexion, Denoël, 1973.
A paraître chez Denoël: le Livre de la sagesse.



Philosophie et littérature

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DominiqueGiraudet - dans penser
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 11:18
Baby-business Faut-il accoucher pour être mère?

 

Par Michel Audétat

Dans son dernier ouvrage, «Corps en miettes», Sylviane Agacinski dénonce la tentation de légaliser la pratique des mères porteuses. Et se scandalise qu’on puisse traiter la femme comme un «outil vivant».
 
ET EN SUISSE?
Dans l’Union européenne, seuls le Royaume-Uni, la Grèce et les Pays-Bas autorisent officiellement la maternité de substitution ou gestation pour autrui. Elle est aussi tolérée dans des conditions très restrictives en Belgique et aux Pays-Bas.

En Suisse, la nouvelle Constitution (entrée en vigueur le 1er janvier 2000) interdit toutes les formes de maternité de substitution. De manière générale, la législation helvétique sur la procréation est stricte. Elle prohibe aussi le don d’ovule et d’embryon. Comme dans le reste de l’Europe, le don de sperme est en revanche autorisé.

Un couple marié peut cependant recourir aux services d’une mère porteuse à l’étranger. A supposer que le conjoint soit le donneur du sperme, sa femme aurait alors la possibilité de déposer une demande pour adopter l’enfant de son époux.
Nous sommes entrés dans l’âge du «baby-business», un commerce mondial et florissant. En Europe de l’Est, on trouve des femmes qui vendent leurs ovocytes aux alentours de 1300 dollars la pièce. Les Russes ou les Ukrainiennes qui se rendent à Chypre pour y monnayer les leurs ne peuvent guère espérer plus de 500 dollars, mais on leur fait miroiter en prime un séjour au bord de la mer. La bonne affaire, c’est plutôt les Etats-Unis où le «don» d’ovocyte peut rapporter entre 5000 et 8000 dollars. A condition toutefois de présenter le bon profil ethnique: la clientèle majoritairement blanche est tatillonne sur la marchandise.

Le marché de la procréation réclamant aussi des ventres, une femme peut devenir mère porteuse – pratiquer la «gestation pour autrui» comme il est recommandé de dire aujourd’hui. Dans certains Etats américains (la Californie par exemple), cela se négocie entre 50000 et 75000 dollars. Les clients, eux, paieront le double pour la location de l’utérus pendant neuf mois. Mais ils peuvent trouver moins cher à Kiev (40000 dollars) ou en Inde (5000 dollars): la mère porteuse indienne est sans doute la moins chère au monde.

Faut-il préciser que la maternité pour autrui est d’abord un «job» de pauvres? En surfant sur les sites américains ou ukrainiens qui promeuvent la grossesse délocalisée, en voyant leurs images de mamans heureuses d’avoir surmonté la «tragédie de la stérilité», en se laissant embrumer le cerveau par leur idéologie caritative, on serait tenté d’oublier la misère humaine qui conduit tant de femmes à devenir mères porteuses.
 
Interdire ou non. Alors, que faire? Continuer à interdire la maternité de substitution comme c’est le cas dans la plupart des pays européens et notamment en Suisse (lire encadré)? En France, un groupe de travail du Sénat propose de faire évoluer la loi. Il s’agirait d’autoriser la «gestation pour autrui», mais en prenant soin de «l’encadrer strictement»: puisqu’elle est possible ailleurs et encourage un tourisme de la procréation, avancent les partisans d’un virage légal, il conviendrait que le droit s’adapte aux réalités nouvelles.

Voilà le genre d’argument qui exaspère Sylviane Agacinski: «Mais pourquoi la France devrait-elle s’aligner sur des exemples indignes, qui sont en fait rares en Europe? La seule question qui vaille est de savoir s’il est conforme à notre conception de l’être humain d’utiliser des femmes comme couveuses d’embryons.»

C’est ce que la philosophe française, poursuivant une longue réflexion sur les rapports entre les sexes, écrit dans les premières pages de son nouvel essai. Le ton est vif, l’argumentation serrée, la force de conviction déployée à chaque ligne: Corps en miettes est un livre de combat dont le lecteur ne sort pas indemne.
 
Fabriquer des enfants. La maternité de substitution est au cœur de ce nouvel essai, qui ne s’y réduit cependant pas. Corps en miettes est aussi une invitation à reformuler quelques questions fondamentales. Qu’est-ce qu’être mère? Que se passe-t-il lorsqu’on cesse de faire des enfants pour les fabriquer? Peut-on résister à la puissance des biotechniques et à leurs chants de sirènes susurrant à nos oreilles que tout est désormais possible?

Sylviane Agacinsky n’est pas indifférente à la souffrance des couples infertiles. Mais elle refuse de considérer que leur désir puisse être une fin justifiant tous les moyens. Déplaçons le regard, dit-elle: voyons aussi, dans l’ombre, le sort des femmes transformés en «outils vivants» pour satisfaire de tels désirs.

Sur le marché de la procréation, on fait comme si la mère porteuse n’était qu’une prestataire de services, au même titre que la coiffeuse ou la manucure. C’est banaliser dangereusement la réalité de la grossesse, rétorque Sylviane Agacinski: une mère porteuse ne vend pas du temps de travail; elle engage la totalité de son existence au service d’autrui, ce qui implique «une formidable dépossession de soi» contraire à la dignité de la personne.
 
Un sac ou un entrepôt. On ne saurait donc réduire la maternité de substitution à la simple fonction d’accueillir l’embryon. Comme si la mère porteuse n’était qu’un ventre, un sac, un «simple entrepôt où stocker l’enfant conçu par d’autres qui en attendront la livraison». Pourquoi occulter à ce point le rôle joué par son corps?

Un individu ne résulte pas seulement de son patrimoine génétique, rappelle Sylviane Agacinski. Avec la gestation, la femme porteuse assure aussi la formation de l’enfant: «C’est son corps qui en réalise la production charnelle sans laquelle l’embryon n’est qu’un amas de cellules, et qui permet sa naissance. C’est pourquoi on dit avec raison que c’est l’accouchement qui fait la mère.»
 
La question des liens. De profondes divergences traversent la pensée féministe sur ces questions. Pour Elisabeth Badinter, une femme peut très bien porter un enfant sans «tricoter» de relation affective avec lui. Sylviane Agacinski, à l’inverse, ne veut pas négliger l’éventualité que de tels liens se nouent. Il arrive d’ailleurs que des femmes décident au bout du compte de déchirer le contrat et de conserver l’enfant destiné à d’autres. En pareils cas, que va dire le droit si on légalise la maternité pour autrui?

En Angleterre, où elle est autorisée sous conditions, la loi prévoit une espèce de droit au remords. Dans le même sens, des sénateurs français ont envisagé la possibilité que la mère porteuse puisse garder l’enfant. Selon l’auteure de Corps en miettes, c’est le signe de la profonde hypocrisie qui règne derrière tout cela: «Aurait-on jamais songé à cette “clause de conscience”, à ce droit au repentir, si l’on ne savait pas, au fond, faire violence à des sentiments humains, profonds et légitimes?» Une vérité déplaisante serait ainsi dissimulée: pour Sylviane Agacinski, légaliser la maternité pour autrui reviendrait à «instituer un abandon».

Ce qui est en jeu avec les mères porteuses dépasse donc de loin la seule liberté individuelle des parties contractantes. Dense et soutenue, appuyée sur Locke, Kant ou Heidegger, la réflexion de Sylviane Agacinski met en garde contre la tentation de s’abandonner benoîtement aux techniques sans les penser. On voit alors se profiler une «barbarie soft» dont la Californie donne déjà un avant-goût avec ses banques et cliniques spécialisées «où toutes les miettes biologiques nécessaires à la fabrication d’embryons sont disponibles». Avec le concours des mères porteuses, elle permettent «la confection d’un enfant, livrable à ses commanditaires pour un prix forfaitaire, pièces et main-d’œuvre comprises».  •

Corps en miettes. De Sylviane Agacinski. Flammarion, 138 p. 



Sylviane Agacinski

 

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 17:47
A Durban, en Afrique du sud, s’est tenue en 2001 la
  Conférence mondiale contre le racisme, à
  l’initiative des Nations Unies, dans la ville même
  où Gandhi avait commencé à exercer son
  métier d’avocat. C’est au nom des droits des
  peuples que furent scandés des « mort à
  l’Amérique » et « mort à
  Israël » ; et c’est au nom du relativisme
  culturel qu’on fit silence sur les discriminations et
  violences commises contre les femmes.

  Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en
  lumière au sein de sa « Commission des droits de
  l’Homme », l’ONU inaugurait en juin 2006 un
  tout nouveau « Conseil des Droits de l’Homme
  » (CDH), censé remédier à de si
  préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le
  constat est plus qu’amer : c’est à la
  consécration même de ces dérives que nous
  assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se
  tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration
  officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont
  gravées dans le marbre d’une nouvelle et
  très particulière Déclaration des droits de
  l’homme, la mise à mort de
  l’universalité des droits.

  Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances
  qui s’y constituent, les discours qui s’y
  tiennent, les textes qui s’y négocient et la
  terminologie utilisée anéantissent la
  liberté d’expression, légitiment
  l’oppression des femmes et stigmatisent
  systématiquement les démocraties occidentales. Le
  CDH est devenu une machine de guerre idéologique à
  l’encontre de ses principes fondateurs. Ignorée
  des grands médias, jour après jour, session
  après session, résolution après
  résolution, une rhétorique politique est
  forgée pour légitimer les passages à
  l’acte et les violences de demain.

  Une « triple alliance » composée de
  l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI)
  représentée jusqu’à ce jour par le Pakistan,
  du Mouvement des Non Alignés où Cuba, le Venezuela
  et l’Iran ont un rôle central, et de la Chine -
  avec la complaisance cynique de la Russie – œuvre
  ainsi à la mise en place d’une véritable
  révolution prétendument « multiculturelle
  ». Ainsi, le Rapporteur spécial de l’ONU
  sur les formes contemporaines de racisme Doudou Diène
  déclare d’ores et déjà
  qu’énoncer une critique contre le port de la Burqa
  constitue une agression raciste, que la laïcité
  est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste
  et que la loi française contre le port des signes
  religieux à l’école participe du racisme
  antimusulman, renommé « islamophobie occidentale
  ».

  La confusion des esprits est à son comble quand est
  dénoncée comme une attitude raciste toute
  critique de la religion. C’est une menace radicale
  contre la liberté de penser qui est en train
  d’être cautionnée par l’ONU. En
  assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux
  qui parlent au nom de l’islam, parce que
  supposée relever d’attitudes
  néo-colonialistes, les porte-paroles de cette nouvelle
  alliance serrent un peu plus le garrot qu’ils ont
  passé au cou de leurs propres peuples et sapent les
  fondements d’une civilité très
  chèrement acquise en Europe depuis les guerres de
  religion.

  En septembre 2007, la Haute Commissaire aux droits de
  l’homme, Mme Louise Arbour, participait à une
  conférence à Téhéran
  consacrée aux « droits de l’homme et la
  diversité culturelle ». Portant le voile, comme
  la loi de la République islamique l’exige, la
  Haute commissaire a été le témoin passif
  de l’énoncé des principes à venir ainsi
  résumés : « offense aux valeurs
  religieuses considérée comme raciste ».
  Bien pire, c’est dès le lendemain de cette
  visite que 21 iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en
  public. C’est en sa présence que le
  président Ahmadinejad a renouvelé son appel
  à la destruction d’Israël, pays membre
  de l’ONU créé par cette dernière.
  Interrogée sur son silence, la Haute Commissaire a
  justifié sa passivité par le respect de la loi
  iranienne auquel, en tant que juriste, elle s’estimait
  tenue et par souci de « ne pas offenser ses
  hôtes ». Charbonnier est maître chez
  soi… c’est le Docteur Gœbbels qui
  utilisait cet argument d’opportunité, à
  la tribune de la SDN (Société des Nations) en
  1933, pour se soustraire à toute critique d’une
  institution internationale impuissante mais dont les principes
  n’étaient au moins pas dévoyés comme ceux
  de l’ONU aujourd’hui.

  Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour
  se légitimer. La parole annonce le passage à
  l’acte. De Mein kampf à radio Mille Collines, de
  Staline à Pol Pot, les exemples abondent pour confirmer
  la nécessaire extermination de l’ennemi du
  peuple au nom de la race, au nom de l’émancipation des
  masses laborieuses, ou au nom d’un ordre supposé
  divin. Les idéologies totalitaires avaient
  remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non
  tenues «d’avenir radieux », ont ouvert
  grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre
  2001, quelques jours après la fin de la
  conférence de Durban, c’est bien au nom de Dieu
  que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut
  commis.

  Face à cette stratégie, les démocraties,
  d’abord soucieuses de leur balance commerciale, font
  preuve d’une extraordinaire passivité. Que
  pèse le sort du peuple tibétain face aux enjeux
  des exportations vers la Chine ? Quel est le prix de la
  liberté pour Ayaan Hirsi Ali, ex-députée
  néerlandaise, menacée de mort, après
  l’assassinat en 2004 de son ami le réalisateur
  Théo Van Gogh, accusé d’avoir
  blasphémé l’islam dans le film
  Soumission ? Les exemples s’additionnent, qui de Taslima
  Nasreen à Salman Rushdie, de Robert Redeker à
  Mohamed Sifaoui, apportent la preuve que
  l’intégrisme islamiste impose sa loi par la
  terreur. Combien d’algériens, de femmes au
  Maghreb, au Proche-Orient, en Turquie, au Pakistan ont
  déjà payé du prix de leur vie le refus
  de se soumettre à l’obscurantisme religieux ?

  Si par malheur, l’ONU devait consacrer
  l’imposition de tels critères, si le
  blasphème devait être assimilé à
  du racisme, si le droit à la critique de la religion
  devait être mis hors la loi, si la loi religieuse devait
  s’inscrire dans les normes internationales, ce serait
  une régression aux conséquences
  désastreuses, et une perversion radicale de toute notre
  tradition de lutte contre le racisme, qui n’a pu et ne
  peut se développer que dans la liberté de
  conscience la plus absolue. L’Assemblée
  Générale de décembre 2007 a
  déjà entériné des textes
  condamnant des formes d’expression
  considérées comme diffamatoires de
  l’islam. L’enjeu est clair ; il est mondial :
  c’est de la défense des libertés de
  l’individu dont il est question. Soit les
  démocraties se ressaisissent et, à
  l’exemple du Canada qui vient d’annoncer son
  refus de participer à la conférence de Durban 2,
  estimant qu’elle risquait d’être «
  marquée par des expressions
  d’intolérance et d’antisémitisme
  », cessent de s’abstenir ou de voter des
  résolutions contraires à l’idéal
  universel de 1948, soit l’obscurantisme religieux et son
  cortège de crimes politiques triompheront sous les bons
  auspices des Nations Unies. Et lorsque les paroles de haine
  seront transformées en actes, nul ne pourra dire
  « nous ne savions pas ».

  Signataires : Elisabeth BADINTER, Adrien BARROT, Patrice
  BILLAUD, Pascal BRUCKNER, Jean-Claude BUHRER, Chala CHAFIQ,
  Georges CHARPAK, Christian CHARRIERE-BOURNAZEL, Bernard DEBRE,
  Chahdortt DJAVANN, Jacques DUGOWSON, Frédéric
  ENCEL, Alain FINKIELKRAUT, Elisabeth de FONTENAY, Patrick
  GAUBERT, Claude GOASGUEN, Thierry JONQUET, Liliane KANDEL,
  Patrick KESSEL, Catherine KINTZLER, Claude LANZMANN, Michel
  LAVAL, Barbara LEFEVBRE, Corinne LEPAGE, Malka MARCOVICH, Albert
  MEMMI, Jean-Philippe MOINET, Jean-Claude PECKER, Philippe
  SCHMIDT, Alain SEKSIG, Mohamed SIFAOUI, Antoine SPIRE,
  Pierre-André TAGUIEFF, Jacques TARNERO, Michèle
  TRIBALAT, Michèle VIANES, Elie WIESEL, Michel ZAOUI,
  etc.

  Signez cette tribune de la Licra
  http://www.licra.org/index.php?section=signez_la_tribune_onu

 

 

__._,_.___


MOTIF AMERINDIEN
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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 15:03

Lire est une drogue

Surnommée la « dame en noir de la déconstruction », Avital Ronell, disciple de Derrida et professeur à Berkeley, revient avec un essai improbable sur l'addiction, non pas comme phénomène social mais comme propriété des livres. Aussi jouissif qu'inattendu.

C'était en 2006. Une professeure d'allemand au look postpunk publiait en France Telephone Book, Stupidity et Amerian Philo et nous rappelait que la French Theory des années 70- cette philosophie de la déconstruction portée notamment par Derrida et Deleuze- faisait encore des ravages outre-Atlantique.
Dans ces trois essais, Avital Ronell déplaçait les champs traditionnels de la pensée et convoquait écrivains et philosophes pour les emmener là où on ne les attend pas : sur les territoires de l'addiction et de la bêtise, ses lieux de prédilection.

Vraiment pas académique, Avital Ronell explique même être « une standardiste qui capte les appels lancés par des écrivains et des philosophes », comme Duras, Hölderlin, Heidegger, Freud ou encore Barthes. Et ils seront nombreux au bout du fil dans ce nouvel opus Addict, Fixions et narcotextes, où elle s'intéresse à la dépendance en s'appuyant sur les boires et déboires de la plus célèbre des junkies : Emma Bovary. Ivre de romans, de livres et de passion, Emma a rapidement montré des signes inquiétants d'addiction et a frôlé l'overdose.

Mais dans l'essai de Ronell, Emma n'est qu'un exemple lui permettant d'avancer ces deux vérités : nous sommes tous drogués et la drogue est partout surtout dans la culture. Car quoi de mieux que la culture, la littérature pour combler le manque, notre besoin de sortir de soi et d'atteindre des paradis artificiels ? Adaptant son style au propos de son essai, Avital Ronell nous fait vraiment partir très loin avec ce livre hautement mutant et hallucinogène qui se conclut en pièce de théâtre absurde jouée par de grands philosophes en proie au doute. Vous ne lirez plus jamais de la même façon.

Addict, Fixions et narcotextes. Bayard, traduit de l'anglais (Etats-Unis), 250 pages, 22, 50€.
Parus en 2006 : Stupidity, Stock, (également disponible en Points). Telephone book, Bayard. American philo, Entretiens avec Anne Dufourmantelle, Stock.

Gladys Marivat


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DominiqueGiraudet - dans penser
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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 19:07
Recherche

Avoir une expérience sensorielle, c’est agir sur le monde

Un entretien avec J. Kevin O’Regan, Directeur du Laboratoire Psychologie de la perception, CNRS - Université Paris Descartes - ENS

Le concept de conscience recouvre des sens très divers allant de l’état de conscience, en référence au degré d’éveil, à la notion plus philosophique et complexe de conscience de soi. Quelle est votre approche du problème ?

Je crois qu’il faut aborder la conscience en partant d’une proposition fondamentale faite en 1995 par Ned Block, un philosophe actuellement à l’Université de New York. Il propose de distinguer ce qu’il appelle « conscience d’accès » et « conscience phénoménale ».
La conscience d’accès, ou A-conscience, est la possibilité d’accéder cognitivement à quelque chose : je peux être A-conscient du fait que je parle avec vous, que cette porte devant moi est jaune, que j’existe, que mon « moi » existe et que ce moi a des sensations et est capable de réfléchir, de prendre des décisions, etc. Je recueille des informations de nature variée grâce à mes cinq sens et j’accède ensuite à ces informations pour raisonner, agir, décider, parler, etc. Ned Block souligne qu’une information relève de la A-conscience quand on peut l’utiliser selon différents types de comportements mentaux, d’actes langagiers ou d’actions potentiels.
La conscience phénoménale, ou P-conscience, est toute différente et beaucoup plus délicate à concevoir et à appréhender, et c’est elle qui m’intéresse particulièrement. Elle correspond non pas au fait de ressentir quelque chose, mais à l’effet que cela fait de ressentir, à la perception des qualités éprouvées – des qualia, disent les philosophes. Dans le film Terminator, le robot ou cyborg du même nom est capable de voir et d’entendre, il a la sensation de soi, il possède donc la A-conscience de son environnement et de soi. Lorsqu’il perd un bras, il a la A-conscience de cette amputation. Mais à la différence d’un humain, il ne peut avoir la P-conscience du mal ressenti. Il pourrait certes avoir été programmé pour hurler sa douleur, ce qui serait une manifestation de la A-conscience de son amputation. Mais ce comportement n’impliquerait en rien qu’il éprouve réellement une douleur, qu’il ait la P-conscience de ce que cette amputation lui fait ressentir.
Dans la philosophie de l’esprit, toute une littérature traite du « zombie », un être qui nous ressemble totalement... sauf qu’il ne ressent rien. Le zombie croit qu’il ressent, car il a tous les comportements que nous pouvons avoir. Mais en réalité, ça ne signifie pas qu’il ressente réellement l’effet intérieur que lui procure un souffle de vent sur la joue, une mélodie magnifique ou un coucher de soleil sur la mer. Cet argument a été critiqué puisqu’il est invérifiable, donc non scientifique ; par exemple, nous sommes peut-être nous-mêmes des « zombies » sans le savoir, mais personne ne peut l’attester. Cependant, cette distinction me paraît intéressante d’un point de vue conceptuel car elle met en lumière l’idée que nous éprouvons quelque chose, et pas rien, lorsque nous ressentons et que nous savons que cette perception est présente en nous.

En quoi cette distinction est-elle opérante pour des scientifiques qui cherchent à comprendre comment « fonctionne » la conscience ?

Depuis des décennies, les neurophysiologistes cherchent l’explication de la conscience au niveau du cerveau et de son fonctionnement. Mais en réalité, leurs travaux et leurs théories portent le plus souvent, sans que cela soit clairement explicité, sur la conscience d’accès, rarement sur la conscience phénoménale. Ainsi dans la littérature, on trouve une bonne vingtaine d’hypothèses mettant en avant ce que l’on appelle le « corrélat neuronal de la conscience ». Par exemple, pour divers auteurs, l’existence d’oscillations électriques spontanées, synchrones à certaines fréquences, dans des réseaux reliant le cortex cérébral et une région appelée thalamus, ou bien des mécanismes quantiques dans les microtubules des neurones expliqueraient l’émergence de la conscience.
Ces théories font appel à des mécanismes cérébraux et neuronaux. abscons et complexes, comme si la complexité expliquait forcément l’émergence d’un « quelque chose » de dimension supérieure, qui serait en l’occurrence la conscience. Or il y a dans la nature toutes sortes de phénomènes complexes et dynamiques (les nuages en mouvement, le vent sur les feuilles, etc.) dont n’émerge aucune dimension supérieure.
En revanche, ces théories mécanistes ou fonctionnalistes sont plus intéressantes pour expliquer la conscience d’accès. Par exemple, dans le cadre de l’hypothèse de Bernard Baars selon laquelle il existe dans le cerveau un « espace de travail global conscient » connecté à une multitude de modules sensoriels, Stanislas Dehaene, Claire Sergent et Jean-Pierre Changeux (Inserm-CEA U562, Service hospitalier Frédéric Joliot, Orsay, et CNRS URA 2182 Récepteurs et Cognition, Institut Pasteur) proposent que la conscience émergerait parce que ces multiples modules du cerveau seraient actifs simultanément et communiqueraient plus librement avec l’espace de travail conscient, et inversement. Et effectivement, pour accéder à la conscience des caractéristiques d’un objet de l’environnement, il faut que les divers aspects de cet objet, sa forme, ses couleurs, etc., soient simultanément disponibles. C’est cette convergence d’informations traitées par le cerveau en liaison avec les données mémorisées qui me permettra de reconnaître instantanément que, là devant moi, j’ai un écran d’ordinateur ou une porte jaune. Mais cette théorie n’est qu’une approche de la conscience d’accès - elle ne me paraît pas avoir de portée pour comprendre comment j’ai conscience des « qualia », c’est-à-dire de l’effet ressenti que me font les choses.

Votre position reste cependant très théorique. Pouvez-vous avancer des arguments expérimentaux ?

Avant d’expérimenter, il faut commencer par réfléchir autrement à propos de la conscience phénoménale. Je propose de prendre une idée déjà proposée par le philosophe Maurice Merleau-Ponty (1908-1961). Dans son ouvrage Phénoménologie de la perception (1945), il explique que « toute conscience est conscience perceptive » et que la perception implique une dimension active du corps. Il faut repenser ce qu’est une sensation perçue en termes d’actions que notre corps entretient vis-à-vis de notre environnement.
Prenons par exemple la sensation du mou d’une éponge. Lorsque j’appuie sur l’éponge, elle cède sous la pression d’une façon particulière et j’en éprouve une sensation que je qualifie de « mou ». Celle-ci ne réside donc pas dans l’excitation neuronale d’un « centre nerveux du mou » mais dans la potentialité d’actions que je peux exercer sur l’éponge, au schéma des interactions possibles que je peux avoir avec elle. La « P-conscience du mou » correspond à ce schéma d’interactions entre mon système nerveux, mon organisme et les propriétés particulières de l’éponge, schéma d’interactions dans lequel je suis engagé maintenant quand je ressens le mou.
Si l’on se place dans l’optique, à mon avis erronée, du corrélat neuronal de la conscience, on peut imaginer que des modules sensoriels rassemblant les informations du toucher communiquent avec un « centre de la conscience », le stimulent, et que cela éveille la « conscience » du mou de l’éponge. Mais selon moi, cette description n’explique que la conscience d’accès à ces informations, elle n’explique pas le « ce que ça me fait » de ressentir le « mou ». Car la conscience phénoménale traduit l’idée que la sensation nous fait quelque chose, un effet, plutôt que rien ; aussi, étant donné que « ça me fait quelque chose », pourquoi ce « quelque chose » est-il différent selon les différentes sensations ? Pourquoi le rouge et le vert produisent-ils sur moi des effets différents ? Imaginons qu’il existe, au niveau de la rétine, des récepteurs sensibles au rouge et d’autres sensibles au vert (c’est une simplification de ce qui se passe réellement, qui nous suffira pour les besoins de l’argument). Ces deux types de récepteurs vont peut-être projeter vers le cortex visuel des fibres nerveuses : une zone du cortex sera donc activée quand l’objet sera rouge, une autre zone corticale le sera en présence d’un objet vert. Des connexions avec d’autres zones cérébrales permettront les comportements adéquats : freiner à un feu de croisement lorsque c’est rouge, affirmer qu’une tomate est mûre ou pas, par exemple.
Mais le problème est que ce type de schéma neuronal peut être appliqué à une machine. On pourrait très bien la connecter comme cela, ça ne la ferait pas ressentir l’effet des choses pour autant. Elle ne ressentirait rien de différent entre le rouge et le vert, quand bien même elle serait capable de s’arrêter à un feu rouge et d’accélérer lorsque le feu passerait au vert. Autrement dit, évoquer des réseaux neuronaux fonctionnellement interconnectés ne fait que décrire un câblage qui peut aboutir à une action motrice, mais n’explique pas la qualité particulière de la stimulation.

Votre théorie est-elle plus explicative ?

Le philosophe Daniel Dennett a effectivement argumenté que les qualia sont une notion incohérente. Pour ma part, j’affirme simplement que l’on peut expliquer scientifiquement non seulement comment nous avons la conscience d’accès de quelque chose de mou ou de vert mais également comment nous sommes convaincus que nous éprouvons quelque chose (conscience phénoménale), et que les sensations que nous ressentons sont différentes et se classent dans des modalités sensorielles différentes. Ma théorie sensorimotrice est que cette conscience ne provient pas de l’activation d’une représentation interne, cérébrale, des qualités de l’objet, mais est au contraire constituée par l’engagement de l’observateur dans une interaction sensorimotrice avec l’objet. Au moment où je touche un objet, je suis engagé dans une interaction, et j’expérimente ; je vis ou éprouve donc des qualités d’interactions différentes selon que je touche une éponge, une surface dure, lisse ou rugueuse, qui mettent en jeu aussi bien les propriétés de l’objet que les récepteurs sensoriels et le cerveau. Ces interactions vont constituer un ressenti, une conscience, qui sera spécifique de l’objet en question.
Cette idée peut être testée expérimentalement et relève donc bien de la science.
Par exemple, dans le cas des couleurs, ma théorie ne paraît pas pertinente a priori car il semble que le mode d’interactions que l’on a avec le rouge ne soit pas différent du mode d’interactions avec le vert. Avec les chercheurs de mon équipe, nous nous sommes penchés sur cette question. Nous avons posé l’hypothèse suivante : la sensation d’une couleur n’est pas l’activation d’un certain type de neurones dans le cerveau mais la résultante d’une interaction particulière avec une surface de couleur. Si je fais bouger une feuille de couleur sous des éclairages différents, les changements d’apparence de la feuille obéissent à certaines lois physiques. De même que l’éponge est caractérisée par le fait qu’elle cède sous la pression d’une certaine manière, selon qu’elle est plus ou moins dure, mon interaction visuelle avec une feuille jaune est caractérisée par les lois physiques qui décrivent les changements lumineux provoqués par les mouvements de la feuille, et conditionnée par les caractéristiques de mes photorécepteurs rétiniens. Or nous avons caractérisé les lois physiques qui décrivent les changements dans la réponse des photorécepteurs rétiniens lorsque l’on bouge des surfaces de couleurs différentes. Nous avons observé que certaines surfaces ont des lois simples d’interactions et que la variabilité des signaux reçus est plus faible avec ces surfaces que la variabilité moyenne provoquée en général. Les couleurs de ces feuilles correspondaient très précisément aux couleurs prototypiques auxquelles les gens donnent un nom à travers toutes les cultures du monde : le rouge, le vert, le bleu, le jaune. La P-conscience de ces couleurs prototypiques naîtrait donc des interactions particulières que nous avons avec elles, non de l’existence de centres corticaux spécialisés dans la perception de ces couleurs. Un autre exemple est la sensation de caresse sur le bras.
L’interprétation classique d’une telle sensation est que l’influx sensoriel se projette depuis les mécanorécepteurs de la peau jusqu’au cortex, où il active la zone correspondant à l’endroit du bras qui est stimulé. Cette interprétation considère que c’est l’activation différente des mécanorécepteurs, selon qu’il s’agit d’une caresse ou d’une piqûre, qui crée la différence de sensation. Mais elle laisse de côté ce que les zones cérébrales stimulées ont de particulier pour faire ressentir que cette sensation est une caresse plutôt qu’une piqûre, qu’elle est appliquée à cet endroit du bras et pas ailleurs. Dans mon interprétation, c’est l’assemblage des possibilités d’actions en liaison avec cet endroit de mon corps et la connaissance des conséquences de ces actions qui constituent la sensation de caresse localisée en cet endroit particulier.
Si c’est bien cela, je devrais pouvoir modifier la sensation indépendamment de la stimulation des mécanorécepteurs du bras. Or c’est bien ce qui se passe avec l’« illusion de la main en caoutchouc », expérience proposée en 1998 par Matthew Botvinick (University of Pittsburgh School of Medicine) et Jonathan Cohen (Pitt and Carnegie Mellon University), deux chercheurs inspirés d’ailleurs par les travaux datant de 1937 d’un chercheur français, J. Tastevin. On pose sur une table, devant une personne, la réplique en caoutchouc d’un bras ; le sujet a son propre bras caché derrière un écran. L’expérimentateur caresse simultanément le bras factice et le vrai bras. Au bout de quelques minutes, la personne a l’illusion curieuse que le bras en caoutchouc est son propre bras. Ainsi, si on lui demande de fermer les yeux et d’indiquer où est son bras, elle indique une position proche de celle du bras réplique. Si l’on fait mine de frapper celui-ci avec un marteau, elle sursaute. Si l’on utilise un bras en caoutchouc de plus grande taille, le sujet fera un geste trop court pour saisir un objet. C’est exactement ce que j’ai prédit avec mon approche sensorimotrice. On peut même pronostiquer qu’il devrait être possible non seulement de modifier l’emplacement ressenti comme étant caressé mais de modifier le ressenti de la douleur. Nous sommes en train de monter une expérience pour tester cette idée.

Pour en savoir plus

Laboratoire Psychologie de la Perception, CNRS Université Paris-Descartes http://nivea.psycho.univ-paris5.fr et http://lpp.psycho.univ-paris5.fr/

Sur Ned Block

N Block (2005) Two Neural Correlates of Consciousness, Trends in Cognitive Sciences 9 : 46-52.
http://www.nyu.edu/gsas/dept/philo/faculty/block/papers/final_revised_proof.pdf

N Block (2007) Consciousness, Accessibility and the Mesh between Psychology and Neuroscience
http://eprints.assc.caltech.edu/261/01/Block_BBS_Final.pdf

N Block (2003) The Harder Problem of Consciousness
http://disputatio.com/articles/015-2.pdf

N Block (1995) On A Confusion About a Function of Consciousness http://cogprints.org/231/00/199712004.html

Expériences sur les couleurs

DL Philipona, JK O’Regan (2006) Vis Neurosci. 23(3-4):331-9.
http://nivea.psycho.univ-paris5.fr/PhiliponaVisNeurosci/PhiliponaVisNeurosci.pdf

Sur la théorie sensorimotrice

E Myin, JK O’Regan (2006) Situated Perception and Sensation in Vision and Other Modalities : a Sensorimotor Approach
http://homepages.vub.ac.be/ emyin/M&ORRev.pdf

JK O’Regan, A Noë (2001) A sensorimotor account of vision and visual consciousness, Behav Brain Sci. 24(5) : 939-73.
http://nivea.psycho.univ-paris5.fr/OREGAN-NOE-BBS/ORegan ;Noe.BBS.pdf Sur l’illusion de la main en caoutchouc
M Botvinick (2004) Probing the neural basis of body "ownership", Science 305 : 782-3.
http://wernicke.ccn.upenn.edu/ mmb/Botvinick_Science_04.pdf


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DominiqueGiraudet - dans penser
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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 16:47
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DominiqueGiraudet - dans penser
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Jacques Derrida, un penseur (mé)connu à (re)lire
Fabula - France
Françoise Dastur évoque dans sa présentation l´importance de la pensée de Martin Heidegger dans la réflexion de Derrida sur la différance. ...

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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 12:24
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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 18:20
Présentation de l'éditeur
Avital Ronell est une figure exceptionnelle de la nouvelle scène philosophique américaine. Amie proche de Derrida, avec qui elle coenseignait aux États-Unis, Ronell s'attache, dans le sillage de la déconstruction, à déplacer les champs traditionnels dévolus à la philosophie: ontologie, métaphysique, éthique, phénoménologie, pour faire surgir des problématiques soigneusement enfouies telles que la bêtise, l'addiction, la passion de l'épreuve, dont elle fait autant de livres remarqués et remarquables. Engagée politiquement, sa vie est l'histoire d'un combat pour et avec la pensée, l'amitié, la littérature. Dans ses entretiens, Avita Ronell parle à découvert de ses luttes, ses trouvailles, ses questions, son enfance et nous fait partager une passion philosophique à l'état pur.

Biographie de l'auteur
Avita Ronell a dirigé la chaire de littérature germanique à New York University (NYU) et supervise aujourd'hui le programme des Etudes sur le traumatisme et la violence. Née à Prague, elle a étudié à Berlin avec Jacob Taubes, à Paris avec Jacques Derrida, et a passé son doctorat à Princeton où elle enseigne également. Elle a été professeur à Berkeley, puis à NYU. Elle a animé avec Jacques Derrida des séminaires d'analyse déconstructive sur des sujets d'éthique contemporaine.

Détails sur le produit

  • Broché: 263 pages
  • Editeur : Stock (20 septembre 2006)
  • Langue : Français
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