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Ecosia : Le Moteur De Recherch

10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 07:15

«  La Poésie est l'expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l'existence : elle doue ainsi d'authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle.  »

«  (...) Qui parle autrement que tout le monde risque de ne pas plaire à tous ; mieux, de passer pour obscur aux yeux de beaucoup. (...) L'attrait de cette poésie tient à ce qu'elle est vécue comme un privilège spirituel : elle semble élever au plus haut degré de qualité, moyennant l'exclusion de la foule profane, cette pure joie de l'esprit que toute poésie promet[2].  »

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 10:04
HORS SERIE DU JOURNAL "LE MONDE " :

 - LE LONG CHEMIN D ' HOMO SAPIENS

 - UNE THEORIE TOUJOURS REVOLUTIONNAIRE

- DEMAIN , LE POST- HUMAIN


Dailymotion - Darwin, l'évolution quelle histoire ! Un hors série ...
Regarder Darwin, l'évolution quelle histoire ! Un hors série du Monde sur Dailymotion Partagez vos vidéos. Catherine Vadon, maître de conférences au Muséum ...
www.dailymotion.com/user/lemondefr/video/x8x0st_darwin-levolution-quelle-histoire-u_tech - Il y a 14 heures - Pages similaires


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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 09:33



Le temps de Montaigne
par Raphaël Enthoven

Achetez, picorez et offrez la «traduction» en français moderne des Essais de Montaigne par André Lanly (Gallimard). N'écoutez pas les fétichistes qui crient au blasphème ou les puristes qui, s'indignant d'un tel nettoyage, réagissent un peu comme les vieilles barbes du xviie siècle, scandalisées que Descartes écrive en français (et non en latin) son Discours de la méthode pour, disait-il, être accessible «même aux femmes».

Traduire Montaigne n'est pas le trahir, mais, à tous égards, lui témoigner une fidélité supérieure. D'abord, Montaigne s'adresse à l'honnête homme (le «mieux savant»), et non à l'érudit (le «plus savant»); élargir son audience revient donc à le sortir de l'école et le rendre à son public. Qui plus est, Montaigne écrit au gré de son humeur, en greffier de ses impressions et non en défenseur d'une thèse: rien de plus aimable, à ce titre, qu'une traduction en français moderne, qui bannit l'exhaustivité philologique et invite à s'y promener «à sauts et à gambades», avec la désinvolture qui lui est due. Enfin, si Montaigne n'est pas le plus grand philosophe de tous les temps, il est certainement le plus grand philosophe du présent. «Je ne peins pas l'être, glisse-t-il, je peins le passage»: l'objet de Montaigne n'est pas l'éternité, mais l'instant, son affaire n'est pas l'avenir, mais le devenir, et l'art de «jouir loyalement de son être». A ceux qui déplorent que tout se perde, Montaigne répond que tout passe, ce qui n'est pas la même chose: «Nous sommes à tous égards du vent, dit-il. Et encore le vent, plus sagement que nous, se complaît à bruire, à s'agiter, et il est content de ses propres fonctions, sans désirer la stabilité, la solidité, qualités qui ne sont pas siennes.» Ce n'est donc pas au nom du «progrès» (auquel Montaigne ne croit pas) qu'il fallait adapter le texte des Essais, mais au nom de Montaigne lui-même, dont l'oeuvre entière invite à préférer l'interprétation à l'exactitude, le présent à l'espoir et les «têtes bien faites» aux «têtes bien pleines».

Il était temps que le temps passât sur une oeuvre qui enseigne le passage du temps. L'enjeu d'une telle traduction n'est pas de moderniser ni de vulgariser Montaigne, mais d'en faire tout simplement le contemporain qu'il ne doit jamais cesser d'être. Il ne s'agit pas de le mettre en baskets, mais d'offrir à sa pensée l'écrin d'une langue qui en éclaire les fulgurances.


 
  Essais
Montaigne

éd. IMPRIMERIE NATIONALE
traduction» en français moderne par André Lanly
668 pages
 
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 Montaigne
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Les Essais
15/02/2001
  Critique
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21/11/2002
  
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Photo : Le chateau de Montaigne

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DominiqueGiraudet - dans penser
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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 08:28

Avita Ronell, la force du concept

31 avril

Lu: "Addict. Fixions et narcotextes" d'Avital RONELL, traduit de l'américain et préfacé par Daniel Loayza (Bayard). Je dis bien: "fixions", entre "fictions" et "fixette", ce n'est pas une coquille... A priori, ce n'est pas ma pente mais j'aime beaucoup ce qu'écrivait Daniel Loayza du temps de Jo Lavaudant, dans les programmes du Théâtre de l'Odéon - je ne sais s'il le fait encore. C'était toujours très intelligent, avec un penchant pour le compliqué mais souvent stimulant, un peu psy, didactique, sophistiqué, brillant.

Je découvre quelqu'un qui lui ressemble, avec une sorte de penchant pour le pire: virus, guerre, téléphone (oui, c'est par l'oreille que s'insinue le venin, comme dans "Hamlet"). Une sorcière, qui a un cerveau-laser, et une admirable artiste de la pensée, plus encore qu'une philosophe artiste. J'avoue que souvent ses fulgurances me dépassent un brin, mais elle suscite aussi des ondes de solitude, d'amour déçu, des élans qui me touchent. Et puis elle a ce côté punk aride avec le concept en guise de clou, de marqueur, de tatouage. Elle est inouïe.

Née à Prague, Avital Ronell a étudié à l'Institut des Sciences Herméneutiques de Berlin, à Princeton et à Paris où elle a rencontré Jacques Derrida (1) et Hélène Cixous; elle occupe aujourd'hui la chaire "Jacques Derrida" de Philosophie et Médias à l'European Graduate School de Saas Fee (joli glacier, le Fee), dans le Valais. Comme il lui reste du temps libre (elle doit être du genre à dormir trois heures par nuit, l'enfer!), elle enseigne aussi l'allemand et la littérature comparée à New York University. La stupidité n'est pas son fort (même si elle a écrit un bon livre sur le sujet, chez Stock). Vous allez me dire: elle pourrait néammoins être sotte. Non, je la crois géniale. Elle a en outre un regard d'une profondeur qui fait peur, qui fait mal, qui comprend, qui pardonne.

Elle est philosophe jusqu'au bout de ses ongles qu'on imagine laqués de noir, comme des pensées, elle s'habille de façon excentrique, "un peu outrée, théâtrale". Ca lui va bien, elle est mince comme un haricot, avec une petite tête de gorgone. Elle serait une formidable ambassadrice de la mode. De surcroît, elle a déjà son petit renom, sa légende: on l'appelle la "Dark Lady de la déconstruction"; il est vrai qu'elle est d'abord et avant tout l'une des meilleures spécialistes de la French Theory: Derrida donc, Nietzsche, Blanchot, Heidegger, Lacoue-Labarthe, Nancy. Rien que du très lourd, et qui fit longtemps fureur parmi les happy few sur de nombreux campus.

Quand elle nous prévient (mais pas tout de suite, elle prend son temps) que: "Ce qui suit, donc, est essentiellement un travail sur "Madame Bovary", et rien de plus", on ne peut évidemment pas la croire", tant elle ouvre d'autres pistes, traitant la lecture comme une dépendance, et la fiction comme une drogue, en gros. Les titres de chapitres pourraient figurer dans un inventaire chinois: "Vers une narcoanalyse", "Hits", etc. Elle ne lit pas comme vous et moi, elle focalise sur "l'inconscient rhétorique du texte", et vas-y! Putain, c'est bon, mais parfois c'est comme avec votre garagiste ou votre plombier, ça devient technique, forcément.

Avital Ronell a un nom de médicament: ça lui va bien. Elle a été élue "la femme la plus dangereuse des Etats-Unis" par Research Magazine, et aussi "l'une des trois meilleures écrivaines" (pour elle, il n'y a vraiment pas d'autre mot) par Village Voice. C'est comme un frisson entre le réel et le songe appelé ontologie. J'aime beaucoup sa notion de "poison mimétique": lire, c'est un peu ça, non? D'abord, est-ce que vous connaissez quelqu'un qui ne se drogue pas à quelque chose?

A lire la nuit. Ne pas dépasser la dose prescrite.

(1) Dans "La Carte Postale", Derrida raconte comment un jour il a été bluffé par une jeune femme rencontrée en 1979, dans un colloque consacré à Peter Szondi. Comme il lui demande son nom, elle répond en rigolant: "Metaphysik". C'était Avital.

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 17:05
ANGELO BRANDUARDI
La demoiselle
 
 
 

 

C'est l'un des albums incontournables d'Angelo Branduardi. L'aspect moyen-âgeux est renforcé par un mixage un peu plus dure et surtout par les paroles françaises d'Etienne Roda-Gil. C'est cet album qui fit connaître Angelo auprès des francophones. Bal en fa dièse mineur est une chanson ample et belle qui utilise des instruments nouveaux, la plus part de la famille des cordes.

1. Bal en fa dièse mineur*
2. Le cerisier**
3. Naîssance d'un lac
4. En avant l'aventure
5. Le serment du marin
6. La demoiselle
7. L'épouse dérobée
8. Les rides de la lune
9. La belle dame sans merci

Musique: Angelo Branduardi.
Textes: Luisa et Angelo Branduardi.
Adaptation française: Etienne Roda-Gil.
Arrangements et direction d'orchestre: Maurizio Fabrizio.
*: Inspiré d'une danse du baroque primitif
**: D'après une ballade gaélique médiévale
L'album est dédié à Luisa, Sarah et Rufo Audran.
Version française de La pulce d'acqua
Année de production: 1979
Edité en vinyle et cassette par Muziza.





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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 19:13
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DominiqueGiraudet - dans penser
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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 18:58

ANGELO BRANDUARDI - Site Officiel

Site Officiel d'Angelo Branduardi en 5 langues, avec des infos, dates de concerts et espace interactif.
www.angelobranduardi.it/fra/home.htm - 20k - En cache - Pages similaires


Résultats de recherche de vidéos pour angelo branduardi
Angelo BRANDUARDI La Demoiselle
4 min 27 s
www.dailymotion.com
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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 11:53
Les abeilles ont besoin d’un plan d’urgence
Regard d'abeille
mercredi 1er avril 2009

popularité : 4%

Par Loïc Chauveau

Alors qu’apiculteurs et agriculteurs s’affrontent sur la responsabilité des insecticides dans la disparition des pollinisateurs, le Sénat adopte un plan de préservation.

Un plan d’urgence, rien de moins ! Le Sénat a adopté un amendement prévoyant la mise en place, dès cette année, de mesures en faveur de la préservation des abeilles. Si l’amendement est maintenu lors de l’examen en seconde lecture de la loi du Grenelle de l’environnement par l’Assemblée nationale, les abeilles bénéficieront de mesures sans précédent. Et il est temps ! La population des ruches françaises et européennes s’est effondrée, menaçant gravement la production apicole et la pollinisation indispensable pour de nombreuses variétés de plantes, de fruits et de légumes : selon l’Inra, la production de 84% des espèces cultivées en Europe dépend directement des pollinisateurs, qui sont à plus de 90% des abeilles domestiques et sauvages.

Première mesure : l’apiculture devra se structurer sous la bannière d’une interprofession et d’un institut scientifique et technique, chargé de réorganiser le réseau d’épidémiologie et de surveillance. Même si les sénateurs jugent prématuré de décider qui en assurera la direction, et avec quel degré d’indépendance... Cette décision rejoint le voeu de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) qui a publié en février un nouveau rapport sur la mortalité d’Apis mellifera.

Deuxième mesure : le Sénat, comme l’Afssa, prône un approfondissement des travaux de recherche appliquée sur les effets de l’ensemble des substances chimiques connues sur les abeilles. Il a cependant rejeté la proposition de débuter l’expertise « par les neurotoxiques systémiques », ces insecticides qui enrobent les semences, pénètrent la plante et sont véhiculés par la sève, au motif que « de nombreux autres facteurs ont une influence tout aussi importante ».

Dommage, car lever le doute sur ces semences apparaît bien comme une priorité ! La controverse, qui fait rage entre écologistes, scientifiques, apiculteurs et fabricants de produits phytosanitaires, se poursuit en effet devant les tribunaux. Les apiculteurs viennent ainsi d’engager un recours contre l’autorisation d’utilisation du Cruiser dans l’Hexagone, alors que ce neurotoxique systémique vient d’être interdit en Allemagne. Cela fait quinze ans que les apiculteurs accusent des substances similaires, l’imidaclopride (principe actif de l’insecticide Gaucho) et le fipronil (principe actif de l’insecticide Régent) de provoquer des mortalités massives de butineuses. Le Régent a été récemment mis hors de cause par la justice, au grand dam des apiculteurs qui ont fait appel. Selon l’Union nationale des apiculteurs de France, l’interdiction du Régent et du Gaucho depuis 2004 aurait freiné le phénomène. Dans ce contexte, la thèse du film Disparition des abeilles : la fin d’un mystère (lire ci-contre), qui défend l’hypothèse de la persistance de cocktails toxiques dans l’environnement durant plusieurs mois, prend une réelle acuité. On ne connaît pas grand-chose des effets des produits chimiques dispersés et mélangés dans la nature et l’on peine à savoir s’ils affaiblissent les abeilles, permettant ainsi à leurs parasites de proliférer.

Pour certains scientifiques et apiculteurs, le responsable serait plutôt à chercher du côté des parasites de l’abeille comme le varroa et les loques américaines et européennes qui envahissent les ruchers, ou encore le champignon Nosema cerenae. D’autres s’inquiètent de l’alimentation des abeilles : l’agriculture intensive impose le même type de plantes sur de grands espaces fleurissant au même moment, ne laissant qu’un « plat unique » aux butineuses. Le récent rapport de l’Afssa ne tranche pas abruptement entre toutes ces hypothèses. Une issue au conflit actuel est en tout cas ardemment souhaitée. Apiculteurs et agriculteurs s’opposent alors que leurs intérêts sont communs. Dans une étude à paraître, Nicola Gallai, du Laboratoire d’économie théorique appliquée (Lameta), à Montpellier, a calculé que les pollinisateurs contribuaient chaque année en moyenne à 9% de la production agricole française, soit une valeur de 2 milliards d’euros !

Le film qui dérange

Comment faire un film sur la mort massive des abeilles alors que les apiculteurs avouent rarement la perte de leurs ruches ? L’un des mérites des réalisateurs Natacha Calestrémé et Gilles Luneau, auteurs de Disparition des abeilles : la fin d’un mystère [1], est d’avoir délié les langues. Celles d’apiculteurs français et américains, mais aussi celle d’un arboriculteur fier de n’utiliser « que » 15 traitements pesticides différents sur ses pommes. Celles de chercheurs parlant des pressions des firmes phytosanitaires ou celle d’un représentant de ces industries, reconnaissant que certains « cocktails » sont dangereux pour les butineuses.

Dans la pratique, l’utilisation conjointe de certains fongicides, herbicides ou insecticides est interdite... mais dans la réalité, les mélanges incapacitants se feraient directement dans la nature, même si les traitements se succèdent « légalement ». Leurs molécules pourraient en effet persister plus de 12 mois dans les sols et dans les plantes, selon l’un des chercheurs interviewés, Jean-Marc Bonmatin, du CNRS. Et nos abeilles butineraient des cocktails les empoisonnant lentement ou récolteraient du pollen nocif pour les jeunes larves. Cela expliquerait, selon les auteurs, le syndrome d’effondrement des colonies qui décime actuellement les ruches d’Amérique du Nord. Le film pointe les semences enrobées d’insecticides neurotoxiques. Il s’inquiète des doses de pesticides qui s’accumulent dans la cire des essaims. Et conclut que si les abeilles succombent en masse, victimes de parasites, de virus ou de champignons, c’est d’abord parce que leur organisme est affaibli par les pesticides. Il prend donc le contre-pied de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), dont le dernier rapport de février n’exclut plus - enfin ! - la possible responsabilité des pesticides, mais maintient qu’il ne s’agit que d’un facteur parmi une quarantaine d’autres...

Très discret sur les mauvaises pratiques apicoles, le film rappelle cependant que les abeilles ne sont plus guère nourries avec leur propre miel, aux propriétés antibactériennes, mais avec du sirop de sucre ou de la mélasse de maïs.
Alors qu’elles auraient plus que jamais besoin de stimuler leurs défenses immunitaires !

Sciences et Avenir

 

[1] Documentaire de 52 min. Mona Lisa production/Mandarava productions avec la participation de France 5/Télé-Québec/RTBF


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DominiqueGiraudet - dans penser
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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 17:20
Résumé du livre

Qu'est-ce que la bêtise ? Où commence-t-elle ? Où s'arrête-t-elle ? Est-elle l'autre de l'intelligence - ou les confins de celle-ci ? Est-elle la négation de la raison - ou le seuil qui y mène ? C'est à toutes ces questions que tente de répondre, dans cet essai stimulant, la philosophe Avital Ronell, en revisitant les poètes et les écrivains que la bêtise fascina et qui ne sortirent pas toujours indemnes de cette attraction souvent réciproque - Barthes, Hölderlin, Flaubert, Kafka, Musil, Michaux, Pynchon - mais aussi les philosophes qui, parfois, crurent s'en détourner alors qu'ils ne faisaient que mieux l'embrasser - Kant, Hegel, Heidegger. Mais au-delà de la littérature et de la philosophie, Avital Ronell montre que la définition de la bêtise est d'abord une question politique, une marque de distinction et de ségrégation sociale, qui permet d'exclure des groupes et des individus de leur participation à la vie de la cité - et de conforter les autres dans la maîtrise et la possession des critères définissant l'intelligence et l'octroi des pouvoirs et des privilèges qui s'y rattachent indéfectiblement.

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DominiqueGiraudet - dans penser
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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 09:56

Art and You Blog
Le blog du site Art and You, Mardi 17 juin 2008


Life extreme – la vie après tout

Penser le post-humain, à la frontière des conventions humaines traditionnelles, revient à jouer à l'équilibriste sur un fil coupant. En confrontant leurs visions lors d'une rencontre à Paris le 23 juillet 2007, l'artiste brésilien Eduardo Kac et de la philosophe américaine Avita Ronell transcendent cette difficulté.

Conjuguant photos, citations, et textes méditatifs, Life extreme, guide illustré des nouvelles formes de vie est plus qu'instructif : il laisse la part belle à la réflexion, à la création d'une nouvelle conception du monde. Tel un livre d'aphorisme, il se laisse feuilleter facilement et permet au lecteur de puiser des réflexions claires, nécessaires, sur l'évolution de l'humanité. Citant des maîtres de la littérature (Novalis, Montaigne, Mary Shelley), du cinéma (Hitchcock), ainsi que de l'art vidéo (Nam June Paik), les auteurs remontent le cours de l'humanité et ouvrent des chemins de réflexion.

Une typographie aérée, mutante, accompagne des photographies étranges, parfois dérangeantes. Celles-ci sont explicitées à la fin du volume par une ensemble de textes nommés « biographies ». Car c'est bien de la vie dont il est question ici, de la vie extrême, aux confins de l'entendement humain. Que ce soit la brebis Dolly, (premier mouton clôné), les croisements génétiques entre dauphin et épaulard, ou la création de pastèques carrées, chaque forme de vie est célébrée et interrogée via sa genèse, son influence, son implication. Végétal, animal et humain s'entrecroisent, et tout ce qui était du domaine de l'impossible devient concret: une rose bleue, un chat hypoallergénique, un lapin fluorescent.

En faisant appel tout à la fois à la rigueur de la pensée et au fantasme de l'imaginaire, les auteurs entrent dans une démarche intellectuelle novatrice et salutaire. À ce propos, Avita Ronell déclare: « Cette résistance ou cette impossibilité à admettre qu’il y a des parties radicalement hétérogènes qui ne peuvent pas être réunies ou coïncider avec leur concept nous oblige à repenser l’histoire et le concept même de l’humain, ou bien à devenir schizophrène pour l’assimiler. »

— Titre : « Life extreme, guide illustré des nouvelles formes de vie »
— Auteurs : Eduardo Kac et Avita Ronell.
— Editeur : Dis Voir (http://www.disvoir.com/)
— Format : 16,5 x 21,5 cm
— Illustrations : oui
— Langues : Français
— ISBN : 9782914563338
— Prix : 29 €

Par Art And You Publié Dans : on a lu Communauté : Art Contemporain
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Lady at Novalis
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