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Ecosia : Le Moteur De Recherch

29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 17:31

 
   
 

 

Vidéo

Jill Bolte Taylor

en français


La conférence de la neuro-anatomiste Jill Bolte Taylor traduite en français. La vidéo a fait le tour du monde - Une nouvelle façon de percevoir le monde - Voyage au-delà de mon cerveau - vidéo - cliquez
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DominiqueGiraudet - dans penser
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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 16:26

L'oeuvre de Rebeyrolle : entre effroi et fascination

 L'exposition est consacrée à Rebeyrolle, un artiste peu connu.PHOTO DIDIER CRASNAULT : La Voix du Nord L'exposition est consacrée à Rebeyrolle, un artiste peu connu.PHOTO DIDIER CRASNAULT : La Voix du Nord

Le musée des Beaux-Arts propose jusqu'au 12 juillet une exposition de vingt tableaux consacrée à l'oeuvre du peintre contemporain Paul Rebeyrolle. Visite guidée.

L'univers de Paul Rebeyrolle est déroutant, difficile à cerner. Sans cesse partagé entre la douleur du monde, crûment exposée dans les tableaux installés au musée des Beaux-Arts, et le plaisir de peindre. L'espace peint est oppressif, volontiers provoquant, quitte parfois à donner la nausée. Jean-Paul Sartre, auteur d'une oeuvre éponyme, en appréciait du reste l'augure. Paul Rebeyrolle est un artiste engagé (il fut membre du parti communiste à partir de 1953) qui n'hésite pas à dénoncer violemment sur la toile les dérives du monde contemporain (les excès du consumérisme dans Le flux monétaire, les méfaits des manipulations génétiques dans La carpe et le lapin...). Il refuse l'illusion pour s'appuyer sur le réel, donnant aux figures humaines une forte présence charnelle grâce à une matière picturale dévorante, faite de peinture à l'huile, de pigments encollés, de tissus, d'objets. Tous là pour dire la douleur du monde. Rebeyrolle n'en reste pas moins attaché au plaisir de peindre. Où peut-il donc le trouver en peignant des bêtes décapitées, un suicidé, des corps sans visage ou asexués ?

« L'énergie du peintre est évidente, explique la directrice du musée, Emmanuelle Delapierre. Son oeuvre est violente m ais on ne tombe jamais dans le répulsif. Pour Rebeyrolle, ancien champion de France de javelot, l'expérience de la vie est liée à un combat physique.  » On aime ou on déteste mais on ne reste pas insensible. On en prend plein les yeux. Mais la nausée passe et on y prend goût. • SAMUEL PETIT

>

« La peinture hors normes », au musée des Beaux-Arts. Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 10 h à 18 h.

Les rédactions de La Voix du Nord
la Voix du Nord


 

Les animaux malades de l ' Eugénisme . 
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DominiqueGiraudet - dans penser
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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 16:02

Le calvaire des noirs d’Inde : lynchés, violés, déshumanisés

 

« Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir » chantait Johnny Halliday, le veinard qui voit ses impôts épongés par Sarkozy. Quoi ? Oui, il chantera pour la « modique » somme de 500 000 euros, le 14 juillet au Champ de Mars à la demande de son ami. Sachant qu’en Suisse il s’acquitte de 610 000 euros d’impôt par an, il lui reste juste une petite broutille qu’il aura facilement d’autant plus que, pour sa tournée d’adieu, il empochera par prestation, 200 000 euros qu’il reversera à la …..Suisse. "Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit." disait Khalil Gibran, l’excellentissime poète libanais. Mais, en ce qui concerne les noirs, j’ai bien peur que ce peuple n’atteigne jamais l’aube. Quant au jour, à la lumière donc, faudrait attendre que la poule ait des dents.



Dans tous Les pays de la planète, semble-t-il, le noir est toujours relégué au second plan. Même dans ceux supposés être leur patrie, notamment en Afrique. Il y a un refus généralisé de cette couleur de peau, nul ne sait vraiment pourquoi. C’est le cas flagrant des aborigènes indiens dont un chercheur a rapporté des images étonnantes, détonantes et folles. Cet homme est Runoko Rashidi.

Runoko Rashidi est américain. Célèbre historien, écrivain et conférencier international, il a parcouru toute l’Asie en globe-trotter qu’il est à la recherche des africains noirs d’Asie. Histoire ancienne de ces noirs-là, de tous temps discriminés. Ses travaux sont considérés comme des éléments probants de l’implantation millénaire des africains en Asie. Il est un vrai pionnier.

C’est ainsi qu’il a pu dénombrer en Asie du Sud, une population noire s’élevant à environ 300 millions d’âmes. Il nous fait découvrir les dalits (les intouchables) en Inde, en démontrant qu’ils sont en fait d’origine africaine. Or, tout le monde s’est toujours cantonné à parler de la société indienne faite de castes, sans toutefois indiquer que la plupart des intouchables sont des noirs. Ce sont des aborigènes émancipés qui se sont installés dans des agglomérations près des grandes villes. Ces derniers sont nommés Adivasis.

Les autres Adivasis, comme leurs cousins aborigènes d’Australie, sont restés loin des cités, préférant être dans leurs villages et/ou réserves. Ce peuple constitue une grande minorité de la population indienne et par conséquent, devrait bénéficier de la protection des autorités. Officiellement reconnus par la Constitution indienne comme "tribus", ils sont souvent inclus de facto pourtant, dans les « castes », surtout dans la catégorie la plus basse. Cette hiérarchisation de la société et ce classement minent l’émancipation de ces derniers. Les promesses des avantages qu’ils doivent en principe bénéficier en vertu du principe de la discrimination positive sont inexistants. Les autres Indiens n’hésitent donc pas à les considérer comme des autochtones primitifs, des sauvages voire des animaux.

Les « sauvages » donc, sans cache-sexe, pieds nus certes, accompagnés de leurs épouses, enfants et amis, se sont déplacés en ville pour faire valoir leurs droits. Manque de pot. D’abord, les autorités ont refusé de les recevoir. Ensuite, ces derniers ont décidé de les offrir en sacrifice, à la vindicte populaire, à une population avide de sensations fortes et morbides. Lâchés, face à une populace assoifées de haine, les proies faciles -les Adivasis-, se sont retrouvés en face de sauvages, ceux-là, des vrais, dont l’odeur du sang est jubilatoire. "Ils" vous parleront du Darfour ou du Tibet, parce que les chinois y sont mais, jamais de l’Inde qui bafoue les droits humains, parce que leurs intérêts y sont considérables.

Avertissement  : la vidéo ici en lien est très violente. Ne pas l’actionner si vous ne vous sentez pas de taille ou capable de voir des hommes mourir devant vos yeux. Ce n’est surtout pas du cinéma. Tournée à Guwahati, la capitale de l’Etat de l’Assam, devant des policiers inertes, la population civile lynche les pauvres aborigènes en toute impunité. Selon Renoko Rashida, c’est même un rite et, avant la mise en place de cette tuerie, les épouses des Adivasis avaient auparavant été violées. Il y a même une femme qui tente de s’échapper, toute nue, certainement après un viol collectif. Vous avez dit civilisation ? Laquelle ?

>>> Allain Jules
 
 
(crédit photo/Wikipédia)

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DominiqueGiraudet - dans penser
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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 12:05
  1. Rondò Veneziano - Ecoute gratuite sur Deezer

    Découvrez "Rondò Veneziano" sur Deezer. The Magic Of Christmas, Concerto D'Amore, Magische Momente, Rondo Veneziano, Masterpieces, spielt Vivaldi, Mozart, ...



    Je recommande le morceau : " San Marco ' .

    Bien à vous,

    Dominique Giraudet



     
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DominiqueGiraudet - dans penser
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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 15:00

  POUR LA DÉFINITION COMPLÈTE DU MOT "TACT" VOIR LE LIEN EN BAS DE CETTE PAGE : VERS LE CNRTL :

 

http://www.cnrtl.fr/images/css/bandeau.jpg  

 

S'agissant à mon impression de quelque chose de rare de nos jours (pas sur cette liste, par contre), je partage avec vous mes 5 min de developpement du vocabulaire du jour.

 

TACT, subt. masc

[...]

B. - Au fig.

[...]

2. Appréciation intuitive, fine, mesurée et sûre en matière de convenances, de goûts, d'usages. Synon. décence, délicatesse, doigté, politesse, pudeur, savoir-vivre.Montrer, manifester, témoigner du tact; faire preuve de tact; agir avec tact; discours plein de tact; manque de tact; homme de tact; tact délicat, exquis, fin, infini, parfait; grand tact. La jeune fille blonde (...), désireuse sans doute de prévenir avec tact des questions qui lui eussent été désagréables (ProustFugit., 1922, p. 574):

 

Voilà pourquoi la morale n'est pas seulement un art, une question de tact et de délicatesse, une virtuosité de la conscience chez quelques privilégiés, une affaire de goût (...). C'est une science qui se développe d'âge en âge selon des lois, à mesure que s'établissent en fait et que sont reconnus par la réflexion les rapports réels et l'agencement des actions ordinairement solidaires.
BlondelAction, 1893, p. 284.



 

 Mme De La Fayette

 

 

 

LIEN VERS LA DÉFINITION ORIGINELLE DU MOT "TACT" ISSUE DU PORTAIL  LEXICAL DU CNRTL :   link


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DominiqueGiraudet - dans penser
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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 08:30
 

 

 

 

Jeudi 26 Mars 2009 - 22h32:58

Réaction à l'article : Dieu existe et il est partout - Louise Mailloux

 

2009-03-25 12:25 - Commentaire d'opinion

 

- / LBR.ca / - Que voilà une excellente analyse de la question et qui fait remarquablement bien le tour du jardin. C'est précisément parce que les religions continuent de propulser des politiques aberrantes qu'on ne peut simplement pas dire des croyants "laisser les faire, ça leur fait du bien". L'organisation des athées et agnostiques en groupes structurés est une nécessité vitale car des voix isolées n'ont jamais l'impact suffisant pour faire rempart à des religions qui ne cachent nullement leur intentions impérialistes.

C'est devenu apparent en grande partie parce que, vers la fin des années 90, la droite religieuse américaine, essentiellement évangélique, a réussi à mettre la main sur le parti Républicain, et de là, sur la présidence américaine. Je crois que le détonateur de la contre-offensive athée fut la série d'attentats du 11 septembre 2001 et aussi le déclenchement de la guerre contre l'Irak. Les deux évènements ont faire ressortir plus clairement que jamais les effets délétères des fondamentalismes religieux.

On constate que c'est à partir de ce moment que les associations anciennes, telles que les Humanistes et Libres-penseurs et nouvelles, telles que les Brights, se mettent à recruter en nombres suffisants pour qu'on puisse parler d'un renouveau de cette position naturaliste. Portés par cette vague, on trouve de remarquables succès de librairie pour des ouvrages, qui, vingt ans auparavant, n'auraient jamais eu le moindre écho dans la grande presse. Je veux parler des livres de Richard Dawkins, Christopher Hitchens, Sam Harris, etc.

Au Québec, Bright Québec apparaît en 2003, la Fondation humaniste du Québec en 2004 et l'Association humaniste du Québec en 2005. Jusque vers 2005, les Sceptiques du Québec se limitaient à étudier les soi-disant miracles religieux. Plus maintenant, la revue le Québec sceptique aborde désormais des questions de fond comme la nature et l'origine des textes sacrés, les racines psychologiques de notre propension à croire n'importe quoi, etc. Le Mouvement Laïque Québécois, pendant longtemps strictement associé à la défense de la séparation de l'état et des religions n'hésite plus désormais à se proclamer « humaniste ». Nous arrivons à 2008 et le début des « sorties de placard ». Un représentant démocrate américain ose l'impensable: il admet publiquement qu'il est athée! La campagne des autobus athées prend son envol en septembre 2008 et sera un succès retentissant sur toute la planète. Nous, des Humanistes du Québec, avions décidé, dès l'année précédente, de sortir du placard en 2009. Nous avons décidé de prendre la balle au bond et de bénéficier de l'extraordinaire visibilité déjà obtenue par cette campagne dans les autres pays.

Contrairement aux intentions que Louise Mailloux nous prêtent, nous ne savions pas vraiment quelle serait la réaction des Montréalais à cette publicité. Le pire, que nous redoutions, aurait été soit une indifférence totale, soit des menaces de mort. Loin de là, ce ne fut pas le cas : le nombre d'entrevues avec les médias (plus de 20) que nous avons obtenu avant même que le premier autobus prenne la route est absolument révélateur: les questions d'appartenance religieuse continue d'être à l'ordre du jour et la campagne a été un succès médiatique sans précédent pour les humanistes athées. D'autre part, nous n'avons reçu qu'une seule lettre de menace (de poursuite judiciaire) ce qui est quand même réconfortant : nous venons de prouver que nous vivons effectivement, et pas seulement en théorie, dans une société tolérante, quoique cette conclusion vaille, pour l'instant, seulement pour Montréal. Nous allons voir ce que les régions nous réservent...

Michel Virard
Président
Association humaniste du Québec

 


LBR.ca - Saguenay-Lac-St-Jean - AB



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DominiqueGiraudet - dans penser
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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 23:51

PIERRE THIBEAULT – EN MARGE

Ne pas savoir

ICI
26-03-2009 | 04h00
Dans son Anthologie de l’essai au Québec depuis la Révolution tranquille, l’intellectuel Jean-François Chassay avait choisi d’inclure, parmi une foule d’autres, un papier signé Fernand Dumont et extrait du Lieu de l’homme paru chez Hurtubise en 1968. La semaine dernière, le hasard de mes lectures m’a fait retomber sur ce texte qui demeure lumineux plus de quatre décennies plus tard. Pour Dumont, Le lieu de l’homme, c’est la culture, celle qui nous permet d’«habiter le monde». Mais pour Dumont, la culture, ce n’est jamais cela. «Tout au plus est-elle un projet sans cesse compromis. Aussitôt, elle nous fait songer à l’école, au livre, au musée. [...] Pour le plus grand nombre, le recours à cette culture est affaire de loisir.» Force est d’admettre que loin d’être démentie par le fil des ans, l’acuité de cette citation de Dumont n’a fait que s’accentuer.

 

Mais là où le texte de Dumont se faisait quelque peu prémonitoire, c’est lorsqu’il affirme que pour lui, «une théorie de la culture est [...] solidaire d’une philosophie des sciences de l’homme». Nous sommes en 1968, faut-il le rappeler, lorsque Fernand Dumont écrit ces lignes. Et il poursuit: «Aucune civilisation n’a ressuscité et engrangé autant de souvenirs que la nôtre, jamais le passé n’a été aussi présent et aussi contesté.» Par surcroît, j’aurais envie d’ajouter que jamais le chemin vers la connaissance ne fut si ardu qu’aujourd’hui au point d’en décourager plusieurs. Les penseurs des Lumières, pour fonder leur philosophie, n’avait pas à lire Spinoza, Kant, Hegel, Heidegger Husserl et autres Nietzsche. Pour une raison évidente, bien sûr, c’est que ces derniers n’étaient pas encore nés. De nos jours, aborder la pensée occidentale se révèle un travail colossal que seuls peuvent s’offrir certains.

La multiplication des outils d’information et la toujours plus grande accessibilité qu’ils semblent conférer au savoir ne saurait masquer le fait que plus on avance en ce sens, plus l’immensité du territoire à déchiffrer s’accroît, plus les limites semblent repoussées. Jamais autant qu’aujourd’hui la maxime que l’on prête à Socrate ne se s’est vérifiée. Plus on sait et plus on découvre que l’on ne sait rien. Et le commun des mortels de quitter le lieu de la pensée pour se réfugier dans le monde - ou devrais-je dire le marché - du prêt-à-penser. Pas par paresse, non, mais bien souvent par découragement.

Et si l’humain se réfugie de plus en plus hors de la culture, il en va de même dans la vie quotidienne face aux objets qui l’entourent. Remontez 100 ans en arrière, par exemple. En 1909, la plupart des individus qui vivaient au Québec utilisaient des outils dont ils comprenaient et le sens et le fonctionnement. Du marteau au poêle à bois, de la herse au chariot, l’environnement en était tout à fait compréhensible. Les gens de 1909 pouvaient vous expliquer comment fonctionnaient la poulie qui retenait le seau au dessus du puits. Pourquoi le levier permettait de soulever des masses beaucoup plus importantes que si l’on travaillait à mains nues. Faites le même test aujourd’hui. Demandez-vous combien d’objets de votre quotidien, combien d’instruments absolument banals et que vous utilisez plus que régulièrement échappent à votre compréhension? Oh, vous savez que le micro-ondes réchauffe rapidement les aliments, que votre lecteur mp3 emmagasine des milliers de chansons pour votre bon plaisir, que la lampe s’allume dès que vous pressez l’interrupteur, que l’ascenseur se rend au troisième étage lorsque vous appuyez sur le piton «3»... Mais combien d’entre nous comprennent comment tout cela fonctionne? Très peu. Combien s’en soucient? Très peu également. Or, il en va de même pour la culture que pour les outils.

Lorsqu’on ne questionne plus, la voie est pavée pour tous les totalitarismes, qu’ils soient marchands ou politiques. Ne pas savoir que l’on ne sait rien, c’est vivre dans le leurre que l’on sait. Et c’est éviter la culture, cette nécessaire «distance de soi-même à soi-même», pour reprendre les propos de Dumont, cette distance qui fait que nous demeurons éveillés.



Au bout du couloir :    La lumière de la connaissance
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DominiqueGiraudet - dans penser
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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 20:22

 

Joseph Macé-Scaron est directeur de la rédaction du Magazine Littéraire et producteur de l’émission littéraire Jeux d’épreuves sur France Culture.

 

 

Animal, trop animal ?

 

 

«La manière de naître, d’engendrer, nourrir, agir, mouvoir, vivre et mourir des bêtes étant si voisine de la nôtre, tout ce que nous retranchons de leurs causes motrices, et que nous ajoutons à notre condition au-dessus de la leur, cela ne peut aucunement partir du discours de notre raison» (Montaigne, Les Essais, II, 12). L’animal est un homme pour l’homme. Tout au moins si l’on s’en tient aux discours. Dans notre monde saturé d’émotions, on ne s’est jamais déclaré aussi sensible à la souffrance non humaine. Jamais les maltraitances ou les brutalités envers les animaux n’ont été aussi durement punies par la loi. Les animaux domestiques, devenus «de compagnie», occupent une place croissante dans nos vies et dans nos villes. Un exemple parmi d’autres: l’adoption, le 15 octobre 1978 par l’Unesco, d’une «Déclaration universelle des droits de l’animal» qui proclame dans son préambule: «[...] tous les êtres vivants ayant une origine commune et s’étant différenciés au cours de l’évolution des espèces [...], tout être vivant possède des droits naturels [...].» Une fois encore, la science s’en mêle. Les anthropologues étudiant les grands singes observent que leurs comportements sont plus sophistiqués que ceux de nos propres ancêtres hominiens. Le primatologue Frans De Waal va jusqu’à évoquer l’existence d’une «culture chimpanzé» quand d’autres scientifiques réclament en faveur de ces «doubles troublants de nous-mêmes» une protection de leur liberté individuelle. Bref, de même que nous tentons de surmonter notre hostilité envers les êtres humains appartenant à d’autres tribus, à d’autres nations, à l’autre sexe, de même devrions-nous reconsidérer la «frontière de l’espèce»? Cela fait partie de ce que Musil, qualifiant les solutions qui constituent en réalité avant tout l’indice d’un problème, appelait les «fétiches de l’époque». Fétiches que les philosophes, quelquefois par conviction, mais souvent aussi par opportunisme, se mettent facilement à adorer. Dans le même temps, cette proximité accrue entre l’homme et l’animal n’empêche nullement le premier de déployer un arsenal de cruautés qui scandaliseraient nos aïeux. «Nous sommes le seul animal duquel le défaut offense nos propres compagnons et seuls qui avons à nous dérober, en nos actions naturelles, de notre espèce», souligne Montaigne. La place de l’animal est à repenser. Et, encore une fois, la littérature a une longueur d’avance dans ce domaine. Pour être plus juste, la place de l’animal est tout simplement à penser, tant dans l’humanisme traditionnel que dans ses déconstructions les plus bruyantes : qu’on le réifie pour se débarrasser du souci qu’il nous cause ou qu’on l’humanise pour le doter de droits, dans les deux cas, on passe étrangement à côté de lui, on nie sa réalité, et tout aussi gravement on nie la nôtre. On recherche éperdument ce qui, en l’animal, annonce ou préfigure la culture humaine, y compris sous ses formes les plus élevées: l’éthique, l’art, le langage, le rite funéraire, etc. Et on bifurque vers l’impasse dans laquelle une partie de la philosophie occidentale nous a engagés en voulant «construire» l’animal à partir de l’humain. Une nouvelle fois, il faut écouter l’auteur des Essais: «Nous ne sommes ni au-dessus, ni au-dessous du reste : tout ce qui est sous le Ciel, dit le sage, court une loi et fortune pareille. Il y a quelque différence, il y a des ordres et des degrés ; mais c’est sous le visage d’une même nature. Il faut contraindre l’homme et le ranger dans les barrières de cette police. » Notre orgueil se fourvoie en voulant déchirer l’unité de la nature pour nous placer au-dessus de tout le reste. La recherche de la diversité est un apprentissage de l’unité. Ce faisant, Montaigne affirme, de nouveau, avec force, un humanisme du vivant. N’est-ce pas pour avoir privé de douceur les bêtes que les hommes ont pu, au cours de l’humanité, en venir à exclure d’autres hommes des lois d’humanité ? Montaigne avant Adorno ou Isaac B. Singer. Montaigne en sceptique se demandant si la cruauté envers nos frères inférieurs et l’impassibilité envers les souffrances d’autrui ne se répondent pas l’une l’autre comme les deux faces d’une même médaille métaphysique.



 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 19:20
 
La laïcité en France
Un rempart fragile contre l'intégrisme  ( 09m 31s )

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DominiqueGiraudet - dans penser
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 22:58

« Corps agissant - Monde parlant », Journée d'étude, Calenda, publié le mercredi 25 mars 2009, http://calenda.revues.org/nouvelle12366.html


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DominiqueGiraudet - dans penser
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