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Ecosia : Le Moteur De Recherch

22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 17:02

 Je signale à votre attention ce lien ,  je viens de terminer cet article remarquable , il permet déjà de mieux connaitre et comprendre la pensée de S . Weil ( ce qui n'est déjà pas rien  ! )

mais aussi ses accointances et divergences possibles avec la tradition dualiste .  

 

 

Bien amicalement ,

 

Dominique Giraudet

 

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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Oscar 02/05/2010 19:06



L'orientation de la Gnose m'apparaît comme un effort génial -ou désespéré?- pour échapper à l'hypothèse d'un Univers complètement amoral: une réponse au grand problème du Mal avec ses deux
principaux visages que sont la souffrance et la mort, le premier étant peut-être le pire, mais n'oubions pas que cette souffrance inclut aussi la pire des morts: celle des êtres aimés.


Si la pensée gnostique est réfutable, alors le Mal et le Bien sont intimement, intrinsèquement, j'allais dire organiquement liés pour constituer la réalité globale du Monde, l'un ne va pas sans
l'autre, ils sont comme le côté pile et le côté face d'une même pièce. Tout espoir de pureté, de joie totales doit alors être abandonné et dans une perspective humaine au moins -en dehors d'elle
les notions mêmes de Bien et de Mal perdent d'ailleurs toute pertinence-, l'Univers et la Vie ne peuvent plus qu'être un enfer;


on mesure l'enjeu métaphysique pour lequel se bat la Gnose: trouver une conception qui permette d'échapper à cette vision de cauchemar où la seule excuse de Dieu serait, selon la formule
péremptoire de Stendhal, de ne pas exister, et où cette absence laisserait subsister le scandale, l'horreur du Mal face à un univers totalement indifférent à la souffrance et à la mort en
tant que réalités négatives, répulsives, "infernales".


Les conceptions religieuses traditionnelles du moins monothéistes se brisent contre cet écueil.


Dans le cadre du théisme, seule une conception gnostique permettrait de "justifier", de "sauver" la notion d'une Ethique absolue et qui pourrait avoir le "dernier mot". C'est pourquoi cette
pensée et ses avatars historiques, du manichéisme de Manès à Simone Weil en passant par les cathares, est capitale, sans assurance de vérité: la question et donc le débat restent ouverts, et
il me semble que la pensée humaine reste condamnée à l'incertitude entre ces deux termes de l'alternative.


Est-ce trop s'avancer que de donner un avantage conceptuel à l'hypothèse moniste et amorale, selon le principe du rasoir d'Occam: elle est plus simple, elle se passe de notions comme celle du
"démiurge", des "archontes" etc., sans parler de celle de la création d'entités inférieures par une entité supérieure, qui implique une dégradation ontologique.


Et cela expliquerait la force d'impact potentiellement gigantesque de pensées comme celles de Schopenhauer et de Leopardi: "tout est mal..."


Ce qui n'en donne que plus de résonance pathétique à la spiritualité noble et douloureuse de Simone Weil qui me paraît d'une élévation plus digne de l'enjeu que "l'explication" purement
intellectuelle de Schelling par exemple, qui déduit le mal de la liberté, ce qui notons-le ne pourrait de toute façon justifier que celui relevant du comportement humain...



dominique giraudet 25/04/2010 22:49



Bonjour cher Oscar ,


Merci pour ton message ( et aussi pour les autres ! ) , en effet , je dois reconnaitre moi aussi que c'est certainement l' article le plus intéressant , le plus " travaillé " du web que j'ai lu
depuis bien longtemps déjà ! Que dire de plus sur cette superbe analyse ? Rajouter quelquechose serait superflu , inutile , ce beau texte se suffit à lui -mème .


Bien amicalement ,


Dominique


 


 



Oscar 25/04/2010 19:46



Ceci ne se veut évidemment qu'une impression première, et même seulement une remarque préliminaire:


j'aurai besoin de temps pour étudier à loisir cet article d'une richesse et d'un souci des nuances stupéfiants; mais je tiens d'emblée à en remercier l'auteur de ce blog, car sans même parler de
Simone Weil, cette si noble et émouvante figure de la spiritualité, l'article débute par une étude de la Gnose d'une densité qui m'a laissé pantois, j'avais auparavant passé beaucoup de
temps à chercher vainement sur le net quelque chose qui ne s'en approche ne fût-ce que de loin!