Philosophie,coups de coeurs philosophiques et littéraires,éthique,morale,environnement,culture,réflexions personnelles .
Le voyage minuscule a l’avantage d’être à la portée de tous les tempéraments contemplatifs. Il est facile à programmer, se transporte partout, ne coûte rien, apporte mille surprises. Quant à ses inconvénients, je n’en vois qu’un : c’est un condensé d’illusions, une caractéristique qu’il partage d’ailleurs avec tous les voyages, Claude Lévi-Strauss l’a admirablement montré dans Tristes tropiques. Partir, rester n’est pas une telle affaire. Malgré des centaines de kilomètres parcourus, certaines personnes donneront toujours l’impression d’être fichées en terre, raides, lourdes, comme des bornes kilométriques vouées à la rêverie des autres. Les moines bouddhistes marchent beaucoup ; ils peuvent tout aussi bien trouver ce qu’ils cherchent sans sortir de leur fissure de rocher. Merveilles des merveilles, la lumière, seule image plausible de la divinité, ne cesse de parcourir l’univers à 300 000 kilomètres par seconde. Performance sans égale. Mais qui m’éblouit moins que la douceur rosée d’un soir ou la nacre d’un matin.
Histoire de l'Illusion décrit en 158 pages l'impossiblité pour l'éventuel auteur qui ne se sépare jamais de son carnet rouge aux pages désespérément
blanches, d'écrire une Histoire de l'Illusion.
Démonstration brillante, humoristique, philosophique, poétique, évocatoire, convaincante, où il est question du monde, de la vie et de la mort (...).
La Quinzaine littéraire, 1/15 juin 1993.