Voyage en Languedoc, sur les traces de ceux qui s'appelaient les "parfaits".
Aux alentours de l'an 1000, l'hérésie réapparaît en Europe. Ce n'est pas totalement un hasard. Les temps sont rudes et violents, propices aux remises en question les plus profondes. C'est
ainsi que les Écritures saintes sont relues et interprétées. Pour les cathares, Dieu n'a pas pu créer un monde aussi habité par le mal que celui des hommes. Le corps humain n'est rien d'autre
qu'une "tunique de peau" dont l'être doit s'émanciper. Un sacrement unique, le "consolament", en fait un "parfait", désormais astreint à une vie austère et vertueuse. Face à cette nouvelle
doctrine, l'Église romaine tremble sur ses bases. Ceux qui en sont la cause le paieront au prix fort. La répression de l'hérésie est terrible. Le dernier "parfait" cathare meurt sur le bûcher en
1321. La remarquable histoire de ce christianisme dissident, répandu dans toute l'Europe, en recouvre en fait plusieurs autres, lourdes de conséquences : celle de l'Église qui créa l'Inquisition,
celle de la monarchie française qui en sortit renforcée, celle du pays occitan qui en fit les frais.