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Qui arrêtera Sarkozy dans la démagogie à l’égard des religions ?
Après avoir vanté le mois dernier devant des dignitaires de l'Eglise catholique les "racines chrétiennes de la France", Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois exalté lundi 14 janvier l'héritage "civilisateur" des religions, cette fois en Arabie saoudite devant des dignitaires du très rigoriste régime saoudien, à chaque fois dans des termes inédits pour le chef d'un Etat laïque.
A Rome, en insistant sur les "racines chrétiennes de la France", il s’est permis d’affirmer qu’il défendait une laïcité dite "positive", c'est-à-dire "qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas les religions comme un danger, mais un atout". Il a critiqué une laïcité "épuisée" et menacée par "le fanatisme", allant jusqu'à juger de l'intérêt de la République d'avoir "beaucoup d'hommes et de femmes" qui "croient" et qui "espèrent".
Le 14 janvier, il s’est encore plus engagé lors de son séjour en Arabie saoudite, devant les 150 membres du Conseil consultatif (Majlis ach-Choura) du royaume. A côté de propos convenus dénonçant l'intégrisme, "négation de l'Islam" et réaffirmant sa volonté d'éviter "le choc des civilisations" , il a tenu des propos en totale contradiction avec la réserve qui doit être celle du chef d’un Etat laïc, en rappelant ce qu’il prétend être les "racines religieuses" du monde.
"Dans le fond de chaque civilisation, il y a quelque chose de religieux", a-t-il assuré, estimant que "c'est peut-être dans le religieux que ce qu'il y a d'universel dans les civilisations est le plus fort". Tel un prédicateur devant une méga-church américaine, il a évoqué "Dieu qui n'asservit pas l'homme mais qui le libère", "Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme" ou encore "Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes", pour regretter que son message ait "souvent été dénaturé".
Nous ne comprenons pas que les défenseurs de la laïcité, que ce soit dans l’opposition ou dans la majorité, ne relèvent pas vertement ces propos. Une interpellation à l’Assemblée Nationale serait le minimum, face aux débordements d’un président emporté par la haute idée qu’il se fait de lui et qui manifestement abuse gravement de ses pouvoirs.
Nous aimerions par ailleurs savoir comment les représentants de mouvements religieux islamistes particulièrement agressifs prendront de telles déclarations. Comme un encouragement à poursuivre la conversion des Européens à leurs valeurs ? 16/01/08