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Philosophie,coups de coeurs philosophiques et littéraires,éthique,morale,environnement,culture,réflexions personnelles .

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BUREAU DE TABAC - FERNANDO PESSOA- SITE DE L' ORIGINEL

mardi 15 janvier 2008 - par Claire Mercier
Avis aux fumeurs
Bureau de tabac
par Fernando Pessoa

" Imaginons que dans les années 1910-1920 Valéry, Cocteau, Cendrars, Apollinaire et Larbaud aient été un seul et même homme, caché sous plusieurs « masques » : on aura une idée de l'aventure vécue à la même époque au Portugal par celui qui a écrit à lui tout seul les œuvres d'au moins cinq « écrivains de génie. »
" En 1968, seulement, on commence l'inventaire de la malle où il entreposait ses écrits. On découvre plus de 27 000 manuscrits signés par soixante-douze auteurs différents. Par le jeu de ses hétéronymes, mystérieux doubles littéraires, Pessoa entendait être toute la littérature portugaise à lui seul. »

Bureau de Tabac

Recueil de poésie
Editions Caractères
Langue d'origine : portugais,
Traduit par Armand Guibert 2000,
Première édition : 1955

Extrait

« Je ne suis rien
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

Fenêtres de ma chambre,
de ma chambre dans la fourmilière humaine unité ignorée (et si l'on savait ce qu'elle est, que saurait-on de plus ?),
vous donnez sur le mystère d'une rue au va-et-vient continuel,
sur une rue inaccessible à toutes les pensées,
réelle, impossiblement réelle, précise, inconnaissablement précise,
avec le mystère des choses enfoui sous les pierres et les êtres,
avec la mort qui parsème les murs de moisissure et de cheveux blancs les humains,
avec le destin qui conduit la guimbarde de tout sur la route de rien.

Je suis aujourd'hui vaincu, comme si je connaissais la vérité;
lucide aujourd'hui, comme si j "étais à l'article de la mort,
n'ayant plus d'autre fraternité avec les choses
que celle d'un adieu, cette maison et ce côté de la rue
se muant en une file de wagons, avec un départ au sifflet venu du fond de ma tête,
un ébranlement de mes nerfs et un grincement de mes os qui démarrent.

Je suis aujourd'hui perplexe. comme qui a réfléchi, trouvé, puis oublié.
Je suis aujourd'hui partagé entre la loyauté que je dois
au Bureau de Tabac d'en face, en tant que chose extérieurement réelle
et la sensation que tout est songe, en tant que chose réelle vue du dedans.

J'ai tout raté.
Comme j'étais sans ambition, peut-être ce tout n'était-il rien.
Les bons principes qu'on m'a inculqués,
je les ai fuis par la fenêtre de la cour.
Je m'en fus aux champs avec de grands desseins,
mais là je n'ai trouvé qu'herbes et arbres,
et les gens, s'il y en avait, étaient pareils à tout le monde.
Je quitte la fenêtre, je m'assieds sur une chaise. A quoi penser ? … »


La première traduction française de ce livre, par Armand Guibert, fut publiée par Bruno Durocher en 1955. Le recueil réédité en 2000 reste un ouvrage de référence.

Une édition bilingue de l'ouvrage est parue chez Unes, augmentée d'une préface de Adolfo Casais Monteiro et d'une postface de Pierre Hourcade.

Sites pour découvrir Fernando Pessoa 

Club des poètes

Bibliographie

Publications sur Pessoa et le Portugal

Association Française des Amis de Fernando Pessoa


 
lundi 31 décembre 2007 - par Claire Mercier
Naissance
Le blog de L'Originel
Meilleurs Voeux pour 2008

Pour saluer le Nouvel An, les Editions L'Originel ouvrent un Blog sur My Space à l'adresse suivante Le blog de L'Originel C'est toujours une aventure éditoriale phare de la Tradition, une réflexion large, puisée à la source première des différentes cultures d'Orient et d'Occident, la volonté de faire redécouvrir des idées intemporelles, d'autres philosophies et approches de l'existence, au-delà des grandes religions...

Quelques messages sont déjà parus.
Attention ! Le message le plus récent apparaît en premier.


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