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ABDOUL MAJID THIAM

Portrait
 
 
 
    Abdoul Majid Thiam, secrétaire de rédaction de « Les Echos » : «La liberté est une réalité dans la presse, l’indépendance, non»
 
 Bamako Hebdo, 17/01/2009 Commentaires [ 2 ] E-mail Imprimer
 
Abdoul Majid Thiam (photo Bko Hebdo)
 

Abdoul Majid Thiam, Secrétaire de rédaction du journal «Les Echos», livre ici pour nos lecteurs son point de vue sur la presse malienne. Il explique surtout ce qui fait la spécificité d’un bon secrétaire de rédaction.

Bamako Hebdo :Présentez- vous à nos lecteurs ?
Abdoul Majid Thiam : Je m’appelle Abdoul Majid Thiam. Je suis journaliste à Jamana depuis mai 1991. C’est à la suite d’un concours du meilleur reportage que j’ai eu la chance de décrocher un certificat du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ) de Paris en 1997 grâce à une bourse du ministère français de la Coopération à l’époque dirigé par Charles Josselin.

 Comment vous est venue l’ambition de faire carrière dans le journalisme ?
J’ai aimé la presse à travers un nombre de parents qui ont été des professionnels du métier. Parmi eux, je cite mes oncles Amadou Thiam et Thierno Ahmed Thiam (paix à son âme). Ils ont été des exemples pour moi. Je n’aime certes pas le micro, mais lorsque j’étais adolescent, je me permettais de faire la narration des matches inter-quartiers quand je n’avais pas la chance de jouer. Plus tard au second cycle à Hamdallaye Marché ou au lycée, je participais, sous la conduite de mes professeurs, à la rédaction du journal de l’école.

 Parlez- moi de votre parcours et de vos expériences professionnelles ?
 Ayant arrêté les études en classe de terminale, j’ai chômé pendant plusieurs années jusqu’à ce que le groupe Jamana décide, en mai 1991, de relancer la revue des jeunes «Grin-Grin». J’ai été recruté sans passer le test.

Depuis lors, je travaille à Jamana. J’ai écris des articles sur divers sujets dans la revue des jeunes, dans la revue Jamana et surtout dans ‘Les Echos’ où j’officie comme secrétaire de rédaction depuis plusieurs années maintenant. En réalité, j’ai tâté de tout : politique, société, sports et faits divers. Grâce à la presse, j’ai pu visiter le Mali divers. J’ai aussi effectué quelques déplacements à l’étranger où j’ai eu l’occasion de me confronter à d’autres confrères. Toutes choses qui m’ont permis d’accumuler une somme d’expériences que je suis disposé à partager avec les autres à condition qu’ils en expriment le besoin. Je suis Toucouleur, né à Bamako en 1966. Je suis marié et père de deux enfants (une fille et un garçon).

De manière générale, quelle est votre vision de la presse malienne ?
 La presse malienne continue son petit bonhomme de chemin, malgré des imperfections çà et là. Je pense qu’elle peut encore faire mieux pour mériter sa place de 4e pouvoir. Il est regrettable que beaucoup de journalistes, surtout les jeunes, n’aient pas toujours à l’idée cette célèbre phrase de Jean-Paul Sartre qui dit que : « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres». Appliquée en journalisme, cette sentence pourrait prévenir bien des malentendus et incompréhensions après la publication d’un article. Autrement dit, il y a toujours lieu de recouper même si l’on est à 100 % sûr de sa source. A ce moment-là, la presse et les journalistes seront encore plus crédibles et contribueraient davantage à l’ancrage de la démocratie, à la quête de la transparence et donc à plus de justice, d’équité et de solidarité, qui sont, me semble-t-il, les bases fondamentales du développement.

 La liberté de la presse est- elle une réalité ?
Il n’y a pas lieu d’espérer que la presse ira très bientôt dans le sens souhaité en éclairant mieux le public sur les sujets de proximité, l’économie réelle, les valeurs de la société. Je crois très humblement que ce sont les politiciens, avec leurs querelles interminables, les chercheurs de poste, toujours prompts à casser du sucre sur le dos de leurs adversaires  qui induisent la presse en erreur. Oui la liberté de la presse, au vu du nombre d’organes écrits et audiovisuels, est une réalité. Mais pour ce qui est de l’indépendance, les débats restent ouverts. Pour ma part, je constate que beaucoup d’organes restent sous la coupe des groupes de pressions. Il leur faudra trouver les moyens d’être à équidistance des forces politiques et sociales pour assurer leur pérennité.

Les qualité d’un bon  journaliste ?
J’ai souvent la satisfaction d’avoir écrit ce que les gens pensaient réellement. Il me plaît de discuter de la pertinence de certaines analyses. Il arrive aussi que de nombreuses personnes ne soient pas d’accord avec moi. Je les écoute et note leurs remarques. Nul n’a le monopole de la vérité, nul n’est parfait. Vérités d’hier, vérités, d’aujourd’hui, vérités de demain.

  Avez-vous eu des déceptions dans l’exercice du métier, si oui, qu’est ce qui vous a le plus marqué ?

 J’avoue que personnellement et pour paraphraser Pierre Boule dans son   La Planète des singes, je n’attends rien des humains. J’essaye de donner le maximum en me disant que Dieu le Tout-Puissant en tiendra compte. Je n’attends donc aucun ascenseur de qui que ce soit. Toutefois, j’ai un faible pour ces hommes qui cultivent la discrétion, la franchise, l’honnêteté.

 Qu’est ce qui fait un bon secrétaire de rédaction ?
Le secrétariat de rédaction est un métier passionnant qui exige sans cesse une mise à niveau. A partir de ce poste, on peut faire preuve de beaucoup de générosité, améliorer le contenu d’un article, mettre en valeur un journaliste. Mais, là aussi, on ne rencontre pas que de la sympathie. Je n’aime pas la politique en tant que moyen d’arriver à ses fins. Je crois qu’elle doit être l’occasion de rendre service au peuple. Malheureusement, ce n’est pas totalement le cas au Mali. Tant et si bien que je m’éloigne un peu des hommes politiques. Je ne suis pas affilié àla Fédération malienne de Scrabble. Mais, mon oncle Adam Thiam, qui est aussi un bon pratiquant de ce jeu, sait que je suis un passionné du scrabble et il me«répudie» de chez lui chaque fois que je lui donne du fil à retordre. Je joue à la belote sans en être un mordu. Je lis aussi quand j’en ai l’occasion la presse internationale (Jeune Afrique, Courrier International, etc.) J’aime un homme qui dit vrai et voit de haut le menteur, le délateur.

 Quel est votre plat préféré ?
J’aime le riz à la pâte d’arachide même si je sens qu’il est à la base de certains de mes ennuis de santé.

Fatoumata Mah THIAM

 
Bamako Hebdo, est seul responsable du contenu de cet article  
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Vos commentaires  
 
Posté par TELIMAN,  le 17 Jan 2009 09:43:18 GMT
  Du courage petit Thiam bonne année 2009
  Répondre à < TELIMAN >
Posté par oslonj,  le 17 Jan 2009 06:47:35 GMT
  Abdoul fidele a lui meme, toujours honnete.
  Répondre à < oslonj >
 
     
 
 
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