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Philosophie,coups de coeurs philosophiques et littéraires,éthique,morale,environnement,culture,réflexions personnelles .

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BERNARD SICHERE - CATHOLIQUE

Catholique
Bernard Sichère
Livre
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Année : 2005
Editeur : Desclée de Brouwer
ISBN : 2220055698
Notre référence : 11281
Nombre de pages : 160

Présentation de l'éditeur

On ne peut plus éluder aujourd'hui la question du rapport personnel à Dieu, surtout quand ce rapport s'inscrit dans une tradition aussi ancienne que la tradition chrétienne. Disons-le sans détours : le spectre qui hante désormais l'Europe, ce n'est pas le " retour du religieux " ni même celui du bon vieux Dieu, mais le nihilisme, la religion féroce de ceux qui ne croient en rien et qui voudraient même empêcher qu'on croie. C'est en regard de cette réalité que je veux ici m'expliquer. je ne suis pas un " philosophe catholique ", si l'on veut dire par là que philosopher se réduirait à paraphraser le dogme. En revanche, m'expliquer sur Dieu et sur ma relation à Dieu fait pour moi partie de l'acte de philosopher. Alors, qu'est-ce que croire sur le mode catholique à l'orée du XXIe siècle ? Ces pages tentent d'y répondre.

 

Philosophe, Bernard Sichère poursuit son chemin en dehors des étiquettes réductrices. Lecteur de Heidegger, son ouvrage consacré au philosophe allemand, Seul un Dieu peut encore nous sauver (DDB, 2002), avait été remarqué. La diversité des travaux de Sichère peut surprendre, puisqu’il étend son écriture depuis Barthes jusqu’au catholicisme, en passant par Lacan ou la pensée du Politique. Il pratique simplement la liberté d’être libre : « Le spectre qui hante cette Europe, ce n’est pas le retour des religions […], c’est le nihilisme, c’est la religion féroce de ceux qui ne croient en rien et qui veulent empêcher qu’on croie. Ou plutôt qui croient en un certain nombre d’idoles ». Le ton est donné et ce ton est fort bienvenu, en cette époque où des intellectuels démagogues aux prétentions de philosophie cherchent à transformer les chrétiens en bouc émissaires. Avec Catholique, Sichère donne un bel oeuvre, s’attachant à expliquer en quoi et pourquoi il est catholique. Outre cette profession de foi, le philosophe aborde des thèmes aussi divers que la messe, le pape, la prière, le péché, le pardon ou la résurrection. Et, comme la foi catholique est en dedans du réel, Sichère confronte son christianisme (« une expérience d’être ») avec les grandes questions du monde dans lequel nous vivons : l’Occident, les relations avec les mondes juifs et musulmans, le Mal, le sexe… Dernier axe : le philosophe s’interroge sur le débat autour de la place de la femme dans l’Église ou du célibat des prêtres, rappelant, ça et là, quelques vérités simples. Et la principale est peut être personnelle : « J’écris ce livre pour manifester en quel sens je ne crois pas du tout être une bête curieuse, en quel sens à mes yeux c’est au contraire notre époque avec ses lieux communs qui devrait faire figure d’étrange animal, et pour manifester ma fidélité vis-à-vis de cette très longue mémoire ».

Par Matthieu Baumier dans la revue La Nef, n°166

 

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D
N<br /> Catholique<br /> Le résumé donné par Electre indique : <br /> Ce livre engagé entend ne pas laisser hors du débat philosophique une question aussi importante que celle du rapport à Dieu, notamment lorsque ce rapport s’établit dans une tradition religieuse. Il rappelle que c’est dans ce cadre que s’est élaboré en Occident la façon de penser le monde et soi-même et s’inscrit contre les velléités de déconstruire le christianisme et toutes les autres religions. <br /> Un résumé, c’est court, certainement, et la nécessaire abstraction peut donner des allures de texte fondamental [6]. Si par déconstruction, c’est Jean-Luc Nancy, et La Déclosion qui sont visés, cela ne me paraît pas sérieux, puisque l’objet de l’entreprise du philosophe est précisément de faire ressurgir l’énergie qui a présidé à l’élaboration du christianisme, d’effectuer le distinguo foi/croyance, voir le chapitre consacré à la lettre de Jacques, ou le diptyque concernant "une foi de rien du tout" à propos d’un article de Granel. S’il s’agit de relever un usage inculte, comme l’a fait lui-même Jean-Luc Nancy dans une note fort courtoise [7], du mot Athéologie, on comprend que le lecteur averti de Bataille [8]s’offusque !<br /> La finale d’un article du Monde des Livres du 23/12/05, cosigné par Patrick Kéchichian et Henri Tincq, rapporte brièvement ceci -mais en contextualisant :<br /> De la dimension collective de la religion et de la foi professée en commun, Michel Onfray fait sa principale cible. En revanche, de la multiplicité des possibles rapports individuels à la foi, il ne dit mot. Bernard Sichère, philosophe et écrivain, témoigne dans Catholique (Desclée de Brouwer, 160 p.) de l’un de ces possibles. Démontrant qu’à l’intersection du sensible et du raisonnable, du collectif et de l’individuel, l’appartenance à une religion - et même la simple qualité de fidèle - ne constitue en rien un frein à la liberté de penser.<br /> Il ne semble qu’il y a là rien moins qu’une laïcité juste un peu pensée et informée, la moindre des choses. Aussi cette défense et illustration (chrétien, occident, et les juifs ? et l’islam ? qu’est-ce qu’une messe ? au nom du père [9], les enfants, prier, ... et le sexe ? [10] jusqu’à l’éternité ...) d’une "identité" en dépit d’une belle écriture et de brèves et fulgurantes intuitions : Descends, Moïse ou Le massacre des innocents redonnera peut-être énergie à qui aime ce genre de discours (genre remise de médailles et l’institution revigorée, l’appartenance réassurée, surtout au vin d’honneur) un peu convenu, surtout sous la plume de qui connaît sans doute ses classiques dans le domaine considéré -la patristique est évoquée : les Grégoire (de Nazianze, de Nysse) et autre Ignace (d’Antioche), et s’est frotté -talentueusement- à quelques pensées escarpées : Heidegger, Lacan, Bataille.<br /> La lettre à Diognète, et sa version XX° siècle par un Maurice Bellet [11], pourrait tempérer ces bouffées apologétiques qui ne convainquent de rien excepté les convaincus (à l’instar des discours de la partie adverse [12] qui jouent exactement le même rôle, ce qui évite de penser par soi-même, ce qu’une saine tradition autant biblique que laïque invite à faire en permanence)<br /> Tanglefoot<br /> Le papier tue-mouches Tanglefoot mesure environ trente-six centimètres de long sur vingt et un de large : il est enduit d’une glu jaune toxique et nous arrive du Canada. Qu’une mouche s’y pose (moins gourmande que conventionnelle : il y en a déjà tant d’autres !), elle ne se prend d’abord que par l’extrême article crochu de ses six petites pattes. Sensation très légère, surprenante, pareille à celle que nous éprouverions si, marchant nu-pieds dans le noir, nous butions soudain sur quelque chose qui ne serait d’abord qu’une vague résistance molle et tiède, mais où affluerait peu à peu l’horreur d’être humaine, d’être reconnue pour une main, tendue là Dieu sait comment pour vous accrocher de ses cinq doigts de plus en plus indubitables.<br /> Ensuite, [...] Ce n’est pas quelqu’un, c’est « cela » c’est « rien » qui tire sur elles. Si lentement que c’est à peine perceptible, avec le plus souvent une brusque accélération vers la fin, quand se produit en elles l’ultime effondrement. Alors elles se laissent tomber d’un coup, sur la figure, sur les pattes ; ou de biais, les pattes allongées ; ou encore sur le flanc, les pattes ramant en arrière. [13]<br /> <br />  <br /> Ce texte de l’auteur de L’Homme sans qualités, en appui à une photographie, retenue par Georges Bataille pour la revue Documents et étudiée par Georges Didi-Huberman, et comme métaphore d’un certain travail d’édition actuel, [14] : un nom, un thème "porteur" ou un thème insistamment entretenu, un relais (même bref) d’un critique digne d’estime, et voilà un précieux temps perdu.<br /> Catholique pouvait fournir la matière d’un excellent article, [15]pas d’un livre. Il y a lieu de le regretter.<br /> Ronald Klapka - 15 janvier 2006<br /> OTE :
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