Frédéric Schiffter a beau être professeur de philosophie, il ne supporte pas les donneurs de leçons. Pas de chance pour lui, l’époque en regorge. Marchands de petites et de
grandes vertus. Prêcheurs qui se disent amis du Bien ou du Juste. Blablateurs qui prétendent vous expliquer comment vaincre vos peurs, comment aimer, comment vivre… C’est le
triomphe des philosophes qui se disputent un marché florissant (sans doute le seul à ne pas être menacé par la crise financière): celui du souci éthique et de la sagesse.
L’éditeur Flammarion a fait entourer Le bluff éthique d’un bandeau aguicheur: «Pour en finir avec les charlatans de la philosophie…» Le chaland attiré par cette formule polémique
court le risque d’être un peu déçu, même si quelques-uns de ces «charlatans» contemporains sont nommément cités: André Comte-Sponville qui gravit les chemins escarpés de la
béatitude; Luc Ferry qui entend connaître les secrets d’une vie réussie; Michel Onfray qui ratiocine sur la jouissance sans entrave. Mais ils apparaissent pour disparaître
aussitôt: sobre, Frédéric Schiffter s’en tient à un name-dropping minimal.
La suite de l'article le mardi, 14. octobre 2008...