Philosophie,coups de coeurs philosophiques et littéraires,éthique,morale,environnement,culture,réflexions personnelles .
La seule faculté requise pour devenir un bon philosophe, c’est notre capacité d’étonnement.
CD Rom, Le monde de Sophie, Seuil Multimedia © 1997
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... Quoi? |
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2. Nos sens peuvent-ils nous indiquer de quoi le monde est réellement fait? |
... Quoi? Comment? |
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... Est-ce que? |
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... Est-ce que? Comment? |
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... Pourquoi? |
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... Quand? |
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... Où? |
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8. Que suis-je? |
... Qui? Que? Quoi? Qu’est-ce? Est-ce que? |
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... Comment? |
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Pour aborder cet aspect de la construction de votre pensée personnelle, je vous propose d'abord un petit exercice qui va vous dégourdir les neurones. Avant de lire les réponses des philosophes, faites un copier/coller des neuf questions suivantes et ayez la bonne volonté d’y répondre honnêtement sans trop vous creuser la tête. Ça sera vite fait et vous trouverez amusant par la suite de comparer vos réponses avec celles des philosophes qui s’y sont risqués avant vous. Vous pourrez par la suite m’envoyer vos réponses par courriel, ça me donnera l’occasion de vous connaître et je vous enverrai les miennes de réponses. Comme ça, ce sera une occasion de se rencontrer et d’interagir. (Du texte, du texte, du texte, ça devient plate à la longue… « Montrez-moi un Homme! » dirait Diogène)
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Inscrivez vos réponses : |
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2. Nos sens peuvent-ils nous indiquer de quoi le monde est réellement fait? |
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8. Que suis-je? |
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Vous pouvez maintenant comparer vos réponses avec celles des philosophes. Vous verrez que l’intelligence vous a été donnée comme à eux. Ne soyez pas trop modeste. La pensée vous appartient à vous aussi!
(1) Question d’être : Quoi?
Quelle est la substance du monde?
Dès la naissance de la philosophie, les hommes ont voulu savoir de quoi l’univers était fait. Certains pensaient qu’il existait une seule substance élémentaire à partir de laquelle tout est formé, d’autres pensaient qu’il existait une infinité de choses, d’autres refusaient même l’existence des choses physiques. C’est une question qui reste difficile pour les philosophes et les scientifiques.
Voici les réponses de quelques philosophes :
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Thalès pensait que l’eau est l’élément premier |
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Anaximandre |
Anaximandre croyait en un principe abstrait, qui est infini. Il se distinguait de ses contemporains qui partaient du principe que l’eau ou l’air sont les substances de base. |
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Empédocle croyait que la nature est composée de quatre éléments, à savoir, la terre, l’air, l’eau et le feu, et que chaque chose est un mélange de ces éléments dans différentes proportions. |
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Démocrite pensait que chaque chose est faite de minuscules particules indivisibles appelées atomes. Selon lui, il existe un très grand nombre d’atomes différents, chacun doté de crochets et de pointes qui leur permettent de s’accrocher les uns aux autres pour former tout un tas d’objets différents. |
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Platon pensait qu’il existe deux mondes : le monde des formes (la version parfaite de toutes les choses) et notre monde, fait de copies imparfaites des formes. |
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Aristote croyait que tous les objets sont constitués de matière et de forme. La matière étant ce dont les choses sont faites, la forme étant les caractéristiques de chaque chose. Aristote pensait qu’un objet contient plusieurs formes possibles et que tous les changements de la nature impliquent la transformation de quelque chose de potentiel en une forme réelle. |
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Épicure croyait que l’Univers est fait de matière et de vide. Il adopta le point de vue de Démocrite selon lequel la matière est constituée de minuscules particules invisibles appelées atomes. |
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Hobbes était un matérialiste. Pour lui, toute chose est faite de matière et même les pensées humaines, les émotions et les sensations sont essentiellement d’ordre physique. |
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Descartes était un dualiste. Pour lui, le monde est fait de deux types de substances : la matière qui occupe l’espace, et l’esprit ou l’âme immatérielle. Elles sont toutes les deux créées par Dieu mais n’ont aucun contact entre elles, sauf dans les êtres humains où la glande pinéale permet à l’esprit de communiquer avec le corps. |
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Pour Spinoza, l’Univers est fait d’une seule substance qu’il appelle «substance», «Dieu» ou «nature». Cette substance est dotée d’une infinité d’attributs dont les deux seuls accessibles à l’homme sont la «pensée» et l’«étendue». |
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Leibniz pensait que le monde est fait d’un nombre infini de substances indivisibles qu’il appelait «monades». Dieu est la monade des monades et toutes les autres sont créées par lui. Chaque monade (sans fenêtre) est douée de perceptions qui contiennent des images détaillées de toutes les autres monades. |
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Berkeley était un idéaliste. Il croyait que les objets matériels n’existent pas indépendamment de l’esprit. Pour lui, les objets sont en fait des idées dans notre esprit, et l’esprit de Dieu, notre créateur, contient les idées parfaites des choses sur lesquelles nos idées se coordonnent. |
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Kant établit la distinction entre le monde des phénomènes et celui des noumènes. Chaque individu peut connaître le monde des phénomènes, c’est-à-dire le monde tel qu’il apparaît pour l’homme mais il est impossible de savoir quoi que ce soit sur le monde des noumènes, c’est-à-dire le monde tel qu’il est véritablement, indépendamment de la perception que nous en avons. (Le monde des noumènes n’est accessible que par la foi.) |
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Au début de sa carrière, Wittgenstein pensait que le monde est constitué de simples objets immuables dont la seule configuration ou l’arrangement peut changer. Il pensait que cet «atomisme» peut être établi par l’analyse logique du langage. La nature de ces atomes reste un mystère. |
(1) Question d’être : Quoi? (4) et d’organisation : Comment?
Comment trouver la connaissance vraie?
Tout cela n’est-il qu’un rêve?
D’où viennent les idées?
Un des plus anciens débats philosophiques est de savoir comment nous acquérons des connaissances. Les philosophes adoptent généralement deux points de vue différents sur cette question. Certains pensent que la connaissance s’acquiert par les sens et l’expérience, d’autres pensent plutôt que la raison est une source de connaissance plus fiable.
Voici les réponses de quelques philosophes :
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Parménide percevait, grâce à ses sens, que les choses changeaient. Mais sa raison lui disait qu’il était logiquement impossible qu’une chose devienne autre chose tout en restant la même. Parménide arriva à la conclusion suivante : le changement n’existe pas et nos sens sont incapable de nous dire de quoi le monde est réellement fait. |
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Platon pensait que l’âme immortelle de l’homme réside dans le monde des «formes» (versions parfaites de chaque chose) avant de naître dans ce monde imparfait. Elle ne conserve qu’un souvenir flou de ces formes, et notre expérience sensorielle de toutes les copies imparfaites des formes de ce monde, nous rappelle les formes elles-mêmes. |
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Pour Aristote, rien ne peur exister dans la conscience qui n’ait d’abord été perçu par nos sens. Aristote était un empiriste dans la mesure où il pensait que notre connaissance du monde se construit à partir de nos expériences sensorielles. Contrairement à Locke et à Hume, il insistait sur le fait que les formes essentielles du monde extérieur font partie de la nature éternelle. Il pensait que les idées de l’esprit étaient le miroir exact des formes essentielles et immuables du monde extérieur. |
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Descartes était un rationaliste à la recherche du fondement de la connaissance. Même si nos sens peuvent nous tromper, nous ne pouvons être trompés quant à la réalité de notre existence. À partir de cet énoncé indubitable, il plaide en faveur de l’existence de Dieu. Dieu ne nous trompant pas, toutes nos croyances qui survivent à l’examen de la raison doivent être vraies. |
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Locke était un empiriste. Il pensait que l’expérience sensorielle est à la base de toute connaissance. Même s’il soutenait que toutes nos idées viennent de nos sens, il pensait que l’esprit était capable de manipuler ces idées, de les relier par exemple, pour former des idées complexes, ceci afin de nous aider à nous faire une image du monde. |
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Pour Berkeley, tout ce qui existe n’existe qu’en tant que perçu par un sujet percevant. De son point de vue empirique, il pensait que nos sens nous disent ce qu’est le monde mais que la réalité de ce monde n’est que spirituelle. Il croyait que seuls existent les idées et l’esprit et que les choses ne sont rien d’autre que les représentations que nous en avons. |
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En tant qu’empiriste, Hume pensait que le seul objet immédiat de notre expérience, ce sont nos contenus de conscience (perceptions). Il croyait qu’il est impossible de se représenter ou de penser une chose qui n’ait été donnée auparavant dans la perception immédiate. Pour lui, la nécessité (ou causalité) ne repose que sur l’habitude que nous avons de constater dans l’expérience certaines successions constantes. |
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Kant pensait que nos sens ne pouvaient pas nous dire à quoi ressemble le monde. Selon lui, c’est la raison qui façonne nos expériences sensorielles et nous ne pouvons pas savoir ce qu’est le monde en soi, mais seulement comment il nous apparaît. |
(1) Question d’être : Est-ce que?
Crois-tu au destin?
Tous nos mouvements sont-ils régis par des lois?
Nous faisons des choix tous les jours, mais agissons-nous en toute liberté? Aurions-nous pu faire un autre choix dans des circonstances comparables, ou bien les événements qui nous conduit à faire ce choix font que nous n’aurions jamais pu choisir différemment? Si tout a une cause, tous les événements ne sont-ils pas prédéterminés par la première cause, au début des temps? Il s’agit d’un problème philosophique classique.