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Philosophie,coups de coeurs philosophiques et littéraires,éthique,morale,environnement,culture,réflexions personnelles .

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STANLEY LOUIS CAVELL

Stanley Louis Cavell, né en 1926, est un philosophe américain. Ce fils d’émigrant juif commence à philosopher vers 1969 au sein de l’université américaine autour de la défense d’Austin et de son enseignement sur les investigations philosophiques de Wittgenstein, dont il est actuellement un des lecteurs le plus originaux et les plus sobres. Sa philosophie se situe donc dans le courant analytique, mais a toujours gardé un dialogue avec la philosophie continentale. Stanley Cavell est effectivement le seul auteur philosophique actuel capable d’être aussi créatif dans ces deux dimensions et à même de panser la déchirure actuelle de la philosophie. Il est actuellement professeur émérite d'esthétique et de théorie générale des valeurs à l'université Harvard.

Philosophie [modifier]

La pensée de Stanley Cavell devient de mieux en mieux connue en langue française depuis 1995 grâce au travail de ses traducteurs comme Sandra Laugier, Christian Fournier, Christiane Chauviré et Elise Domenach. Cavell développe depuis The claim of Reason : Wittgenstein, Skepticism, Morality and Tragedy, publié en 1979, un programme de recherche sur des thèmes aussi variés que la comédie romantique shakespearienne, le cinéma, la culture populaire américaine, le scepticisme gnoséologique et moral, Dewey, Nietzsche, Emerson, Kleist et Rohmer avec toujours ce qu’on serait tenté d’appeler cette oreille philosophique absolue qui le caractérise, défiant les structures mélodiques traditionnels pour restituer des harmoniques inouïes entre traditions, genres, et problématiques apparemment "incommensurables" Cavell renouvelle notre vision de ce que nous nommons philosophie par rapport ou à l’exclusion de la littérature ou de la poésie par exemple.

S'il fallait s'orienter dans cette pensée, la reconnaissance philosophique d'Emerson (jointe à celle de Thoreau) et du perfectionnisme émersonien par Cavell resterait un thème d'approche privilégié : au-delà d'une découverte de l'Amérique en pensée, c'est notre destin d' Européens, en effet, qui est engagé. Fallait-il (ironie de l’histoire) qu’elle nous vienne des Etats-Unis... selon une ligne qui rebrousserait quelques mesures en arrière pour mieux nous circonvenir ? Comment dès lors avec Cavell allier nos propres conditions de vie et nos conditions de pensée ? Retenons cette série appropriatives comme un ligne de force chez Cavell : Heidegger lisant Nietzsche - lisant Emerson - lisant Kant. Mais si ce sont les mots mêmes de la philosophie qui sont repris, cette série aboutit de façon critique chez Heidegger que Cavell charge de s'être rangé "parmi les ennemis de la liberté" au point de mettre en doute l'inspiration de sa propre manière de philosopher : dure limite posée à un investissement inouï dans les mots qui est le trait marquant de son perfectionnisme.

L’oeuvre au complet de S. Cavell est certainement un champ de recherche improbable soumis à ces télescopages ou « congruences du champ intellectuel » surprenants. Les meilleurs commentateurs de Cavell évoque une œuvre « hébraïque » qui n’accomplit aucun des genres en usage et s’ouvre à tous les effets imprévisibles. Il se pourrait, effectivement, que Cavell ait sur notre culture un impact semblable à celui de Freud. Avec Cavell, une voix se fait jour en philosophie qui réclame que nous accédions à nos propres valeurs et vertus tout en reconnaissant la honte et la douleur de ne pas pouvoir pas toujours parler en notre nom propre. Cela suggère une voie subtile et lucide entre le "je" et le "nous", le sens et le non-sens, la reconnaissance et le déni, la parole et silence, la reconnaissance exhaussant l'individu et sa marginalisation dans la folie, l’enfance et la vie adulte, le secret et la révélation qui est tout le charme et la gravité de Cavell, tournées vers une recherche du bonheur au quotidien qui rejaillit profondément sur celui qui s’y livre.

Œuvres [modifier]

  • 1969 : Must we mean what we say ? A book of Essays, New York, Scribner, 1969
  • 1979 : The claim of Reason : Wittgenstein, Skepticism, Morality and Tragedy, Oxford University Press. Traduction française : Les vois de la raison - Wittgenstein, le scepticisme, la moralité et la tragédie, Seuil, 1996.
  • 1971, The World Viewed: Reflections on the Ontology of Film (1971), New York, Viking Press; 2nd enlarged edn. (1979) London, Harvard university, 1999 pour la traduction française : La Projection du monde, Belin.
  • 1972 : The senses of Walden, San Francisco, North Point Press.
  • 1981 : Pursuits of Happiness : The Hollywood Comedy of Remarriage, Harvard University Press. Traduction française : À la recherche du bonheur - Hollywood et la comédie du remariage, Les Cahiers du cinéma, 1993.
  • 1984 : Themes out of School : Effects and Causes, San Francisco, North Poit Press.
  • 1987 : Disowning knowledge : in six plays of Shakespeare, Cambridge and New York, Cambridge University Press. Traduction française : Le Déni de savoir dans six pièces de Shakespeare, Traduction de Jean-Pierre Marquelot, Paris, Editions du Seuil, 1993.
  • 1989 : « Who Disappoints Whom ? », Réponse à « L’âme désarmée d’Allan Bloom », in Critical Inquiry, 15, printemps.
  • 1989, 1991 pour la traduction française : Une nouvelle Amérique encore inapprochable, Éditions de l'Éclat.
  • 1990 : Conditions handsome and unhandsome : the constitution of Emersonian perfectionism, Chicago, Chicago University Press. Traduction française : Conditions nobles et ignobles - La constitution du perfectionnisme moral émersonnien, traduction par Christian Fournier et Sandra Laugier, Éditions de l'Éclat, 1993.
  • 1992 : Statuts d'Emerson - Constitution, philosophie, politique, Éditions de l'Éclat.
  • 1994 : Pitch of philosophy : autobiographical exercises, Cambridge, Harvard University Press. Traduction française : Un ton pour la philosophie, traduction de Sandra Laugier, avec Elise Domenach, Bayard, 2003.
  • 1995 : « Notes and Afterthoughts on the Opening of Wittgenstein’s Investigations », in Philosophical Passages : Wittgenstein, Emerson, Austin, Derrida, Oxford, Blackwell : les pages 124 à 186.
  • 1996 : Contesting tears : the Hollywood melodrama of the unknown woman, Chicago, Chicago University Press.
  • 1998 : In quest of the ordinary : Lines of Skepticism and Romanticism, Chicago, University of Chicago Press.
  • 2003 : Le Cinéma nous rend-il meilleurs ?, Bayard.
  • 2004 : Cities of Words Pedagogical Letters on a Register of the Moral Life, Harvard edition World Belknap Press.

Ouvrages sur Cavell [modifier]
  • Images in our souls : Cavell, psychoanalysis, and cinema, édité par Joseph H. Smith & William Kerrigan, Baltimore, John Hopkins Press.
  • The Cavell Reader, édité par Stephen Mulhall, Blackwell Publisher, 1996.
  • This new yet unapproachable America : lectures after Emerson, after Wittgenstein, Albuquerque, N.M., Living Batch Press, 1989

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