Ravages - Pathologies de la République - (Les amoureux des genres
humains)
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Sortie en librairie ce 5 juin de la revue "Ravages", qui analyse dans son 1er numéro les
"Pathologies de la République"
Elle offre, dans un cocktail détonant, articles approfondis (citons, entre autres, le remarquable "Biométrie chérie" sur les dangers d'un fichage
toujours plus précis et liberticide des citoyens) et dessins iconoclastes signés Jul ou Kiki Picasso.
Dans un éditorial flamboyant, la romancière Isabel Sorrente s'explique ainsi sur les intentions des fondateurs (dont elle fait partie, avec le
journaliste Frédéric Joignot, auteur de "l'appel du 18 Joint", ancien de Libé et d'Actuel passé au
"Monde") :
"Nous avons reconnu l'omniprésence du ravage dans nos vies et nos pensées, comme des navigateurs reconnaîtraient soudain qu'ils sont entrés dans des rapides. Ni culpabilité,
ni plainte ne nous seront d'aucun secours...Ravagez la pensée, réduite à des récits infantiles, noyée sous les flux d'images, vous n'ôterez pas des esprits un seul rêve enragé.
Une fausse logique voudrait nous faire croire que l'urgence économique ne rend plus rien possible, que la crainte du lendemain et de l'immobilité. Mais il nous reste un droit,
celui de choisir nos ravages, c'est à dire le courant qui nous emportera. Il y a dans le mouvement une joie ravageuse".
Dans cet excellent premier numéro (128 pages), on ne saurait trop recommander, outre les accablants extraits de l'avis du Comité national consultatif d'éthique
à propos des excès actuels du fichage, l'article remarquable de la neurobiologiste Catherine Vidal, directrice de recherche à l'Institut Pasteur
("Ordre moral, ordre cérébral") sur la jeunesse en danger, désormais décrétée scientifiquement dangereuse : "Détection des enfants
"indociles" à la maternelle, fichage ADN des petits délinquants jusqu'aux opposants aux OGM, le biologique envahit le politique, prétendant à une justification scientifique.
Biocratie et technologie policière se rejoignent".
S'il y a dans cette revue toute fraîche du solide, de l'argumenté, il y a aussi du corrosif et du jouissif. Voir la nouvelle d'Isabelle Sorrente "Cauchemar
érotique"("Pour le parvenu sidéré d'être au pouvoir, vivre, désirer, agir n'aura jamais que le goût du ressentiment.") Bref, un habile mélange d'analyse et de
plaisir. On attend avec impatience la livraison, aux alentours d'octobre, du numéro deux, qui devrait être consacré à "L'infantilisation".
-> "Ravages : Pathologies de la République. Ruptures d'anévrisme", numéro un. En librairie, 10 euros. Ravages est édité par l'association "Les amoureux des genres
humains" associée aux éditions du Panama.
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