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NICOLAS ET CARLA SARKOZY A RUNGIS

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Mardi 27 mai, 8h51

par Elizabeth Pineau

RUNGIS, Val-de-Marne (Reuters) - Nicolas Sarkozy et son épouse Carla ont visité à l'aube le marché au gros de Rungis, à la rencontre de la France "qui travaille et qui se lève tôt" prisée par le président de la République.

C'est la première fois que la première dame, que Nicolas Sarkozy a épousé en février, accompagnait ainsi son mari hors de l'Elysée pour un déplacement en France.

"A quatre heures et quart, quand on est partis de la maison et que Carla m'a dit 'ce matin je viens avec toi', je me suis dit que c'était une journée qui commençait bien !", a plaisanté le chef de l'Etat, visiblement heureux de venir accompagné dans le plus grand marché au gros d'Europe.

Arrivé sur place peu après 05h00 du matin, le couple a arpenté pendant une heure et quart les pavillons de la viande, des fromages et des fleurs. Sans oublier une pause café-tartines dans une brasserie.

Vêtue d'un imperméable marron, très souriante, "madame Carla", comme l'a appelé l'un de ses interlocuteurs, a fait grande impression dans les allées, où certains l'ont trouvé "un peu pâlotte", d'autres "très belle".

"Bonjour, M. le président, mes respects, madame", a dit un boucher après avoir ôté son chapeau blanc de papier règlementaire.

Carla Bruni-Sarkozy, qui a reçu pas moins de six bouquets de fleurs en cadeau et a même proposé d'en acheter un, a multiplié les "merci", "c'est gentil", "c'est adorable".

"Toi, t'attaques le fromage à 6h00 du matin !", lui a lancé le président au pavillon du lait, tandis que l'ancien mannequin grignotait un minuscule morceau de camembert sur du pain.

La chanteuse née à Turin a aussi accepté de poser devant d'énormes tomes de parmesan décorées du drapeau italien.

QUOTAS LAITIERS ET PÊCHEURS

Lors d'une courte allocution en fin de visite, le chef de l'Etat a salué "cette France qui se lève tôt et qui ne demande qu'à vivre des fruits de son travail".

"Le président est là aussi pour ceux qui ne cassent pas les abribus et ne demandent pas de subvention", a-t-il souligné au milieu d'une forêt de bouquets de fleurs.

Lors de sa visite, Nicolas Sarkozy a été interpellé à plusieurs reprises par des professionnels inquiets de la hausse des prix ou de la réforme de la Politique agricole commune (PAC).

"Tout est vraiment trop, trop cher", lui a dit une fleuriste. "Il faut inciter les gens à acheter français".

"S'il y avait une chose à faire ?", a demandé Nicolas Sarkozy. "Augmenter le pouvoir d'achat", lui a-t-on répondu.

Au pavillon des fromages, le chef de l'Etat s'en est pris aux quotas laitiers.

"On nous disait qu'il y avait trop de lait, maintenant on en a pas assez", a-t-il fait remarquer à un professionnel. "On va faire sauter les quotas. On ne va pas faire des quotas quand on manque de matière première".

Nicolas Sarkozy a aussi évoqué le cas des pêcheurs qui manifestent contre la hausse des prix du gazole.

"Si on peut mettre dans les prix du poisson l'augmentation du fioul, on sauve les pêcheurs", a-t-il fait valoir lors d'une discussion avec un professionnel de la mer dans un café. "Le poisson, on va vraiment s'en occuper".

Nicolas Sarkozy, qui était accompagné par le secrétaire d'Etat à la Consommation Hervé Novelli et celui du Commerce Luc Chatel, a quitté le marché vers 07h40 pour aller à la radio RTL, dont il était l'invité de la matinale.

Avant son arrivée, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté à Rungis pour demander la régularisation des immigrés sans papiers. "Ces gens-là se lèvent tôt tous les jours, ils ont besoin de papiers", a dit une militante de la CGT du Val-de-Marne venue les accompagner.

Elizabeth Pineau

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