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Philosophe de l'expérience perceptive, situant dans l'ouverture sensible de notre corps le véritable lieu de l'accès à l'Être, Maurice Merleau-Ponty (1908-1961) a pu donner le sentiment de ne
rencontrer la question du politique qu'à la faveur de circonstances : l'événement de la Libération, le différend avec Sartre, le débat avec le marxisme… Pourtant, une œuvre qui s'attache
à récuser les prétentions au savoir absolu, qui fait de l'équivoque et de l'ambiguïté la modalité même de la révélation du monde au sujet ne pouvait que trouver dans le champ du politique une
confirmation de son orientation générale. Ce n'est pas un hasard si Merleau-Ponty a interrogé l'étrange civisme de Socrate, les multiples facettes de la pensée de Marx ou encore les
incertitudes de l'œuvre de Machiavel : jeu d'apparences qui n'a valeur de tromperie qu'aux yeux de celui qui vise encore l'absolu, le champ de l'histoire et du politique est le lieu par
excellence où se manifestent la nature phénoménale du monde et la précarité de l'existence.
Myriam Revault d'Allonnes, philosophe et universitaire, donne à comprendre, dans ce petit ouvrage d'une grande clarté, la cohérence et la profondeur d'une œuvre dont nous avons beaucoup à
apprendre.
Du Merleau-Ponty "politique", on pourra lire Les Aventures de la
dialectique et la note sur Machiavel dans Signes.
Dans le sillage de Merleau-Ponty : Claude Lefort, Sur une colonne
absente et de Myriam Revault d'Allonnes, Le Dépérissement de la
politique. Généalogie d'un lieu commun. --Émilio Balturi