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À quel moment se demandait le philosophe, à quel instant, agissons-nous sans faire le calcul sordide de ce que nos actes doivent nous rapporter ? Ces instants
irréfléchis, aussi rares que le diamant, aussi brefs que l’intervalle, constituent la substance fuyante de la morale de Jankelevitch, et fondent la critique impitoyable qu’il fait
des donneurs de leçons, des professionnels de l’austérité, des rentiers de la vertu, qui tombent en extase devant leur propre dénuement… ceux qui ne deviennent pauvres que pour
faire commerce de leur pauvreté, et qui se regardent faire, en se félicitant d’être si parfaits. Ainsi, par exemple, quand VJ fait l’éloge du mensonge, c’est au nom de la
sincérité, puisqu’il déteste l’hypocrisie de ceux qui se flattent de dire toujours la vérité.
Le Traité des Vertus n’est donc pas un manuel, clef en main, mais, au sens propre, un essai, une tentative de sincérité. Le lecteur y chercherait vainement ce qu’il faut faire
pour être moral, car il n’y a, pour tout dire, dans ces 1500 pages, qu’une invitation à écouter son cœur, et à ne pas corrompre la morale dans le contentement de soi.
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