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Philosophie,coups de coeurs philosophiques et littéraires,éthique,morale,environnement,culture,réflexions personnelles .

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BHL, RETIREZ- VOUS ! { ARTICLE : AGORA-VOX }

BHL, retirez-vous !

M.Bernard-Henri Lévy, je vous écris cette lettre ouverte après avoir eu le malheur de vous entendre sur France Inter dans «Le sept-dix» de Nicolas Demorand (1). Je suis sidéré par votre intervention. J’en suis outré même. Oui, outré! Vous êtes la bêtise en soi et une honte pour la philosophie! Je tiens à vous dire ici pourquoi en quelques points. Certains lecteurs me demanderont pourquoi une nouvelle fois parler de vous, me reprocheront que vous évoquer ne revient qu’à vous faire de la publicité que vous ne méritez pas. Je crois, pour ma part, que mon devoir est d’alerter le lecteur, qui ne vous connaît pas encore, de l’absurdité et de la dangerosité de votre personnage.

- Vous vous dites « plus écrivain que philosophe ». Je vous confirme que vous avez raison. Mais j’ajoute que vous êtes un écrivain « nombriliste », médiocre, fou de lui, prétentieux. Vous ramenez tout à vous. Que vous parliez ou que vous écriviez, c’est toujours à la première personne ; c’est toujours le pronom personnel « je » qui revient. Vous affirmez, donc. Mais, vous n’argumentez pas. Comme si chez vous, le « parce que » n’existait pas. Comme si vos pensées relevaient de l’évidence. Pourtant, un philosophe n’est pas un sage. Contrairement à vous, il ne sait pas ou plutôt il sait qu’il ne sait rien. Par conséquent, il argumente. Il justifie ce qu’il affirme. Et comme la vérité ne s’invente pas, mais se découvre : il justifie ses affirmations. En affirmant sans justifier, vous ne vous comportez pas en philosophe que vous prétendez parfois être ; mais en sophiste. En mettant vos écrits en vente sous forme de livre, vous volez même ceux qui vous lisent. Il y a des siècles que l’on ne paye plus une personne particulière pour qu’elle nous dise la vérité. Le temps des sophistes est terminé depuis fort longtemps parce que c’étaient des voleurs. En agissant comme vous le faites, vous êtes un voleur. Vous volez la société.

- Toujours dans l’émission de Demorand, vous avez dit ne pas vouloir employer les grands mots. Ainsi, selon vous, il ne faut pas qualifier Nicolas Sarkozy de « pétainiste ». En revanche, Henri Guaino et Jean-Pierre Chevènement sont des maurrassiens. Le premier est même raciste et le second un totalitariste. Selon vous, « la plume du président » est un raciste en fonction des discours qu’il écrit, mais celui qui les prononce ne l’est pas. N’y a-t-il pas là un problème de logique ? Jean-Pierre Chevènement est aussi un fasciste parce qu’il est à l’origine du « drapeau tricolore aux fenêtres » de Ségolène Royal et que ce symbole est brandi avec amour par Jean-Marie Le Pen. N’avez-vous pas là une carence en Histoire ? Ne savez-vous pas que ce drapeau représente les républicains qui ont fait la Révolution française et qui sont à l’origine de notre liberté politique aujourd’hui dont vous jouissez tant ?

Dans cette émission, vous ne vous êtes pas contenté de traiter Guaino tantôt de maurrassien, tantôt de raciste, et le président d’honneur du MRC tantôt lui aussi de maurrassien, tantôt de totalitariste, tantôt de fasciste. Non, en effet, employer les grands mots ne vous a pas suffi, vous avez également employé les gros. Avec une vulgarité indigne d’un philosophe. En effet, ne croyez-vous pas qu’une personne qui est censée penser les grands sujets évitent quasiment par automatisme d’employer les mots « cons » ou « salopards » ?

Ainsi, « vingt-cinq mille » livres de salopards sont sortis sur Ségolène Royal après sa défaite à l’élection présidentielle et à l’âge de 58 ans, vous n’aviez jamais vu cela. Vous ne voyez donc pas que nous vivons dans la société de la culture de masse ? Dans une société de « com » à outrance. Il est vrai qu’entre réalité et vérité, il y a une différence. Par conséquent, il y a des chances qu’en cinquante-huit ans de vie, vous ayez souvent - si ce n’est toujours - mal vu. Et surtout, sans jamais justifier tous ces mots - grands et gros - vous avez employé les grands mots comme vous disiez qu’il ne fallait pas le faire.

- Vous avez confié à Demorand toute l’admiration que vous avez pour votre père, qui était un vrai homme de gauche, et que le mot « droite » était une insulte quand vous étiez petit. Vous dites avoir évolué depuis et vous être un peu détaché de ce préjugé familial lointain. Mais avec vos positions géopolitiques et vos thèses « libéralistes » actuelles, ne faut-il pas non parler d’évolution, mais de changement ? Pourquoi vous obstinez-vous à vous dire de gauche alors que votre place est auprès des faucons américains ?

- Vous avez intitulé votre dernier livre Ce grand cadavre à la renverse en référence à Jean-Paul Sartre. Vous vous réclamez de lui. Mais quels sont vos points communs ? Ne croyez-vous pas que le philosophe de l’existentialisme vous tirerait les oreilles en prenant connaissance de vos propositions « droitistes » pour « rénover » la gauche ? Ne songez-vous pas que celui qui présentait Fidel Castro comme un ami se retourne actuellement dans sa tombe en vous entendant - de là où il est dans son paradis athée - vous réclamer de lui ? Ne pensez-vous pas que vous avez commis un crime en le citant ? Quand à Camus, s’il est mort à gauche malgré lui, imaginez-vous vraiment un seul instant qu’il aurait condamné le stalinisme en se tournant vers la droite la plus dure qui ait jamais existée en France ?

Parce que vos écrits - que ce soit vos livres ou vos chroniques hebdomadaires du Point - et vos interventions publiques ne sont que des affirmations violentes et emportées, vides de toute réflexion (particulièrement philosophique), qui n’ont pour objet que de mettre votre personne en valeur et non de développer correctement une thèse, vous décevez tous ceux qui savent qu’il est nécessaire qu’un vrai philosophe d’aujourd’hui doit être médiatique pour peser dans la société actuelle. Parce que vous n’êtes pas un Philosophe, mais que vous êtes considéré comme tel, vous donnez une fausse et mauvaise image à la philosophie, qui est pourtant nécessaire à la liberté du citoyen. Parce que vous vous dites intellectuel, mais réagissez comme un animal enragé, vous dévalorisez l’intellect. Et par conséquent l’intellectualisme.

Pour toutes ces raisons, et parce que vos affirmations comme je l’ai démontré dans ce texte ne peuvent tenir face à une critique simple, vous êtes une honte pour la philosophie, une indignation pour tout philosophe et la bêtise en soi. Ce n’est pas employer de grands mots que de le dire, mais se rendre à l’évidence par devoir. Oui, vous êtes un être rempli d’absurdité et dangereux.

C’est ainsi, M. Bernard-Henri Lévy, que, comme le philosophe Bernard Dugué avant moi et ici même dans l’un de ses récents articles (2), je vous invite à quitter la scène après trente années d’imposture. Non parce que je ne suis pas démocrate : je ne vous ordonne pas, je vous invite. Mais parce que je crois que tout homme qui dit œuvrer pour l’intérêt général doit se retirer lorsqu’il est évident qu’il fait plus de mal que de bien à ce dernier.

Mes salutations amicales et fraternelles à votre épouse, Arielle Dombasle, que je respecte et pour qui j’ai la plus grande admiration malgré les critiques les plus virulentes à son égard !

Richard Patrosso

(1) Émission du mardi 9 octobre 2007
(2) Bernard-Henri Lévy est-il de gauche ? par Bernard Dugué, le lundi 8 octobre 2007


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