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(Timothy Conway, spécialiste de la spiritualité contemporaine et disciple de Nisargadatta Maharaj explique avec de nombreux exemples le piège dans lequel un
instructeur tombe si sa réalisation n'est pas stable.)
(Le traducteur a légèrement adapté sa traduction en ajoutant des notes, définitions et explications afin de faciliter la compréhension du lecteur français. Le texte n'en demeure pas
moins dans sa totalité.)
Dimanche, 27 février, 2005
Je discuterai brièvement le sujet du comportement de Ramesh Balsekar, et de l'attitude de Wayne Liquorman à ce sujet, mais tout d'abord une présentation en détails :
Au sein même du rêve non-duel que la Conscience fait apparaître, qui n'est autre que Conscience, nous trouvons la "vérité relative", le monde convenu du "bien et du mal", du "juste et
de l'injuste", de "l'aise/bien-être et du malaise/mal-être".
Afin de guérir les différentes formes de mal-être, de mal-heur, et d'injustices nous trouvons trois sortes de figures spirituelles
authentiques :
1. Les "libérés" dont le comportement demeure conforme à la conduite traditionnelle des sages, saints ou pratiquants d'une Voie, modèles authentiques de cette
libération de tout attachement et de toute aversion, c'est-à-dire des samskaras et des vasanas, notions fondamentales issues de la philosophie et la métaphysique hindou et bouddhiste.
Ces Libérés sont aussi Témoins de paix, de béatitude, de compassion, de générosité, de courage, d'équanimité et de sacrifice de soi, dans l'intérêt des êtres humains
sensibles apparents ; (rappelez-vous le magnifique paradoxe exposé par le Bouddha dans le Vajracchedika Sûtra : le Sûtra du Diamant : " Il faut sauver tous les êtres
sensibles / il n'y a pas d'êtres sensibles ". Ces libérés exemplaires transmettent une sagesse traditionnelle en insistant sur la Transcendance et l'Immanence de l'Absolu,
l'impermanence, la non-essence et le manque de fiabilité de tous les phénomènes, le réveil du rêve égocentrique, la nécessité du sérieux et de l'effort vers la Liberté ainsi que sur la
Grâce Divine, les moyens d'Eveil,…
Puis nous trouvons :
2. Ces hommes et ces femmes excentriques ou saints extravagants (avadhutas, majdhubs, masts, saloi, yurodivye, idiota, yu jen, mahasiddhas, etc.)
constituants le corpus de ce qui est souvent nommé " la tradition de la sagesse excentrique ". Ces êtres effectivement assez mystérieux, évoluent soit de façon
spontanée, soit délibérée au-delà des conventions sociales, parfois simplement parce que la réalisation du divin leur est venue avec une force inhabituelle balayant alors les circuits
des normes de fonctionnement psychologique et social. Ces excentriques qui n'affichent habituellement aucune considération pour leur propre confort, même pour les besoins élémentaires
du corps (nourriture, boissons, sommeil, logement, hygiène élémentaire) sont connus pour être capables de crier, frapper, bousculer autrui, uriner en public, ne tenant absolument aucun
compte des règles sociales, se permettant de "malmener" ceux qu'ils rencontrent, ayant au travers de cette "sainte insulte", un bel effet transformateur inattendu sur ces personnes. En
d'autres termes, il est manifeste que tout comme avec les Libérés de la catégorie #1, un sentiment intense de bénédiction divine ou d'une transmission particulière (saktipat, kripa,
baraka, wang, descente de l'Esprit saint, etc.) est expérimenté a l'instant même ou après la rencontre étrange d'un "excentrique fou" de la catégorie #2 avec pour effet une incroyable
sensation de liberté, de paix, d'équanimité, de félicité, d'amour, et d'une identité non-duelle avec l'Un et tous les êtres.
J'ajouterais qu'il existe par ailleurs une troisième et authentique figure spirituelle :
3. L'Ami Noble sur la Voie, le kalyâna mitra qui tel un guide spirituel, mentor, conseiller, même s'il peut (elle ou lui) ne pas être établi à 100% dans la Liberté
Spirituelle, ni être pleinement Eveillé ou constamment lucide à l'intérieur du rêve, reste cependant d'un grand secours, éclairant et donnant du pouvoir à ceux qui l'approchent. Ce
Kalyâna mitra ne cherche pas à "jouer le rôle de Guru" en prétendant être pleinement éveillé, ni assume la responsabilité de guide pour le bien-être des chercheurs au cœur sincère.
Elle/Il sert seulement autrui le mieux qu'il peut en partageant par le Cœur cette Sagesse, cette compassion et reconnaissance à la grâce Divine qui l'a servi jusqu'à présent sur le
non-chemin sans espace vers chez lui, lieu de la présence complète et libre. Ce Kalyana mitra peut en fait, être un professeur talentueux, un guérisseur ou un catalyseur pour ses
semblables et véritablement leur transmettre de merveilleuses qualités. Il peut arriver que certains chercheurs s'éveillent pleinement au contact de ce genre de guide/guérisseur qui
n'est lui-même pourtant pas totalement libéré et éveillé.
En plus des figures 1 et 2, Spirituellement Pleinement Eveillées et du guide/mentor/ami spirituel pas-tout-à-fait-pleinement-réalisé, il y a une autre figure
dans le rêve divin de la manifestation : le simulateur (prétendant) ou imposteur (non authentique). Ce dernier qui,
« au mieux » n'est pas plus spirituellement accompli (ou libre) que l'instructeur/ami mentionné à la catégorie 3, prétend être de la catégorie 1 ou 2. En d'autres termes, s'il
a eu quelques (voire de nombreux) éclairs de compréhension, de sublimation, sa lucidité défaille fréquemment pour faire place à de nombreux états égocentriques d'attachements et
d'aversions envers le rêve phénoménal. Ces attachements-aversions, la contrainte du « j'aime/j'aime pas » ; ce que le Yoga-Vedanta Indien appelle : 'raga-dvesa' et le
bouddhisme Theravada : 'lobha-dosa', font également partie des samskaras et des vasanas de l'individu. L'inauthentique prétendant, que son cœur soit béni, ne peut pas admettre aux
autres et probablement même pas à lui-même qu'il demeure lié et sous le joug des samskaras, par conséquent qu'il ne soit pas lui-même totalement libéré. Ainsi le prétendant est obligé
de rationaliser (classique mécanisme de défense freudien contre l'anxiété) son manque de liberté en justifiant son comportement comme "OK", "divinement ordonné", "appartenant à la
parfaite manifestation", "comme n'étant pas vraiment un problème parce que quoiqu'il arrive, cela demeure parfait". Au lieu de chercher à faire des efforts sincères pour réaliser le
manque de substance du sens de l'ego bercé d'illusions avec ses attachements-aversions, de façon à vraiment vivre à partir de la LIBERTE, le prétendant s'efforce de convaincre les
autres et lui même qu'il est, en fait, libre, tout en contiuant à traîner avec lui, les chaînes des samskaras. D'une manière fallacieuse et insidieuse, les prétendants redéfinissent la
liberté en lui incluant les états d'attachements (donnant par ailleurs une fausse interprétation de cette notion antique du Mahayana : nirvâna = samsara).
Ces figures sont assez nombreuses sur le marché compétitif de la "spiritualité" que ce soit en Inde, au Japon, en chine, en Europe aux USA, ect… Ces personnages ont l'habitude de se
présenter comme des êtres plus évolués et plus libres qu'ils ne le sont réellement, afin de s'attirer l'attention et la reconnaissance de leurs élèves et disciples, de s'enrichir, de
devenir célèbres, de s'enivrer (psychiquement gonflé) de l'exitation plus ou moins subtile que procure le pouvoir, l'influence et le confort procurés par un groupe social qui gravite
autour d'eux en les flattant et se réfèrant à eux comme "autorités spirituelles".
Portons maintenant notre attention sur un phénomène très spécifique : Que se passe-t-il lorsqu'un tel prétendant, ou un tel enseignant pas-tout-à-fait-libéré (ou charlatan
pas-du-tout-libéré), est démasqué en raison d'un comportement exploiteur, habituellement issu de ces bons vieux sujets que sont le "désir et l'avidité" - comportements
sexuellement ou financièrement inadéquats ?
Au moment où il est exposé, le prétendant spirituel et ceux de sa cour qui s'identifient ou se réfèrent à lui ont de plus en plus de problèmes, au lieu de se référer au Dharma
(spiritualité authentique). Le prétendant et ses dévoués-valets, (que la paix et la bénédiction du Divin soit avec eux !) au lieu d'agir avec un véritable courage, une vraie
sincérité, et du repentir, ce qui pourrait également inclure le fait de reconnaître humblement leur propre manque de liberté ainsi que de s'excuser sincèrement du fond du cœur, et
s'amender d'un geste significatif envers ceux qu'ils ont exploités, tissent encore plus leur toile samskarique de complications. Les fâcheux mécanismes de défense contre l'anxiété sont
alors déployés avec empressement. Ceux-ci ne comportent pas seulement une identification passionnelle à ce qu'ils considèrent comme une juste cause (attachement samskarique
majeur), mais également la rationalisation comme quoi finalement rien de très grave n'est advenu, ou encore le déni face aux blessures engendrées à autrui ou face à la
gravité de la situation (cette forme de déni s'exprime le plus souvent par une attitude de défense agressive et par des types de mensonges éhontés), et bien-sur, la projection dans
laquelle le prétendant et sa cour blâment les victimes et leurs sympathisants qui s'efforcent d'apporter quelques éclaircissements à la sombre situation et de remédier à l'injustice en
essayant de rétablir quelques formes de justice et de tranquillisation (ceci inclut la clarification de ce que le Dharma est et de ce qui n'est pas Dharmique).
N'oublions pas que l'une des rationalisations les plus classiques que le prétendant et ses "adorateurs" exploitent constamment, tout spécialement lorsque les défauts du prétendant sont
exposés au grand jour, est l'idée que "rien n'est réellement mal", et que le manque de liberté, tel qu'il se reflète dans le comportement d'exploiteur, est d'une manière ou d'une autre
"parfait", "voulu par le Divin", "part du rêve Divin", et que par conséquent "il n'est pas un problème en soi". Hélas cette rationalisation est utilisée sans retenue par ces prétendants
qui oeuvrent dans le champ de la mystique spirituelle non dualiste, car les traditions non duelles font fréquemment référénce de façon évidente à ce niveau absolu de la
vérité : Paramartha Satya plutôt qu'au niveau phénoménal conventionnel ou relatif de la vérité : Samvritti Satya.
Il est nécessaire de souligner avec certitude qu'en fait ces prétendants sont des anarchistes, car ils essayent de détruire les bases rationnelles ou intuitives de la morale et
de l'éthique. Dans ce domaine du pseudo non-dualisme, "tout est acceptable" - tout au plus pour eux-mêmes et leurs copains. Pour eux, il n'existe donc aucune normes éthiques par
lesquelles il soit possible de déterminer les comportements appropriés et inappropriés.
Le lecteur doué de discernement se rappellera que le type de "saints frustes et extravagants" appartenant à cette tradition de sagesse excentrique, figure authentique de la spiritualité
de la catégorie #2, ne respecte pas non plus les règles de bienséance et autres normes de l'éthique sociale. Habillés de haillons, parfois quasi ou complètement nus, pas du tout
soignés, voire même crasseux, souvent anormalement silencieux ou usant de formes langagières bizarres, se maintenant dans des postures étranges ou effectuant des mouvements singuliers,
ces frustes, quoique libérés, comme nous l'avons mentionné, sont connus pour maltraiter sans ambages leurs visiteurs ou ceux qui voudraient être leurs disciples (de tels saints
excentriques ne laissent le plus souvent personne demeurer auprès d'eux pendant très longtemps, comme on peut le retrouver dans la relation d'apprentissage conventionnelle au sein des
lignées traditionnelles entre disciples et gurus, maîtres et novices ou professeurs et étudiants). Il arrive d'entendre des histoires de gens ayant étés frappés, heurtés, injuriés,
totalement ignorés, et en certaines occasions traités plutôt de manière scandaleuse par ce type de sage au caractère singulier.
Mais il y a d'énormes DIFFERENCES entre les prétendants et ces saints excentriques authentiques.
En effet, les disciples des saints "considérés comme dingues" se sentent bénis et non pas exploités après les avoir rencontrés, tout le contraire de ce que ressentent
les disciples confiants et exploités par les prétendants. En bref, le disciple se retrouve "incapacité" et avec le sentiment d'avoir été exploité au profit du prétendant. Pour faire
court, le prétendant fonctionne comme un vampire non comme un donateur.
Deuxièmement, les saints extravagants sont totalement détachés de tout ce qui se passe au cours du rêve de l'existence, en particulier pour tout ce qui se rapporte à leur
corps, tandis que les prétendants sont généralement très soucieux d'être assurés qu'ils seront bien nourris, habillés, logés, honorés et, oui, rémunérés. Plutôt que de s'en
remettre à la grâce Divine spontanée pour tout ce qui peut arriver, ces prétendants et leurs admirateurs élaborent des plans, arrangent les choses afin de s'assurer de l'obtention des
résultats les plus agréables et les plus lucratifs possibles. Ils opèrent uniquement et de manière évidente au niveau mental, aucunement au niveau
transcendantal/trans-personnel dans leur planification et calcul de leurs revenus et de leurs dépenses, stratégies de marketing, projets, arrangements des réunions, entrerpises
d'écriture et d'édition, etc. Bien sur, certains prétendants ne sont pas si occupés par ces aspects des choses - ils ont des admirateurs bienveillants qui sont prêts à s'occuper de tout
ou presque pour eux, ainsi les prétendants peuvent facilement "suivre le courant" et avoir confiance en leurs acolytes (et non en Dieu) pour s'occuper des choses, et de cette manière
les prétendants paraissent sereins et "au-dessus de tout".
Par conséquent, la revendication qu'ont tels prétendants et leurs serviles adeptes à l'appartenance à la "tradition de sagesse extravagante" est une simulation. Ils ne se sont ni
totalement remis à la Divine Providence et sont loin d'avoir réalisé l'abandon total. En effet, d'une manière ou une autre, ils sont toujours attachés aux résultats. Le fait
est qu'ils agissent encore sous l'effet du sentiment d'être celui qui agit, étant des acteurs egocentriques.
J'ajouterais, que de telles personnes jouent sur les deux tableaux suivants : ils veulent être reconnus comme héritiers d'une lignée au sein d'une
tradition &endash; ce qui évidemment ajoute à leur statut et à leur influence en tant qu' "autorité". Et cependant, ils ont l'audace d'ignorer et/ou de falsifier
les enseignements de leur tradition au sujet de l'éthique, de la morale et de la nécessité de demeurer aussi libre que possible de tout attachement et de toute aversion de type
samskariques. Et lorsque quiconque essaye de soulever le sujet des règles morales traditionnelles qui s'appliquent aussi bien aux disciples qu'aux gurus, ils affirment aussitôt ne pas
être "limités par la tradition" et que "la leur est une tradition vivante qui se doit de secouer les gens de leur état hypnotique de transe" et autres
âneries.
Ceci en convaincra certains parmi les plus assidus adorateurs des prétendants, mais quiconque doué de discernement verra que ces prétendants ne cherchent qu'a obtenir
le meilleur de deux mondes antinomiques : une autorité fondée sur une tradition d'un côté et de l'autre, une permission anarchique donnée au "tout est acceptable" afin de
pouvoir agir sous la domination des samskaras. Pour être encore plus précis, afin d'être reconnus et d'avoir de la renommée, ils exploitent le concept, l'institution sociale et
la lignée qui constituent le Guru. Mais ils refusent toute responsabilité quant aux critères établis par les gurus de cette tradition qui les ont précédés et qui ont défini ce qui est
ou n'est pas un maître spirituel authentique.
Par conséquent, nous avons ici une violation grave de "la publicité de la Vérité" : les prétendants se faisant passer pour des "gurus" appartenant à une "lignée" (sampradaya) à
l'intérieur d'une "tradition" de l' "Advaita". Ainsi et à chaque fois qu'il leur plaît, ils s'écartent anarchiquement de ce que cette tradition valorise comme étant authentique et se
conduisent comme des gredins.
Ces prétendants (que le Soi Divin les sauve du fardeau de leur karma) revendiquent une immunité particulière en se posant comme au-dessus des règles sociales élémentaires de décence, de
même qu'en se mettant au-delà des conventions au sein même de leurs propres traditions sacrées et a partir desquelles ils essaient de s'ériger un statut élèvé.
(Le restant de la lettre de Timothy fait référence à la réponse que Wayne Liquorman a envoyé à Anne (voir ci-dessous) dans laquelle il apelle les Grands Maîtres de l'Advaita des
"Indiens morts".)
________________________________
Anne, d'InnerQuest, a écrit à Wayne à la suite de son message du 14 février, soulignant ce qu'elle voit comme étant une contradiction majeure entre ce qu'elle sait de la Vérité et d'un
vrai Gourou d'un côté, et comment Ramesh semble vivre de l'autre. Elle lui indiquait que Ramesh semblait vivre dans la contradiction et la dualité, se conduisant de façon abominable, au
lieu de vivre dans la Vérité et l'Unité. Car un Maître Véritable vivant l'Unité n'abuserait jamais ni ne blesserait jamais quelqu'un car il sait que l'"autre" n'existe pas - Tout est
Lui. Anne a écrit ceci à Wayne :
" Pour moi, un vrai Gourou est ce que nous sommes véritablement ; comme il est notre Soi réel, le Gourou n'a aucun intérêt personnel égocentrique, aucune motivation. Aucun désir ne
surgit de Lui vers quelque nom ou forme que ce soit. Pourquoi cela ? Car il sait qu'ils ne sont pas réels. Pourquoi courir après une illusion ? Lorsqu'un chercheur spirituel rencontre
un vrai Gourou, jamais le Gourou ne demanderait quoi que ce soit du chercheur, même par allusions (argent, objets, traitement de faveur, confort physique, sexe, régime alimentaire
spécial, médicaments, etc.). Le chercheur prendra peut-être l'initiative de proposer une offrande, un service ou autre demande issus de son ego ignorant. Mais le Maître véritable (Qui
n'a plus d'ego et chez Qui les vasanas (tendance latentes) ont toutes été éradiquées jusqu'à la dernière, et Qui connaît toutes les astuces de l'ego puisqu'Il les a toutes déjouées en
Lui au préalable pendant Sa propre quête) ne réagira jamais de façon personnelle ou avec un quelconque intérêt, car Il sait que tout est le Soi, donc pour Lui le gain ou la perte ne
signifient plus rien. Pourquoi vouloir abuser de soi-même ?
En Inde, la tradition encourage les chercheurs à tester les Maîtres en les remettant en question afin de les découvrir véritablement et afin d'essayer de déterminer ce qui les motive
vraiment. Le problème de nos jours, c'est qu'une fois qu'on entend parler d'un maître comme étant exceptionnel, on a tendance à s'en tenir à ce qu'en disent les autres et nous oublions
de vérifier par nous-même. Car, il est aisé de parler de la Vérité en utilisant une compréhension intellectuelle élaborée, mais il en est une toute autre affaire de La vivre. Ainsi, si
l'on ne fait qu'écouter ce que dit un maître, on peut oublier d'observer et voir la façon dont ce maître vit et se conduit effectivement. "
Dans sa lettre adressée à Wayne, elle fait référence au Yoga Vashistha et cite les deux sages suivants : (la première citation prouve l'absurdité de croire que nous n'avons aucun
choix). Les dernières causeries d'Annamalai Swami (extrait) :
" L'oubli et le non-oubli ne font pas partie de votre destinée. Il s'agit d'un choix que vous faites d'instant en instant. C'est ce que Bhagavan (Ramana Maharshi) a dit. Il a dit que
vous avez la liberté soit de vous identifier au Soi et en cela de comprendre que le corps ne fait qu'exécuter ses activités prédestinées, animées et soutenues par le pouvoir du Soi, ou
bien vous pouvez vous identifier aux activités du corps et du mental, et de ce fait oublier le Soi. Si vous choisissez d'agir ainsi, ne rejetez pas la faute sur Dieu ou la Volonté de
Dieu, ou encore sur la prédestination. Ce n'est pas Dieu qui vous a fait oublier le Soi. C'est vous-même qui faites ce choix à chaque seconde de votre vie. "
Supplément aux quarante strophes de Ramana Maharshi (Oeuvres Réunies) :
" A quoi bon la science de ceux qui ne tendent pas à effacer les lettres de la destinée (de leur front) par la recherche : " D'où vient notre naissance, nous qui connaissons les lettres
? " Ils ont sombré au niveau d'une machine à paroles. Que sont-ils d'autre, ô Arunachala ? "
Dans sa réponse Wayne rétorque :
" Les citations des Ecritures et de divers Indiens morts mises à part, votre revendication comme quoi le chercheur doit tester le gourou afin de découvrir ce qui le motive présume que
le chercheur soit capable de le faire. Le chercheur ne peut rien observer d'autre en dehors du comportement ; il lui est absolument impossible de voir s'il y a motivation ou absence de
motivation derrière le comportement. La motivation et le comportement sont deux choses différentes. Malheureusement, si l'on suppose pouvoir discerner le réel de l'irréel, le Vrai du
faux, l'egocentrisme du désintéressement, il y aura toujours quelqu'un qui ne sera pas d'accord. Comment déterminer qui a raison ? La plupart des gens pensent que leur opinion est la
Vérité. "
(Veuillez noter que dans le véritable Advaita (voir
ci-dessous) il est essentiel que le chercheur discerne l'irréel du réel. La notion d'"autre" est considérée comme irréelle, ainsi,
tout désaccord à ce sujet n'a pas sa place sinon cela impliquerait 'deux', la dualité. Une fois que toutes les apparences irréelles ont été rejetées, l'Eternelle, non-objective,
indivisible Réalité demeure.) ________________________________
(La lettre de Timothy continue :)
Venons-en maintenant au cas nous concernant : Wayne Liquorman qui défend la façon dont son professeur, Ramesh Balsekar exploite ses élèves sexuellement et financièrement. J'ai déjà
rédigé quelques pages sur ce sujet il y a peu de temps, aussi me contenterai-je seulement ici de souligner quelques points.
Wayne utilise de façon désinvolte l'expression péjorative d' "Indiens morts" pour mettre en doute l'argument développé par des enseignants que nous connaissons sincères, alors que
ceux-ci s'efforcent d'illustrer les critères impeccables de la morale de la tradition de l'Advaita Vedanta Hindoue en citant des extraits provenant des textes et des enseignants
hautement respectés de cette tradition (e.g., Sankara, Yoga Vasishtha, Ramana Maharshi Annamalai Swami, etc.). Wayne sous-entend : ils ne sont que des "Indiens morts"… aussi pourquoi
vous donner la peine d'y faire référence alors que vous avez la liberté incomparable et la noblesse infinie de quelqu'un comme Ramesh sur lesquels vous pouvez compter pour établir votre
connexion au guru ?
Mais l'on pourrait demander à Wayne ou à quiconque en accord avec lui, " Que seriez-vous précisément aujourd'hui sans ces indiens morts ? ". D'une manière spécifique, sa
renommée vient du fait qu'il est le fils flagorneur de Ramesh, et celle de Ramesh quant a lui, vient de l'exploitation du nom et de la mémoire d'Indiens morts ; avec en premier celles
son Guru dont le corps à disparu, Nisargadatta Maharaj ainsi que la lignée des "types morts" avant Nisargadatta au sein de la Navnatha Sampradaya. (i.e., Siddharameshvar Maharaj, et
al.). Comme je l'ai écrit antérieurement, Nisargadatta aurait probablement (on ne peut le dire avec certitude) donné une gifle magistrale à Ramesh pour avoir souillé la mémoire de la
Lignée Navnatha de ses ignominies (bassesses) financières et sexuelles, et pour avoir, par quelque rationalisation de tout nier en bloc qui confond le niveau de l'Absolu avec celui du
conventionnel ou du relatif , tenté de tout rejeter.
Ceci n'est PAS l'Advaita authentique. Nisargadatta était toujours extrêmement soucieux de savoir si les gens qui disaient être des jnanins (sages) étaient véritablement entièrement
libres des désirs et des peurs. Ceci est bien connu et fut clairement entendu par ceux qui parmi nous passèrent un certain temps avec Maharaj. Wayne n'a jamais rencontré Nisargadatta
et, autant que je sache, ne rencontra jamais aucun enseignant de l'Advaita avant Ramesh dans les années 80 (que l'on me corrige si je me trompe sur ce point). Même si Nisargadatta donna
quelque autorisation d'enseigner à Ramesh, cela ne signifie en rien que celle-ci puisse être définitive et ne puisse pas être révoquée pour raisons de comportement malsain et d'une
falsification de l'enseignement de Maharaj ; comportement et falsification dont Ramesh nous a maintenant affublés de preuves suffisantes.
Pour ajouter à ce thème des "Indiens morts ", un des premiers importants projets de Ramesh fut d'oser la rédaction d'un commentaire/interprétation de l'Amritanubhava, ouvrage écrit
au 13ème siècle par le Sage, Saint et Poète de grande renommée, Jnaneshvar (publié par Wayne Liquorman, leur profitant ainsi à tous les deux financièrement). Dès cet instant, Ramesh
continua sur sa lancée !
Encore une fois, je repose la même question : " Que seraient à présent Wayne et Ramesh sans ces illustres Indiens morts ? ".
Bon, assez de paroles, sauf pour souhaiter un complet Eveil et une totale Libération à Wayne et Ramesh, aussi tôt qu'il leur conviendra, et, qu'ils soient entièrement pardonnés ("Père,
pardonne leur car ils ne savent pas ce qu'ils font") pour leur manque de clarté et de cohérence, qui du point de vue de l'ultime n'est pas de leur faute - La Divine Shakti est, du point
de vue de l'Absolu, seule actrice et seule responsable de tous les karmas.
Je ne verrais, tout comme ceux qui portent intérêt a l'Advaita Vedanta Authentique, aucun inconvénient à ce que Ramesh et Wayne fassent quelque progrès et admettent qu'ils furent les
représentants de l'école du pseudo dharma du "tout est permis" "mauvais garçon", et non plus revendiquer (comme Ramesh le fait) être le successeur de Nisargadatta Maharaj et par suite
descendant de la lignée Navnatha Sampradaya. Ceci dit, si Ramesh et Wayne se présentaient ainsi, je doute qu'ils auraient beaucoup disciples, voire même un seul disciple.
Aussi laissez moi vous proposer le challenge suivant :
Ou Ramesh et Wayne
1/ Annoncent publiquement n'avoir aucun lien avec la lignée à laquelle appartient Nisargadatta, et l'Authentique Advaita Vedanta, (incluant Yajnavalkya, Sankara, Jnaneshvar, etc.) mais
qu'ils sont des représentants isolés d'une nouvelle école de "compréhension" du "tout est permi".
Ou ils
2/ S'excusent véritablement, font amende honorable envers ceux qu'ils ont exploités et s'efforcent alors de régulariser leur conduite.
J'éspère qu'aucun des propos ci-dessus n'offenseront quiconque mais plutôt, qu'ils seront reçus dans un esprit d'Amour et de Vérité, qui est celui dans lequel ils sont offerts. Wayne et
Ramesh, j'ai apprécié le temps passé avec vous. Je vous souhaite à tous les deux mes meilleurs vœux.
Puisse tous les êtres s'éveiller, devenir libres, mais aussi être dotés d'une infinie compassion, et demeurer consciemment "impliqués" dans le rêve divin.
Votre frère dans le rêve
Votre Propre Soi
Timothy Conway
Santa Barbara, CA
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