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Ecosia : Le Moteur De Recherch

23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 17:13

J 'ai souhaité vous signaler ce blog de qualité , vous y trouverez  des échanges philosophiques de grandes qualités et accessibles aussi au profane que je suis ! Notamment vous y trouverez des vidéos ou vous pourrez assister à des échanges passionnants sur des questions actuelles portant sur l 'éthique , la spiritualité et bien d'autres thèmes fondamentaux  traités remarquablement bien par des intervenants de qualité .

 

Bien à vous,

 

Dominique Giraudet

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 19:12

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Paroles d'Hubert Benoit

 

Hubert Benoit, a été de, 1967 à 1975, un de mes "professeurs-de-vie". Je dispose de trois cents pages de retranscription des enregistrements de nos entretiens de 1970 à 1973. »

Pas de vidéos à l'époque, mais, des « mini-cassettes » J'avais retranscrit les réponses qu'Hubert benoit m'avait faite à l'occasion d'une partie des nombreux entretiens que j'ai eue avec lui de 70 à 75. Je vais les publier sur ce blog. Peu à peu, au fil du temps.

Quelques informations préalables (je complèterai ou ajusterai, si nécessaire en cours de route). Ces paroles d'Hubert Benoit sont retranscrites telles quelles avec tout ce que cela entraîne de répétition et autres effets du à la parole parlée. Je n'ai pas retranscrit mes propres questions, objections etc..

Tout ce que j'ai trouvé sur internet au sujet d'Hubert Benoit ne donne pas une idée très juste de sa personne et de son enseignement. On lui attribue, par exemple, des affinités avec Gurdjieff qui le ferait beaucoup rire s'il était encore parmi nous. Plus sérieusement, il rejetait lui-même une grande parties de ces premiers écrits (notamment la pratique qu'il proposait dans son livre « Lâcher Prise »).

Hubert Benoit n'était pas « illuminé », "éveillé", et ne prétendait pas l'être ni même ne laissait croire qu'il l'était, comme le faisait par exemple Wei Wu Wei (qui était venu le voir et lui avait dédicacé un de ses livres : Open Secret).

Cette absence d'illumination, jointe à celle de partenaire intellectuel à sa hauteur (mise à part le Swami Siddheswarananda qui a été pour lui plus un ami qu'un «maître» ou « co-disciple ») et à celle et de maître spirituel suffisent déjà, en elles mêmes à expliquer les limites de son discours et de son évolution.

Hubert Benoit n'en était pas moins très loin devant ses contemporains dont les livres côtoyaient les siens dans les librairies spécialisées (Durkhëim, Klein, D'encausse, Alan Watts etc.) . Il ne se posait pas en référence à quoique ce soit, il ne discourait pas sur ou à propos de quoique ce soit, mais témoignait simplement de sa recherche personnelle, intime et vivante.

Rien ne conviendrait mieux à Hubert Benoit que cette phrase de Maxime le Confesseur : « Le seigneur éclaire de sa lumière notre intellect et le porte au même acte que lui. »

En effet, il avait non seulement une pensée affutée comme celle d'un rasoir mais il était véritablement inspiré. Unie à une grande sensibilité affective et psychologique et à une recherche introspective et personnelle de grande haleine cela a fait de lui un précurseur d'une authentique « psychologie » (science de l'âme) qui reste encore, de nos jours à élaborer et faire connaître.

Avant de publier ces paroles dites en entretien, un texte, sur lequel il travaillait et qu'il m'avait lu: «Mon âme entre vos mains »

À ma connaissance, ce texte n'a jamais été édité : Outre l'intérêt que ce texte peut avoir en lui-même, il témoigne aussi d'une évidence qui transparait au fil de ses paroles et de ses écrits : Hubert Benoit s'exprime en chrétien.

Bien qu'il ait pu être très critique de la doctrine de l'Église, et bien qu'il ait été très inspiré par le vedanta et le zen. Il n'appartenait pas à ces traditions et le soulignait souvent.

En ce sens, il est, et reste pour moi, non seulement en avance sur les catholiques « pré » et « post » Vatican II mais aussi sur ceux qui ont recherché un peu de profondeur dans les ashrams et les dojo.

Pour terminer cette introduction.

J'ai gardé au fil du temps ces « entretiens avec Hubert Benoit ». Ils m'ont souvent servi de repère et m'ont encouragé à poursuivre ma propre quête.

J'avais aussi toujours en mémoire l'idée que si je pouvais en faire part à ne serait-ce qu'une personne vraiment intéressée, cela aurait été une façon de rendre hommage à celui qui a été un de mes rares authentiques « professeur de vie ».

La demande, sur Facebook, de Roger, un brésilien, jointe à cette période bien particulière de mon passage sur terre et à la spécificité du forum que je viens d'ouvrir, a déclenché cette « publication ».

Si cela devait offenser ou léser des quelconques ayant droits potentiels, je leur demande de bien vouloir me contacter.

Laurent Huguet

 

samedi 2 avril 2011

Hubert Benoit : 10 & 17 février 1972

 

Nous ne pouvons dire "non" qu'à un objet auquel nous avons forcément tout d'abord dit "oui".
Les gens se croient coupables là ou ils ne sont que victimes.
Le problème n’est pas « ce que je veux . » mais « ce que je ne veux pas. », il ne s’agit pas de la liberté mais de la fin de l’esclavage.
Le conseil : « regardez, regardez ! » ne s’applique pas à la vérité, qui est immanente partout mais à la façon dont nous fonctionnons.
-------------------------------------
Contrairement à l’expérience scientifique, nous ne pouvons que faire nous-même l’expérience intime de notre fonctionnement propre.
Ces expériences que nous avons à faire, l’expérience d’autrui ne sert ici à rien, c’est dans la vie quotidienne, la vie phénoménale dans le monde phénoménal que nous avons à la faire. Elles seront interprétées ou pas, si elles ne le sont pas, elles ne serviront pas à grand chose, si elles le sont, elle apprennent beaucoup.
Le plus souvent, il n’y a pas incompatibilité entre la vie quotidienne et ce « travail » qui ne demande pas que l’on s’y consacre du soir au matin ; on risquerait alors de mal le faire parce que justement il est incompatible avec une trop longue durée.
Si quelqu’un se rend compte comme Rimbaud que « la vraie vie est absente », que « nous ne sommes pas au monde », que cela est bien fâcheux et qu’il y a lieu d’obtenir l’heureuse évidence de façon à s’en sortir un jour, s’il se consacre à ce travail d’obtenir des évidences, ne le ferait-il qu’une heure par jour, en une ou plusieurs fois, que ce serait déjà beaucoup
On peut sans abandonner toute réflexion, consacrer la plus grande partie de son temps à vivre sa vie, c’est à dire aborder les deux grands domaines de le vie des hommes, : la vie professionnelle et la vie affective..
Pour être un « libéré - vivant », il faut être vivant, c’est à dire entretenir sa vie, son existence biologique, ce qui suppose dans notre système social, que l’on gagne sa vie. Il faut également faire une place, dans cette vie temporelle, aux « compensations » dont nous avons besoins longtemps, tant que nous n’avons pas obtenu ce qui remplissant le manque que nous sentons en nous fera que nous n’aurons plus besoin d’y mettre toutes sortes de trucs pour essayer de le combler.
Donc, du point de vue phénoménal, gagner sa vie : la plupart du temps pour entretenir son existence et gagner ses compensations, les trouver et les vivre, sont les deux domaines qui constituent justement le champs de l’expérience à faire.
Toutes ces activités peuvent s’accompagner d’observation sur la façon dont on fonctionne : voir comment cela se passe et puis ensuite réfléchir sur « pourquoi cela se passe comme ça ? ».
Il ne faut pas imaginer qu’il y a d’une part la vie phénoménale et d’autre part la vie intérieure et qu’elle n’ont rien à voir ensemble. Notre attention peut aller de l’une à l’autre par oscillations très rapides, intermittentes.
Il n’y a pas d’angoisse sans oppositions et l’opposition ne va pas de soi, on peut discriminer sans opposer.
On ne peut pas trouver la Réalité, c’est elle qui peut un jour nous trouver, si on la cherche on ne la trouve pas.
Il ne peut pas avoir avidité de l’inconnu.
« opposition », cela évoque « dualisme », certes l’angoisse est liée au fonctionnement dualiste lui-même, sans dualisme, il n’y aurait pas d’angoisse. « dualisme », « opposition », c’est à dire incompatibilité : ce qui ne peut pas être ensemble.
Nous nous identifions à l’état dans lequel nous sommes.
Il y a dans l’ego une prétention non pas à exister mais à être ; placé devant l’évidence que l’on ne fait qu’exister, l’angoisse en découle automatiquement puisque l’ego est alors complètement nié.
L’émerveillement esthétique réveille en nous la nostalgie de la beauté absolue qui ne peut être ce que nous voyons quel qu'en soit la beauté et qui n’est alors qu’une promesse qui ne tient pas ; c’est alors une sorte de supplice de tantale, plus ce que l’on contemple est proche de ce qui nous faudrait, sans l’être évidemment, plus c’est douloureux.
Il n’y a pas d’objet, tout est le sujet, c’est à dire que la réalité de toutes choses est le principe créateur de toutes choses… le Soi, le Sujet, l’UN… les objets sont des apparences et les apparences n’ont pas de réalité en elles-mêmes, elles ont une réalité relative à qui les perçoit.
De sorte que lorsqu’on parle de sujet-objet, encore faudrait-il établir que le mot objet répond à quelque chose. Il y a là une très grande confusion dans l’esprit humain et plus on se penche sur ces deux termes plus on voit que l’on dit souvent l’un pour l’autre et que la distinction est mal fondée.
Les mots ont toutes sortes de sens selon la façon dont on les emploie, mais si on se penche sur les mots « sujet » en général et « objet » en général, on patauge singulièrement.
Les vibrations d’un objet atteignent, par mon appareil oculaire mon cerveau qui élabore une image mentale visuelle, la perception élémentaire a lieu, cette perception peut être perçue ou pas, qui est l’auteur de cette seconde perception.. ceci peut être le cerveau qui a fini de faire tout ce qu’il peut faire quand il a élaboré l’image mentale, c’est le Soi, qui ne fait pas partie de l’organisme mais qui voit ce qui s’y produit et qui est à l’œuvre tout le temps. Il ne faut pas se l’imaginer comme une espèce d’identité immobile, le Soi est un dynamisme dont le jeu a toujours lieu.
Tout homme égotiste prétend seul être et même exister, tout le reste, il se l’attribut, c’est fait pour lui, pour le faire fonctionner. L’homme égotiste se sent être le « centre » du monde, en ce sens, chaque fois qu’il a comme une perception qu’une chose existe indépendamment de lui, il le vit comme une négation de sa perception égotiste… c’est comme des fous dans un asile psychiatrique qui tous penseraient être Napoléon alors que chacun penserait être le seul vrai, … alors, pour chacun les autres sont agaçants, c’est aussi stupide que cela.
Quand, en effet, on constate tout à coup que quelque chose existe autour de nous, tout a fait indépendamment de nous, [ Cela n’existe pour nous que quand nous le percevons mais nous sommes en droit de penser que même quand nous ne le percevons pas il existe encore, que nous vivions ou non.] nous sentons cela comme une négation de nous en tant que centre du monde, auteur du monde [ parce que le centre n’est pas seulement le centre spatial, c’est le centre créateur du monde.]. Il y a une prétention divine de l’ego, l’homme se définissant comme une personne et un être métaphysique, se définit donc comme le créateur de tout.
D’habitude, l’homme ne voit pas le monde extérieur comme existant indépendamment de lui [ Il le voit comme existant pour lui pendant qu’il le perçoit et après c’est comme si il n’existait plus. Il ne pense pas alors qu’il ne le perçoit pas ] .
La manifestation est différente, mais ce qui se manifeste est le même.
Chez l’homme égotiste, il y a « moi » qui suis et existe et puis la réalité qui ni n’est ni n’existe, je lui donne la valeur, la réalité qui me convient selon les circonstances ou dissonances que cela a avec moi, cela n’est pas le produit d’une réelle volonté mais se passe de manière automatique.
L’angoisse, c’est un état de mésentente organique, ce n’est pas un problème, en parlant de problème on parle de quelque chose d’intellectuel.
Quand quelqu’un est angoissé, s’il y a un problème, c’est :  « Comment en finir avec l’angoisse, comment ne plus être angoissé ? » et c’est là une question intellectuelle qui peut être énoncée. L’angoisse elle-même n’est pas un problème, c’est un état vibratoire. Tout problème suppose un fonctionnement intellectuel. C’est l’intellect qui fabrique nos faux problèmes, car ils sont tous faux ; qu’est-ce qui les fabriquerait à par ça ?
C’est à propos de notre fonctionnement que nous posons des problèmes ou que des problèmes apparaissent se poser ; mais ces problèmes sont sans solutions, l’unique solution possible étant la disparition du problème, le problème n’est pas alors, n’est pas résolu, il ne se pose plus, le problème disparaît le jour ou l’on voit qu’il est une illusion.
Le « problème de la condition humaine » vient de cette fusion absurde (qui existe dans ce qu’on appelle le fonctionnement égotiste humain) entre la définition de l’homme comme étant une personne phénoménale et celle de l’homme comme étant le noumène lui-même (puisqu’actuellement, avec notre mental tel qu’il est, nous ne pouvons pas voir le noumène et les phénomènes comme étant la même chose ; notre « penser » ne se fait que par discrimination, par séparation.)
L’intuition d’être est l’intuition d’être éternel et en même temps la logique nous affirme que nous sommes mortels, si bien qu’il y a contradiction apparente et cela pose problème, mais le problème vient de l’ego qui est lui-même illusion et qui engendre toutes sortes de problèmes illusoires. Objectivement il n’y a pas de problème ; que nous croyons qu’il y en aient, ça c’est autre chose, ce qui n’enlève rien au fait que ces problèmes soient là, nous croyons qu’ils sont là, et cette croyance mérite examen, on ne peut pas dire « comme c’est un faux problème, je m’en fous. », parce qu’il est là, poignant.
« Qui est ‘’Je’’ ? », c’est ça le problème.
Le métaphysicien peut répondre en terme intellectuel pur, mais le problème n’en est pas anéanti pour cela, ce n’est pas parce que je comprends que le fonctionnement égotiste est illusoire que du coup je réalise qu’il l’est, il y a une différence entre comprendre et réaliser, entre l’évidence pour l’intellect et l’évidence pour l’être total. On ne peut pas imiter Ramana Maharishi, c’est arrivé comme ça pour lui, parce qu’il était conditionné de cette manière.
Il faut un certain age pour que les intuitions métaphysiques arrivent, ce qu’on appelle « l’age de raison » », c’est à dire la possibilité du fonctionnement objectif de l’intellect.
Il y a des problèmes phénoménaux et des problèmes métaphysiques, ce ne sont pas les mêmes.
« Qui est ‘’Je ’’ ? » est un problème métaphysique.
Le « libéré vivant » a quand même une personne animale, qui vit sur terre et qui a les mêmes problèmes que les animaux, l’animal est toujours là et il est toujours animé de ce goût de survivre ; mais chez le « libéré vivant », ce n’est plus une revendication comme ça l’est chez l’homme habituel.
On peut s’interroger sur l’origine de la souffrance morale, quelle en est la genèse ?
La souffrance morale résulte toujours d’une revendication insatisfaite, parce que la réaction de l’homme qui revendique et n’obtient pas ce qu’il revendique, c’est la révolte et cette révolte est impuissante ( ce n’est pas cette révolte qui, par elle-même lui apporte ce qu’il n’a pas ou ce qui ne veut pas perdre. ) elle constitue donc une occasion de constater sa non-toute puissance, donc son non-être, ce qui le négative. C’est ce que j’appelle le « spectre lunaire », quand il se présente tout à fait, c’est vraiment épouvantable, quand il se présente voilé, il est plus supportable, mais il est toujours pénible. Et derrière ça, il y a toujours le doute d’être ; la fameuse interrogation : « peut-être ne suis-je rien ? Peut-être ne suis-je pas ? (au sens métaphysique du mot « être » » .. évidemment, j’existe, mais « exister » c’est seulement exister comme un objet inerte ou un animal sans intellect ( L’animal se suffit d’exister, il n’a même pas conscience qu’il existe, si bien que pour lui, il n’y a pas de problème intérieur.)
Tout ce qui me positive soulage mon doute d’être en apportant un témoignage favorable à l’hypothèse que « je suis » et tout ce qui me négative apporte un témoignage défavorable à cette hypothèse et favorable à celle que « je ne suis pas » et alors, à ce moment-là l’horreur de n’être pas m’apparaît.
Seulement exister est intolérable pour l’être humain.
Il faut qu’il ait soit la conscience d’être, soit l’impression d’être que lui procure les compensations et il faut qu’il ait une certaine quantité de témoignages à l’appui de l’hypothèse qu’ « il est », sinon cette hypothèse s’effondrerait et il n’aurait plus qu’à se suicider. ( parce qu’exister comme existe un veau, cela ne lui suffit pas, on peut même dire qu’il a horreur de ça, il haït exister seulement, il courre toute sa vie après la certitude d’être, l’évidence d’être, la conscience d’être et les moyens qu’il emploie pour cela ne peuvent jamais être efficaces, les justes moyens sont le contraires, au lieu de courir à la recherche de quoique ce soit, il suffit de ne plus rien chercher, de ne plus rien faire et de laisser faire le Soi, ce qui est tout à fait autre chose :  « Tout le malheur vient de croire qu’il y a quelque chose à faire en ce monde ». )
Tout le temps il lui faut obtenir toutes sortes d’affirmations, il lui faut réussir ceci ou cela, ne pas échouer là… tous ces « il faut » sont illusoires, je suis, je n’ai pas besoin de faire quoique ce soit pour être ; seulement, comme justement j’en doute, je courre après des apaisements de ce doute.
Mais je ne peux pas « attraper » la disparition de mon doute, seul le Soi peut S’imposer, et Son règne en moi suppose que tous les doutes d’être ont disparus et ceci en comprenant justement que je ne suis pas cette personne ( tant que je crois être cette personne, évidemment je douterai d’être puisque cette personne, elle est, n’est manifestement pas éternelle, elle n’est pas toute puissante, elle n’a aucun des attributs de l’être et cependant j’ai l’intuition d’être… à juste titre d’ailleurs, seulement, je confonds les deux dans l’ego, ce qui fait un fameux magma dont il n’est ni facile ni rapide d’en sortir… mais à supposer qu’au terme d’une longue évolution nous en sortions, cette évolution n’est pas incompatible avec une activité dans le monde social.) .
Il y a de ces oppressions que l’on ne sent pas parce que l’on est dedans depuis que l’on est né ; elles paraissent alors des conditions normales d’existence. C’est seulement quand on est libéré qu’on se rend compte alors qu’on était opprimés, on ne savait pas avant que l’on étouffait.
Il est étouffant d’être pris dans un système de pensée auquel on ne peut adhérer, qui ne correspond à rien. Il y a un age pour croire au « Père Noël » et un age pour ne plus y croire. « Dieu » tel que l’on m’en parlait ne me disait absolument rien, comme je l’ai alors rencontré dans d’autres domaines : l’amour avant tout, l’art en partie, la nature rarement, la religion jamais, alors je ne pensais pas l’appeler comme ça… d’ailleurs, ça n’a pas de nom, simplement, cela se traduit en nous par un état d’adoration en relation avec un émerveillement de stupéfaction devant l’infini.
En ce qui concerne les notions nouménales, le vocabulaire est forcément employé à tort ; les mots sont bien imparfaits, approximatifs, ils évoquent quelque chose pour celui qui a eus des intuitions analogues à celles de celui qui parle, il comprend alors ce que l’autre veut dire, mais sinon, il ne comprendrait rien.
L’ « Unique Adorable » , parce que c’est vrai que subjectivement, c’est la seule chose que j’ai jamais adoré (à travers des choses diverses, mais c’est toujours la même) et si on me demandait : « Qu’avez-vous adoré ? », je dirais : «  C’est l’état d’adoration lui-même.. là on tombe dans des pléonasmes et on n’en sort pas, il est finalement impossible de définir, parce que l’informel est informulable.
Les expériences de vie, la vie active, sont très importantes pour comprendre des tas de choses et « comprendre » c’est le fil d’Ariane ; il n’y a qu’à comprendre, il n’y a rien à faire, il y a simplement à voir avec lucidité .. ce qui prend du temps.
« Ne pas faire, ne chercher en rien à modifier notre fonctionnement, le voir, pourquoi pas , Mais sans aucune appréciation, sans aucune idée de bien et de mal, d’utile ou d’inutile. Habituellement, je parais ne me forcer à rien, m’autoriser à faire tout ce que je fais. En réalité, quand je fonctionne de telle ou telle façon, parfois je déplore et déplorer, c’est déjà juger, condamner, c’est penser que je devrais mieux faire, c’est déjà manipuler, tendre par moi-même à mon amélioration, comme si je pouvais en comprendre la moindre chose ! Cette imagination de mes façons de penser, sentir, réagir est l’effet d’un œil spectateur qui ne vois pas ce qui a lieu en réalité mais qui muni de prolongements modificateurs voit ce qui a lieu modifié par une charge d’affect morale. Cet œil, s’il était le « pur intelligent » verrait avec indifférence, c’est à dire ne verrait aucune différence d’intérêt, de valeur, d’utilité en rien, ne discriminant moralement pas ce qu’il voit. Ceci n’implique pas que je sois indifférent à mon asservissement douloureux par le fonctionnement égotiste, je ne saurai voir comme identique le fonctionnement égotiste et le fonctionnement libéré, mais les multiples aspects du fonctionnement égotiste sont rigoureusement équivalents dans l’absurde, puisqu’ils visent tous la conscience d’être par des affirmations de ma personne et que celle-ci est un paraître sans réalité véritable, c’est à dire qu’elle n’est pas. »
Compréhension de plus en plus approfondie du « ne pas faire », ne rien faire ; puisque dans le fonctionnement égotiste que nous représentons pour le moment, dès qu’il fait quelque chose, il ne fait que des blagues puisqu’il cherche toujours à s’affirmer. Le « vieil homme », dès qu’il agit, défend sa peau et ne peut pas faire autrement ; il ne peut pas se suicider, il peut simplement et dans la mesure ou il sera intelligent, résister de moins en moins à se laisser assassiner par l’Adorable Assassin qu’est le Soi. Mais il faut que je mérite cet assassinat et pour cela en étant intelligent, objectivement… et seulement ça et sans rien faire, sans essayer moi-même d’opérer ma réalisation. Il faut comprendre enfin que je suis totalement impuissant à le faire. Et la perte de tout espoir en moi à ce sujet est la seule chose qui fasse naître l’Espérance si j’ai tout d’abord la foi que le Soi va se mettre à l’œuvre si moi je n’essaye plus de faire Son Travail.
[ Il est facile d’observer que l’on porte sans arrêt une certaine appréciation. Je me dis parfois, alors que je regarde la télévision : « Mon Dieu, quel temps perdu ! », mais j’ai tort, pourquoi ne pas le perdre, nous voulons tout le temps faire quelque chose d’utile, nous ne pouvons pas !]
« Laisser les choses comme elles peuvent être » c’est très bien, mais en ayant une conscience constante qu’on les laisse être comme elles peuvent être, c’est un « laisser faire » conscient, parce qu’il y a des tas de gens qui laissent faire des tas de choses mais qui n’en sont pas conscients. Il ne s’agit pas d’un fatalisme, inactif, mais d’une active passivité. Il n’est pas très facile de bien comprendre cette distinction, c’est assez subtile parce que ce dont il s’agit est en effet subtil.
Une fois que c’est déclenché, le mécanisme de ce que j’appelle le besoin de comprendre pour comprendre, cela continue, quoique l’on fasse par ailleurs, la vie de surface, et dans la vie quotidienne, à propos ou pas des expériences que l’on a. [ Quand on fait quelque chose de relativement automatiquement, cette recherche peut se faire, mais on ne doit pas dire : « Je » la poursuis, je ne peux rien faire « moi », mais « elle » se poursuit, on ne peut pas en douter. Il n’est pas nécessaire d’avoir quatre heures de liberté par jour pour ça, parce qu’en effet ou bien je peux réfléchir à des moments ou je ne fais que cela, ou bien je peux y réfléchir en faisant autre chose ou même à propos de ce que je fais. J’ai compris des tas de choses sur l’amour en vivant l’amour parce qu’alternaient très rapidement les moments ou je vivais l’amour et les moments ou je réfléchissais sur ce qui venait de ce passer, m’efforçant de le comprendre.]
Votre destin me regarde dans la mesure ou vous me demandez de m’en occuper.
L’intérêt pour les choses phénoménales etc n’empêche pas l’intérêt profond pour les choses nouménales, qui restent derrière.
C’est à propos de nos illusions que nous pouvons faire un travail de reconnaissance que ce sont nos illusions.
Vous ne pouvez pas désillusionner un enfant dès qu’il commence à pouvoir penser, il faut qu’il passe d’abord par des erreurs.
On ne rendrait pas service à quelqu’un en le sevrant de ses erreurs parce qu’elles sont vraiment d’une efficacité extrême.
http://www.google.fr/url?source=imglanding&ct=img&q=http://www.buvettedesalpages.be/images/2008/12/03/lynx_europeen.jpg&sa=X&ei=AhFpT5HtHcaK0AWj5pmQCQ&ved=0CAkQ8wc&usg=AFQjCNHpQKpTpcHytJhIEx3l2FT2BqtIMg
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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 19:24

TEMOIGNAGE DE MIRNA ANIMA POUR LA FAI (Force Animal Intervention) :

 

Mirna Anima

Boycottez le film "Le Territoire des Loups" qui sort en France le 29 février 2012.

Quiconque pense que c'est un joli film d'aventure avec des animaux, a tout faux. Le film est présenté comme une "aventure palpitante dans un désert, qui ne connaît pas de pitié." Mais ce qui est montré est pire que tout ce que vous pouvez imaginer. Il détruit des décennies de travail de nos avocats des loups et nous ramène au Petit Chaperon Rouge. Une fois encore, les loups sanguinaires, que l'homme les montre attaquer comme des monstres.

Joe Carnahan, le réalisateur, avait engagé un trappeur pour le film, pour attraper quatre loups. Deux ont été utilisés pour le tournage, deux auraient été mangés par les acteurs, selon les organisations de protection animale. Le personnage principal Lliam Neeson, décrit la viande de loup comme "acceptable". Il en avait déjà mangé dans un Ragoût Irlandais beaucoup plus pauvre.

Les loups aux Etats-Unis ne sont plus protégés et doivent se battre pour leur vie. L'état de Wyoming essaie de faire passer une loi pour que tous les loups peuvent être tués à tout moment.

La plupart des associations de protection animale conseillent de boycottez "Le Territoire des Loups". Il est important que les cinéphiles sachent qu'ils ne vont pas voir un film d'aventure divertissant, mais un film plein de préjugés, d'ignorance et de stupidité.

 

 

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Je remercie cette personne pour son témoignage précieux : JE N 'IRAI JAMAIS VOIR CE FILM !

 

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http://d9.img.v4.skyrock.net/d9a/choupettethais13/pics/3066009435_2_3_nC4dP8Wu.jpg

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DominiqueGiraudet - dans penser
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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 18:15
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Dimanche 4 mars 2012

A l'ère de la mondialisation, à l'époque où nous sommes plus de sept milliards d'individus, tous singuliers, appartenant à des cultures différentes, nous devons renoncer à des discours qui continueraient à dire : tout humain est ceci ou cela...  A plus forte raison, aux discours qui commencent par "tout homme", car il est temps de noter que l'on ne peut parler de toute l'humanité avec un terme qui n'en désigne que la moitié.

 

En fait, nous sommes désormais devant un prodigieux paradoxe : les milliards d'individus sont de plus en plus singuliers et expriment leur singularité de plus en plus, par tous les moyens dont ils disposent; ils n'en créent pas moins un espace commun, via voyages, immigrations et télécommunications. Le paradoxe est qu'ils créent du commun avec tous les outils qui leur servent à exprimer leur différence inclassable, leur irréductibilité à tout système, à toute universalité. L'espace commun est créé par des myriades d'atomes qui ne mettent en commun que ce qui les différencie absolument!

 

C'est une nouvelle donne considérable, et nous n'allons plus cesser d'en explorer la nouveauté. Il en est une que j'aimerais signaler tout de suite : le changement de sens du verbe "penser". Autrefois, "penser" signifiait... Quoi au juste? Voilà un mot au sens embarrassant.  Disons que ce verbe signifiait à peu près (et continuera encore quelque temps à le faire, par inertie) : avoir dans l'esprit des choses appartant à un fonds commun prééxistant - une sorte de réserve, si l'on veut, où chacun allait puiser. Dans cette ancienne conception, il pouvait surgir, de temps en temps des individus qui, par un coup de génie, augmentaient le stock du pensable. Cette conception ne pouvait tenir que par un postulat : les individus susceptibles d'augmenter le stock des pensées sont rares.

 

Cette conception est condamnée à s'affaiblir inéluctablement. Autrement dit, il y aura de moins en moins de génies, de penseurs, de créateurs. Mais pourquoi? Pour une raison remarquable. Parce qu'il y en aura de plus en plus. Un génie, un penseur, un créateur innovent du fait qu'ils imposent leur singularité, leur manière irréductiblement nouvelle de penser. On pourrait faire ce constat : on est un génie par un démon propre et intime de la singularité, on est un créateur parce qu'on s'enracine dans le seul fait de son être-au-monde individuel. C'est le grand secret de la pensée. Les fondateurs de religions, les philosophes, les grands artistes l'ont tu et l'ont abondamment exploité. Jean l'Evangéliste fait dire à Jésus : "Je me rends témoignage à moi-même" (Jean, 8, 18) et "aussi longtemps que je suis dans le monde , je suis la lumière du monde" (Ibid., 9,4). Ces dernier mots contiennent le secret de toute pensée novatrice, de toute révolution dans le domaine de l'esprit : je suis venu au monde, moi, j'en suis donc la lumière. Entendez-le ainsi : toute ma puissance immense de penser, de déclarer, de décréter, je la tiens du fait de ma venue au monde.

 

Réfléchissons brièvement à ce que signifie "venir au monde" : c'est chambouler le monde. Si vous ne l'admettez pas, c'est que vous ne prenez l'expression "venir au monde" dans sa simplicité. Elle signifie que vous arrivez. Vous introduisez quelque chose qui n'était pas du monde. Vous transformez donc radicalement la donne des choses. C'est pourquoi Jean fait dire avec tant d'insistance à Jésus : "j'ai vaincu le monde" (16,33) et "je ne suis pas du monde" (17,15). Vous pouvez évidemment refuser ce fait pourtant éblouissant. Vous pouvez penser que votre venue au monde ne change rien de fondamental aux choses, mais alors vous ne serez pas créateur, fondateur, penseur.

 

L'être-au-monde est une subversion. Cette subversion est le secret de toute pensée révolutionnaire et créatrice.

 

Il y aura cependant de plus en plus de penseurs et fondateurs (ce qui, pour reprendre notre paradoxe, implique qu'il n'y en aura plus), parce que la donne de l'humanité a changé et changera de plus en plus : chacun voudra exprimer la nouveauté ontologique fondamentale de sa venue au monde; tout moyen technologique nouveau fera progresser ce mouvement irresistible (il y aura du facebook à un degré inimaginable aujourd'hui). Le secret de la pensée sera largement éventé, répandu, mais sa charge subversive ne diminura pas. 

 

Sera manifeste ce qui est sans doute le plus vieux secret, entretenu depuis la nuit des temps : on se prononce sur l'universel, on le fait progresser en ne prenant comme matière que son seul fait individuel. Il suffit de se penser pour penser l'humanité (l'incroyable trouvaille que Montaigne avoue ingénuement); il suffit de penser l'événement de sa venue au monde pour penser tout le pensable - et déborder par là même tout le pensable.

 

 

 

 

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Montaigne et les femme
De Michel de Montaigne, Madeleine Lazard
Editeur : Arléa
Parution le : 3 Juin 2010

Qu'a fait l'action génitale aux hommes, si naturelle, si nécessaire et si juste, pour n'oser en parler sans vergogne et pour l'exclure des propos sérieux et réglés ? Nous prononçons hardiment : tuer, dérober, trahir, et cela, nous n'oserions qu'entre les dents ? Dans le troisième livre des Essais, et particulièrement au chapitre 5, " Sur des vers de Virgile ", Montaigne se peint presque " tout entier et tout nu ". C'est là en effet qu'il aborde ses rapports avec les femmes, le mariage, et la sexualité en général. Contraint par l'âge de dire adieu, non sans un regret douloureux, au commerce des dames - qu'il a toujours aimé " un peu privé " -, conscient que l'amour n'est " proprement et naturellement en sa saison qu'en l'âge voisin de l'enfance ", Montaigne refuse le ridicule du vieillard amoureux. Avec une honnêteté rare et un ton d'une modernité frappante pour un homme du XVIe siècle, il s'élève contre l'injustice des jugements masculins, reconnaissant aux deux sexes les mêmes défauts. On verra que ses vues sur le mariage et l'amour peuvent éclairer certains problèmes qui demeurent actuels au XXIe siècle.

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DominiqueGiraudet - dans penser
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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 18:24

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DominiqueGiraudet - dans penser
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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 16:18

Le Tibet en exil  - Lien : link

Comme un mandala dans un jeu de domino

 Dharamsala, cité plantée à l'ouest des premiers frémissements de l'arc himalayen couronnant le nord de l'Inde, rassemble à elle seule toute la diversité de population et de culture qui composent ce vaste pays. Dans cette partie irisée du sous-continent asiatique les Indiens aux 3000 dieux et déesses, les Pundjabis sikhs, les Kashmiris musulmans au nord, les Radjastanis du sud vivent là depuis des siècles. 

 Vinrent un jour les Tibétains fuyant le pays aux 6000 gompas. 

  Le Tibet cette forteresse minérale si proche des cieux destinée tout naturellement à la spiritualité la plus profonde, s'écroula pourtant face à une armée et une idéologie sans états d'âme. Il y a plus de 50 ans, le Dalaï Lama quittait le Tibet après avoir tenté de résister à l'étreinte militaire et politique de la Chine qui en 1950 envahit cette nation réservée trop indépendante. Cela dans un silence ennuyé des U.S.A., de l'Angleterre, de la France, seules puissances ayant droit à la parole mais alors en pleine guerre froide. En accueillant le Dalaï Lama puis des milliers de réfugiés, l'Inde fut le seul pays à tendre la main au chef spirituel du Tibet et à son peuple cela sans verser dans les rodomontades du G3 de l‘époque. 

 Des premiers camps de cabanes et de tentes puis par la construction d'écoles, de dispensaires, de fermes collectives, de manufactures, les Tibétains se relevèrent de ce cataclysme, sans oublier les familles restées au pays et restant à l'écoute des terribles faits que leur transmettaient des derniers arrivants. 

 Depuis l'agression du Tibet par l'Armée Populaire de Libération à nos jours plus d’un million de Tibétains* furent massacrés ou périrent dans des camps de travaux forcés, en prison par mauvais traitements ou torture. L'armée chinoise puis les Gardes Rouges durant la Révolution Culturelle sont responsables de la destruction quasi-totale de temples, monastères, couvents, bibliothèques et de tout ce qu'ils contenaient. Or, pierres précieuses et trésors de guerre filèrent droit dans certains coffres ou musées de Pékin. 

  La Chine d'aujourd'hui, en instaurant la Fête de la Libération du Serf, aime à rappeler la société moyenâgeuse du Tibet avant son intervention armée, en s'efforçant d'oublier qu'elle-même vécut jusqu'au 20ème siècle sous le joug cruel d'empereurs, impératrices, seigneurs de guerre corrompus que seuls complots ou assassinats permettaient leur renouvellement. Avant la chute de la dernière dynastie Qing, l’Allemagne, la France entre autres pays, la Grande-Bretagne par l'introduction de l'opium puis le Japon par la force la colonisèrent. Mao remplaça ce lourd passé par une dictature à visages et usages multiples qui n'a pas fini d'impressionner le monde. 

  La société tibétaine ou théocratie pour certains, certes peu évoluée ne vivait pourtant pas au Moyen-âge quand les nations civilisées voire démocratiques qui, pour des histoires d'archiduc, de dictateurs fous se massacrèrent allègrement en l'espace d'une génération. Qui décida de l'utilité de ces deux guerres ? Sachant que la première conditionna la seconde et que des millions de ''serfs'' disparurent de la surface de la terre, sans même songer un instant à donner leur humble opinion.

 Ceci pour l'Histoire, ses répétitions, ses jugements et son utilisation.

*Ce chiffre selon les historiens et autorités du Tibet en exil.

 

UN TIBET LOINTAIN, TRES LOINTAIN

 Très haut et loin de ces horreurs, sous le seul pouvoir des divinités de la terre, de l'eau et du ciel, de leur création à leur destinée, de la montagne devenue sable ou poussière sillonnant ruisseaux et lacs sacrés, au moindre souffle de vent transportant toutes les interprétations de voix, prières, esprits, sortilèges, oiseaux rapaces, neige ou fumée, le Tibet nourrit de cet animisme originel teinté de shamanisme puis de bouddhisme venu d'Inde, vivait depuis des siècles dans une harmonie connue des seuls Tibétains. 

 Ainsi bergers, paysans, artisans, nonnes, moines, guérisseurs, responsables administratifs ou religieux jusqu'au Dalaï Lama, mêlant en symbiose travaux et prières, menaient une vie traditionnelle envoûtée par une nature rude et inhospitalière. 

 Ces images paraissent idylliques et lointaines, car le Tibet subit toujours l'écrasement de la Chine à la face des Agrégés es Démocratie qui ne désirent pas froisser l'extrême et réactive sensibilité du Grand Ami. 

 L'exploitation maximale de ses ressources naturelles (bois, pétrole, minerais rares) sans grandes considérations écologiques, (déforestation, pollution de la terre, de l'eau, montagnes éventrées), sa militarisation à outrance par casernes, terrains d'aviation, centres de recherche et d'essais implantés dans les parties désertiques, missiles balistiques intercontinentaux enterrés dans l'Himalaya, sans oublier la construction forcenée de camps, prisons ainsi que leur remplissage par des milliers de prisonniers politiques ou religieux, ne forment ici qu'une liste non exhaustive des maux les plus criants dont souffre actuellement cette nation jadis si pacifique dans son isolement. 

 Cela pour son présent. 

 Mais pire sera son avenir. 

 Déjà muet, déstructuré et désocialisé par une immigration organisée avec soin par les autorités de Beijing, le peuple tibétain inexorablement deviendra minoritaire et isolé en son propre sein. S'il ne l'est pas déjà... 

 Survivra-t-il à cette lente asphyxie puis à sa dilution programmée ?

 

 Ici à Dharamsala ou plus précisément à Mac Leod Ganj, ancienne villégiature des troupes coloniales anglaises où est installé le Dalaï Lama, son gouvernement et la plus grande communauté tibétaine en exil, ces questions vitales semblent issues d'un espace-temps kafkaïen quand on perçoit l'activité qui déborde de ses rues. 

 De ses autres habitants à l'exemple de sa circulation automobile on peut citer dans le désordre le plus complet, touristes, hippies, bouddhistes, routards, bikers, volontaires pour la cause tibétaine, adeptes de sectes hindouistes plus ou moins folkloriques, élèves de cours de massage ayervédiques, de yoga, de cuisine, d'arts divers, venus des quatre coins de la planète soit, en synthétisant les raisons, pour y trouver des réponses et/ou plus simplement se payer du bon temps. Cette multitude de nationalités en quittant Mac Leog Ganj rarement indemne, non sans s'être délestée de quelques devises, aura ainsi enrichit la mosaïque indo-tibétaine, du petit cireur de chaussures, porteur, chauffeur de taxi au boutiquier de souvenirs en passant par l'hôtelier ou le gargotier pour finir par le gourou de service.

 

 C'est la jeunesse tibétaine décomplexée avidement tournée vers les modes et nouvelles technologies, s'investissant fortement dans la vie sociale et culturelle qui semble supporter le mieux cet exil. 

 Une autre composante importante est formée par les religieux et c'est à travers elle que l'on perçoit les mutations les plus visibles. Au Tibet où les gompas (couvents, monastères) sont isolés, ici ces communautés sont concentrées et l'on peut voir ainsi moines et nonnes se promener MP3 à l'oreille, parler librement avec parents, amis ou par téléphone portable, fréquenter salons de thé et restaurants, semblant s'éloigner des rigueurs de la vie monacale ; les résidents de monastères ou nonneries isolés dans l’Himalaya n'ont pas cette insouciance. Cette nonchalance disparaît lorsque ceux-ci bravant la police et les arrestations manifestent de toute leur force-foi contre les violences et emprisonnements au Tibet ou pour commémorer les morts de la place Tien an Men à Pékin en 1989.

 Sans oublier les nonnes et moines qui s’immolent par le feu dans l’est tibétain. 

 

MANDALA ET THEORIE DES DOMINOS

 A presque 110 000 âmes, accrochée aux contreforts himalayens qui conviennent si bien à son développement tant spirituel que physique, la communauté tibétaine s'est unie avec l'Inde dans une symbiose pouvant servir d'universel exemple de respect et de tolérance ; ces deux mots ne formant pas ici une fin de déclaration lissée afin d’obtenir le vernis qu'il sied lors de sommets entre grands humanistes. 

 En 2009 l'Inde et le Tibet en exil ont fêté avec faste et enthousiasme le cinquantenaire de leur amitié mais celui-ci aurait pu se célébrer dans la plus parfaite quiétude si de sombres influences ne venaient ternir cet anniversaire.

 

 A l'ouest, provenant du Pakistan dont la frontière se trouve à moins de 100 km de Dharamsala, des incursions terroristes instillées par de nébuleux services secrets via des groupes islamistes encore plus vaporeux, influent sur le Penjab ainsi que le Jammu et Kashmir région la plus militarisée du monde, des tensions qui comme les attentats de Bombay en novembre 2008, semblent préfigurer de futurs plans de déstabilisation. 

 Outre sa paranoïa envers ses voisins accentuée par des relations versatiles avec les USA, en harcelant ses ex-amis talibans tout en les appuyant, le Pakistan subit d'inutiles attaques de missiles/drones américains, (un groupe, un chef taliban ou d'Al-Qaida éliminé est aussitôt remplacé), avec dommages collatéraux sur sa population poussée à l'exode et ressentant un profond anti-américanisme. 

 Au nord du Kashmir, la corne indienne de l'Himalaya offre toute son immensité et sa porosité àl'Afghanistan, qui malgré le désir de démocratie d'une partie de sa population avec l'aide inadaptée de l’Alliance (insuffisance/morcellement des forces engagées, stratégie parcellaire voire illusoire), tente de résister aux radicaux.

 Face au pessimisme des armées US et de l'OTAN, aux futurs retraits de celles-ci, aux négociations avec les talibans modérés en plus de douteuses élections présidentielles, les forces talibanes et claniques sont passées à l'offensive en 2003 et peu après au Pakistan, par des attaques-retraits et attentats-suicide. Ceci avant que le fruit pachtoune déjà mûr ne tombe entre leurs mains et ne retrouve son état originel.

 

 En arrière-plan de la scène afghane, l’Iran et son pouvoir théocratique, son rôle dans le terrorisme régional et international ainsi que le comportement névrotique d’un de ses dirigeants. 

 

 A l'est, dominateurs sur ce haut-plateau tibétain qu'ils ne quitteront jamais, les Chinois observent cet attirant triangle himalayen. Depuis son indépendance en 1947, la république indienne ne fut en guerre qu’une seule fois contre le régime de Pékin et à trois reprises contre ceux d'Islamabad, générant cette situation globale en suspend et des nations restées en dysharmonie qui désorientent plus d'un chef d'état, son aréopage de conseillers, analystes et chercheurs. 

 Cependant à trop regarder sous eux l’erreur dans laquelle les dirigeants chinois risquent de se fourvoyer, ne serait-ce que par orgueil nationaliste et de considérer les émeutes au Xinjiang et ses Ouïgours musulmans avec le même dédain que le peuple tibétain. 

 Autre interprète de cette mise en scène agitée, le Népal depuis peu démocratique mais instable (violences, grèves, expulsion de milliers de réfugiés bouthannais) et se rapprochant de la Chine sous l'influence du Parti Communiste au sein de son Assemblée constituante. Outre que cette enclave paradis du treckking, l'est aussi pour la totalité d'hommes, femmes et enfants qui continuent de s'évader du Tibet en bravant les unités de montagne chinoises et ses impitoyables tireurs d'élite.

 

STRATEGIE-CATASTROPHE 

 Pour clore ce charmant casting, est-il besoin de préciser que le Pakistan, l'Inde et la Chine ont dans leurs modestes stocks nucléaires tout le fourniment nécessaire à la destruction du voisin. Ces deux derniers étant en tête des pays importateurs d'armes, afin de fourbir leur armée respective de plus de deux millions d'hommes. 

 En rangs serrés. 

 Face à face. 

 Les attentats du 11 septembre 2001, suivis en octobre par la traque de l'entité terroriste en Afghanistan puis en 2003 avec de fausses « bonnes » raisons l'occupation de l'Irak, ont tétanisé l'Orient et l'Occident dans une défiance qui ne s'effacera qu'à très long terme. Propagée jusque dans le nord du continent indien, cette onde vengeresse s'est heurtée à ce que, face à son mur d'écrans animés via drones/satellites et par la quintessence des logiciels de modélisation, aucun stratège militaire ou du renseignement ne pouvait prévoir : une résistance. 

 Ces forces telluriques manquant à présent de puissance risquent d'être réactivées par l'un des multiples acteurs/figurants de ce sinistre film tarantinesque où le méchant c'est l'autre …ou le suivant. Egalement en fin de générique, dans un style emprunté les starlettes de la diplomatie dans les rôles de sparadrap sur du blindage composite uranium-verre-titane.    

 Confortablement installé devant un écran plasma planétaire, le Grand Jury flanqué d’escort-group en armement/aéronautique et d‘experts financiers, choisissant les scénarii prédictifs ou aléatoires mis à leur disposition en vue de leurs secrets intérêts.

 

DU SABLES ET DES PRIERES

 Minuscule, au centre de ce jeu politique et financier militaro-industriel en noir et blanc trône un mandala qui comme le peuple tibétain issu de l'Himalaya, semble représenter par ses couleurs labyrinthiques et sa sérénité, l'harmonie de notre humanité aussi riche que complexe dans ses différences, ses choix culturels et sociétaux. 

 Cette iconographie bouddhique élaboré de sables et de prières ainsi que par la voix d’un simple moine ne cessant de par le monde de professer la Paix et la résistance à toutes formes de violence, suffiront-elles à stopper ce jeu stérile menant droit au chaos obscurantiste ?

 

  Quand au Tibet...

    Aussi longtemps que persistera l'espace,   

   Aussi longtemps que persisteront les êtres vivants,   

   Que je puisse moi aussi demeurer   

   Pour dissiper la souffrance du monde

 

Prière concluant le discours du Dalaï Lama lors de la remise du Prix Nobel de la Paix à Oslo le 10 décembre 1989.

 

http://www.trekmag.com/modpub/modules/news/upload/dir_2/images/a7947e36c8dac2448816cb9c1d914dd0.jpg   Léopard du Tibet

 

 

Faune et flore au Tibet

La couverture végétale du plateau tibétain se limite à des mousses, des lichens et, dans les régions méridionales, des armoises et des carex. La région du Chamdo est recouverte par une savane buissonneuse ; en revanche, les versants et les massifs atteints par la mousson portent des forêts où dominent des essences comme le pin, le cèdre, le chêne. La végétation du Cangbo est plus riche, de même que celle des vallées orientales où coulent le Brahmapoutre, l’Indus et la Sutlej. Cyprès, peupliers, érables poussent dans ces vallées où l’on cultive également des arbres fruitiers comme les pommiers, les pêchers, les poiriers et les abricotiers. La faune du Tibet présente une grande diversité. On rencontre dans les zones montagneuses des chevrotains, des moutons, des chèvres et des ânes sauvages, des yacks et des antilopes. Il existe également d’autres grands mammifères comme des léopards, des tigres, différentes espèces d’ours, des loups, des renards et des singes.

"Tibet" © Ecrit par Emmanuel BUCHOT et Encarta
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DominiqueGiraudet - dans penser
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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 20:01

Enfin un site intelligent et sérieux sur cette question qui pour moi n'est pas des moindre !

 

LIEN : link

 

 

 

http://www.charliehebdo.fr/images/puce/1022-puce-catherine.jpg

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DominiqueGiraudet - dans penser
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 18:01

Je signale ce bon article de fond d' Anne Brenon , je l'ai trouvé clair et juste et très intéressant dans son propos .

 

LIEN :  link

 

 

Les différents sujets traités dans l 'article :

 

 

Le catharisme, première Église alternative

 

Catharisme et refus de la chair : Une question piégée ?

 

Un climat d’angélisme

 

Un vœu monastique rigoureux

 

Les citoyens du Royaume céleste

 

Petite sociologie d’une sexualité cathare

 

Pour conclure : le cas Guilhem Bélibaste

 

 

http://www.univers-l.com/images/portrait_femmes_cathares2.jpg

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DominiqueGiraudet - dans penser
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 14:41

http://www.nananews.fr/images/stories/img-articles/actu_nananews/O1laphilosophiedesmedias.jpg

 

 

 

 

La philosophie des médias 

Christian Duteil 

  

Paradoxe de la société du spectacle : le message «publiciste » cher à la communication qui s’est emparée du concept cher au philosophe pour mieux le manipuler et le galvauder, repose rarement sur une idée et encore moins sur une constellation d’idées. Plus il est pauvre de contenu, plus il va toucher la masse, gagner en expansion, infiltrer le système de communication, « faire un tabac » comme on dit. 

Loin de penser, l’interprétation d’un message nous conduit à une opinion commune et conforte le plus grand nombre dans le flou artistique de ses préjugés gloutons. C’est ce qui s’est passé, par exemple, avec le slogan, très peu politique en 1995, de Jacques Chirac « Manger des pommes » repris par la station Europe 1. Et la rose socialiste n’avait guère constitué un préalable plus digne de pensée en 1981 malgré le faste cérémonial du Panthéon. Comme d’ailleurs le slogan de la « France forte » de Giscard repris par le candidat président en 2012 . Car, on oublie que la densité du contenu d’un message est sans doute inversement proportionnelle à sa diffusion. 

  

L’efficacité de la communication n’est pas toujours compatible avec la pensée, avec la méditation, avec des questions concernant la valeur de l’objet signifié. Dans l’ordre de la communication fort concurrentiel qu’il ne faut pas confondre avec le monde de l’information, la valeur du contenu n’est jamais mise (ou remise) en question. Le système d’interprétation est ici soumis aux lois du marché qui décident du sens de toute chose en fonction de sa valeur d’échange. 

Au contraire, la philosophie ne s’appuie pas du tout sur le même type d’échanges ni le même système d’interprétation. Elle ne transmet guère de messages, elle cherche plutôt à valider des idées et à forger des concepts. Penser, pour elle, c’est prendre le temps, s’installer dans le silence de la méditation, sonder toutes les perspectives, toutes les orientations en suivant un mode d’exploration minutieux qui exclut « la dictature de l’instant ». Elle induit, en cela, un usage du langage très différent  et un autre rapport aux temporalités. 

 C’est pourquoi, la philosophie, à la télévision, même sur des chaînes spécialisées ou thématiques, ne cherchera pas l’exploit et la surenchère ! Le philosophe met en effet en œuvre une pensée qui résiste à ce mode d’échange où c’est le regard qui en impose. Penser est plutôt un acte de retrait et de résistance. Résistance aux lieux communs, aux opinions toutes faites, aux messages faciles et prétentieux qui n’interrogent jamais leur bien fondé et ne se mettent jamais en question. 

Le philosophe est bien sûr l’ennemi du marketing, un ennemi des stratégies de communication et des réponses morales que soulève une question et pour lesquelles on requiert plutôt l’autorité feinte du psychologue et/ou du sociologue. Depuis Platon, elle lutte contre les sophistes et les nouveaux sophistes sont aujourd’hui innombrables. Le nouveau sophiste, c’est peut-être l’attaché de communication des "Hommes de l'ombre" qui fait négoce de l’idée en vantant des solutions attractives avant même d’avoir évalué l’idée elle-même, de savoir si elle s’impose ou non. On peut manger des pommes ou distribuer des roses comme l’ont fait des militants socialistes dimanche dernier au marché de Neuilly sur Seine, en plein Sarkoland mais est-ce là la bonne attitude et la réponse adéquate pour donner du sens à la pratique politique ? Penser, ce n’est pas la recherche d’une réponse de ce genre même dans notre société de spectacle ! 

Car si la pensée est une recherche de sens, cela ne veut pas dire qu’elle se soumet au bon sens, à ce que tout le monde partage comme étant digne de sens. Le philosophe se méfie du consensus des préjugés et des présupposés du café du commerce qui fleurent bon le populisme et la démagogie. L’intellectuel au risque de passer pour un aristocrate de la culture (à ne pas confondre avec civilisation !) s’arrête souvent à des questions incongrues et difficiles, joue avec brio avec les paradoxes et les oxymores. Il va jusqu'à la limite du sens, intervient sur la structure métalinguistique de ce qui se dit et interprète pour créer de nouveaux concepts.« Le philosophe s’intéresse parfois à des choses apparemment insensées comme celle de savoir si Socrate assis est le même que Socrate debout. Au mieux, il apparaît pour le vulgaire comme un original en voie de disparition, au pire comme le fou du roi nu sur l’échiquier du monde, alors qu’il veut signifier simplement par là qu’on ne peut penser que debout, c'est-à-dire libre. 

 Christian Duteil.

 

LIEN : link

 

 

http://www.google.fr/url?source=imglanding&ct=img&q=http://www.hoteljolibois.be/photosalbum/photo_grande/Chapelle-du-marronnier-BOUSVAL.jpg&sa=X&ei=wuZIT7SXGsOI8gPnnejADg&ved=0CAsQ8wc4ggE&usg=AFQjCNHk3a1ZBjWQzVPMbZeD8QuAbmoCHg

 

Chapelle-du-marronnier-BOUSVAL.jpg

 


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DominiqueGiraudet - dans penser
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 13:14

 

 

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