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Ecosia : Le Moteur De Recherch

30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 23:56
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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 15:31

« Je suis vie qui veut vivre, entouré de vie qui veut vivre. Chaque jour et à chaque heure cette conviction m’accompagne. Le bien, c’est de maintenir et de favoriser la vie ; le mal, c’est de détruire la vie et de l’entraver. »

— La civilisation et l’éthique, 1976

« Chaque fois que je suis sur le point d'abîmer une vie quelconque, il faut que je me pose clairement la question de savoir si c'est nécessaire. Jamais je ne devrai m'autoriser à aller au-delà de l'indispensable, même dans des cas apparemment insignifiants. »

— La civilisation et l'éthique, chap. XXI, 1976link

 

 

«Le monde est inexplicablement mystérieux et plein de souffrance.»

[ Albert Schweitzer ]

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:05
 Le nom de vertu présuppose de la difficulté et du contraste… Nous nommons Dieu bon, nous ne le nommons pas vertueux : ses opérations sont toutes naturelles et sans effort. »

MONTAIGNE, Essais, II


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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 03:46
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Résumé :

La mélancolie de Kierkegaard exprime profondément les intenses souffrances de séparation qui l’affectent depuis la plus petite enfance. La relation d’amour à son père, marquée par la honte sans disparaître, se transfère sur Dieu, l’Absolu de l’Idéal, et le contraint à devenir à travers son œuvre d’écrivain, mais aussi son Journal, l’ “ Individu ”, seul face à Dieu, le veilleur du christianisme authentique.
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Mots clés
Amour, Christianisme, Dieu, Écriture, Haine de soi, Honte, Idéal, Individu, Kierkegaard, Mélancolie, Père, Religion, Séparation
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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 00:13
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Un entretien intéressant  sur la question des langues en compagnie de cet éminent linguiste .

Bien à vous,

Dominique

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 19:43
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Eugen Drewermann et la psychothéologie (entrevue)

par Hans-Jürgen Greif*

Professeur au Département des littératures de l'Université Laval à Québec

Nuit Blanche, numéro 72, septembre 1998

À Montréal, le 22 octobre dernier, le théologien allemand Eugen Drewermann s’adressait à un large public qui lui semblait acquis d’avance. Il réussissait un tour de force : en deux heures et demie, il résumait l’essentiel de sa pensée, contenue dans une œuvre comprenant plus de 12 000 pages réparties sur une quarantaine de livres. Bien que Johannes Joachim Degenhardt, archevêque de Paderborn, l’ait frappé d’interdiction de prêcher et de célébrer l’Eucharistie, il continue d’attirer des foules nombreuses. Le message de celui qu’on appelle le nouveau Luther dépasse cependant celui du moine rebelle. Fortement médiatisé, il dit aux catholiques d’aujourd’hui : « Suivez la voix de votre conscience. Relisez les Évangiles et comprenez-les comme des textes faisant partie d’un plus vaste ensemble d’écrits religieux. »

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 12:40
Je soumet à votre réflexion cette pensée (forte) , elle est ,il est vrai, d'essence théologique, mais nous sommes toujours là ,pour moi , dans le domaine de la pensée , de la philosophie .

Bien à vous ,

Dominique

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Une nécessité hors norme en appelle à la liberté de l'homme responsable. Il n'existe pas de loi derrière laquelle l'homme responsable pourrait essayer de se cacher. il n'existe pas non plus de loi face à des necessités de cet ordre, qui pourrait contraindre l'homme responsable à telle ou telle décision. Il n'existe qu'une chose en pareille situation, et c'est de renoncer complètement à toute loi, dans la conscience d'avoir à se décider librement et d'en assumer le risque, en reconnaissant franchement qu'on blesse et qu'on enfreint la loi, que nécessité fait loi, dans l'aveu que la loi est et reste valide au moment même où on l'enfreint ; ce qui existe, en fin de compte, c'est de confier la décision qu'on prend et l'action qu'on mène au Dieu qui mène l'histoire, en renonçant à toute loi et donc en s'exposant soi-même

D. Bonhoeffer

 

 

Ferdinand Schlingensiepen. Dietrich Bonhoeffer 1906-1945. Biographie. Salvator diffusion

 

 

 

Pensée trouvée sur le blog :

 

Dietrich Bonhoeffer 1906-1945 - Miettes de théologie :

 

link

 

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 05:40
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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 17:42
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Ce penseur est pour moi intéressant ,notamment dans la mesure ou il a été capable d 'être inspiré par une pensée qui lui a permis très tôt de prendre conscience de la dérive politique nazie et d'agir efficacement en conséquence même si ,hélas, il a finalement été victime des bourreaux nazis .

 

Bien à vous,

 

Dominique

 

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Dietrich Bonhoeffer dans le monde

Bonhoeffer après Dietrich

Par Claire de CASABIANCA

 

 

 

 

La pensée de Dietrich Bonhoeffer a dépassé les frontières de l’Europe. Nombre de théologiens s’en réclament aujourd’hui.

 

« Les écrits de Bonhoeffer doivent être interprétés à la lumière de sa vie, tout comme cette existence reste incompréhensible sans son projet intellectuel (1). » De son vivant, outre ses deux thèses de théologie, trois œuvres de Bonhoeffer furent éditées en Allemagne : Schöpfung und Fall (1933) ou Chute et Création ; Nachfolge (1937) ou Le Prix de la grâce (1985) ; Gemeinsames Leben (1939) ou De la vie communautaire (1947).

 

En France, c’est le jésuite René Marlé qui, selon les mots de Henry Mottu, « a le premier introduit Bonhoeffer dans le monde francophone », publiant en 1967 Dietrich Bonhoeffer. Témoin de Jésus Christ parmi ses frères. L’année suivante, André Dumas conclut ainsi son ouvrage majeur sur Dietrich Bonhoeffer : « Ce théologien, ce chrétien, ce contemporain paradoxal, qui développa conjointement une théologie du Dieu de la réalité et de la réalité de Dieu. » Enfin, en 1969, c’est la volumineuse biographie en français d’Eberhard Bethge sous le titre Dietrich Bonhoeffer. Vie, pensée, témoignage.

 

Le succès ne fut pas immédiat. Peu à peu cependant, en Allemagne, en France, dans les cercles œcuméniques aussi et via les travaux de la Société internationale Bonhoeffer, l’audience grandit. « Et pas seulement en Europe, mais au Japon, en Afrique aussi », se réjouit Raymond Mengus, théologien catholique de l’université de Strasbourg, traducteur, avec Charles Chauvin, de la toute récente biographie de Bonhoeffer écrite par le pasteur allemand Ferdinand Schlingensiepen.

 

Une œuvre au caractère multidimensionnel

 

En 2002, à Genève, un colloque international en français et en italien est organisé par Henry Mottu, pasteur réformé suisse, et Martino Dotta, capucin tessinois, sur « l’actualité de Dietrich Bonhoeffer en Europe latine » (1). Succès par le nombre de participants et la qualité des interventions sur le mouvement œcuménique, les relectures culturelles, la sécularisation ou encore les incidences pastorales de l’œuvre de Bonhoeffer. Or, n’était-ce pas à Genève déjà, en 1976, que s’était tenue une conférence sur « les effets sociaux et politiques de la pensée de Bonhoeffer, notamment dans l’Europe de l’Est de l’époque, en Amérique latine et en Afrique du Sud » ?

 

« C’est un théologien complet, relève Henry Mottu, devenu aujourd’hui un auteur si apprécié dans le monde entier que théologiens et philosophes aux allégeances multiples et parfois même contradictoires s’en réclament. Pourquoi cela ? Cette singulière renommée vient des nombreuses significations que l’on peut donner à son œuvre polyphonique. Ce qui fascine dans son œuvre, ce n’est pas sa rigueur ; ce n’est pas sa cohérence ; ce n’est même pas son originalité ; c’est son caractère multidimensionnel. Chacun et chacune peut y trouver quelque chose, une inspiration, un encouragement, une question (que Bonhoeffer ne “résout” jamais, mais pose obstinément). Mais il s’y trouve incontestablement un fil conducteur, un cantus firmus, comme dit Bonhoeffer lui-même, selon une image musicale. »

 

(1). Actes du colloque international de Genève, septembre 2002, Labor et Fides.

 

 

« Des lettres saisissantes »

 

C’est en 1963 que Labor et Fides publie la première traduction française des « lettres et notes de captivité » de Dietrich Bonhoeffer, réunies par son ami Eberhard Bethge en 1951. Une deuxième édition suivra en 1973. La maison d’édition genevoise s’apprête à publier une nouvelle traduction enrichie de Résistance et Soumission, confiée à Henry Mottu, théologien protestant, et au traducteur Bernard Lauret, théologien catholique, qui répond à nos questions.

 

 

Pourquoi cette nouvelle édition de Résistance et Soumission ?

Depuis 1973, la connaissance de la vie de Dietrich Bonhoeffer et l’analyse de ses écrits ont beaucoup progressé : l’édition critique allemande de ses œuvres (DBW) comprend 16 volumes parus entre 1986 et 1998, complétés par un index en 1999. La nouvelle édition française favorisera aussi, nous l’espérons, une réception plus approfondie encore de ces lettres saisissantes.

 

Que voulez-vous dire ?

S’il s’agit bien de mettre à la disposition du public un texte traduit de la manière la plus authentique possible, l’exercice n’est pas seulement technique : derrière les mots et le vocabulaire, les concepts et la culture confessionnelle sont signifiants. Nous avons donc tenté ensemble, avec Henry Mottu, de restituer le plus fidèlement possible l’esprit et la lettre du texte original.

 

Un exemple de ce dialogue entre deux traducteurs-théologiens ?

Les lettres écrites en prison par Bonhoeffer n’étaient évidemment pas destinées à être publiées. Eberhard Bethge, qui fut aussi son biographe, les a rassemblées et publiées sous le beau titre Widerstand und Ergebung. Si Widerstand signifie incontestablement résistance, le choix est ouvert pour Ergebung : soumission ou abandon ? Traditions et cultures protestante et catholique ont beaucoup à se dire sur ce sujet !

 

Qui Dietrich Bonhoeffer est-il maintenant pour vous ?

Un vrai croyant, qui se demande « comment vivre devant Dieu et avec Dieu sans Dieu ? », qui assume ses responsabilités humaines, qui s’appuie sur une théologie ancrée dans l’Evangile et l’espérance la plus authentique.

Propos recueilis par C. de C.

 

 

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 11:01
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http://www.globalresearch.ca/articlePictures/the-hurt-locker-pic%202.jpg

Une scène du film « The Hurt Locker »

 

 

La cérémonie des oscars de cette année a été un étalage de banalité et de lâcheté.

 

Les trois films les plus primés par l'Académie, Démineurs (The Hurt Locker), Precious, et Inglorious Basterds, incarnent dans leur ensemble ce qu'il y a de rétrograde et malsain dans l'industrie du film, et ils avancent tous masqués.

 

Démineurs, en dépit des déclarations sur son approche « apolitique » ou « non-partisane », se révèle, à sa propre manière sans saveur, être un film favorable à la guerre et à l'impérialisme. Loin d'offrir un point de vue compatissant sur la vie des Afro-américains des centres-villes [pauvres, ndt], Precious se complait dans l'arriération sociale, dont il impute la faute aux opprimés eux-mêmes. Le repoussant Inglorious Basterds de Quentin Tarantino se présente comme un film « anti-nazi », mais offre sa propre version du porno et du sadisme, laquelle reprends à son compte plus d'un élément fasciste.

 

Trois œuvres franchement abominables.

 

Il y a sept ans de cela, en mars 2003, quelques jours seulement avant le lancement de l'invasion illégale de l'Irak, le réalisateur de documentaire Michael Moore – recevant l'Oscar pour Bowling for Columbine – dénonçait George W. Bush comme « faux président, » ajoutant, « Nous vivons dans une ère où un homme nous envoie en guerre pour des raisons qui n'existent pas… [Nous] sommes contre cette guerre, M. Bush. Honte à vous. »

 

Sept ans après cette déclaration intègre de Moore, l'industrie du cinéma a officiellement jeté l'éponge dimanche dernier et de la manière la plus basse qui soit, abandonnant même la prétention à s'opposer aux guerres coloniales du Moyen-Orient et d'Asie centrale. En fait, le choix de Démineurs comme meilleur film fait partie d'une réhabilitation rampante et concertée de la guerre d'Irak, en train de se produire dans l'establishment politique et médiatique libéral.

 

De la revue The Nation, où Robert Dreyfuss a écrit qu'il voyait des « signes d'espoir » dans les récentes fraudes des élections irakiennes, jusqu'au groupe de réflexion du Parti Démocrate, le Center for American Progress, qui affirme que ces mêmes élections « représentent le dernier pas des irakiens pour reprendre le contrôle de leurs propres affaires, » la gauche officielle et le milieu libéral indiquent leur accord pour la présence permanente des États-Unis en Irak, visant à contrôler les vastes réserves de pétrole du pays.

 

Les libéraux « anti-guerre » bien en vue d'Hollywood, pour qui l'opposition à l'invasion Irakienne de 2003 avait beaucoup à voir avec une hostilité culturelle et psychologique, envers le gouvernement Bush, en sont là également. L'élection de Barack Obama représentait pour eux, comme pour tout un milieu social, la réalisation complète de leurs aspirations politiques.

 

La réalisatrice de Démineurs Katrine Bigelow, a saisi l'opportunité dans son discours de remerciement pour le prix de la meilleure réalisation, « de le dédier aux femmes et aux hommes de l'armée qui risquent leur vie chaque jour en Irak et en Afghanistan et partout dans le monde. » Et après cela, en recevant l'Oscar du meilleur film, elle a répété, « peut-être une dédicace de plus, aux hommes et aux femmes partout dans le monde qui portent un uniforme… ils sont là pour nous et nous sommes là pour eux. »

 

Non, ils ne sont pas là pour « nous ». L'armée américaine est une armée professionnelle, pas une armée de conscription, elle opère à la manière d'une bande de malfrats à l'échelle mondiale au service de l'élite financière américaine. Toutes sortes d'ex-gauchistes et libéraux se rallient actuellement autour de l'effort de guerre impérialiste, souvent par la formule selon laquelle il faut « soutenir les troupes. » C'est un slogan pitoyable et frauduleux. Dans la pratique, il implique un effort pour décourager ou passer sous silence les critiques des causes, de la conduite et des objectifs de ce conflit brutal.

 

Le succès de la campagne des Oscars en faveur de Démineurs donne la mesure de la banqueroute intellectuelle des critiques et de l'élite hollywoodienne. Ce film n'a pas eu un grand succès auprès du public, mais comme Jeremy Kay, écrivant pour le Guardian, l'a noté, « Ce Thriller est devenu l'égérie des critiques, loué comme le meilleur film sur la guerre en Irak réalisé aux États-Unis, et en fait comme la meilleure tranche de guerre montrée à l'écran depuis des années. » Ce n'est pas vrai, mais de bien meilleurs films comme Battle for Haditha et In the Valley of Elah, ou d'autres, ont été délibérément marginalisés par les médias américains.

 

La compagnie de relations publiques engagée pour s'occuper de Démineurs, s'est concentrée sur la perspective que Bigelow soit la première réalisatrice à recevoir un Oscar. « L'idée était séduisante, » écrit Kay, « et je peux témoigner de la vitesse à laquelle elle s'est répandue dans les artères d'Hollywood. Un jour avant la nomination, le 2 février, on ne parlait quasiment de rien d'autre. »

 

En d'autres termes, le fait que la réalisatrice soit une femme a compté plus que tout le reste. Bien sûr, ce n'est pas tout. Les membres de l'Académie ont également encensé Démineurs en raison de ses thèmes.

 

Sous le couvert de l'objectivité et de « l'authenticité, » le film de Bigelow présente la guerre en Irak du point de vue d'une « tête brûlée, » le sergent William James, expert en désamorçage. La présence des forces américaines en tant qu'armée d'occupation n'est jamais remise en cause, et le travail de cet individu téméraire (et, franchement, psychotique) est présenté comme sauvant héroïquement des milliers de vies.

 

Les quelques bribes de dialogues insérés entre les diverses scènes de désamorçage sont forcées et ne convainquent pas. Bigelow n'a aucune idée de ce que sont des soldats, ou de la manière dont les êtres humains interagissent. Ses films (the Loveless, Near Dark, Blue Steel, Point Break, Strange Days) ne sont pas faits à partir de la vie, mais à partir de schémas confus et malsains, y compris des morceaux épars de philosophie post-structuraliste et postmoderne.

 

Dans son premier film, The Set-Up (1978), par exemple, deux hommes se battent dans une ruelle, pendant que, selon le New York Times, « les sémioticiens [qui étudient le langage] Sylvère Lotringer et Marshall Blonsky déconstruisent les images en voix-off. » Bigelow a expliqué à ce propos : « le film se termine avec Sylvère parlant du fait que dans les années 1960 on concevait l'ennemi comme hors de soi, c'est-à-dire, un officier de police, le gouvernement, le système, mais ce n'est pas vraiment le cas en fait, le fascisme est très insidieux, on le reproduit tout le temps. »

 

On a envie de répondre, à nouveau, parle pour toi ! Bigelow est clairement fascinée par la violence et le pouvoir… et la guerre, qu'elle considère comme séduisante et « excessivement dramatique. » Bigelow adhère à l'idée « qu'il y a probablement une nécessité fondamentale à ce conflit » et qu'elle se trouve attirée par la notion d'une « psychologie de l'accoutumance, de l'attirance, vers le combat. »

 

Ses admirateurs déclarent que Bigelow se plaint, ou critique, un tel état de fait. Au contraire, Démineurs, glorifie et embellit la violence, que la réalisatrice associe à « des réactions émotionnelles intenses. » Tout cela, avec une dose de Nietzsche mal digéré, est assez malsain et même sinistre, mais il correspond à un état d'esprit bien défini parmi certaines couches considérées comme l'intelligentsia « radicale » aux États-Unis.

 

Le film de Bigelow, réalisé d'après un scénario du journaliste "embedded" Mark Boal, n'est pas un film anti-guerre. Il se contente de faire une pause de temps en temps pour méditer sur le coût élevé payé par les soldats américains pour le massacre des insurgés et des civils irakiens. En ce qui concerne Bigelow, tant qu'ils n'ont pas l'air de s'amuser et qu'ils montrent des signes de fatigue et de stress, les soldats américains peuvent continuer à tuer et à semer la destruction.

 

Comme l'a noté la chronique du WSWS en août dernier, « la plus grande erreur du film est que ses réalisateurs croient apparemment qu'il est possible de dépeindre correctement l'état moral et psychologique des soldats américains sans parler de la nature de l'aventure irakienne dans son ensemble, comme si cela ne changeait pas la manière dont les soldats agissent et pensent. »

 

Démineurs a plu aux votants d'Hollywood, comme l'a noté avec satisfaction un commentateur, parce qu'il « ne force pas les spectateurs à faire un jugement politique sur la guerre, » c'est-à-dire qu'il est compatible avec l'ultra-droite, le pentagone et le gouvernement Obama.

 

La cérémonie annuelle des Oscars est plus qu'une simple occasion pour Hollywood de s'autocélébrer. La diffusion (vue cette année par 40 millions de gens aux États-Unis.) est devenue un rituel de la vie publique américaine, une manière de plus de forger, de manipuler l'opinion publique.

 

Ainsi, comme dans toutes les occasions de ce genre, la cérémonie est maintenant un événement complètement préparé et stérile du début à la fin. Personne n'a le droit – ou n'aurait l'idée – de sortir du rang, il n'y a pratiquement aucun moment qui ne soit écrit à l'avance. Même si cette cérémonie n'a probablement jamais eu son âge d'or, il y a eu une époque où elle conservait la possibilité pour des sentiments sincères, et même une opposition, de s'exprimer.

 

Même l'Oscar du documentaire, que Moore avait remporté en 2003, a été contrôlé de près. Judith Ehrlich et Rick Goldsmith étaient en compétition dans la même catégorie cette année avec leur film The Most Dangerous Man In America: Daniel Ellsberg and the Pentagon Papers. Ellsberg est l'homme qui a rendu publique l'histoire secrète du Pentagone dans la guerre du Vietnam en 1971, portant un coup à la version des événements présentés par le gouvernement. Il était présent à la cérémonie dimanche dernier. Dans l'atmosphère actuelle dominée par la corruption et la peur, il aurait été bien trop embarrassant de se souvenir de quelqu'un qui s'est opposé aux autorités!

 

À la place, The Cove, un documentaire sur un village de pêcheurs japonais où des milliers de dauphins et de tortues sont péchés chaque année, a reçu le prix. Ce sujet peut être bon, mais il est considérablement moins important que l'arrêt du bain de sang au Vietnam, ou de ses équivalents actuels, en Irak et en Afghanistan.

 

Bref, la cérémonie des Oscars de cette année a atteint encore une fois un niveau bien bas. Les réalisateurs, scénaristes et acteurs honnêtes d'Hollywood devront se faire connaître et agir. La situation actuelle est tout simplement intenable du point de vue du cinéma comme de la société dans son ensemble.

 

 

 

 

Article original en anglais, The Hurt Locker, the Academy Awards and the rehabilitation of the Iraq war, WSWS, publié le le 11 mars 2010.

 

Articles de David Walsh publiés par

Mondialisation.ca
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