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Ecosia : Le Moteur De Recherch

6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 15:08

Trois pensées :

« Le monde n'est pas ce qu'il paraît. Il nous trompe.
Jamais nous ne connaîtrons la réalité, nous vivons enveloppés
d'un voile qui nous cache toutes choses dans le monde
qui n'est que notre représentation et non la réalité. »


Schopenhauer.

« L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. »

Pascal.


« Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons. »

Freud.

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 14:04

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 08:49

Pr Fady FADEL

Entre 1954 et 2010, plusieurs points en commun concernant la place du Liban dans la communauté internationale. En 1954, Charles Malek couronne sa carrière de philosophe et de diplomate en présidant le Conseil de sécurité au nom du Liban, membre non permanent, à l'époque, de cet organisme. En 2010, le Liban revient pour présider le Conseil en prêchant l'interculturel et le dialogue des civilisations comme moyen de maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Or l'objet de cette nouvelle valeur ajoutée en politique internationale est ancien. En effet, la contribution de Charles Malek dans la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) s'articule essentiellement autour de l'interculturel et du dialogue des civilisations, ayant ainsi marqué son empreinte dans les textes et dans les esprits.

Historiquement, le concept de droits de l'homme est assez récent ; il a surgi à la fin du XVIIIe siècle, il est vrai en Occident, en Europe et en Amérique du Nord. Cependant, les idées fondamentales sous-jacentes aux droits de l'homme ont été présentes longtemps avant dans différentes cultures et civilisations, notamment les idées de raison, de justice et de dignité. Ce sont ces valeurs élaborées dans la pensée philosophique de Charles Malek qui vont permettre de rapprocher les réflexions occidentales de l'approche orientale, arabe et musulmane au sein du comité de rédaction de la DUDH.
Voilà le voyage auquel j'invite le lecteur, un voyage à des sources de notre commune humanité. Ce sera un voyage en trois étapes : la Chine ancienne que Charles Malek connaissait et rappelait au délégué chinois certaines de ses valeurs, l'islam du Moyen Âge qui a marqué la pensée de Dr Malek et l'Espagne du XVIe siècle qui a constitué une étape fondatrice de sa défense des droits humains.

1re étape : la Chine ancienne
Dans l'histoire de l'humanité, peu d'individus ont exercé une influence aussi profonde et durable que Confucius, qui a vécu d'environ 552 à 479 avant J-C. Le confucianisme des origines est peut-être l'une des plus humanistes des grandes traditions du monde.
Confucius place l'être humain au cœur de la société - l'être humain naturellement bon, mais toujours perfectible, qui apprend et qui pense. Les enseignants seront ravis de noter que la toute première phrase des Entretiens de Confucius concerne l'apprentissage, lequel occupe une place centrale dans la philosophie de ce penseur. Pour lui, apprendre c'est avant tout apprendre à être humain. On apprend par l'écoute et par l'échange avec l'autre. Apprendre encourage la tolérance. Apprendre et penser doivent aller la main dans la main : « Apprendre sans penser est futile ;  penser sans apprendre est dangereux. »
Pour Confucius, l'être humain n'est pas un individu isolé, mais situé au cœur d'un réseau de relations humaines. Le rapport à l'autre est essentiel ; l'homme ne devient humain que dans sa relation à autrui. Confucius a été le premier à proposer une conception éthique de l'homme dans son intégralité et son universalité - une conception éthique fondée sur la raison humaine et non sur des commandements divins. C'est pour cela qu'il a tellement fasciné les philosophes des Lumières, et Charles Malek  a écrit de lui : « De la seule raison salutaire interprète,
 Sans éblouir le monde éclairant les esprits,
 Il ne parla qu'en sage et jamais en prophète,
Cependant on le crut et même en son pays. »
Confucius consacre beaucoup de réflexions à l'exercice du pouvoir. Ici le concept fondamental est celui de « minben », qui veut dire le peuple à la base. II faut gouverner par le « té », par la force morale et la vertu. C'est le bien-être du peuple qui doit être le but suprême du gouvernement. La richesse doit être distribuée équitablement afin qu'il n'y ait pas de pauvreté. Il y a une obligation de réciprocité entre gouvernants et gouvernés. Si celui qui gouverne ne respecte pas la dignité de ses sujets, il peut être destitué, voire tué selon Mencius, qui a vécu de 380 à 289 avant J-C et qui est probablement le plus grand des héritiers spirituels de Confucius.
Je viens de parler de dignité. Le respect de la dignité humaine est une préoccupation profonde pour Confucius et Mencius. Nul ne saurait priver l'homme de cette dignité. Tout en reconnaissant cette dignité innée et inaliénable, ils ne parlent pas de droits de l'homme. Ils mettent l'accent sur les responsabilités et les devoirs réciproques des hommes. Cependant, l'accomplissement du devoir, par exemple du devoir de ne pas tuer, ne peut-il pas produire le même résultat que le respect du droit, en l'occurrence du droit à la vie ?
Il ressort des procès-verbaux que l'idée maîtresse défendue jusqu'au bout par Charles Malek, donnant la primauté absolue à l'homme face à l'État, à la religion et à toute collectivité, s'est longuement heurtée aux doctrines communistes et socialistes. Il n'hésita pas à leur rappeler les valeurs du confucianisme et de la dignité humaine. Les positions initiales des puissances alliées, victorieuses de la toute récente guerre mondiale, étaient bien plus nuancées certes, mais elles paraissaient par moments plus rapprochées des idées du bloc communiste que de celles du Liban. Ainsi, plusieurs pays, en tête desquels l'Union soviétique, insistaient à faire prévaloir, au nom de la classe laborieuse, la société sur l'homme. Le délégué de la Grande-Bretagne affirmait, de son côté, qu'il n'existait pas de liberté personnelle totale et que pour bénéficier des avantages de l'affiliation à la société, l'homme devait en payer le prix. René Cassin, délégué de la France, et Éléonore Roosevelt, présidente de la sous-commission, ont également commencé par adopter une position proche des positions britanniques. Charles Malek ne s'est pas laissé décourager. « Je me soucie peu d'être parmi la minorité, aurait-il affirmé à Éléonore Roosevelt après les délibérations. Ce à quoi j'aspire, c'est d'être avec la vérité. » Il a défendu jusqu'au bout sa vision libérale et universelle des droits de l'homme ainsi que la transcendance de l'esprit humain. Posant la question « l'État existe-t-il pour servir l'homme ou bien l'homme existe-t-il pour servir l'État ? », il y a répondu en toute clarté : « L'existence de l'État dépend de l'homme, lequel est la base de toute chose, y compris l'État. »
(À suivre)
AJOUT D ' UNE NOTE A LA DEMANDE DE L 'AUTEUR MR FADY FADEL :

Précisions

 

vendredi, janvier 14, 2011

 

 

 

Dans les articles publiés en page 5 les 4, 9 et 10 juin 2010 sur « Charles Malek, fondateur libanais de l'interculturel et du dialogue des civilisations à l'ONU », il a manqué, par mégarde bureautique, les notes en bas de page qui devaient spécifier que la communication s'inspire fortement de l'approche et du plan de travail développés par le Professeur Peter Leuprecht dans sa conférence prononcée le 19 octobre 2009 à Strasbourg et publiée dans le numéro 188 de la revue AMOP.

 

 

 

 

Pr Fady FADEL
I - Charles Malek, fondateur libanais de l'interculturel et du ...
L'Orient-Le Jour
Dans l'histoire de l'humanité, peu d'individus ont exercé une influence aussi profonde et durable que Confucius, qui a vécu d'environ 552 à 479 avant JC. ...

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 08:21
Marie Rivière : Topographie de soi
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9782756102245.jpgOn m’a remis récemment entre les mains, le premier roman d’une jeune femme de vingt-cinq ans, encore étudiante, et à peine sortie d’une adolescence qu’elle semble avoir bien comprise, jusque dans ses méandres les plus tortueux. Marie Rivière a écrit un livre qui a beaucoup à voir avec les problèmes existentiels que peuvent rencontrer de tout jeunes gens à l’entrée de l’âge adulte ; mais elle nous offre par la même occasion une topographie de l’être, de soi, de l’adolescence qui prend conscience de la fragilité de l’existence, de sa mort prochaine, et, sans se rendre à l’évidence, accepte son sort en cherchant à s’y extraire, se mettant en quête de son originalité, donc de sa légitimité en ce monde.

 

C’est l’histoire du narrateur, Rafael Camence, un jeune homme livré à lui-même dans un Bordeaux qu’il déteste. Ce garçon a deux obsessions : la cartographie et quitter la ville. Ce qui peut paraître, je le concède bien volontiers, déconcertant d’entrée de jeu. Deuxième point capital : ce personnage, sorte de dernier romantique, jouit d’une lucidité sans pareille sur les êtres et les choses. Perdu dans sa vie, perdu dans sa ville, il lui faut partir à tous prix, car Bordeaux ne lui va pas, Bordeaux ne lui va plus. «  Je sens qu’elle me grignote de l’intérieur, dit le narrateur dès le commencement du récit, se mêle de tout ce que je fais, surtout quand je ne fais rien. » Partir. Quitter une ville « qui n’a pas d’odeur », où « tout est bas […] même les gens », afin de « ne plus reconnaître aucun visage à tous les coins de rue », « redevenir touriste » : ainsi échapper à la « vie de tous les jours », n’avoir plus ni de « maman ni de statut social ». Voilà un projet somme toute ordinaire pour de très jeunes gens, et qui devrait remplir une seule page, jusqu’aboutir au départ du jeune homme par le premier train. Bien sûr, rien ne se passera ainsi, et cette ambition vaine de quitter la ville remplira un roman de deux cents pages où tous les problèmes liés à une adolescence en proie au mal de vivre nous serons contés : manque de confiance en soi, désarroi, mal être, recherche de soi, mélancolies romantiques. Obsédé par les cartes, plans de villes, topographies, cartographies, Rafael Camence a trouvé là un passe-temps bien singulier qui l’isole à la fois du groupe, donc établit l’évidence de son originalité et ainsi de sa légitimité, mais tout autant l’exclut du groupe et lui ôte dans le même temps la possibilité de ne plus « culpabiliser d’être né ». Le serpent se mordant la queue, plus on avance dans le texte, et plus l’on comprend que le narrateur n’est pas prêt de quitter la ville, car ce qu’il cherche, au fond, c’est ce que l’on cherche tous : se débarrasser de soi. Quitter la ville ou se quitter soi, c’est du pareil au même. Vivre sans efforts, surtout. Etre un non-soi. De fait, l’errance du narrateur devient une fuite, fuite en avant sans issue, dont il ne cache déjà pas la fin : « Partir, à quoi ça sert ? On n’est bien nulle part. On peut être bien partout. Il paraît que les Danois sont très heureux ; je l’ai lu dans Courrier international. Ils sont danois, ils vivent au Danemark, ils sont contents, il n’y a rien à dire. J’aurais dû tomber amoureuse d’une Danoise, c’est peut-être contagieux. Sûr que quand je sortais avec une Cubaine-Suisse, une Haïtienne et une Palestinienne québécoises, ou Suisse-Allemande parisienne, je n’étais pas dépaysé. Et après ? »

 

Plus on lit Rafael Camence conter ses errances, ses doutes, son désarroi, plus on a l’étrange sensation de lire Marie Rivière elle-même, se raconter par le détour du récit, se transposer habilement dans le texte. C’est vrai que le premier roman est toujours le plus personnel prétend-on souvent. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle connait parfaitement son sujet. Pas de doutes : les angoisses adolescentes, elle en a fait le tour. La cartographie n’a plus de secret pour elle. La vie ? Plus on avance dans le texte, plus on a l’impression qu’elle la vécue et éprouvée jusque dans sa chair, au point d’en dire des choses à la fois très justes, et bien souvent très pénétrantes. Et néanmoins, si ce roman pourra paraître pour certains un peu long, voire parfois répétitif, une chose est à peu près sûre : nous sommes là en présence d’une jeune romancière qui est sûrement très prometteuse. Car, Marie Rivière a un style, une écriture simple, enlevée, nourrie de ruptures de ton, de jeux de la langue, d’humour et de sens du tragique.

C’est aussi une inspiration qui ne renie pas ses lectures de jeunesse qu’elle a assimilée et digérée. Comment par exemple ne pas penser, en lisant ce premier roman, à Jean-Baptiste Clamence dans La Chute qui erre dans un Amsterdam nocturne en quête d’une rédemption illusoire à travers la figure d’un interlocuteur improbable ? Comment ne pas non plus penser à Holden Caulfield, cet adolescent de la bourgeoisie new-yorkaise dans L’attrape-cœur, qui, chassé trois jours avant noël de son collège, erre en proie au mal de vivre, à la révolte juvénile, à la quête de soi et des autres, redoutant de rentrer à la maison et d’affronter ses parents ?

 

Fond de carte n’est pourtant pas seulement l’histoire d’une errance, le roman d’un voyageur sans bagages ; ça n’est non plus qu’un roman sur les villes et les vies : «La vie de Mick Jagger est la seule digne d’être vécue. On a beau savoir que le monde n’a pas de centre, on continue à se branler le nombril. ». C’est à mes yeux le roman d’une quête éperdue : celle qui représente la fin ultime de toute vie : le bonheur. Comment trouver sa place dans l’existence ? Comment vivre avec soi et les autres ? Où trouve-t-on repos et tranquillité de l’âme ? Est-ce que cela seulement existe ?

 

D’où les difficultés qu’éprouve Rafael quand il a le sentiment trop empressant de devenir son père, l’un de ses professeurs, ou seulement un autre, c’est-à-dire un homme comme vous et moi, sans originalité, simplement la copie d’une copie d’une copie. Rafael refuse de marcher dans les brisées de ses prédécesseurs, de devenir ceux qu’il a perdus, d’habiter le monde sans avoir appris à l’habiter autrement qu’en simple étranger. Rafael voudrait être là et ailleurs. Rafael refuse de tourner en « rond dans sa souricière ». Rafael sait qu’on a « chacun de nous trois villes : celle où l’(on) est né, celle où l’(on) marche, celle que l’(on) cherche. » Mais cette recherche, cette errance qui tend à nous emmener dans la fuite même de son sort, à prétendre échapper à l’embarcadère dans laquelle nous sommes touts embarqués, n’est-ce pas une illusion, un rêve qui nous permet de mieux assumer l’étroitesse de nos vies ? Et si un peu de stoïcisme ne manquait pas à notre jeune héros ? Fuir : n’est-ce pas déjà trop tard ? Rafael ne semble pas dupe pour autant : « On fuit pour mieux revenir à sa place. On ne devrait jamais sortir de son canapé. »

 

Bien sûr, ce roman n’est pas parfait. Mais est-ce là l’essentiel ? Certes, il y a bien ces quelques erreurs de jeunesse inhérentes à toute première œuvre : ici le personnage principal tombe par exemple dans ce travers dénoncé par Dostoïevski dans Les carnets du sous-sol, que Marie Rivière n’a certainement pas manqué de lire, où le narrateur se fustigeant lui-même, se décrivant comme l’ennemi du genre humain, et plus précisément de lui-même, représente le romantique naïf exprimé dans toute sa dimension pathétique. Souvent, je le concède, on frôle dans ce premier roman, cette affirmation du malheur qui se veut héroïque, sans jamais complètement ressentir la distance du narrateur. Certes la souffrance malheureuse, le martyre, le sentiment d’être rejeté ou incompris est le lot de l’adolescence proprement dite. Certes, ce premier roman aurait sûrement gagné en force si le jeune homme avait parfois été subtilement amendé par l’auteur.

 

Néanmoins, au-delà des ces quelques faiblesses, on est porté, pour ne par dire emporté par une histoire improbable de cartographie de soi, de quête existentielle, de voyages autour du monde sans jamais sortir de la ville de Bordeaux : petite souricière imposante et habitée des autres villes, des démons du narrateur, de ses peurs et de ses espoirs ; voyage au long cours porté par l’envie de vivre, par le désir d’habiter le monde dans sa dimension la plus authentique. Bref, une échappée belle portée par l’espérance de se rencontrer un jour, et d’ainsi rencontrer les autres…

(Paru dans Le Magazine des Livres, n°24, mai-juin 2010.)
(Texte établi à partir de Marie rivière, Fond de carte, coll. Malville, Léo Sheer.)

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 10:47
LE GROGNARD N°14 : CLEMENT ROSSET
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Le Grognard 14 est disponible. Il s'intitule Éthique à Quauhnahuac, et est entièrement consacré à Clément Rosset. Il a été réalisé sous la magistrale direction de Stéphane Prat.

 

TABLE DES MATIERES

 

- Avant-Propos  -  Stéphane Prat 

- L'homme qui en savait trop  -  Clément Rosset - Stéphane Prat

 

- 1. Hors-d'oeuvres

- Tout n'est pas entièrement ténèbres -  Clément Rosset

- Raconte moi un camembert - Clément Rosset

 

- 2. Raccourcis pour le sud de nulle part

- Notes d'un incapable - Stéphane Prat

- L'idiotie d'Alberto Caeiro - Éric Bonnargent

- Le naufrageur naufragé ou la joie nihiliste - Koffi Cadjehoun

- Quel drôle d'animal que le réel ! - Nicolas Delon

 

- 3. Epreuves de réel, présents

- Le cactus à tarentules - Stéphane Prat       

- Journal sans titre - Emmanuel Thomazo

- Coquecigrues Grimaces Caresses - Henri Droguet

- Mystères, charabias et bégaiements - Jean-François Mariotti

 

- Du cote des livres - Koffi Cadjehoun, Pascal Pratz, Jacques Lucchesi, Stéphane Beau link

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 17:41

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La "Tolérance" dans le Confucianisme

Il y a de nombreuses descriptions de la tolérance dans “Lun Yu” de Confucius : « Sans être capable de tolérer des choses communes, un plan majeur sera ruiné. » Confucius a dit aussi : « N’est-ce pas trop de confusion que de s’oublier soi-même et ses proches à cause d’un instant de colère ? » et enfin : «Les hommes de bien n’entrent pas en compétition avec les autres. » et « Les hommes de bien se restreignent et n’entrent pas en compétition. »
Il est dit aussi dans « Lun Yu » que Confucius a enseigné à Zi Lu, un de ses élèves : « Les dents sont faciles à casser parce qu’elles sont rigides. La langue est facilement protégée parce qu’elle est flexible. La douceur vaincra sûrement la rigidité et la faiblesse peut aussi conquérir les forts. Si on est attaché à la lutte, on sera inévitablement blessé et en montrant aveuglément sa supériorité, on sera sûrement détruit. L’attitude fondamentale à suivre en toute chose est :la Tolérance est la meilleure ».

 

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 10:23

Un petit document étonnant et réjouissant sur cet orphelinat hors du commun ou des personnes se dévouent pour sauver ces petits ètres sans défense que sont les bébés paresseux . Ces animaux sont -ils là pour nous rappeler à notre vraie humanité ?

 

 

 

 

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 11:18

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 Il s' y trouve différents articles propices à la réflexion que je trouve intéressants à lire .

 

Bien à vous ,

 

Dominique

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 11:37

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Des entretiens video  avec ce philosophe décidément bien sympathique , ou l'on retrouve ce langage clair et simple ,présent dans la plupart de ses ouvrages .

 

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Septembre 1958, dans une station balnéaire. Face à la mer montante, un étudiant de 19 ans est submergé d’un bonheur étonnant. Avant de se retirer, elle lui laisse l’écume de sa Philosophie tragique (PUF, 1960), son premier essai. "Voilà comment, en une nuit, je suis devenu philosophe!" Dès ce livre de jeunesse, Clément Rosset inaugure le "paradoxe de la joie" : "Etre heureux, c’est toujours être heureux malgré tout." Car "la joie, nécessairement cruelle de par l’insouciance qu’elle oppose au sort le plus funeste", est "l’approbation inconditionnelle de l’existence".

Sans raison, ni pourquoi elle est "alogon". "La joie est, par sa définition même, d’essence illogique et irrationnelle." Et c’est là sa force majeure. L’homme joyeux demeure incapable d’expliquer son bonheur, indicible. Faim d’un réel inappétissant, la joie tragique est "une folie qui permet paradoxalement - et est seule à le permettre - d’éviter toutes les autres folies". Telles que les passions, qui se toquent d’amour fou. "La passion marque l’emprise ordinaire du fantasme du double sur la perception du réel", qui pourtant est "idiot", soit, étymologiquement, simple. Tant chez Euripide que chez Racine, la passion a pour effet "d’éloigner de soi l’objet de ses vœux, […] de transformer un objet présent en un objet absent". "Phèdre ne désire pas. Elle est totalement indifférente à Hyppolite", s’amuse Rosset, qui a le goût du paradoxe.

Un "appoint" du bonheur

Calciné en abstraction, l’objet absent continue pourtant d’enflammer la passion, par négation : "Ma faim qui d’aucun fruit ne se régale", regrette, amer, Mallarmé. Dans la fine bouche de Rosset, la passion garde le même arrière-goût que la privation du poète. Pourquoi alors cette "petite lettre" glissée sous le paillasson peut-elle rendre fou ? L’épreuve de la rupture morcelle le moi, jusqu’à ce que cette "expulsion hors de soi" engendre une cessation d’être. N’étant plus le moi que je pensais être, je ne suis plus rien.

"Tu m’aimes donc je suis"
, ferait battre un cogito transi. Mais loin de tout repli narcissique, le bonheur repose bien loin de soi. "Qui souvent s’examine n’avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte", provoque Rosset dans Loin de moi (Minuit, 2001). Demeure alors une joie qui n’a plus d’objet privilégié, tel l’amor fati. Cet "appoint" du bonheur demeure pourtant le punctum pruriens de la philosophie, le point où toutes les pensées viennent "pourrir".

Car, au fond, l’homme joyeux "est toujours parfaitement incapable de dire pourquoi, ni en vue de quoi il vit - et cependant il tient désormais la vie pour indiscutable et éternellement désirable". Si, depuis Hésiode, "les dieux ont caché ce qui fait vivre les hommes", c’est que la joie demeure un "mystère". Et dans ce secret dissonant de l’homme au réel, Rosset souffle la dernière note à Mozart : "Au moment du couperet, Mozart sera mon dernier mot" car "une joie comprise est toujours moins profonde qu’une joie incomprise".

Pour aller plus loin

L’Ecole du réel (Minuit, 2008) 
De Platon à Heidegger, la philosophie pense la différence entre l’être et la réalité. Avec Clément Rosset, pas question de fuir le réel dans des illusions : le tragique de l’existence humaine est que le réel est là sous nos yeux. L’école du réel réunit des textes fondamentaux qui (re)donne goût à cet ici-bas inappétissant.

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 10:55

idées [ Article paru dans le journal " L 'Humanité " du 7 Juin 2005 ]

La raison des choses selon Wang Fuzhi

Histoire des idées. Commentant l’oeuvre du philosophe chinois, le sinologue Jacques Gernet invite à découvrir un mode de pensée rationnelle qui ne craint pas la contradiction.

La Raison des choses :

essai sur la philosophie

de Wang Fuzhi (1619-1692),

par Jacques Gernet, Gallimard, 2005, 440 pages, 27,50 euros.

En 1644, l’empereur de la dynastie Ming Chong Zheng, après une insurrection populaire, est contraint de se donner la mort dans l’actuel parc de Jingshan à Pékin. - Passé cinquante ans de désordres - sociaux et institutionnels, les Mandchous prennent officiellement le pouvoir dans l’empire du Milieu (à majorité peuplé de Hans - NDLR). L’installation de la nouvelle dynastie barbare (les Qing, 1664-1911) provoque de nombreux mouvements de résistance. Certains intellectuels et fonctionnaires d’État, dès les dernières années du sixième siècle, avaient dénoncé la corruption des institutions et s’étaient opposés au pouvoir « tout-puissant » des eunuques de la cour des Ming. Selon ce groupe, la dégradation des moeurs avait entraîné une crise sociale à l’origine de la chute de la dynastie légitime et de la victoire mandchoue.

C’est dans ce contexte de grande agitation politique que s’inscrit l’oeuvre du philosophe Wang Fuzhi. Issu d’une famille de lettrés modestes, il s’engage à vingt ans dans l’action politique contre le nouveau pouvoir. Ses écrits sont officiellement bannis et il est obligé de se cacher dans le sud-ouest de la Chine. Il y reste jusqu’à sa mort, en 1692, se consacrant à l’étude du Classique des mutations (Yijing) et à la rédaction d’une « somme prodigieuse d’écrits dont il espérait que profiterait un jour la postérité ». Le travail du sinologue Jacques Gernet (*) nous donne par ce livre à connaître l’oeuvre fleuve d’un des plus grands philosophes chinois qu’il accompagne de nombreuses traductions inédites.

La pensée de Wang Fuzhi, qui se réfère à celle du maître Zhang Zai (1020-1078), est fondée sur un retour au concret et à l’interprétation des textes de Confucius. Il critique fortement l’influence du taoïsme et du bouddhisme sur la doctrine confucéenne à partir déjà de la dynastie Tang (618-907) et la façon dont les traditions classiques avaient été réinterprétées au cours du sixième siècle. Il considère ces influences comme la cause principale de l’inertie qui avait caractérisé les dernières décennies du pouvoir des Ming. En particulier, il dénonce le philosophe Wang Yangming (1472-1529) qui avait mis l’accent sur l’intuition dans le processus cognitif. Wang Fuzhi, au contraire, refuse l’idée d’illumination, comme celle d’un innéisme de la sagesse. Contre les théories bouddhistes et taoïstes, et contre la pensée néo-confucéenne, il soutient que le pouvoir d’organisation ou principe (li) est « inhérent aux deux formes de l’énergie universelle (qi), le yin et le yang » et n’est pas indépendant d’elles. Yin et yang ne sont pas deux forces opposées et contradictoires, mais complémentaires, l’une ne pouvant exister sans l’autre. De la même façon il n’y a pas de contradictions dans l’univers, mais uniquement des complémentarités. « L’univers ne cesse de se détruire en même temps qu’il se construit, il n’y a aucun accroissement ni déperdition. » Là où les bouddhistes et les taoïstes voient le vide, Zhang Zai et Wang Fuzhi voient l’invisible en perpétuel mouvement, « énergies et pouvoir d’organisation opèrent en effet à un niveau infinitésimal, inaccessible à nos sens. Nous ne pouvons constater leur action inexplicable qu’a posteriori, car elle ne nous devient visible qu’une fois les êtres constitués ». Wang Fuzhi critique aussi la façon dont bouddhisme et taoïsme avaient dénigré la valeur des perceptions dans l’acte cognitif. Il - affirme que le monde affecté en permanence d’un mouvement de flux et reflux global, asservi à une même « raison des choses », est bien réel (et non une illusion). « Nos sens, affirme-t-il, nous donnent une perception inexacte de l’univers (…), mais bien qu’elle soit partielle, l’image que nous avons du monde est la seule à pouvoir nous aider à comprendre son fonctionnement. »

Mais l’ouvrage ne constitue pas exclusivement un commentaire de Wang Fuzhi. À travers une mise en contexte culturel, historique et linguistique, l’auteur montre la perception différente que la culture chinoise a de la philosophie et des catégories du discours. Il nous présente un panorama du débat intellectuel de la Chine, mettant une nouvelle fois à mal le cliché d’une culture chinoise statique et immuable.

Paola Sandri,

diplômée de langues

et cultures orientales

(*) professeur émérite au Collège

de France.

 

 

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