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Ecosia : Le Moteur De Recherch

28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 16:18

Le Tibet en exil  - Lien : link

Comme un mandala dans un jeu de domino

 Dharamsala, cité plantée à l'ouest des premiers frémissements de l'arc himalayen couronnant le nord de l'Inde, rassemble à elle seule toute la diversité de population et de culture qui composent ce vaste pays. Dans cette partie irisée du sous-continent asiatique les Indiens aux 3000 dieux et déesses, les Pundjabis sikhs, les Kashmiris musulmans au nord, les Radjastanis du sud vivent là depuis des siècles. 

 Vinrent un jour les Tibétains fuyant le pays aux 6000 gompas. 

  Le Tibet cette forteresse minérale si proche des cieux destinée tout naturellement à la spiritualité la plus profonde, s'écroula pourtant face à une armée et une idéologie sans états d'âme. Il y a plus de 50 ans, le Dalaï Lama quittait le Tibet après avoir tenté de résister à l'étreinte militaire et politique de la Chine qui en 1950 envahit cette nation réservée trop indépendante. Cela dans un silence ennuyé des U.S.A., de l'Angleterre, de la France, seules puissances ayant droit à la parole mais alors en pleine guerre froide. En accueillant le Dalaï Lama puis des milliers de réfugiés, l'Inde fut le seul pays à tendre la main au chef spirituel du Tibet et à son peuple cela sans verser dans les rodomontades du G3 de l‘époque. 

 Des premiers camps de cabanes et de tentes puis par la construction d'écoles, de dispensaires, de fermes collectives, de manufactures, les Tibétains se relevèrent de ce cataclysme, sans oublier les familles restées au pays et restant à l'écoute des terribles faits que leur transmettaient des derniers arrivants. 

 Depuis l'agression du Tibet par l'Armée Populaire de Libération à nos jours plus d’un million de Tibétains* furent massacrés ou périrent dans des camps de travaux forcés, en prison par mauvais traitements ou torture. L'armée chinoise puis les Gardes Rouges durant la Révolution Culturelle sont responsables de la destruction quasi-totale de temples, monastères, couvents, bibliothèques et de tout ce qu'ils contenaient. Or, pierres précieuses et trésors de guerre filèrent droit dans certains coffres ou musées de Pékin. 

  La Chine d'aujourd'hui, en instaurant la Fête de la Libération du Serf, aime à rappeler la société moyenâgeuse du Tibet avant son intervention armée, en s'efforçant d'oublier qu'elle-même vécut jusqu'au 20ème siècle sous le joug cruel d'empereurs, impératrices, seigneurs de guerre corrompus que seuls complots ou assassinats permettaient leur renouvellement. Avant la chute de la dernière dynastie Qing, l’Allemagne, la France entre autres pays, la Grande-Bretagne par l'introduction de l'opium puis le Japon par la force la colonisèrent. Mao remplaça ce lourd passé par une dictature à visages et usages multiples qui n'a pas fini d'impressionner le monde. 

  La société tibétaine ou théocratie pour certains, certes peu évoluée ne vivait pourtant pas au Moyen-âge quand les nations civilisées voire démocratiques qui, pour des histoires d'archiduc, de dictateurs fous se massacrèrent allègrement en l'espace d'une génération. Qui décida de l'utilité de ces deux guerres ? Sachant que la première conditionna la seconde et que des millions de ''serfs'' disparurent de la surface de la terre, sans même songer un instant à donner leur humble opinion.

 Ceci pour l'Histoire, ses répétitions, ses jugements et son utilisation.

*Ce chiffre selon les historiens et autorités du Tibet en exil.

 

UN TIBET LOINTAIN, TRES LOINTAIN

 Très haut et loin de ces horreurs, sous le seul pouvoir des divinités de la terre, de l'eau et du ciel, de leur création à leur destinée, de la montagne devenue sable ou poussière sillonnant ruisseaux et lacs sacrés, au moindre souffle de vent transportant toutes les interprétations de voix, prières, esprits, sortilèges, oiseaux rapaces, neige ou fumée, le Tibet nourrit de cet animisme originel teinté de shamanisme puis de bouddhisme venu d'Inde, vivait depuis des siècles dans une harmonie connue des seuls Tibétains. 

 Ainsi bergers, paysans, artisans, nonnes, moines, guérisseurs, responsables administratifs ou religieux jusqu'au Dalaï Lama, mêlant en symbiose travaux et prières, menaient une vie traditionnelle envoûtée par une nature rude et inhospitalière. 

 Ces images paraissent idylliques et lointaines, car le Tibet subit toujours l'écrasement de la Chine à la face des Agrégés es Démocratie qui ne désirent pas froisser l'extrême et réactive sensibilité du Grand Ami. 

 L'exploitation maximale de ses ressources naturelles (bois, pétrole, minerais rares) sans grandes considérations écologiques, (déforestation, pollution de la terre, de l'eau, montagnes éventrées), sa militarisation à outrance par casernes, terrains d'aviation, centres de recherche et d'essais implantés dans les parties désertiques, missiles balistiques intercontinentaux enterrés dans l'Himalaya, sans oublier la construction forcenée de camps, prisons ainsi que leur remplissage par des milliers de prisonniers politiques ou religieux, ne forment ici qu'une liste non exhaustive des maux les plus criants dont souffre actuellement cette nation jadis si pacifique dans son isolement. 

 Cela pour son présent. 

 Mais pire sera son avenir. 

 Déjà muet, déstructuré et désocialisé par une immigration organisée avec soin par les autorités de Beijing, le peuple tibétain inexorablement deviendra minoritaire et isolé en son propre sein. S'il ne l'est pas déjà... 

 Survivra-t-il à cette lente asphyxie puis à sa dilution programmée ?

 

 Ici à Dharamsala ou plus précisément à Mac Leod Ganj, ancienne villégiature des troupes coloniales anglaises où est installé le Dalaï Lama, son gouvernement et la plus grande communauté tibétaine en exil, ces questions vitales semblent issues d'un espace-temps kafkaïen quand on perçoit l'activité qui déborde de ses rues. 

 De ses autres habitants à l'exemple de sa circulation automobile on peut citer dans le désordre le plus complet, touristes, hippies, bouddhistes, routards, bikers, volontaires pour la cause tibétaine, adeptes de sectes hindouistes plus ou moins folkloriques, élèves de cours de massage ayervédiques, de yoga, de cuisine, d'arts divers, venus des quatre coins de la planète soit, en synthétisant les raisons, pour y trouver des réponses et/ou plus simplement se payer du bon temps. Cette multitude de nationalités en quittant Mac Leog Ganj rarement indemne, non sans s'être délestée de quelques devises, aura ainsi enrichit la mosaïque indo-tibétaine, du petit cireur de chaussures, porteur, chauffeur de taxi au boutiquier de souvenirs en passant par l'hôtelier ou le gargotier pour finir par le gourou de service.

 

 C'est la jeunesse tibétaine décomplexée avidement tournée vers les modes et nouvelles technologies, s'investissant fortement dans la vie sociale et culturelle qui semble supporter le mieux cet exil. 

 Une autre composante importante est formée par les religieux et c'est à travers elle que l'on perçoit les mutations les plus visibles. Au Tibet où les gompas (couvents, monastères) sont isolés, ici ces communautés sont concentrées et l'on peut voir ainsi moines et nonnes se promener MP3 à l'oreille, parler librement avec parents, amis ou par téléphone portable, fréquenter salons de thé et restaurants, semblant s'éloigner des rigueurs de la vie monacale ; les résidents de monastères ou nonneries isolés dans l’Himalaya n'ont pas cette insouciance. Cette nonchalance disparaît lorsque ceux-ci bravant la police et les arrestations manifestent de toute leur force-foi contre les violences et emprisonnements au Tibet ou pour commémorer les morts de la place Tien an Men à Pékin en 1989.

 Sans oublier les nonnes et moines qui s’immolent par le feu dans l’est tibétain. 

 

MANDALA ET THEORIE DES DOMINOS

 A presque 110 000 âmes, accrochée aux contreforts himalayens qui conviennent si bien à son développement tant spirituel que physique, la communauté tibétaine s'est unie avec l'Inde dans une symbiose pouvant servir d'universel exemple de respect et de tolérance ; ces deux mots ne formant pas ici une fin de déclaration lissée afin d’obtenir le vernis qu'il sied lors de sommets entre grands humanistes. 

 En 2009 l'Inde et le Tibet en exil ont fêté avec faste et enthousiasme le cinquantenaire de leur amitié mais celui-ci aurait pu se célébrer dans la plus parfaite quiétude si de sombres influences ne venaient ternir cet anniversaire.

 

 A l'ouest, provenant du Pakistan dont la frontière se trouve à moins de 100 km de Dharamsala, des incursions terroristes instillées par de nébuleux services secrets via des groupes islamistes encore plus vaporeux, influent sur le Penjab ainsi que le Jammu et Kashmir région la plus militarisée du monde, des tensions qui comme les attentats de Bombay en novembre 2008, semblent préfigurer de futurs plans de déstabilisation. 

 Outre sa paranoïa envers ses voisins accentuée par des relations versatiles avec les USA, en harcelant ses ex-amis talibans tout en les appuyant, le Pakistan subit d'inutiles attaques de missiles/drones américains, (un groupe, un chef taliban ou d'Al-Qaida éliminé est aussitôt remplacé), avec dommages collatéraux sur sa population poussée à l'exode et ressentant un profond anti-américanisme. 

 Au nord du Kashmir, la corne indienne de l'Himalaya offre toute son immensité et sa porosité àl'Afghanistan, qui malgré le désir de démocratie d'une partie de sa population avec l'aide inadaptée de l’Alliance (insuffisance/morcellement des forces engagées, stratégie parcellaire voire illusoire), tente de résister aux radicaux.

 Face au pessimisme des armées US et de l'OTAN, aux futurs retraits de celles-ci, aux négociations avec les talibans modérés en plus de douteuses élections présidentielles, les forces talibanes et claniques sont passées à l'offensive en 2003 et peu après au Pakistan, par des attaques-retraits et attentats-suicide. Ceci avant que le fruit pachtoune déjà mûr ne tombe entre leurs mains et ne retrouve son état originel.

 

 En arrière-plan de la scène afghane, l’Iran et son pouvoir théocratique, son rôle dans le terrorisme régional et international ainsi que le comportement névrotique d’un de ses dirigeants. 

 

 A l'est, dominateurs sur ce haut-plateau tibétain qu'ils ne quitteront jamais, les Chinois observent cet attirant triangle himalayen. Depuis son indépendance en 1947, la république indienne ne fut en guerre qu’une seule fois contre le régime de Pékin et à trois reprises contre ceux d'Islamabad, générant cette situation globale en suspend et des nations restées en dysharmonie qui désorientent plus d'un chef d'état, son aréopage de conseillers, analystes et chercheurs. 

 Cependant à trop regarder sous eux l’erreur dans laquelle les dirigeants chinois risquent de se fourvoyer, ne serait-ce que par orgueil nationaliste et de considérer les émeutes au Xinjiang et ses Ouïgours musulmans avec le même dédain que le peuple tibétain. 

 Autre interprète de cette mise en scène agitée, le Népal depuis peu démocratique mais instable (violences, grèves, expulsion de milliers de réfugiés bouthannais) et se rapprochant de la Chine sous l'influence du Parti Communiste au sein de son Assemblée constituante. Outre que cette enclave paradis du treckking, l'est aussi pour la totalité d'hommes, femmes et enfants qui continuent de s'évader du Tibet en bravant les unités de montagne chinoises et ses impitoyables tireurs d'élite.

 

STRATEGIE-CATASTROPHE 

 Pour clore ce charmant casting, est-il besoin de préciser que le Pakistan, l'Inde et la Chine ont dans leurs modestes stocks nucléaires tout le fourniment nécessaire à la destruction du voisin. Ces deux derniers étant en tête des pays importateurs d'armes, afin de fourbir leur armée respective de plus de deux millions d'hommes. 

 En rangs serrés. 

 Face à face. 

 Les attentats du 11 septembre 2001, suivis en octobre par la traque de l'entité terroriste en Afghanistan puis en 2003 avec de fausses « bonnes » raisons l'occupation de l'Irak, ont tétanisé l'Orient et l'Occident dans une défiance qui ne s'effacera qu'à très long terme. Propagée jusque dans le nord du continent indien, cette onde vengeresse s'est heurtée à ce que, face à son mur d'écrans animés via drones/satellites et par la quintessence des logiciels de modélisation, aucun stratège militaire ou du renseignement ne pouvait prévoir : une résistance. 

 Ces forces telluriques manquant à présent de puissance risquent d'être réactivées par l'un des multiples acteurs/figurants de ce sinistre film tarantinesque où le méchant c'est l'autre …ou le suivant. Egalement en fin de générique, dans un style emprunté les starlettes de la diplomatie dans les rôles de sparadrap sur du blindage composite uranium-verre-titane.    

 Confortablement installé devant un écran plasma planétaire, le Grand Jury flanqué d’escort-group en armement/aéronautique et d‘experts financiers, choisissant les scénarii prédictifs ou aléatoires mis à leur disposition en vue de leurs secrets intérêts.

 

DU SABLES ET DES PRIERES

 Minuscule, au centre de ce jeu politique et financier militaro-industriel en noir et blanc trône un mandala qui comme le peuple tibétain issu de l'Himalaya, semble représenter par ses couleurs labyrinthiques et sa sérénité, l'harmonie de notre humanité aussi riche que complexe dans ses différences, ses choix culturels et sociétaux. 

 Cette iconographie bouddhique élaboré de sables et de prières ainsi que par la voix d’un simple moine ne cessant de par le monde de professer la Paix et la résistance à toutes formes de violence, suffiront-elles à stopper ce jeu stérile menant droit au chaos obscurantiste ?

 

  Quand au Tibet...

    Aussi longtemps que persistera l'espace,   

   Aussi longtemps que persisteront les êtres vivants,   

   Que je puisse moi aussi demeurer   

   Pour dissiper la souffrance du monde

 

Prière concluant le discours du Dalaï Lama lors de la remise du Prix Nobel de la Paix à Oslo le 10 décembre 1989.

 

http://www.trekmag.com/modpub/modules/news/upload/dir_2/images/a7947e36c8dac2448816cb9c1d914dd0.jpg   Léopard du Tibet

 

 

Faune et flore au Tibet

La couverture végétale du plateau tibétain se limite à des mousses, des lichens et, dans les régions méridionales, des armoises et des carex. La région du Chamdo est recouverte par une savane buissonneuse ; en revanche, les versants et les massifs atteints par la mousson portent des forêts où dominent des essences comme le pin, le cèdre, le chêne. La végétation du Cangbo est plus riche, de même que celle des vallées orientales où coulent le Brahmapoutre, l’Indus et la Sutlej. Cyprès, peupliers, érables poussent dans ces vallées où l’on cultive également des arbres fruitiers comme les pommiers, les pêchers, les poiriers et les abricotiers. La faune du Tibet présente une grande diversité. On rencontre dans les zones montagneuses des chevrotains, des moutons, des chèvres et des ânes sauvages, des yacks et des antilopes. Il existe également d’autres grands mammifères comme des léopards, des tigres, différentes espèces d’ours, des loups, des renards et des singes.

"Tibet" © Ecrit par Emmanuel BUCHOT et Encarta
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DominiqueGiraudet - dans penser
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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 20:01

Enfin un site intelligent et sérieux sur cette question qui pour moi n'est pas des moindre !

 

LIEN : link

 

 

 

http://www.charliehebdo.fr/images/puce/1022-puce-catherine.jpg

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DominiqueGiraudet - dans penser
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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 00:36

Click here to buy 'Philharmonics': http://on.fb.me/iJvPVu

Get a free download of Agnes Obel's version of John Cale's (I Keep A ) Close Watch here: http://www.facebook.com/agnesobelofficial#!/agnesobelofficial?sk=app_7146470109

Black and white super-8 music video from Agnes Obel for the single 'Riverside'. With its gloomy and scenic imagery, the video melts the strange together with the realistic. The video was shot in the summer of 2010 in the woods of Berlin and is directed and filmed by Alex Brüel Flagstad.

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dominique giraudet
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 18:01

Je signale ce bon article de fond d' Anne Brenon , je l'ai trouvé clair et juste et très intéressant dans son propos .

 

LIEN :  link

 

 

Les différents sujets traités dans l 'article :

 

 

Le catharisme, première Église alternative

 

Catharisme et refus de la chair : Une question piégée ?

 

Un climat d’angélisme

 

Un vœu monastique rigoureux

 

Les citoyens du Royaume céleste

 

Petite sociologie d’une sexualité cathare

 

Pour conclure : le cas Guilhem Bélibaste

 

 

http://www.univers-l.com/images/portrait_femmes_cathares2.jpg

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DominiqueGiraudet - dans penser
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 14:41

http://www.nananews.fr/images/stories/img-articles/actu_nananews/O1laphilosophiedesmedias.jpg

 

 

 

 

La philosophie des médias 

Christian Duteil 

  

Paradoxe de la société du spectacle : le message «publiciste » cher à la communication qui s’est emparée du concept cher au philosophe pour mieux le manipuler et le galvauder, repose rarement sur une idée et encore moins sur une constellation d’idées. Plus il est pauvre de contenu, plus il va toucher la masse, gagner en expansion, infiltrer le système de communication, « faire un tabac » comme on dit. 

Loin de penser, l’interprétation d’un message nous conduit à une opinion commune et conforte le plus grand nombre dans le flou artistique de ses préjugés gloutons. C’est ce qui s’est passé, par exemple, avec le slogan, très peu politique en 1995, de Jacques Chirac « Manger des pommes » repris par la station Europe 1. Et la rose socialiste n’avait guère constitué un préalable plus digne de pensée en 1981 malgré le faste cérémonial du Panthéon. Comme d’ailleurs le slogan de la « France forte » de Giscard repris par le candidat président en 2012 . Car, on oublie que la densité du contenu d’un message est sans doute inversement proportionnelle à sa diffusion. 

  

L’efficacité de la communication n’est pas toujours compatible avec la pensée, avec la méditation, avec des questions concernant la valeur de l’objet signifié. Dans l’ordre de la communication fort concurrentiel qu’il ne faut pas confondre avec le monde de l’information, la valeur du contenu n’est jamais mise (ou remise) en question. Le système d’interprétation est ici soumis aux lois du marché qui décident du sens de toute chose en fonction de sa valeur d’échange. 

Au contraire, la philosophie ne s’appuie pas du tout sur le même type d’échanges ni le même système d’interprétation. Elle ne transmet guère de messages, elle cherche plutôt à valider des idées et à forger des concepts. Penser, pour elle, c’est prendre le temps, s’installer dans le silence de la méditation, sonder toutes les perspectives, toutes les orientations en suivant un mode d’exploration minutieux qui exclut « la dictature de l’instant ». Elle induit, en cela, un usage du langage très différent  et un autre rapport aux temporalités. 

 C’est pourquoi, la philosophie, à la télévision, même sur des chaînes spécialisées ou thématiques, ne cherchera pas l’exploit et la surenchère ! Le philosophe met en effet en œuvre une pensée qui résiste à ce mode d’échange où c’est le regard qui en impose. Penser est plutôt un acte de retrait et de résistance. Résistance aux lieux communs, aux opinions toutes faites, aux messages faciles et prétentieux qui n’interrogent jamais leur bien fondé et ne se mettent jamais en question. 

Le philosophe est bien sûr l’ennemi du marketing, un ennemi des stratégies de communication et des réponses morales que soulève une question et pour lesquelles on requiert plutôt l’autorité feinte du psychologue et/ou du sociologue. Depuis Platon, elle lutte contre les sophistes et les nouveaux sophistes sont aujourd’hui innombrables. Le nouveau sophiste, c’est peut-être l’attaché de communication des "Hommes de l'ombre" qui fait négoce de l’idée en vantant des solutions attractives avant même d’avoir évalué l’idée elle-même, de savoir si elle s’impose ou non. On peut manger des pommes ou distribuer des roses comme l’ont fait des militants socialistes dimanche dernier au marché de Neuilly sur Seine, en plein Sarkoland mais est-ce là la bonne attitude et la réponse adéquate pour donner du sens à la pratique politique ? Penser, ce n’est pas la recherche d’une réponse de ce genre même dans notre société de spectacle ! 

Car si la pensée est une recherche de sens, cela ne veut pas dire qu’elle se soumet au bon sens, à ce que tout le monde partage comme étant digne de sens. Le philosophe se méfie du consensus des préjugés et des présupposés du café du commerce qui fleurent bon le populisme et la démagogie. L’intellectuel au risque de passer pour un aristocrate de la culture (à ne pas confondre avec civilisation !) s’arrête souvent à des questions incongrues et difficiles, joue avec brio avec les paradoxes et les oxymores. Il va jusqu'à la limite du sens, intervient sur la structure métalinguistique de ce qui se dit et interprète pour créer de nouveaux concepts.« Le philosophe s’intéresse parfois à des choses apparemment insensées comme celle de savoir si Socrate assis est le même que Socrate debout. Au mieux, il apparaît pour le vulgaire comme un original en voie de disparition, au pire comme le fou du roi nu sur l’échiquier du monde, alors qu’il veut signifier simplement par là qu’on ne peut penser que debout, c'est-à-dire libre. 

 Christian Duteil.

 

LIEN : link

 

 

http://www.google.fr/url?source=imglanding&ct=img&q=http://www.hoteljolibois.be/photosalbum/photo_grande/Chapelle-du-marronnier-BOUSVAL.jpg&sa=X&ei=wuZIT7SXGsOI8gPnnejADg&ved=0CAsQ8wc4ggE&usg=AFQjCNHk3a1ZBjWQzVPMbZeD8QuAbmoCHg

 

Chapelle-du-marronnier-BOUSVAL.jpg

 


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DominiqueGiraudet - dans penser
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 13:14

 

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 17:23

An excerpt from Pushpanjali - an invocatory piece in Bharatanatyam; dance choreography by Savitha Sastry; All rights reserved. Student of Dhananjayans and Adyar Lakshman. For more information www.savithasastry.com.

An excerpt from Pushpanjali - an invocatory piece in Bharatanatyam; dance choreography by Savitha Sastry; All rights reserved. Student of Dhananjayans and Adyar Lakshman. For more information www.savithasastry.com.

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dominique giraudet
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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 12:12
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DominiqueGiraudet - dans penser
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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 11:51

LIEN :    link

 

 

 

 

 

 

Lundi 20 février 2012

 escalierjpac

Les progrès psychiques de l’humanité au cours des quarante ou cinquante derniers millénaires ont été d’une ampleur extraordinaire.

Ils s’expliquent par l’apparition de quatre faits absolument nouveaux dans l’histoire de l’évolution des espèces :

+ le travail, rendu possible par la découverte et l’utilisation des outils

+ le développement de la coopération entre les hommes et des échanges

+ la réalisation par la collectivité d’un patrimoine social accumulé et transmis de génération en génération

+ l’acquisition du langage et la genèse de la pensée

Chez l’animal, les progrès se manifestent sous la forme d’une modification de l’organisation biologique, dans le développement du cerveau.

homme et son milieu

Chez l’homme, les progrès de l’espèce ne se fixent pas dans un patrimoine biologique transmis héréditairement, mais dans un patrimoine social accumulé, c’est-à-dire le patrimoine constitué par l’accumulation des outils, des instruments de production, du savoir transmis de génération en génération par l’oral, puis par l’écrit, l’ordinateur, les bibliothèques, les institutions scolaires.

Texte de Lévi-Strauss :

"Claude LÉVI-STRAUSS. - C'est la distinction fondamentale pour l'ethnologie et souvent un peu embarrassante chez nous, parce que le terme de culture, qui est d'importation anglaise, n'a pas exactement le même sens traditionnel, en français, que celui que les fondateurs des sciences anthropologiques lui ont donné. La nature, c'est tout ce qui est en nous par hérédité biologique ; la culture, c'est au contraire, tout ce que nous tenons de la tradition externe et, pour reprendre la définition classique de Tylor [1] - je cite de mémoire et inexactement sans doute - enfin, la culture ou civilisation, c'est l'ensemble des coutumes, des croyances, des institutions telles que l'art, le droit, la religion, les techniques de la vie matérielle, en un mot, toutes les habitudes ou aptitudes apprises par l'homme en tant que membre d'une société. Il y a donc là deux grands ordres de faits, l'un grâce auquel nous tenons à l'animalité par tout ce que nous sommes, du fait même de notre naissance et des caractéristiques que nous ont léguées nos parents et nos ancêtres, lesquelles relèvent de la biologie, de la psychologie quelquefois ; et d'autre part, tout cet univers artificiel, qui est celui dans lequel nous vivons en tant que membres d'une société. L'ethnologie ou, au sens large, l'anthropologie, essaie de faire, dans l'ordre de la culture, la même oeuvre de description, d'observation, de classification et d'interprétation, que le zoologiste ou le botaniste le fait dans l'ordre de la nature. C'est dans ce sens, d'ailleurs qu'on peut dire que l'ethnologie est une science naturelle ou quelle aspire à se constituer à l'exemple des sciences naturelles.

G. CHARBONNIER - La culture, d'une certaine manière, doit provenir de la nature ?

C. L.-S. - Disons qu’elle implique une quantité de facteurs d'ordre naturel. Il est bien certain que dans toute société, quelle qu'elle soit, les hommes ont fondamentalement les mêmes besoins : se nourrir, se protéger contre le froid, se reproduire, d'autres encore.

G. C. – Mais pour s'élaborer ?

C. L.-S. - Dans la mesure où, précisément il s'agit de besoins fondamentaux et de besoins dont l'origine est naturelle, ils sont identiques au sein de l'espèce homo sapiens. Ce qui intéresse l'ethnologue et ce qui relève de la culture, ce sont les modulations, si je puis dire, différentes selon les sociétés et les époques, qui se sont imposées à une matière première, par définition, identique toujours et partout."

 

                                                        Georges Charbonnier, Entretiens avec Lévi-Strauss (1961)

claude levi-strauss 1988 zuritj053



" En posant l'homme dans sa relation avec la nature ou dans sa relation avec l'homme, par le truchement du langage, nous posons la société. Cela n'est pas coïncidence historique mais enchaînement nécessaire. Car le langage se réalise toujours dans une langue, dans une structure linguistique définie et particulière, inséparable d'une société définie et particulière. Langue et société ne se conçoivent pas l'une sans l'autre. L'une et l'autre sont données. Mais aussi l'une et l'autre sont apprises par l'être humain, qui h'en possède pas la connaissance innée. L'enfant naît et se développe dans la société des hommes. Ce sont des humains adultes, ses parents, qui lui inculquent l'usage de la parole. L'acquisition du langage est une expérience qui va de pair chez l'enfant avec la formation du symbole et la construction de l'objet. Il apprend les choses par leur nom; il découvre que tout a un nom et que d'apprendre les noms lui donne la disposition des choses. Mais il découvre aussi qu'il a lui-même un nom et que par là il communique avec son entourage. Ainsi s'éveille en lui la conscience du milieu social où il baigne et qui façonnera peu à peu son esprit par l'intermédiaire du langage.

À mesure qu'il devient capable d'opérations intellectuelles plus complexes, il est intégré à la culture qui l'environne. J'appelle culture le milieu humain, tout ce qui, par-delà l'accomplissement des fonctions biologiques, donne à la vie et à l'activité humaine forme, sens et contenu. La culture est inhérente à la société des hommes, quel que soit le niveau de civilisation. Par la langue, l'homme assimile la culture, la perpétue : ou la transforme. Or comme chaque langue, chaque culture met en œuvre un appareil spécifique de symboles en lequel s'identifie chaque' société. La diversité des langues, la diversité des cultures, leurs changements, font apparaître la nature conventionnelle du symbolisme qui les articule. C'est en définitive le symbole qui noue ce lien vivant entre  l'homme, la langue et la culture. "

                                                                       Benvéniste  Problèmes de linguistique générale, t.I

 

sans-titre1

Ce glissement d’un plan à un autre représente un événement fondamental dans l’histoire des évolutions de l’espèce humaine : à des fonctions d’acquisition et de transmission individuelles de type organique, tels l’hérédité et l’instinct, se substituent des progrès collectifs d’ordre social, culturel.

Ainsi, chez l’homme, ce ne sont pas les changements biologiques qui jouent le rôle capital, mais les progrès sociaux. Et quelques millénaires d’histoire sociale et culturelle ont permis à l’homme de réaliser plus de progrès que les centaines de millions d’années d’évolution biologique des animaux.

L’homme est donc un être de culture au point qu’il est impossible de démêler en lui ce qu’il y a d’originaire et d’artificiel. Il n’existe aucune nature biologique de l’homme qui serait séparée de toute culture. En lui, tout est fabriqué et tout est naturel.

 

« Il n'est pas plus naturel ou pas moins conventionnel de crier dans la colère ou d'embrasser dans l'amour que d'appeler table une table. Les sentiments et les conduites passionnelles sont inventés comme les mots. Même ceux qui, comme la paternité, paraissent inscrits dans le corps humain sont en réalité des institutions.
Il est impossible de superposer chez l'homme une première couche de comportements que l'on appellerait "naturels" et un monde culturel ou spirituel fabriqué. Tout est fabriqué et tout est naturel chez l'homme, comme on voudra dire, en ce sens qu'il n'est pas un mot, pas une conduite qui ne doive quelque chose à l'être simplement biologique, et qui en même temps ne se dérobe à la simplicité de la vie animale, ne détourne de leur sens les conduites vitales, par une sorte d'échappement et par un génie de l'équivoque qui pourraient servir à définir l'homme »

                                                                                 Merleau-Ponty

merleau ponty

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 17:24

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