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Ecosia : Le Moteur De Recherch

11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 13:46

La violence comme spécificité du sport

 

Pour la plupart des responsables politiques et sportifs le sport serait en effet l’antidote idéal au mal-être des jeunes en leur offrant des activités encadrées, valorisées, « éducatives », mais aussi un modèle efficace de « contre-société » reposant sur « l’éthique sportive ». Or, par l’une de ces ruses de la raison dont le capitalisme mondialisé a le secret, ces beaux discours sont en permanence démentis par la réalité quotidienne de la corruption, de la truanderie, de l’affairisme et de l’appât visqueux du gain, et plus encore par la violence sportive, qu’elle soit ordinaire, routinière, banale et banalisée, ou meurtrière, criminelle et préméditée.

 

[…] Le sport professionnel, le sport amateur, le sport scolaire, le sport corporatif, le sport de masse, le sport ouvrier connaissent sans doute des niveaux de violence différenciés, mais tous sont touchés par la gangrène de la violence, dans les stades et hors de stades.

 

 

 

Jean-Marie Brohm, La violence de la compétition sportive, in Quel sport ? n° 12/13, mai 2010, p.27

 

 

 

 

 

 

 

De la Théorie critique du sport

 

On connaît la célèbre proposition de Marx : « Être radical, c’est prendre les choses à la racine. Or, la racine pour l’homme, c’est l’homme lui-même (1)». Pour aller à la « chose même », je dirai que la critique du sport est très exactement l’illustration concrète de cette thèse du jeune Marx. Contrairement à ce que soutiennent la plupart des idéologues et amis du sport, surtout à gauche et à l’extrême gauche, qui nous reprochent notre « extrémisme », notre « dogmatisme », notre « jusqu’auboutisme », notre « fondamentalisme », le radicalisme de la Théorie critique du sport n’est ni destructeur, ni réducteur, mais doublement fondateur. Fondateur d’abord d’une position théorique qui entend radiographier et disséquer l’institution sportive - sa logique capitaliste de fonctionnement, sa vision réactionnaire du monde, ses effets idéologiques aliénants, ses compromissions politiques avec les régimes totalitaires et les multinationales maffieuses - et l’analyser en tant que vitrine du capitalisme mondialisé non pas avec le « scalpel anatomique » évoqué par Marx, mais avec toutes les armes conceptuelles de la pensée critique. La Théorie critique du sport est donc ue critique de l’économie politique sportive et de l’accumulation du captal sportif, mais aussi une sociologie politique des rapports sociaux d’exploitation, d’oppression, d’asservissement et d’abrutissement que développe la compétition sportive et sa médiatisation spectaculaire. Fondateur ensuite d’une éthique de la résistance organisée à l’opium sportif qui sature l’espace public contemporain. En ce sens, peut-on ajouter avec Marx, « la passion essentiel qui l’anime est l’indignation, sa tâche essentielle le dénonciation », ce qui implique aujourd’hui la lutte pour la prise de conscience de la réalité effective du sport de compétition : « Il faut rendre l’oppression réelle encore plus pesante, en y ajoutant la conscience de l’oppression, rendre la honte encore plus infamante en la publiant (2)». C’est ce que fait depuis sa fondation la revue Quel sport ?, elle et elle seule.

 

 

 

 

 

 

 

1 Les références à Marx proviennent de « Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel » in Critique du droit politique hégélien, Paris, éditions sociales, 1975. C’est Jean-Marie Brohm qui souligne dans le texte.

2 Jean-Paul Sartre, Critique de la raison dialectique, Tome II : L’intelligibilité de l’histoire, Paris, Gallimard, 1985.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Marie Brohm, La critique radicale du sport - Expliquée au pseudo critiques ou à ceux qui n’ont jamais été critiques, in Quel sport ? n°12/13 - Football, une aliénation planétaire, mai 2010.

 

 
 
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DominiqueGiraudet - dans penser
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