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Ecosia : Le Moteur De Recherch

19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 12:16
«Le comportement maternel a une base biologique»

Une chercheuse américaine répond à Elisabeth Badinter

Par Anne Crignon

Aux Etats-Unis, Sarah Blaffer Hrdy,  anthropologue et primatologue, membre de l'Académie des Sciences, s'est penchée sur les thèses d'Elisabeth Badinter. Pour la chercheuse américaine, réfuter l'existence d'un instinct maternel ne tient pas la route scientifiquement. Interview

 

Il y a dix ans paraissait sous la plume de Sarah Blaffer Hrdy, anthropologue, membre de l'Académie des sciences américaine - et féministe elle-même- 600 pages intitulées « les Instincts maternels » (Payot). Parce qu'on doit à la France, à travers les thèses de Simone de Beauvoir et Elisabeth Badinter, l'hypothèse de la « mère socialement construite », la chercheuse démolit cette doctrine, en répliquant que chez tous les primates, l'investissement maternel émerge à la suite d'une sorte de réaction en chaine, « interactions complexes entre gènes, tissus, glandes, expériences passées et signes de l'environnement. Les comportements complexes comme le maternage ne sont jamais totalement prédéterminés génétiquement ni produits par le seul environnement.» Les travaux de Sarah Hrdy n'opposent pas inné et acquis, nature et culture. Ils montrent que l'instinct maternel n'est pas une pulsion sommaire indestructible, mais qu'il se met en place si l'environnement n'est pas défavorable.

 

***

 

 

 

 

BibliObs.- Trente après avoir remis en cause l'existence de l'instinct maternel, Elisabeth Badinter récidive. [=> « La femme n'est pas un chimpanzé »]. Elle explique par ailleurs que, de nos jours, des pressions s'exercent pour que l'enfant soit remis au centre de la vie féminine et présente l'allaitement comme une aliénation, voire une régression. Elle parle aussi d'une «offensive naturaliste»...

 

Sarah Blaffer Hrdy.- J'ailu le premier ouvrage d'Elisabeth Badinter sur la maternité avec un grand intérêt et non sans une certaine admiration. Néanmoins, je ne suis pas d'accord avec sa théorie selon laquelle il n'y aurait aucun fondement naturel et biologique pour expliquer le comportement maternel. Bien sur qu'il y en a! Cependant les critiques de Badinter, sa conviction qu'il existe un dogme déterministe et biologique bien trop simpliste m'a aidé à clarifier ma propre pensée. De ce point de vue, nous pouvons apprendre l'une de l'autre. Une grande partie du problème vient de la façon dont le terme «instinct maternel» a été utilisé. On l'a parfois perçu comme une sorte d'interrupteur qu'il suffirait d'activer ou non, comme pour allumer la lumière.

 

La réalité c'est qu'au cours de la grossesse, se met en place une chaîne de changements physiologiques considérables et qu'à la naissance, des neurotransmetteurs comme l'ocytocine sont libérés, qui favorisent la transformation de la mère. Si elle se trouve dans un contact intime et prolongé avec ce petit étranger sorti d'elle, ses circuits neuronaux se modifient et l'encouragent à répondre aux signaux et aux demandes émis par son enfant. Une fois que la mère commence à allaiter (dans les 70 heures environ suivant la naissance) et que le bébé stimule ses tétons, elle devient encore plus nourricière.

 

L'expérience aussi joue un rôle important pour «l'apprentissage de mère», comme c'est le cas pour tous les primates, mais surtout pour l'espèce humaine. Pour des raisons profondément liées à l'évolution, les réponses maternelles de la femelle humaine sont dépendantes du contexte social et particulièrement du soutien qu'elle va recevoir au non. On observe que les femelles humaines ont besoin d'un soutien plus important que tout autre mammifère. Et il ne faut pas oublier que bon nombre des femmes «abandonnantes» sur lesquelles Badinter a disserté de manière très virulentes, ces mères qui au XVIIIème siècle donnaient  leurs enfants à de vagues nourrices, étaient éloignées de leur bébé juste après la naissance. On ne laissait presqu'aucune d'elles s'occuper de son nourrisson.

 

De plus, si vous envisagez la longue histoire de l'évolution  humaine comme une sorte de coopérative de maternage - qui incluent pères, mères, oncles, grands-mères, frères et sœurs plus âgés- où chacun aide la mère à s'occuper du petit et à le nourrir, vous réalisez qu'une mère qui manque d'un tel support social n'a aucune chance d'élever ses enfants avec succès. L'abandon à la naissance était donc une réponse parfaitement naturelle pour les femmes privées de soutien. Proclamer que ces femmes n'ont pas d'instinct maternel parce que dans de telles conditions - arrachement du bébé à la naissance et manque de soutien- le lien avec l'enfant ne s'est pas mis en place, c'est mal interpréter les réalités biologiques complexes de l'amour maternel et l'ambivalence de l'espèce humaine.

 

BibliObs. - Elisabeth Badinter et vous êtes toutes deux féministes. En quoi votre féminisme est-il différent du sien?

 

Sarah B. Hrdy.- Je ne connais pas suffisamment l'œuvre d'Elisabeth Badinter pour faire une analyse de ses thèses, aussi vais-je simplement vous parler des miennes. Pour moi, le féminisme est synonyme d'égalité des chances pour les deux sexes -  à cet égard,  il s'agit simplement d'un prolongement de la démocratie. Le mot «féministe» ne prend une connotation politique que lorsque s'exercent des forces qui tendent à réduire l'égalité des chances pour les femmes ou à les discriminer - comme cela a été le cas en Occident pendant des siècles et comme c'est toujours le cas dans d'autres cultures.

 

Dans un contexte scientifique, le féminisme prend une importance toute particulière dès lors que l'on sait que les pressions sur les femmes liées aux théories darwiniennes n'ont pas été prises en compte pendant bien longtemps. On prenait pour postulat que toutes les femmes seraient mères, que toutes les mères élèveraient autant d'enfants que possible et que toutes les femmes étaient des créatures passives, dénuées de facultés stratégiques, qui avaient évolué simplement pour produire et allaiter des bébés.

 

Au passage, je trouve passionnant que l'un des premiers théoriciens de l'évolution à commenter combien les effets de la sélection sur les femmes étaient ignorés ait été une Française, Clémence Royer, traductrice de Darwin. Mais à cette époque, ses contributions peuvent se résumer en une formule: un prêche dans le désert. Clémence Royer a été complètement marginalisée, puis  oubliée. Cent cinquante ans plus tard,  lorsque j'ai commencé à étudier l'évolution des primates, j'ai considéré comme partie de mon travail d'étendre et corriger les théories de Darwin en décrivant les stratégies de reproduction des femelles autant que celles des mâles. Dans ce sens, ma sensibilité féministe a simplement fait de moi une meilleure scientifique.

 

De nombreux chercheurs se méfient de la sensibilité féministe parce qu'ils confondent féminisme et préjugés en faveur des femmes. Mais ils oublient combien les premières études de l'évolution étaient empreintes de préjugés en faveur des hommes. Personne, bien sûr, ne peut totalement s'affranchir des préjugés. Même le plus neutre des empiristes qui s'enorgueillit de son objectivité travaille parfois à partir d'hypothèses sujettes à diverses  influences. Le travail d'un bon scientifique est de mettre en question et tester constamment les hypothèses de travail et d'utiliser des méthodes d'observation et de statistiques pertinentes afin de déceler ces influences éventuelles.

 

Et les préjugés en faveur des hommes dans la théorie darwinienne de l'évolution, je peux vous le dire, étaient particulièrement flagrants. Elisabeth Badinter a très bien perçu cela. Les préjugés sur les mères et le rôle des femelles dans le processus d'évolution devaient être à tout prix identifiés et remis à plat. Je suis très fière de pouvoir le dire aujourd'hui, beaucoup des préjugés qui ont heurté et affecté Clémence Royer ont été rectifiés. Après tout, c'est en cela que réside le salut de la science, comparée, disons, à la religion ou à d'autres conceptions du monde: la structure de la science implique qu'elle se corrige elle-même. Les scientifiques adorent corriger les erreurs des autres.

 

 

Allaitement2_Kalvachov-Hana_Isifa_Sipa.jpg
(c)Kalvachov-Hana/Isifa/Sipa
A Prague, en janvier 2009, soixante-huit mères ont allaité leurs enfants en public pour protester contre Facebook, qui avait retiré des photos d'allaitement.

 

 

BibliObs.- Quand Elisabeth Badinter proclame que l'instinct maternel n'existe pas, n'est-ce pas déstabiliser certaines femmes, les faire douter de leur capacité d'être mère ?

 

Sarah B. Hrdy.- Eh bien, nous pourrions peut-être demander aux principaux intéressés ici - les enfants - ce qu'ils en pensent. Il ne fait aucun doute qu'ils ont besoin, pour grandir, de la chaleur, de la proximité et de l'affection des membres d'un groupe très familier en qui ils aient confiance. Et si on leur donne le choix, ils préfèrent que la personne qui leur donne des soins soit...  leur mère. Et les mères, pour des raisons physiologiques évidentes (l'allaitement étant la première), sont souvent celles qui ont le plus envie de donner aux enfants ce dont ils ont besoin.

 

Ceci dit, je suis convaincue que les humains ont évolué en en élevant les enfants en coopération (1). Les pères comme les mères ont une très grande capacité d'éducation. Parce que les hommes n'accouchent pas et n'allaitent pas, leurs réactions hormonales sont programmées de manière très différente. Mais il ne faut pas se méprendre : si un homme vit intimement avec une femme durant les derniers stades de sa grossesse et s'il est en étroit contact avec son enfant après sa naissance, il subira également une transformation physiologique. Il est probable que son taux de prolactine s'élève (pas autant que la mère qui allaite, mais leurs taux respectifs s'élèvent quand même) et son taux de testostérone s'infléchit. C'est extraordinaire. On peut supposer qu'il existe un grand potentiel  inexploité chez les hommes dans ce domaine.

 

Par ailleurs, il n'est pas nécessaire de porter un enfant et d'accoucher pour se comporter «maternellement». Les réactions d'une mère adoptive peuvent être pratiquement les mêmes biologiquement que celles de la mère biologique; et c'est également pour cette raison qu'une nurse payée pour s'occuper d'un enfant peut développer un attachement beaucoup plus fort au bébé que la mère biologique.

 

 
Les humains sont-ils des singes?

Le mot «singe» se réfère spécifiquement aux chimpanzés, bonobos, orangs-outangs et gorilles.  Ce sont des «singes non humains». Les humains, bien sûr, sont aussi des singes. Les humains sont les seuls singes qui se développent dans le cadre d'une éducation coopérative c'est à dire où des membres du groupe autres que la mère s'occupent des enfants. Ce sont les alloparents.

Récemment, des chercheurs en neurologie ont étudié les réactions cérébrales d'hommes et de femmes (y compris de femmes nullipares n'ayant jamais donné naissance à un enfant) qui regardaient un bébé de face. Les mêmes zones cérébrales qui s'activent alors sont les mêmes que celles qui sont stimulées par d'autres sensations de plaisir. Ce qui veut dire que les humains - la seule espèce de singes (voir encadré) à se développer en élevant les enfants en coopération - trouvent naturellement agréable d'être en contact avec des enfants et de s'en occuper; et c'est une bonne chose car il n'existe aucune autre espèce qui produise des petits qui mettent autant de temps à grandir et nécessitent autant de soins.

 

Ceci dit, il est important de garder à l'esprit qu'il n'y a rien de biologiquement exceptionnel ou d'anormal à ce qu'une mère humaine éprouve des sentiments ambivalents face aux exigences de son bébé. S'il y a un seul message à retenir de mon livre « Mother Nature », c'est que « les mères humaines ont besoin de beaucoup d'aide pour élever leurs petits.» Mais heureusement, il n'est pas indispensable d'être une mère biologique pour trouver gratifiant de s'occuper d'enfants, à tel point qu'une allomère, c'est-à-dire un membre du groupe autre que la mère, peut se sentir plus «maternelle» qu'une vraie mère qui a passé beaucoup de temps loin de son enfant. Dans mon pays, je m'inquiète beaucoup du devenir de la révolution féministe, tout comme Elisabeth Badinter le fait elle-même. Mais ma plus grande peur est que, en, tant que société, nous perdions l'art d'élever des enfants, et avec lui beaucoup de qualités humaines comme l'empathie, la conscience, le soin aux autres qui se développent au cours du maternage de l'enfant...

 

Propos recueillis et traduits par
Véronique Cassarin-Grand et Anne Crignon

 

(1) Ceci est  développé dans son dernier ouvrage, « Mothers and Others :The evolutionary origins of mutual understanding ».

 

« La femme n'est pas un chimpanzé », entretien avec Elisabeth Badinter

 

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Sarah-Hrdy_Anne-Hammeski.jpg
(c)Anne Hammersky
Sarah Blaffer Hrdy


filet
commentairescommentaires

Superbe article ! Très

Superbe article ! Très interressant.

Madame Sarah Blaffer Hrdy réponds, je pense à mes propres intérrogations...

Une question.
Accepterait-elle d'être ma seconde mère ? ...

J'ai écouté sur France info l'interview de Mme Badinter ...Et je dois dire que je suis content d'avoir découvert cet article (très riche dans le contenu )sur cette chercheuse Américaine.
Car j'aurais un sentiment...Comment dire ...d'abandon.
Je vais donc acheter son bouquin, pour tenter de trouver ces réponses ...

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Le travail d'Elizabeth

Le travail d'Elizabeth Badinter a sonné le glas d'un cliché et ce fut bien le plus important, en finir avec la dégoulinance et souligné l'aspect réactionnaire et conservateur d'un sacro-sein. Les meilleures mères ne sont-elles pas celles qui font le plus vite la distinction entre le corps de son bébé(objet phallique) et le sujet en devenir. Que le corps existe, je ne crois pas qu'Elizabeth Badinter l'ai jamais nié, mais le culturel domine et là le cliché maternel fait d'énormes dêgats. Il n'y a qu'à voir aujourd'hui la recrudescence remarquable de la figure de "La maman et la putain" notamment dans les banlieues, mais pas seulement. Et la parité a encore du pain sur la planche et Sarah Blaffer Hrdy me fait un effet très retour au "Bio" .

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Pourtant, Mme Badinter

Pourtant, Mme Badinter pourrait être la preuve scientifique qu'il est possible qu'une femme naisse sans instinct maternel, non ?

D'un autre point de vue, sans couches à langer jetables, sans petit pots pour bébés, sans lait maternisé en poudre, sans superbes jeunes filles mannequins-objets des marques, sans tout ça, que serait le Groupe Publicis, quatrième groupe pubilcitaire mondial, dont Elisabeth Badinter est actionnaire de référence (10.6%) et membre du conseil de surveillance ?

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Très bon article, interview

Très bon article, interview bien menée: Les réponses semblent bien restituées.

Merci de contribuer à élever le débat, cela honore la profession.

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S. Hrdy porte un regard

S. Hrdy porte un regard incroyablement intelligent et ouvert sur la complexité de ce sujet qui mérite bien mieux que des jugements lapidaires tels que "La femme n'est pas un chimpanzé".

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Je crois que cette semaine

Je crois que cette semaine nous a fait vivre un moment d'importance : la dégringolade des penseurs "petits bras", BHL, E.Badinter...

Vive la poésie !

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Merci, Mme Hrdy, pour mettre

Merci, Mme Hrdy, pour mettre un peu de mesure dans cette polémique sur l'instinct maternel ! Entre nature et culture, pourquoi nous sommer de choisir un camp ? Je rejoins sur ce point Pascal: "L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête".
Elisabeth Badinter semble avoir du mal à se libérer de l'emprise de Lacan (Tout est culture. La femme n'existe pas.)... mais aussi de l'idéologie marchande de la société de consommation, dont elle dépend en tant qu'actionnaire de Publicis. Si bien qu'elle s'est créée (en toute bonne foi?) un adversaire à sa mesure: l'écologiste, chargé de tous les maux (passéiste, macho, "naturaliste", etc etc). Dommage de voir une philosophe de renom s'enferrer ainsi!

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La question importante n'est

La question importante n'est selon moi pas de savoir si l'instinct maternel existe (scientifiquement) ou non mais de comprendre comment la société s'est organisée pour que pendant des milliers d'années, les femmes soient considérées comme mères avant d'être femmes.

Les conséquences aujourd'hui sont encore très fortes : 20% de salaire en mois, 85% des travailleurs précaires sont des femmes et la place des femmes dans l'espace public est encore très faible (18,5% de députées, 13% de femmes maires, combien d'animatrices radio/télé... ?).

Il est possible de réfléchir au "construit social" de l'instinct maternel sans arriver à théoriser qu'il n'y a pas de lien entre mère (père) et enfant.

Un nouveau journal féministe s'est créé pour parler et faire parler de féminisme, je vous le conseille : Osez le féminisme, http://www.osezlefeminisme.fr

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merci à Eva Mettebas pour

merci à Eva Mettebas pour le génial pseudo, et l'info sur Publicis. Qu'il est doux d'être socialiste, quand les millions font des petits dans l'usine à fric la plus abjectement capitalistique, la réclame..

celà étant elle reconnaît aux femmes le droit de ne pas procréer (les "no kids") et ça c'est la prochaine vraie question, car 10 milliars d'humains en 2050 ça fait peur..

Eddie

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La citation d’Averroès

La citation d’Averroès (1126-1198, réel précurseur de la Défense des Droits des Femmes), reproduite ci-dessous, tombe, vraiment à pic, au secours d’Elisabeth Badinter, puisqu’il y parle, aussi, d'allaitement et de maternité, et développe la même thèse, mais huit siècles auparavant :
« Nous ne faisons pas assez pour l’épanouissement des femmes. Les considérer comme étant seulement aptes à enfanter et allaiter peut nuire à notre prospérité, alors qu’elles ont d’énormes capacités que nous avons étouffées par la situation de dépendance dans laquelle nous les avons mises, et qu’elles peuvent contribuer efficacement à la vie de la cité.
N’oublions pas qu’elles constituent les deux tiers de l’humanité : si on laisse ces deux tiers vivre comme des plantes ou vivre en parasite sur le compte du tiers restant, cela ne peut que conduire nos cités à la ruine et au malheur ».
HORCHANI Salah

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DominiqueGiraudet - dans penser
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commentaires

inbouwmengkraan 22/06/2015 05:15

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closetspoeler 25/03/2015 19:11

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closetspoeler 23/12/2014 18:50

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