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Ecosia : Le Moteur De Recherch

13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 17:27

Parcours

 

L'on ne sait que peu de choses de sa vie. Probablement a-t-elle vécu à Valenciennes où elle aurait été béguine. La date de rédaction de son œuvre majeure est incertaine, mais l'on sait que dès 1306 un exemplaire de son "Miroir" sera publiquement brûlé sur la Grand-Place de Valenciennes sur ordre de l'évêque de Cambrai. Refusant d'abjurer ses théories, souvent confondues avec celles du Libre-Esprit, Marguerite sera condamnée pour hérésie le 31 mai 1310 et brûlée le 1er juin en place de Grève à Paris.

Thématique

 

Marguerite Porete introduit dans la mystique rhéno-flamande le concept du "loin-près", ce va-et-vient entre l'âme et l'amant divin, lequel rejoint la "touche divine" des auteurs flamands (Hadewijch et Ruusbroec).

 

Par cette expression qu'elle invente, Marguerite Porete entend que Dieu, dans son absence, est cependant proche, dans une espèce de "présence absente", oxymore qui, depuis Grégoire de Nysse, est fort prisée des mystiques rhénans.

 

Pour elle, l'âme, en se libérant de son moi, devient libre, morte au monde, mais cette mort est source de plénitude. Composé de 139 chapitres, le "Miroir" consiste en un itinéraire mystique conduisant l'âme à la gloire éternelle. Incontestablement, et sans dénier son propre apport à la mystique rhénane, les thèmes qu'elle développe trouvent leur origine dans l'œuvre d'Hadewijch d'Anvers.

Bibliographie

 

Marguerite PORETE, "Le Miroir des âmes simples et anéanties", trad. Max Huot de Longchamp, Paris, Albin Michel, 1984 (rééd. 1997).

 

Marguerite PORETE, "Le Miroir des âmes simples et anéanties", trad. Claude Louis-Combet, Grenoble, Jérôme Millon, 1991 (rééd. 2001).

 

LIEN :   link

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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commentaires

Oscar 14/03/2011 23:24



"Forme un peu particulière de la curiosité..." se place normalement à la suite de "...même longtemps APRES le Moyen Age!..." et avant "Et parfois il vaut mieux rire...".


Entre les deux, donc.



Oscar 14/03/2011 17:14



Dominique,


 


Il y a eu un étrange dysfonctionnement technique dans le placement de la fin de mon commentaire, qui devait normalement se situer un plus haut... Du coup, de l'incohérence s'est invitée dans le
fil de mon discours, j'espère que tu sauras mentalement remettre les choses dans l'ordre adéquat!! 


 


Je renonce à comprendre les mystères de la métaphysique informatique!!



Oscar 14/03/2011 17:10



Cher Dominique,


 


Merci pour ta réponse circonstanciée; en plus je tombe d'accord avec toi sur l'essentiel, et tout particulièrement sur ta remarque finale; 


 


petites observations incidentes juste histoire de te taquiner un peu, ne le prends pas mal surtout:


 


1: Schopenhauer a AUSSI exprimé ailleurs son athéisme intégral et sans concession, ainsi que l'absence absolue de sens de ce qu'il appelle "la Volonté", principe éternel du monde, de l'être, et
qui relègue le moi individuel, l'ego, au rang d'apparence phénoménale, de ce que dans son langage kantien il nomme une objectivation (au sens restrictif qu'a le terme sous sa plume) de cette
Volonté, justement;


2: le Moyen Age était en effet un temps d' inquiétudes et d' interrogations métaphysiques, il est juste dommage que l'Eglise traduisait et exprimait les siennes en brûlant les gens (en
plus des pauvres femmes taxées de sorcières!) qui divergeaient d'elle quant aux réponses à donner, vifs sur des bûchers: le temps des questions mais aussi hélas des flammes et des
odeurs de chair humaine grillée...


 


Pardonne-moi ces sarcasmes, qui peuvent te paraître déplacés à propos d'un sujet aussi tragique, mais tu sais déjà qu'en plus de Schopy (oui je sais, c'est bien familier!), je suis
AUSSI un admirateur inconditionnel de l'ironiste féroce Voltaire, dans "Candide" notamment, ou justement il nous décrit les bûchers de la Sainte Inquisition encore flamboyants même
longtemps APRES le Moyen Age!...


 


Et parfois il vaut mieux rire de choses dont sinon il nous faudrait pleurer, c'est connu...


 


Bien amicalement, Oscar.


 


Forme un peu particulière de la curiosité spirituelle et que tu me permettras je pense de désapprouver: pauvre Marguerite Porete, mais aussi combien d'autres, qui l'ont appris à leurs dépens!!



dominique giraudet 14/03/2011 16:05



Merci Oscar pour ta réponse ,je le comprend et la reçois 5 sur 5 ! Oh! Combien !


Oui déjà citons cette belle pensée du grand Schopenhauer :


« Excepté l’homme, aucun être ne s’étonne de sa propre existence ; c’est pour tous une chose si naturelle, qu’ils ne la remarquent même pas. (…) C’est seulement après que
l’essence intime de la nature (le vouloir vivre dans son objectivation) s’est développée, avec toute sa force et toute sa joie, à travers les deux règnes de l’existence inconsciente, puis à
travers la série si longue et si étendue des animaux ; c’est alors enfin, avec l’apparition de la raison, c’est-à-dire chez l’homme, qu’elle s’éveille pour la première fois à la
réflexion ; elle s’étonne de ses propres œuvres et se demande à elle-même ce qu’elle est. Son étonnement est d’autant plus sérieux que, pour la première fois, elle s’approche de la mort avec
une pleine conscience, et qu’avec la limitation de toute existence, l’inutilité de tout effort devient pour elle plus ou moins évidente. De cette réflexion et de cet étonnement naît le besoin
métaphysique qui est propre à l’homme seul. L’homme est un animal métaphysique. »


Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation


 


 Ce grand philosophe nous interpelle sur l'essentiel , la question de Dieu (Ou pas de Dieu ?) fait parti de ces grandes questions probablement sans véritable réponse définitive



Evidemment l'univers culturel de Marguerite Porète n'est plus le notre , avec elle nous sommes dans l'ambiance culturelle religieuse"magique" du moyen - age , Paracelse..etc , notre univers
culturel contemporain est dominé par la culture des grandes pensées philosophiques et scientifiques  , ainsi Marc Richir a écrit un livre d'analyse phénoménologique sur l’œuvre de Marguerite
Porète  .


Notre cerveau est influencé par la science , ainsi par les travaux de Damasio , de Dawkins..etc . Pour autant notre cerveau reste encore un univers bien mystérieux de par l’extrême complexité
de son fonctionnement .  Oui au moyen-age nous étions dans l'univers des grandes pensées religieuses plus ou moins spéculatives , avec Marguerite Porète nous sommes plus dans le domaine de l
'expérience mystique , ses écrits reflètent son monde intérieur  et son langage son monde culturel, ou il est question de salut, de péchés, de Dieu , un monde d’inquiétudes concernant le
salut de son âme,un monde d’inquiétudes théologiques, religieuses , une conscience inquiète vis à vis du Divin , et qui soudainement se sent sauvé ,envahi par ce divin , cet amour
incommensurable, quasiment impossible à décrire  par le biais des mots . Apparemment sa pensée, son vécu sont sincères ,véridiques , son univers mental et psychologique ,affectif nous semble
bien étranger  pourtant il semble bien refléter son vécu authentique , c'est le vécu intime d'une conscience humaine particulière et non une croyance tout à fait collective comme chez les
cathares mais il y a des ressemblances ,c'est vrai . En fin de compte cela veut dire qu'il faut essayer de comprendre le fait de la multitude d'expériences particulières , de phénomènes multiples
se manifestant au sein de chaque conscience humaine , chacune porteuse d'un destin individuel unique , à nul autre pareil .






Oscar 13/03/2011 21:05



Cette vision me semble aller dans le sens des conceptions cathares si je ne m'abuse, en les précisant sur la question des rapports de l'âme et du corps, qui paraît inséparable de l'individualité,
du "moi", de "l'ego";


 


vu l'horreur que représente le monde matériel et donc la vie -et je rejoins sur ce point en tout cas l'opinion de quelqu'un comme Schopenhauer, mais Voltaire est déjà explicite à cet égard dans
"Candide"-, et la position d' Albert Camus et de bien d'autres sera similaire... 


 


l'hypothèse d'un Créateur "BON" me paraît non seulement intenable mais révoltante car ne tenant pas compte des souffrances comme vécu, comme expérience intime atroce par ceux qui les
subissent, et à qui on voudrait répondre par des raisonnements abstraits, les essais de théodicée par exemple, soit par des abandons qui m' apparaissent en ce qui me concerne
comme quasiment masochistes...


Car que peut un raisonnement pour abolir ce qui est ressenti comme horrible, y compris bien sûr par les animaux, tache au contraire à jamais ineffaçable et impardonnable même dans
l'hypothèse d'un paradis éternel, et c'est pourquoi Stendhal a écrit que "la seule excuse de Dieu est de ne pas exister"!


Car il ne s'agit pas seulement de comprendre ou pas, mais d'EPROUVER comme relevant du Mal en soi, que "les voies du "Seigneur" soient ou non impénétrables" importe peu dès lors...


 


Sans doute Marguerite Porete ne sous-tendait-elle pas ses pensées et intuitions mystiques par une postion aussi "hérétique" face au théisme, chrétien ou autre, du moins je le suppose; mais le
fait de considérer l'esprit ou l'âme comme ayant vocation à se libérer de sa prison ou de son carcan matériel va dans ce sens (cathare), me semble-t-il...