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Ecosia : Le Moteur De Recherch

27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 11:31

La naissance de la philosophie, associée au nom de Platon, marque, pour Giorgio Colli, l’amorce du déclin de l’excellence grecque, dont avait pu témoigner, entre le septième et le cinquième siècle, l’ère des « Sages ». C’est de cette matrice originelle dont il est question dans ce livre écrit en 1975, et qui bouleverse notre vision d’un monde en perpétuel progrès.

 

« La folie est la source de la sagesse » écrit Colli, et le regard à rebours qu’il porte sur ce moment décisif de l’histoire de l’humanité, sur cette « fête de la connaissance » à laquelle il nous convie au travers de neuf chapitres d’une très grande densité, nous conduit depuis les possédés de Dionysos, Apollon et Orphée, puis Héraclite et Parménide, jusqu’au seuil de la philosophie, dont l’autorité s’affirmera avec le passage à l’écriture et l’abandon de ce qu’il convient d’appeler, après Colli, la Sagesse grecque.

 

« Chaque livre de Giorgio Colli est, à y bien regarder, un succédané de l’action, et sous la forme de la littérature nous sentons l’exhortation à vivre différemment, à vivre une vie digne d’un éternel retour », écrivait son ami Montinari. Pour tous ceux qui aujourd’hui veulent s’initier à la philosophie, ce petit livre « sans notes » est une incitation à en vivre différemment les prémisses.

 

 

Giorgio Colli

 

Giorgio Colli (1917-1979) a enseigné pendant trente ans l’histoire de la philosophie ancienne à l’université de Pise. Son travail de philologue et d’historien, depuis l’édition et la traduction de l’Organon d’Aristote jusqu’à la grande édition des œuvres complètes de Nietzsche, avec son ami Mazzino Montinari, reste exemplaire, et trouve son accomplissement dans La Sagesse grecque.

 

Il a également publié chez d’autres éditeurs : Naissance de la philosophie (1975) éditions de l’Aire, 1981, Pour une encyclopédie des auteurs classiques (1983), éditions Christian Bourgois, 1990.

Table des matières

 

Table : 1. La folie est la source de la sagesse. 2. La maîtresse du Labyrinthe. 3. Le dieu de la divination. 4. Le défi de l’énigme. 5. Le pathos du caché. 6. Mysticisme et dialectique. 7. La raison destructrice. 8. Agonisme et rhétorique. 9. Philosophie comme littérature.

 

Traduit de l’italien par Patricia Farazzi.

 

Collection Polemos, parution mars 2004.

 

   link

 

(LIEN)

 

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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commentaires

Oscar 28/09/2010 16:33



Théorie intéressante a priori bien que paradoxale; ne s'agit-il pas de savoir à travers cette réflexion si la science moderne, née en Grèce, à la fois synonyme d'une méthode de connaissance
nouvelle, purement objective et source de la technique sans cesse davantage impliquée dans un processus d'évolution des sociétés vers plus de productivité et plus de maîtrise de la nature, par le
biais de la compréhension de ses "mécanismes", si le développement donc de cette science et ses retombées techniques ont constitué un progrès ou au contraire, selon semble-t-il la thèse de
l'auteur, le début d'un déclin.


Je suppose que Colli ne peut faire l'économie d'une réflexion sur deux points: la civilisation occidentale, héritière de cette culture nouvelle, a permis une meilleure compréhension physique
de l'univers et des lois qui le régissent; par ailleurs elle s'est imposée à un niveau planétaire; elle a assuré le triomphe de l'Europe et plus largement de ce qu'on a appelé "l'Occident"
dans le monde entier; la Chine et l'Inde elles-mêmes sont en train de l'adopter, avec les dérives de l'économie mondialisée et des changements climatiques induits que l'on connaît...


Selon les philosophes pragmatiques et utilitaristes comme Bentham et William James, cette expansion planétaire serait un critère de supériorité: selon eux est valable "ce qui réussit"
(et évince ce qui se pose en réalité rivale ou alternative).


Peut-être est-ce là présenter de manière très caricaturale voire inexacte la pensée notamment du premier, mais on peut me semble-t-il difficilement nier que les tenants de la civilisation
occidentale aient raisonné en ces termes et agi dans cette optique, avec une assurance et une confiance tranquilles au moins jusqu'aux grands bouleversements des deux guerres
mondiales...


Ils n'ont pas manqué par exemple de souligner, certains avec un malin plaisir, que la profondeur des sagesses orientales n'ont pas procuré à un pays-continent comme l'Inde et aussi à la
Chine au moins jusqu'à la révolution communiste, inspirée par l'idéologie elle aussi occidentale qu'est le marxisme, autre chose qu'un statisme synonyme de stagnation voire d'aggravation
dramatique de la misère matérielle en Inde -et pourrait-on ajouter dans le "monde islamique", suite à l'évolution démographique non compensée par un progrès de la productivité, misère
doublée d'une arriération sociale révoltante qu'ils dénoncent dans le maintien du système des castes et de l'assujettissement des femmes, ce dernier point pouvant et là je m'exprime à titre
personnel, difficilement être contesté là où l'Islam domine...


Mais qui peut prévoir les développements futurs, notamment au vu des signes inquiétants de catastrophes humanitaires de grande ampleur dont la menace semble se faire de plus en plus précise?