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Ecosia : Le Moteur De Recherch

7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 10:08

Depuis quelques jours, on retrouve une perle rare dans les clubs vidéo et les magasins de DVD : l’édition Criterion du chef d’oeuvre de Terrence Malick, The Thin Red Line (1998). Les suppléments incluent une série d’entrevues d’une trentaine de minutes avec les acteurs, 14 minutes de scènes inédites (dont une avec Mickey Rourke, qui n’est jamais apparu dans la version finale), un commentaire audio réunissant le directeur artistique, le directeur photo et le producteur. Le réalisateur reclus, quant à lui, a contribué à l’entreprise Criterion avec cette note qui apparaît après qu’on appuie sur Play : «Terrence Malick recommends that The Thin Red Line be played loud.»

Aujourd’hui, The Thin Red Line fait partie de mon Top 10 à vie. Pourtant, je me rappelle être sorti confus de la salle de cinéma la première fois que je l’ai vu. Je n’avais pas détesté, mais je ne pouvais certainement pas affirmer que j’avais aimé. Quel est ce drôle de film de guerre qui ne distingue pas clairement les gentils des méchants? Qui semble davantage s’intéresser aux plantes et aux animaux qu’aux fusils et aux bombes? Qui n’a pas de héros mais un paquet de personnages faillibles plus préoccupés par leur propre mortalité que par la mission militaire en jeu?

Les années ont passé et j’ai commencé à comprendre. Du moins, me satisfaire avec ma propre interprétation. The Thin Red Line est l’oeuvre d’un ancien étudiant de philosophie qui, après son second long métrage – Days of Heaven (1978) – a pris 20 ans pour réfléchir à son troisième. Le résultat est très dense et mérite d’être décortiqué avec assiduité. Malick est un adepte du philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976) et particulièrement de son concept de l’Être qui infuse le discours de tous ses films. Voici un extrait d’un papier que j’ai publié pour Ciné-Bulles qui, je l’espère, saura vous éclairer un peu :

L’Être représente l’essence même de tout ce qui existe. Il agit comme une force omniprésente qui observe et interprète le monde. Dans les films de Malick, l’Être est toujours le personnage principal et se manifeste par la voix off du ou des narrateurs. Il est important de comprendre que les propos de cette voix n’appartiennent pas exclusivement aux personnages auxquels on les associe. Ils sont partagés avec l’Être qui s’approprie en partie ces propos leur attribuant ainsi une double fonction : celle d’informer sur l’état et les actions des individus en question et celle de rendre compte de l’incidence de leur existence dans une perspective universelle. En d’autres mots, la voix off tient lieu d’impressions subjectives et objectives en même temps.

La guerre n’est donc pas le sujet de The Thin Red Line mais bien un canevas qui, présentant l’expérience humaine dans sa condition la plus extrême, permet d’aborder en termes absolus les questions relatives à notre existence. Le film est parsemé de brèves observations humanistes qui interpellent directement le spectateur. Et qui font réfléchir. Par exemple, ce soldat japonais mort, dont seul le visage dépasse du sol, qui déclare par l’entremise de l’Être-narrateur : «Est-ce que tu imagines que ta souffrance va être moindre parce que tu aimais la bonté et la vérité?» Ou la remarquable séquence de l’invasion du village ennemi alors que, au milieu du chaos, ressort une voix off sobre et éloquente qui demande : «Ce grand Mal, d’où vient-il? De quelle racine a-t-il poussé?. Cette noirceur se retrouve-t-elle en toi aussi?».

Au-delà de sa grande capacité d’écriture, Malick est un réalisateur de premier ordre. Et je ne parle pas de sa maîtrise technique exceptionnelle sur le plateau d’un film épique après deux décennies sabbatiques. Plutôt de son approche poétique à la mise en scène. Je pense en particulier au moment où le soldat Witt (James Caviezel), entouré par une brigade de soldats japonais, fait face à sa mort imminente. Au début du film, lorsqu’il vit son moment édénique parmi les aborigènes, il dit : «Je me demande comme ce sera lorsque je saurai que je m’apprête à prendre mon dernier souffle». Eh bien, il est en train de le vivre. Son regard est intense. Et puis la caméra de Malick fait quelque chose de spécial : elle dessine son dernier souffle. Elle avance doucement vers son visage (inspiration) pour ensuite reculer (expiration). Coup de feu fatal… J’en ai encore des frissons.

Je vous laisse avec les premières paroles du film, qui illustrent éloquemment l’approche poético/philosophique de Malick. Les cinq premiers vers proviennent du narrateur omniscient, et puis il y a une transition symbiotique vers la voix de Witt :

What’s this war in the heart of nature?

Why does nature vie with itself?

The land contend with the sea?

ls there an avenging power in nature?

Not one power, but two?

l remember my mother when she was dying.

Looked all shrunk up and gray.

l asked her if she was afraid.

She just shook her head.

l was afraid to touch the death l seen in her.

I heard people talk about immortality, but I ain’t seen it.

l wondered how it’d be when l died.

What it’d be like to know that this breath now was the last one you was ever gonna draw.

l just hope l can meet it the same way she did.

With the same… calm.

Cos that’s where it’s hidden – the immortality l hadn’t seen.

 

LIEN : link

 

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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Mo' 09/10/2010 09:05






Nouvel article sur le forum --> mustangs







J'ai trouvé une vidéo sur la chasse aux mustang,
http://maltraitanceanimale.forumactif.com/photo-et-videos-f13/chasse-aux-mustangs-t227.htm#2428

Comment ça à commencé, les différents futur imaginable pour un mustangs, etc.

Bonne visite!