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Ecosia : Le Moteur De Recherch

25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 17:42
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Ce penseur est pour moi intéressant ,notamment dans la mesure ou il a été capable d 'être inspiré par une pensée qui lui a permis très tôt de prendre conscience de la dérive politique nazie et d'agir efficacement en conséquence même si ,hélas, il a finalement été victime des bourreaux nazis .

 

Bien à vous,

 

Dominique

 

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Dietrich Bonhoeffer dans le monde

Bonhoeffer après Dietrich

Par Claire de CASABIANCA

 

 

 

 

La pensée de Dietrich Bonhoeffer a dépassé les frontières de l’Europe. Nombre de théologiens s’en réclament aujourd’hui.

 

« Les écrits de Bonhoeffer doivent être interprétés à la lumière de sa vie, tout comme cette existence reste incompréhensible sans son projet intellectuel (1). » De son vivant, outre ses deux thèses de théologie, trois œuvres de Bonhoeffer furent éditées en Allemagne : Schöpfung und Fall (1933) ou Chute et Création ; Nachfolge (1937) ou Le Prix de la grâce (1985) ; Gemeinsames Leben (1939) ou De la vie communautaire (1947).

 

En France, c’est le jésuite René Marlé qui, selon les mots de Henry Mottu, « a le premier introduit Bonhoeffer dans le monde francophone », publiant en 1967 Dietrich Bonhoeffer. Témoin de Jésus Christ parmi ses frères. L’année suivante, André Dumas conclut ainsi son ouvrage majeur sur Dietrich Bonhoeffer : « Ce théologien, ce chrétien, ce contemporain paradoxal, qui développa conjointement une théologie du Dieu de la réalité et de la réalité de Dieu. » Enfin, en 1969, c’est la volumineuse biographie en français d’Eberhard Bethge sous le titre Dietrich Bonhoeffer. Vie, pensée, témoignage.

 

Le succès ne fut pas immédiat. Peu à peu cependant, en Allemagne, en France, dans les cercles œcuméniques aussi et via les travaux de la Société internationale Bonhoeffer, l’audience grandit. « Et pas seulement en Europe, mais au Japon, en Afrique aussi », se réjouit Raymond Mengus, théologien catholique de l’université de Strasbourg, traducteur, avec Charles Chauvin, de la toute récente biographie de Bonhoeffer écrite par le pasteur allemand Ferdinand Schlingensiepen.

 

Une œuvre au caractère multidimensionnel

 

En 2002, à Genève, un colloque international en français et en italien est organisé par Henry Mottu, pasteur réformé suisse, et Martino Dotta, capucin tessinois, sur « l’actualité de Dietrich Bonhoeffer en Europe latine » (1). Succès par le nombre de participants et la qualité des interventions sur le mouvement œcuménique, les relectures culturelles, la sécularisation ou encore les incidences pastorales de l’œuvre de Bonhoeffer. Or, n’était-ce pas à Genève déjà, en 1976, que s’était tenue une conférence sur « les effets sociaux et politiques de la pensée de Bonhoeffer, notamment dans l’Europe de l’Est de l’époque, en Amérique latine et en Afrique du Sud » ?

 

« C’est un théologien complet, relève Henry Mottu, devenu aujourd’hui un auteur si apprécié dans le monde entier que théologiens et philosophes aux allégeances multiples et parfois même contradictoires s’en réclament. Pourquoi cela ? Cette singulière renommée vient des nombreuses significations que l’on peut donner à son œuvre polyphonique. Ce qui fascine dans son œuvre, ce n’est pas sa rigueur ; ce n’est pas sa cohérence ; ce n’est même pas son originalité ; c’est son caractère multidimensionnel. Chacun et chacune peut y trouver quelque chose, une inspiration, un encouragement, une question (que Bonhoeffer ne “résout” jamais, mais pose obstinément). Mais il s’y trouve incontestablement un fil conducteur, un cantus firmus, comme dit Bonhoeffer lui-même, selon une image musicale. »

 

(1). Actes du colloque international de Genève, septembre 2002, Labor et Fides.

 

 

« Des lettres saisissantes »

 

C’est en 1963 que Labor et Fides publie la première traduction française des « lettres et notes de captivité » de Dietrich Bonhoeffer, réunies par son ami Eberhard Bethge en 1951. Une deuxième édition suivra en 1973. La maison d’édition genevoise s’apprête à publier une nouvelle traduction enrichie de Résistance et Soumission, confiée à Henry Mottu, théologien protestant, et au traducteur Bernard Lauret, théologien catholique, qui répond à nos questions.

 

 

Pourquoi cette nouvelle édition de Résistance et Soumission ?

Depuis 1973, la connaissance de la vie de Dietrich Bonhoeffer et l’analyse de ses écrits ont beaucoup progressé : l’édition critique allemande de ses œuvres (DBW) comprend 16 volumes parus entre 1986 et 1998, complétés par un index en 1999. La nouvelle édition française favorisera aussi, nous l’espérons, une réception plus approfondie encore de ces lettres saisissantes.

 

Que voulez-vous dire ?

S’il s’agit bien de mettre à la disposition du public un texte traduit de la manière la plus authentique possible, l’exercice n’est pas seulement technique : derrière les mots et le vocabulaire, les concepts et la culture confessionnelle sont signifiants. Nous avons donc tenté ensemble, avec Henry Mottu, de restituer le plus fidèlement possible l’esprit et la lettre du texte original.

 

Un exemple de ce dialogue entre deux traducteurs-théologiens ?

Les lettres écrites en prison par Bonhoeffer n’étaient évidemment pas destinées à être publiées. Eberhard Bethge, qui fut aussi son biographe, les a rassemblées et publiées sous le beau titre Widerstand und Ergebung. Si Widerstand signifie incontestablement résistance, le choix est ouvert pour Ergebung : soumission ou abandon ? Traditions et cultures protestante et catholique ont beaucoup à se dire sur ce sujet !

 

Qui Dietrich Bonhoeffer est-il maintenant pour vous ?

Un vrai croyant, qui se demande « comment vivre devant Dieu et avec Dieu sans Dieu ? », qui assume ses responsabilités humaines, qui s’appuie sur une théologie ancrée dans l’Evangile et l’espérance la plus authentique.

Propos recueilis par C. de C.

 

 

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DominiqueGiraudet - dans penser
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