Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ecosia : Le Moteur De Recherch

14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 09:41

Claude B. Levenson, journaliste engagée
Par Arnaud Vaulerin, Journaliste à Libération

C’est la voix d’une femme de lettres militante qui s’est tue mardi matin en Suisse.

Claude B. Levenson est décédée à 72 ans des suites d’un cancer. Ecrivaine et journaliste, elle avait «choisi l’arme de la parole et de l’écrit pour soutenir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes face à l’oppression dictatoriale ou coloniale, en particulier du Tibet».
Car elle était «une amie de longue date du Tibet et des Tibétains»,de l’aveu même du dalaï-lama qu’elle suivait depuis plus de vingt-cinq ans.
«Elle était tombée en passion pour cet homme et cette région, se souvient son amie, la sinologue Marie Holzman. Elle était très consciente des risques de mort de la culture tibétaine à cause des agissements des autorités chinoises.»
C’est en 1984 qu’elle se rend pour la première fois au Tibet. Elle y séjournera très souvent jusqu’à ce que son visa et celui de son mari, le journaliste Jean-Claude Buhrer, soient refusés en 2005 par Pékin.
Dans ce qui restera probablement l’un de ses livres les plus clairvoyants, Tibet, la question qui dérange (Albin Michel, 2008), Claude B. Levenson posait les enjeux sans détour : «La question du Tibet est de nature essentiellement politique. C’est une question de domination coloniale : l’oppression du Tibet par la République populaire de Chine et la résistance du peuple tibétain.» Elle contrecarrait la propagande de Pékin : «Reconnaître l’intégrité territoriale de l’Etat chinois ne signifie pas reconnaître la légitimité de l’invasion ni de l’occupation du Tibet.»
Insoumise par nature, y compris à toute forme de religiosité bigote, elle était «devenue philosophiquement bouddhiste», rappelle Philippe Picquier, l’un de ses éditeurs qui dresse le portrait d’une auteure «très exigeante et très pudique», refusant tout prosélytisme.
Chez Picquier, elle avait signé un livre sur la rencontre de Aung San Suu Kyi avec Jean-Claude Buhrer. Militante mais pas dupe sur l’opposante birmane et son image d’idole, elle évoquait dans ces colonnes «une personnalité très dure» qui «a trop voulu croire qu’il suffisait d’exiger la démocratie pour régler les problèmes. C’est un peu court comme programme, surtout quand il s’agit d’envisager l’après-situation militaire».
Claude B. Levenson appartenait à ces auteurs dont le voyage nourrit l’écriture. Ses amis se souviennent des mails et des mots reçus du Sri Lanka, d’Indonésie, du Cambodge, du Népal, etc. qui préfiguraient des livres, des reportages pour le Monde, le Nouvel Observateur, Géo, des commentaires politiques pour Libération ou la Radio suisse internationale.
Avant d’épouser l’Asie, elle avait vécu plusieurs années en Amérique latine et suivi les événements en Argentine dans les années 80.
Elle s’était liée d’amitié avec l’écrivain et diplomate mexicain Octavio Paz. Slavisante et orientaliste, Claude B. Levenson parlait bien une douzaine de langues apprises à l’école publique, au lycée Victor-Duruy à Paris et surtout à Moscou. C’est là, à l’université Lomonossov, où elle avait étudié le russe, la linguistique, la philosophie, l’Inde et ses religions, qu’avait débuté la carrière d’une passionnée. Qui n’était pas une pasionaria.

 

LIEN VERS LE SITE DE CLAUDE B. LEVENSON : link

 

 

http://www.claudelevenson.net/ifd/img_g.jpg

Partager cet article

Repost 0
DominiqueGiraudet - dans penser
commenter cet article

commentaires

dominique giraudet 18/09/2011 18:24



Merci Oscar pour ce commentaire , la géopolitique n'est pas mon point fort mais je comprend très bien ce que tu souhaites exprimer , finalement il y va des états comme des êtres : il
faudrait  un esprit de paix et de respect mutuel surtout à l'heure ou tout les pays devraient s'unir pour faire face à la grave question des déséquilibres écologiques et de la destruction
environnementale de la biosphère par l'espèce humaine , et aussi d'une juste répartition des ressources entre les êtres .                 Avec ma plus
profonde amitié,     Dominique      



Oscar 14/09/2011 17:12



Et bien sûr, encore merci pour tes articles qui ne laissent jamais indifférent, mon cher Dominique!


 


Amitiés, Oscar



Oscar 14/09/2011 17:10



Passionnant en tout cas, et édifiant. Le poids politique, économique et démographique énorme de la Chine, qui va d'ailleurs croissant rend hélas illusoire à mon avis toute perspective ne
serait-ce que d'autonomie thibétaine.


 


Tandis qu'a contrario, les Occidentaux avaient par exemple favorisé l'indépendance de la Biélorussie et de l'Ukraine, dans leur rage d'affaiblir l'URSS agonisante, sans réfléchir sur les
conséquences (gaz etc.) et sans que ces nouveaux états aient jamais connu une existence indépendante de la Russie dans leur histoire (Kiev avait même été la capitale du plus ancien état russe
organisé, à la fin du Moyen Age).


 


Pour en revenir à l'aricle, je suis juste un peu déçu d'apprendre que la célèbre opposante birmane est une femme dure: l'expression de son visage et son regard ne me semblaient pas révéler cela,
mais je sais que malheureusement les apparences sont souvent trompeuses...