“Pour ce qui en est de la superstition des logiciens, je
veux souligner encore, sans me laisser décourager, un petit fait que ces esprits superstitieux n’avouent qu’à contre-cœur. C’est, à savoir, qu’une pensée ne vient que quand elle
veut, et non pas lorsque c’est moi qui veux ; de sorte que c’est une altération des faits de prétendre que le sujet moi est la condition de l’attribut
« je pense ». Quelque chose pense, mais croire que ce quelque chose est l’antique et fameux moi, c’est une pure supposition, une affirmation peut-être, mais ce n’est
certainement pas une « certitude immédiate ». En fin de compte, c’est déjà trop s’avancer que de dire « quelque chose pense », car voilà déjà l’interprétation d’un
phénomène au lieu du phénomène lui-même. On conclut ici, selon les habitudes grammaticales : « Penser est une activité, il faut quelqu’un qui agisse, par conséquent… » Le vieil
atomisme s’appuyait à peu près sur le même dispositif, pour joindre, à la force qui agit, cette parcelle de matière où réside la force, où celle-ci a son point de départ : l’atome. Les
esprits plus rigoureux finirent par se tirer d’affaire sans ce « reste terrestre », et peut-être s’habituera-t-on un jour, même parmi les logiciens, à se passer complètement de ce
petit « quelque chose » (à quoi s’est réduit finalement le vénérable moi).”
Friedrich Nietzsche, Par delà le bien et le mal, ch. I, 17
Le voilà en frère de Baruch Spinoza, qui le disait peut-être mieux. En fin de compte, il n’ ya partout qu’ expression de l ‘être - peu importe le nom qu ‘on lui donne - c ‘est-à-dire qu’il n’est point de signifiant mais l’ affirmation absolue, sans référence à quoique ce soit d’extérieur, de l’essence ! Ce qui implique l’affirmation de l’ idée de l ‘idée du corps, c ‘est sens de la terre qui ne ne dit point moi mais fait moi..
Rédigé par : xavier zugarrondo | le 05 décembre 2008 à 11:27 | Alerter