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Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /2009 11:13

Citation de Henri Laborit

"Beaucoup d’entre nous 
mourront ainsi sans jamais 
être nés à leur humanité, 
ayant confiné leurs systèmes associatifs à l’innovation 
marchande, en couvrant de 
mots la nudité simpliste de leur inconscient dominateur."

Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /2009 09:47
 
nouvelobs.com
Aimer à perdre la raison
nouvelobs.com - France
Il est notamment l'auteur, aux PUF, de «Temps et destin» et de «Montaigne et la philosophie». Tranquillement, Marcel Conche se préparait donc à mourir. ...



 
Le chateau de Michel de Montaigne
Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /2009 16:15
nouvelobs.com
Deux amazones à Paris
nouvelobs.com - France
Tous ceux qui travaillent sur la technologie, Heidegger ou la communication, se réfèrent à la pensée ronellienne. Elle a une façon virtuose d'entremêler ...
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Judith Butler




Avita Ronell
Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 17:36

CULTUREESSAILIVRES

Nietzsche, le Gai savoir

Publié le 12 mai 2009 par Argoul

nietzsche-gai-savoir.1242116495.jpgRien à voir avec une attitude sexuelle (pour ceux qui ignorent le philosophe), mais bien plutôt avec la ‘gaya scienza’ provençale au temps des troubadours. Friedrich Nietzsche, en effet, n’aimait pas la lourdeur de nourriture, de relations et de pensée des Allemands (pour lui, c’est tout un). Notamment celle des philosophes de l’idéalisme allemand comme Leibniz, Kant ou Hegel. Il préférait – et de beaucoup – la légèreté de cuisse, de cuisine, de conversation et de lumière du sud européen. Il écrit le ‘Gai savoir’ en 1882 et le complète en 1887 avec en sous-titre provençal la ‘gaya scienza’. C’est une référence à l’unité humaine des trois ordres de l’existence : le troubadour des passions, le chevalier du courage et le savant du savoir. Pour lui, le savoir doit être « gai », léger et lumineux, parce qu’il est positif, signe de santé du corps, de vitalité des affects et de légèreté de l’esprit. Bien loin, du style pesant, pédant, empesé et structuré comme une scolastique des Hegel et avatars…

Ce pourquoi Nietzsche écrit en aphorismes, ces courts paragraphes où ne court qu’une idée à la fois. Ce n’est pas anarchie de pensée, mais liberté d’explorer. Plutôt que de s’enfermer dans le carcan d’une méthode et d’une idée totale (totalisante, totalitaire), Nietzsche garde la pensée ouverte. Il procède à la Montaigne (qu’il aime fort), « par sauts et gambades ». Il ouvre des perspectives plutôt que de figer la pensée ; il teste ses idées, plutôt que d’en faire un monument d’immobilisme académique ; il éclaire le chemin, il ne donne pas le plan. Nietzsche n’est pas le laborieux laboureur (allemand) qui peine à creuser son sillon méthodique, mais le libre danseur (français, italien, grec) qui tente de s’élever dans les airs. Les paradoxes (ceux du comédien) servent à faire éclater les carcans dans lesquels se fige volontiers la « pensée ».

Nietzsche exècre – comme Flaubert – cette fameuse doxa, l’opinion commune dénoncée par Socrate. Le Savoir n’a pas le sérieux papal de « la Vérité », puisqu’il est sans cesse remis en cause par l’expérimentation scientifique, par l’évolution des relations humaines et par le mouvement du temps en histoire. La poursuite « des » vérités est allégresse, celle de « la » Vérité un renoncement confortable. Se réfugier dans une Bible, un Savoir unique, une Vérité-en-soi, un Règlement, révèle une crainte du monde et du changement, un tempérament frileux et maladif – apparatchik ou fonctionnaire. A l’inverse, explorer l’autre et l’ailleurs, d’une curiosité sans cesse en éveil, est signe de santé, d’un être bien dans sa peau, énergique et positif, d’une générosité qui déborde. Les vérités sont comme des enfants, dit Nietzsche, « innocence et oubli, un renouveau et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, une sainte affirmation. » (Ainsi parlait Zarathoustra, Des trois métamorphoses). chevalier-troubadour.1242116508.jpg

Il n’existe pas de Vérité dans l’absolu, à tout prix, mais une vérité vivante qui change avec les perspectives humaines, trop humaines – et qui aide à vivre ici et maintenant. La Vérité absolue est une croyance, les vérités ici et maintenant sont des hypothèses provisoires, comme la science aime à en tester tous les jours. Le doute rend gai parce qu’il en appelle à l’illusion nécessaire, comme au théâtre. L’être humain n’est pas parfait et tout ce qu’il fait est mêlé toujours de bon et de mauvais. L’existence est donc tragique, comme nous l’avaient appris les Grecs, ce qui ne les empêchait nullement de bien vivre et d’en philosopher. Le savoir – la science – est un outil de l’homme, pas la révélation du Livre de Dieu. Chaque être vit dangereusement, puisque l’existence est une affection mortelle. Dans la connaissance, combattre l’erreur ou la vanité est un antidote utile au ‘croire savoir’, qui est bien pire qu’ignorer. C’est ce que Nietzsche appelle le « tempérament artiste », une conscience de l’apparence, le consentement à ne jamais connaître le cœur absolu des choses. Ceux qui ont une volonté radicale de « savoir » ont bien vite le dégoût de ce monde imparfait, provisoire, et rêvent d’un « autre » monde ailleurs ; ils ne vivent donc pas - l’ici et le maintenant leur étant insupportables.

Ce pourquoi Nietzsche décrète « la mort de Dieu ». C’est moins le Dieu historique des Chrétiens et autres religions du Livre que la fin en la croyance qu’il existe un absolu hors de ce monde ou une Vérité unique - universelle et de toute éternité. La percée conceptuelle de la physique quantique et relativiste est fondée sur cette remise en cause nietzschéenne d’une Vérité absolue, « révélée » et intangible. Les vérités humaines ne sauraient être celles de dieux ; elles sont donc provisoires et en appellent à l’imagination au pouvoir pour naître et se renouveler. L’univers n’est pas figé, il s’étend ; il n’est pas stable, il se transforme sans cesse ; il n’est pas intemporel puisque né du Big Bang et appelé peut-être à se contracter à nouveau un jour. Tout change, tout bouge, nul corpuscule n’est Un, mais composé de corpuscules plus petits, qui s’intègrent comme des poupées russes dans de plus grands – là où les règles physiques changent, de l’interaction faible à l’au-delà de la gravitation de la relativité générale…

La connaissance n’est qu’un ensemble de vérités provisoires. Sa valeur n’est pas la Vérité mais la façon qu’elle a d’aider à vivre. Le concept n’est qu’une métaphore. L’homme du gai savoir doit se tenir à l’équilibre entre pessimisme et orgueil ; il doit admettre qu’il ne vit sainement qu’en tension entre ses propres contradictions : celles qui le poussent en avant et celles qui l’incitent à s’abandonner. Question de tempérament : « car, en admettant que l’on soit une personne, on a nécessairement aussi la philosophie de sa personne. » « Et de hasarder cette idée : chez tous les philosophes, il ne s’est jusqu’à présent nullement agi de ‘vérité’, mais d’autre chose, disons de santé, d’avenir, de croissance, de puissance, de vie… » (Avant-propos au ‘Gai savoir’, 2).

Frédéric Nietzsche, Le Gai savoir, Folio 1989

 

Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 12:09

Ethique animale

 

de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

 

  • Broché: 320 pages
  • Editeur : Presses Universitaires de France - PUF (1 février 2008)
  • Collection : Ethique et philosophie morale
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2130562426

Les animaux ont-ils des droits ? Avons-nous des devoirs envers eux ? Dans quelle mesure peut-on les tuer pour se nourrir, se divertir, faire de la recherche, enseigner, faire la guerre ? En quoi l élevage industriel est-il pro¬blématique ? Pourquoi le foie gras est-il interdit dans certains États ? Quels sont les enjeux éthiques des animaux transgéniques ? Faut-il abolir la corrida, la chasse aux phoques, l utilisation d animaux sauvages dans les cirques ? Voici quelques-unes des questions soulevées par l évolution des rapports entre l homme et l animal.L éthique animale est l étude du statut moral des animaux, c est-à-dire de la responsabilité des hommes à leur égard. Pour la première fois dans le monde francophone, cette discipline d origine anglo-saxonne est introduite dans un style clair et pédagogique, dans une perspective interdisciplinaire, à la fois théorique et pratique, qui s adresse autant aux étudiants et aux chercheurs qu aux professionnels de la protection animale et au grand public.

Biographie de l'auteur
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer a une double formation en droit et en philosophie. Rattaché au Centre de recherches politiques, Raymond Aron de l EHESS, auteur de Sade moraliste (Droz, 2005), il a enseigné l argumentation et l éthique à l Université de Montréal de 2004 à 2007.

 

 

Table des matières

 

IDEES
Eléments historiques
Les notions primitives
Les principales positions
Les approches alternatives
Les stratégies d'exclusion
Les critiques spécistes
Le terrorisme animalier
PROBLEMES
Les animaux de consommation
Les animaux de recherche
Les animaux de divertissement
Les animaux de compagnie
Les animaux sauvages
Les animaux de travail

 

 

 

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Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /2009 19:22
Aurigemma, Luigi
mention principale : avant-propos de Leslie de Gabert
préface de : Augusto Romano et Giovanni Niccoli
Herne , Paris
collection Carnets de l'Herne
Parution :  mars 2009
  11,50 € 

 

Résumé

Réunis peu de temps avant sa mort par Luigi Aurigemma lui-même, ces textes centrés sur des interrogations philosophiques fondamentales offrent une approche de sa pensée, de sa réflexion et de sa méthodologie. Les textes abordent différentes thématiques : la conscience, la vieillesse et le désir, la mort, Jung et la métaphysique, etc.

Quatrième de couverture

L'éveil de la conscience

Qu'est-ce que la conscience ? L'expérience que, depuis des millénaires, aussi bien en Occident qu'en Orient, bien des voies de Sagesse ont cherché à atteindre par le biais des langages les plus divers [...]. En fait, toute tentative de dire avec des mots ce qu'est ce saut de niveau n'est rien moins qu'un balbutiement, car comment parvenir à cerner, et à exprimer par des mots, toujours insuffisants et approximatifs, ou abstraits, l'expérience qui est, de toutes, la plus surprenante à vivre, et la plus difficile à exprimer, l'expérience de la nature psychique de l'Être, qui est, formulée autrement, l'expérience du divin ?

Mais cela n'a rien d'une noyade mystique. Au contraire, il s'agit d'une évidence d'une clarté extrême, d'une clarté dont toutes les évidences concrètes portent le reflet, d'une évidence béate entièrement ouverte, qui saisit celui qui la vit dans les profondeurs de son âme à l'instant intemporel où il comprend, où il se rend compte, où il sait qu'il est. Tel est l'éveil. L. A.

Fiche technique

  • Reliure : Broché
  • Page : 203 p
  • Format : 17 x 11 cm
  • Poids : 185.00 g
  • ISBN : 978-2-85197-446-4
  • EAN13 : 9782851974464

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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /2009 18:22

jeudi 28 mai 2009

Essai sur la simplicité d'être

Alain Chareyre-Méjan



Paru le : 28/05/2009
Editeur : Erès
Collection : 69
Prix : 12 €

« L'anxiété de vivre est le sentiment que tout est amené à finir à un moment ou à un autre. Pourtant, pris en lui-même, le fait d'être n'a pas lieu dans le temps mais au présent et, en cela, il ne finit jamais. Dans cette perspective, le vrai mystère n'est pas le fait de vivre mais celui, simplement, d'être et d'exister. La simplicité d'être en général, autrement dit la coïncidence du monde avec son existence à chaque instant, dégage un impératif semblable à celui que Hölderlin formulait de la façon suivante : ‘Retourner le désir de quitter ce monde pour l'autre en un désir de quitter un autre monde pour celui-ci’. » A. C.-M.
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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /2009 18:03
Avital Ronell : "Je veux faire mal aux textes"
Le Monde - France
Parfois, quand elle annonce en Allemagne qu'elle va parler d'Heidegger ou de Nietzsche, la moitié de l'amphithéâtre se lève. "Même si vous pensez que ces ...


Le sofa de Freud
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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /2009 11:54

Colloque international "Lectures de Difficile Liberté"

Appel à contribution

Information publiée le mercredi 3 juin 2009 par Fabula (source : Eric Hoppenot)

Date limite : 30 septembre 2009

Société Internationale de Recherches Emmanuel Levinas (sirel, paris)

North American Levinas Society (nals, usa)


Colloque International : “Lectures de Difficile Liberté

5-9 Juillet 2010 | Toulouse, France


Appel à Communication

 

Paru en 1963, réédité en 1976, Difficile Liberté, Essais sur le judaïsme est apparemment l'ouvrage le plus accessible de Levinas et une excellente introduction à son oeuvre. Ces textes publiés dans de nombreuses revues (L'Arche, Information juive, Esprit, Évidences, etc.) sont un miroir de la société, de la culture et de la philosophie de la France des années 1950-1970. Bien que liés à la période dans laquelle ils s'inscrivent (fin de la Seconde Guerre mondiale, découverte de l'horreur des camps, stalinisme, création de l'État d'Israël) ces articles ne se réduisent nullement à être des écrits de circonstance.

Dans Difficile Liberté, Levinas s'efforce de concevoir le judaïsme après la Shoah, d'envisager les conditions et la nécessité d'une réflexion et d'un enseignement juifs, dans un dialogue réel mais critique avec une société moderne. Dans ces chemins de pensée, on croise fréquemment des écrivains et des philosophes qui accompagnent Levinas : Claudel, Heidegger, Hegel, Spinoza, S. Weil, Gordin et Rosenzweig, mais plus encore les textes saints, la Bible et les paroles des Maîtres d'Israël dont Levinas ne cesse d'exiger l'étude. La modernité de Levinas serait-elle, paradoxalement, l'injonction adressée aux Juifs d'un retour aux vieux « traités vermoulus » (« le Juif du Talmud doit prendre le pas sur le Juif des Psaumes ») ? L'écriture de ces articles nous surprend encore ; écriture vive, ramassée, synthétique, aux accents parfois lyriques, Levinas usa rarement d'une telle écriture, aussi violente, polémique, alliant conviction et stupéfaction. Et il n'est pas vain de se demander si la clef même de l'unité de l'oeuvre de Levinas - le lien entre sa dimension philosophique et sa dimension spécifiquement juive - n'est pas à chercher dans Difficile Liberté.

Au-delà du nécessaire questionnement du titre de l'oeuvre (emprunté aux derniers mots de l'article « Éducation et Prière »), l'objectif de ce colloque est non seulement de réinscrire les textes de Difficile Liberté dans leur contexte historique, philosophique, et dans le cadre de l'évolution de la pensée de Levinas, mais plus encore, de les entendre à nouveau dans l'étonnement et le questionnement qu'ils suscitent encore aujourd'hui. On proposera des lectures synchroniques ou diachroniques qui susciteront des mises en perspective des articles de Difficile Liberté avec d'autres oeuvres de Levinas, on pourra notamment envisager des problématiques portant sur :

 

la phénoménologie, l'éthique, la Shoah, Israël, les lectures talmudiques, la conception levinassienne de la science et de la technique, le rapport de Levinas à Heidegger, à Rosenzweig, à Bergson, sa relation avec les philosophes et écrivains français, le rapport de Levinas au christianisme, Levinas éducateur, etc.

 

Ce colloque international est organisé à l'initiative de la Société internationale de Recherches Emmanuel Levinas (SIREL, Paris, www.sirel-levinas.org ) et de la North American Levinas Society (Purdue, USA, www.levinas-society.org). Il accueillera des participants venant du monde entier et comportera environ 120 communications. Une priorité sera accordée aux étudiants et jeunes chercheurs. Les actes du colloque seront publiés (articles sélectionnés par un comité de lecture). Suivant les possibilités budgétaires, une aide financière pourra être octroyée à certains participants, en particulier aux jeunes chercheurs.


Soumission des propositions de communication et calendrier

 

1. Avant le 30 septembre 2009 : soumission d'un résumé de 500 mots décrivant le contenu de la communication (durée : 30 minutes, français ou anglais), accompagné d'une brève bio-bibliographie.

2. 15 novembre 2009 : notification de l'acceptation des communications après lecture par le comité scientifique.

3. Février 2010 : publication du programme du colloque.

 

Soumissions en fichier attaché (Microsoft Word, de préférence)

et questions concernant le colloque : dlib2010@gmail.com


Responsable : Société Internationale de Recherche Emmanuel Levinas (SIREL, Paris) et NORTH AMERICAN LEVINAS SOCIETY (NALS, USA)

Url de référence :
http://www.mauriceblanchot.net


Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 16:40

Une société sans ennui, un monde sans humanité

Drôle de société que la nôtre. Imposant déjà un individualisme forcené et une frénésie de vitesse, elle semble abolir un état pourtant essentiel : celui de l’ennui, du rien faire, du néant.


 

C’est par un mode de constante stimulation qu’elle y parvient. Ainsi, pas un espace où le regard n’est pas, en zone urbaine, attiré par une publicité. Pas un lieu sans bruits, que ce soit le bruit de la vie comme celui de la musique omniprésente (magasins, parking, etc..).

Il serait devenu dangereux de ralentir, de freiner, de ne rien faire. Cela se stigmatise dans les messages donnés de partout : soyez rapides, faites ceci, faites cela, ne rester pas seul (!).

Et pourtant le repli sur soi, l’ennui, le "bullage", l’arrêt, sont primordiaux à l’être humain. Certes, l’ennui imposé (par la maladie par exemple qui nous cloue au lit) peut "taper largement sur le système", mais l’ennui léger, celui que l’on décide presque, est une source intense de bonheur.

Car comment apprécier les bons moments si nous ne connaissons pas les moments vides ? Comment être certain d’aimer quelque chose (ou quelqu’un) si nous n’avons pas de comparaison possible avec un état de vide, voire un moment désagréable ?

Notre société cherche à nous priver d’une chose fondamentale : la possibilité de vivre des choses neutres ou déplaisantes. Elle cherche à nous amputer de notre être pour simplement cacher la vacuité de ce qu’elle nous propose, et éviter que nous ne prenions le temps de voir que nous sommes loin du bonheur.

Cela commence très tôt. Combien de parents (ou pédagogues) disent aux enfants qui leur signalent qu’ils s’ennuient : "ben je sais pas, prend ta playstation, écoute de la musique, va faire un tour, joue au ballon". Ou bien culpabilise en se disant que leur enfant est triste ? Au lieu de simplement lui dire ce qui relève de l’incitation cognitive "réfléchis à ce que tu voudrais faire".

En limitant ainsi le recours à la réflexion, nous privons déjà l’enfant de sa part d’imaginaire (c’est à dire ce qui sort de son propre vécu, de ses propres fantasmes). Comme si la notion même de "non ennui" devenait un enjeu d’éducation ! Alors que c’est le contraire ! Comment ne pas comprendre que (même si des facteurs extérieurs jouent sûrement) l’hyperactivité croissante des enfant est plus liée à une sur-stimulation constante qu’autre chose ? Aucun arrêt, un être perpétuellement stimulé (cela commence parfois au niveau foetal avec les cours de langue via des casques audio et cela continue avec les activités extra-scolaires qui transforment les enfants en ministre : cours de judo, de musique, de langue, de religion, etc... En une semaine, l’enfant n’est jamais à l’arrêt !). L’humanité globale est niée au profit d’une déshumanité du mouvement permanent.

Et cela continue à l’âge adulte. Le travail répétitif, puis les transports (souvent en voiture avec la radio), puis la télévision (et son cortège de publicités) et enfin le sommeil (souvent artificiel, médicamenteux). A aucun moment nous ne prenons le temps de nous poser (un banc, un livre (ou pas), observer les gens, les paysages et le monde). Non, nous courons en permanence, à la recherche d’un bonheur jamais atteint et inatteigniable, car inconnu ! Au point aujourd’hui de mettre un écran devant tous les yeux, même en voiture pour les passagers. A croire que les équipes de Pixar avaient raison quand ils donnaient une vision technologique de l’avenir dans Wall-E et ses sièges à porteur munis d’écrans allumés en permanence.

Car la vie sans vide est tout sauf la vie. Cela revient à courir en permanence un marathon sans fin. La société nous impose, en fait, de ne pas prendre le temps du recul (contrôle social ? Sûrement). Comme si pouvoir se demander ce que nous sommes et où nous allons étaient les deux questions interdites.

Prendre le temps de la lenteur, de l’ennui, de ne rien faire est un acte bien plus important qu’il n’y paraît. C’est le moment où, comme si cela n’allait pas de soi, nous arrivions enfin à faire le point sur nos vies, à nous interroger vraiment sur l’essentiel et le superflu. Comprendre ce que nous aimons vraiment par rapport à ce que l’on nous impose d’aimer, via la publicité par exemple.

Prendre le temps de soi, d’être, devient un acte plus militant que ce que nous envisagions, et nous met hors normes de la société du spectacle permanent dans laquelle nous "vivons". Retrouver la lucidité du monde est aujourd’hui primordial.

Prenons le temps du temps, prenons le temps de vivre.

Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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