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Samedi 24 octobre 2009 6 24 10 2009 17:25

Auteur

Frédéric Schiffter

Frédéric Schiffter
Biographie
Frédéric Schiffter est né en 1956 en Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso, appelé aussi le « pays des hommes intègres »). Dix ans plus tard, à la mort de son père, il échoue à Biarritz, où, depuis, il regarde passer le temps à travers les embruns. Il lui arrive aussi d’enseigner la philosophie l’hiver, de surfer l’été, et, à ses moments perdus, qu’il apprécie comme les meilleurs de la vie, de commettre quelques essais égotistes qu’il envisage de regrouper un jour en un volume ayant pour titre Vade-mecum de l’Inutile.
Bibliographie
Aux éditions Le Dilettante :

Délectations moroses, 2009.

Chez d'autres éditeurs :

Lettre sur l’élégance, Distance, 1988 ;
rééd. sous le titre Métaphysique du frimeur, Milan, 2004.
Lettre sur le dandy, Distance, 1994.
Guy Debord, l’atrabilaire, Distance, 1997.
rééd. sous le titre Contre Debord, PUF, 2004.
Sur le blabla et le chichi des philosophes, PUF, 2001.
Pensées d’un philosophe sous prozac, Milan, 2002.
Le Plafond de Montaigne, Milan, 2004.
Petite philosophie du surf, Milan, 2005.
Le Philosophe sans qualités, Flammarion, 2006.
Traité du cafard, Finitude, 2007.
Le Bluff éthique, Flammarion, 2008.

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Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 10 2009 17:41
 
IMPRIMER LA FICHE DETAILLEE
 
 

Dulau Pierre

Heidegger

Pas à Pas

978-2-7298-4008-2,  DULAU

14,5 x 21 cm, 256 pages, 18 €

Parution : 2008        statut : Disponible

 

Consultez la table des matières TABLE DES MATIERES
Lire un extrait de l'ouvrage EXTRAITS
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Heidegger disait vouloir tracer des chemins et non constituer des œuvres. Faire progresser la pensée dans des territoires encore non frayés et non pas donner un tour systématique à un ensemble de thèses concernant la nature du monde et de la réalité. Ce territoire encore non frayé, c’est le domaine de l’être, une énigme qui, pour être à la racine de la philosophie, n’en a pas moins été, comme telle, occultée par l’ensemble des philosophes. Heidegger veut donc nous sensibiliser à un questionnement insolite et inquiétant, une manière d’envisager la relation au réel qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire de la pensée, ni religieuse, ni philosophique. Au soir de la civilisation occi-dentale, Heidegger nous invite à retrouver l’expérience initiale qui, origi-nellement, a suscité le besoin de questionner sur la vérité, sur l’essence des choses, en un mot sur l’absolu.
Le texte ici proposé se donne pour tâche d’accompagner pas à pas le lecteur dans cette itinérance en lui donnant les clefs conceptuelles lui permettant d’apprécier ce qui fait la radicalité inouïe de la parole de Heidegger.



Note personnelle : Un livre clair et accessible sur la pensée , le cheminement de pensée de ce grand philosophe . A conseiller sans hésiter à toute personne souhaitant découvrir ce penseur réputé difficile ,cet ouvrage écrit en langage courant et agréable à lire . Il y a aussi de précieux conseils de lecture notamment concernant l'oeuvre maitresse et fondatrice de Heidegger " Etre et Temps " .

Bien amicalement,

Dominique Giraudet . 

     
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 10 2009 16:45

 

  •  ·

La pensée poétique pour Heidegger n’est pas un simple jeu esthétique, comme c’est le cas dans l’acception courante du mot « poésie ».

Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 10 2009 11:31
Etant amateur de films de science-fiction , j'ai beaucoup apprécié ce film , je le recommande aussi pour les réflexions utiles et intelligentes qu'il suscite et par seulement pour les excellents effets spéciaux dont je suis aussi trés friand .L'histoire est bien construite, structurée , trés instructive, nous pouvons y voir une sorte de fable sociale trés crédible .Les extraterrestres sont trés réussis et aussi trés crédibles . Une belle réussite cinématographique dans ce genre difficile et exigeant entre tous que reste le cinéma de science-fiction .

Bien à vous ,
Dominique .

 
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 09 2009 16:36
.................à mon domicile , je ne puis assurer ,pour l'instant, un suivi régulier de mon blog "penser" , néanmoins , je garde le contact grace aux ordinateurs publiques .  Je répondrai à toutes les personnes qui ont eu l'attention ,l'amabilité de laisser un commentaire , une question   sur mon blog .

Avec mes plus amicales et attentives pensées à toutes et à tous,

Dominique Giraudet .



Pensée de Marcel Achard :

La vie, ce n'est pas sérieux ,
on y entre sans le demander ,
on en sort sans savoir ou on
va , on y reste sans savoir ce
qu'on y fait .

Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Vendredi 24 juillet 2009 5 24 07 2009 17:08

Lettre au journal Le Monde au sujet des druides

Le Monde est-il encore aujourd’hui le journal intellectuel et de débat qu’ont voulu ses fondateurs ? J’en doute. Trois articles successifs publiés sur les Gaulois. Une proposition de débat payant du genre poudre aux yeux qui n’a d’ailleurs aucun succès. Des textes qui se terminent immanquablement par des renvois aux livres des historiens de métier, lesquels, évidemment, ne viendront jamais répondre aux questions. Et aussi - j’allais l’oublier - les maisons d’édition où on est invité à acheter ces ouvrages. Une façon de dire au citoyen lecteur lambda : "Lisez ! Si vous voulez en savoir plus, achetez ! Et si vous n’êtes pas content...

Eh bien, moi, je préfère le journal internet d’Agoravox.



Signé par le journaliste accrédité, l’article du Monde de ce jeudi 23 juillet, avait pour titre : "Le druide, ce philosophe".
 
Premières réactions à chaud (en italiques, marqués d’un*, des extraits de l’article).
 
...*lorsque César (100-44 avant J.-C.) part en campagne, en 58 avant notre ère, "il ne reste déjà presque plus de druides en Gaule, les derniers se font discrets et ne sont que des produits de l’institution pédagogique", assure Jean-Louis Brunaux....En réalité, la majorité des passages ethnographiques de La Guerre des Gaules, sont recopiés de l’oeuvre de Poseidonios d’Apamée (135-51 avant J.-C.)

Je suis très surpris. Je n’ai jamais eu l’impression que César s’inspirait des écrits perdus de Poseidonios comme l’a fait Strabon,  mais ce dont je suis certain c’est qu’il décrit bien une situation qu’il voit et que son témoignage sur les druides est, à la fois, très détaillé et très fiable.

 *Mais tout cela (le témoignage de César) était bel et bien révolu au moment de la Guerre des Gaules : sinon, César se serait inquiété des druides lors de ses opérations. Il n’en a rien été.

 Je suis très surpris qu’on mette ainsi en doute ou qu’on ne comprenne pas le témoignage de César. Cicéron, son contemporain, dit que Divitiac était druide. César ne le précise pas mais c’est tout comme ; car parmi les "princeps" qu’il met en scène, il y a bien évidemment les premiers des druides. Quant au petit clergé druidique, les sacerdos, il n’en parle qu’occasionnellement.

 *Le poète romain Lucain (39-65), les décrit comme habitant "au fond des forêts dans des bois reculés" et, surtout, leur reproche leurs "rites barbares et leur sinistre coutume des sacrifices" humains. 

Soyons précis ! Lucain, c’est plus de cent ans après l’observation de César. Que s’est-il passé pendant ces cent ans ?

L’empereur Claude (41-51) abolit entièrement dans les Gaules la religion cruelle et barbare des druides, qu’Auguste n’avait interdite qu’aux citoyens (Suétone, Vie des douze César, Claude, 25). Cela signifie qu’au temps d’Auguste, le clergé druidique bénéficiait encore de toutes ses prérogatives de mise à mort (il faut comprendre que les mises à mort des condamnés se faisait suivant un rite religieux). Auguste avait seulement interdit la pratique des sacrifices humains à ceux qui sollicitaient le titre de citoyens romains. Leurs Premiers défilaient à Rome, en chars, sur le même rang que les grands prêtres Flamines romains. Rappelons également qu’à Lyon, chaque année, les représentants religieux des Gaules se réunissaient sous l’autorité d’un grand prêtre.

En l’an 21, la révolte contre Tibère de l’Eduen Sacrovir - l’homme qui est dans le sacré - marque probablement le dernier sursaut d’un druidisme qui a laissé son nom à des "réfractaires", à l’image des prêtres réfractaires de la Révolution. Ce sont ceux-là que fustige Lucain. Il faut donc relativiser cette déclaration qui ne concerne qu’une frange d’un clergé gaulois en pleine évolution mais toujours bien présent. 

Pomponius Méla, contemporain de Cicéron et de César, écrit que de son temps, on s’abstenait en Gaule d’immoler des hommes mais qu’on ne refusait cependant pas ceux qui se dévouaient. En revanche, dans ce même premier siècle, Diodore de Sicile affirme que lorsqu’il s’agissait de délibérer sur une chose importante, les druides immolaient un homme en le frappant avec un coutelas par le travers du dos. Après qu’il fut tombé, ils pronostiquaient l’avenir en observant les palpitations de ses membres et l’écoulement de son sang (livre V). Et c’est Lucain qui nous donne la clé des croyances druidiques : « Les Gaulois ne veulent aller ni dans les tristes royaumes du dieu des profondeurs, ni dans les silencieux séjours de l’Erèbe. Ils disent que le corps-âme vit dans l’autre monde (orbe alio). La mort est une phase intermédiaire avant une longue vie. » Et le poète ajoute : « Les Gaulois sont heureux quand la crainte de la mort, la plus terrible de toutes, les talonne. Ils se ruent au combat, l’esprit plein de courage. Leurs âmes sont prêtes à recevoir la mort. Ils savent que leur récompense sera la revie qui sera refusée au poltron. » Ce que confirme Ammien Marcellin au IVème siècle  : Les druides étaient d’une intelligence supérieure. Groupés en associations comme Pythagore l’avait prescrit, ils s’étaient haussés jusqu’aux questions qu’on se pose sur les choses cachées et élevées. Regardant de très haut les affaires humaines, ils proclamèrent publiquement que les âmes étaient immortelles (livre XV, chap IX).

César ne dit pas autre chose  : Pour ces sacrifices, ils faisaient appel au ministère des druides. Certains peuples avaient de grands mannequins d’osier dans lesquels ils enfermaient des hommes que l’on jetait au feu. Tel était le supplice punissant les brigands et les voleurs ; mais lorsque ceux-ci manquaient, on n’hésitait pas à sacrifier des innocents.

Ensuite vient l’ironie *Car il nous est bien difficile de croire à cette histoire de savants celtes dissertant sur la longueur du méridien ou sur la course des astres.

Je suis très surpris : aucun auteur antique ne dit que les druides dissertaient sur la longueur du méridien.

L’article se termine enfin sur une interprétation du fond du chaudron de Gundestrup : *A mon sens, le chaudron de Gundestrup figure la date à partir de laquelle les Celtes comptent le temps, dit Paul Verdier. L’origine de leur calendrier, en somme." Le chaudron représenterait donc l’aspect du ciel près de vingt siècles avant sa fabrication !

Je laisse aux commentateurs le soin de commenter sur ces vingt siècles de mémoire druidique.



Par DominiqueGiraudet
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Vendredi 24 juillet 2009 5 24 07 2009 16:50
Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Vendredi 24 juillet 2009 5 24 07 2009 16:25
L'enquête policière accable Julien Dray qui évoque de simples prêts
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L'enquête policière menée sur les comptes de Julien Dray depuis plus de six mois est accablante pour l'élu socialiste, suspecté d'avoir bénéficié durant plusieurs années de mouvements de fonds issus d'associations alors qu'il fait état de simples prêts qu'il a remboursés.

Photographe : Jean-Pierre Muller AFP/Archives :: Le socialiste Julien Dray le 29 août 2008 à l'université d'été du PS à La Rochelle
Photographe : Jean-Pierre Muller AFP/Archives :: Le socialiste Julien Dray le 29 août 2008 à l'université d'été du PS à La Rochelle
photo : Jean-Pierre Muller , AFP

Les avocats de M. Dray ont réagi à des fuites vendredi dans la presse en annonçant leur intention d'attaquer en justice Médiapart et Le Monde qui ont publié de larges extraits du rapport de synthèse des policiers de la Brigade financière (BF).

Ceux-ci enquêtent depuis le 10 décembre 2008 sur des mouvements financiers entre la Fidl (organisation lycéenne), Les Parrains de SOS Racisme et M. Dray, par l'intermédiaire de deux de ses proches.

Ces mouvements de fonds suspects sont évalués au total à environ 350.000 euros entre 2005 et 2008, le plus souvent sous forme de chèques.

Les enquêteurs soupçonnent ainsi la Fidl d'avoir versé quelque 23.000 euros à une proche collaboratrice de M. Dray. Dans leur rapport de synthèse, les policiers relèvent que "certaines sommes encaissées ont été suivies d'un décaissement au profit" de l'élu socialiste.

Dans ce rapport, écrit à l'issue de sept mois d'enquête menée par le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, les enquêteurs épinglent également Les Parrains de SOS Racisme, émanation de l'organisation antiraciste destinée, de l'aveu même de SOS Racisme, à régler les dépenses en espèces de l'association.

Deux proches collaborateurs de M. Dray auraient ainsi perçu des Parrains des virements pour des prestations non établies et en auraient reversé une importante partie au député. Ils auraient même, selon les enquêteurs, bénéficié d'un système de fausse facturation.

L'élu socialiste aurait également perçu des fonds provenant d'un ami commerçant dans le sud de la France, ainsi que d'une association de l'Essonne et de l'homme d'affaires Pierre Bergé.

Au cours de leurs auditions, M. Dray et ses deux proches auraient justifié ces versements par des prêts à des périodes où M. Dray rencontrait des difficultés financières.

Sur les quatre dernières années, les dépenses annuelles moyennes de M. Dray se seraient ainsi élevées, selon les policiers, à 521.919 euros (soit environ 43.500 euros par mois) pour des revenus inférieurs, estimés à en moyenne 407.854 euros (34.000 euros par mois).

Devant les enquêteurs, qui ont écarté la piste d'un financement politique, M. Dray a assuré n'avoir bénéficié d'"aucun enrichissement (ni) d'aucune malversation". "Je ne suis pas un irresponsable dépensier, je ne suis en rien un homme qui vit dans la luxure", s'est-il défendu au cours de son audition à la BF fin juin.

Ses avocats, qui ont déjà intenté plusieurs actions en justice contre des médias, ont annoncé à l'AFP leur intention d'attaquer les deux médias, qui affirment que M. Dray et "une demi-douzaine" de personnes seront renvoyés devant le tribunal en septembre.

"Comment expliquer, alors que le rapport de synthèse des enquêteurs ne qualifie pas pénalement les faits, que certains journalistes se permettent de se substituer au ministère public pour claironner que les jeux sont faits?" s'est interrogée Me Florence Gaudillière, une des avocates du député PS de l'Essonne.

Le parquet, qui dirige cette enquête et n'a pas ouvert d'information judiciaire, "menait déjà l'instruction sans juge d'instruction, on va maintenant avoir un procès sans tribunal", a déploré l'avocat de la Fidl, Me Patrick Klugman.

Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Vendredi 24 juillet 2009 5 24 07 2009 12:57
Entretien avec Dominique Barbier, expert-psychiatre

La fabrique de l'homme pervers

Par Anne Crignon

Sous l'effet du passage au matriarcat et de la crise économique, il entrerait dans  les relations humaines de plus en plus de perversité, c'est-à-dire un rapport à l'autre purement utilitaire. Telle est la thèse de Dominique Barbier, expert-psychiatre au contact de ces nouvelles pathologies

 

 

 

 

BibliObs.- Vous observez dans vos consultations une évolution des pathologies. Quels sont ces nouveaux troubles ?

 

Dominique Barbier.- Nous sommes en pleine mutation sociale, ce qui entraîne des modifications considérables de la pathologie mentale. On se demande en effet ce qu'est devenue l'hystérie, on voit très peu de névrose obsessionnelle, peu de cas de phobie. En revanche, la toxicomanie, l'alcoolisme et la dépression connaissent une augmentation notable. De même que les troubles du comportement, les passages à l'acte agressifs, la délinquance et les troubles de la personnalité.

 

BibliObs.- Quelles en sont les principales causes ?

 

Dominique Barbier.- J'interprète cette modification comme le résultat de la fin du patriarcat et l'avènement du matriarcat: pour faire bref, le patriarcat entraînait le refoulement, l'adaptation au réel et son acceptation par l'effet de castration de la fonction paternelle. Le matriarcat, quant à lui favorise une dépendance à la mère avec disqualification du père (qui s'en arrange plus ou moins bien) et l'on arrive ainsi de plus en plus souvent à l'âge adulte sans être sevrés. La fonction paternelle de coupure de la fusion avec la mère n'a pu advenir. Or la fonction du sevrage est de faire comprendre au nourrisson et à l'enfant qu'ils n'ont pas à tout attendre de l'extérieur, qu'ils ont à se contenter, non à toujours consommer.

 

Si le sevrage est mal fait, on aura tendance à consommer toujours plus. D'où les pathologies de l'oralité : addictions, boulimie/anorexie et les multiples dépendances, qui s'intègrent parfaitement dans la société de consommation. C'est ainsi qu'on fabrique des états-limites, qui sont parfaitement adaptés à nos sociétés postmodernes, qui sont des sociétés de l'avoir. On ne se pose même plus la question de l'être.

 

BibliObs.- A quoi reconnaît-on un état-limite ?

 

Dominique Barbier.- Pour résumer, la frontière entre lui et l'autre n'est pas clairement définie. Il a besoin de «prolonger son moi» dans l'autre pour un renforcement d'identité, qui constitue sa dépendance. C'est dans ce besoin consommatoire de l'autre qu'il présente un cousinage avec la perversion, mais qui elle est une structure constituée. Le non-sevrage de la personne en état-limite, la non-défusion à l'égard de la mère fait que sa personnalité d'adulte n'est pas autonome, sa place n'est pas définie. Il est «addicte» de l'autre. C'est comme si l'autre l'hypnotisait. Dans cette hypnose, les événements ne font pas histoire mais sont immédiatement effacés par l'événement suivant dans un zapping sans sédimentation.

 

 
Les vampires sont parmi nous

Nous avions rencontré Dominique Barbier à l'occasion d'un dossier sur «Millénium», en quête du spécialiste capable de décrypter le face-à-face entre l'héroïne, Lisbeth Salander, et son tuteur sadique. Chaleureusement recommandé par Boris Cyrulnik, Dominique Barbier, habité comme son illustre confrère d'une vraie passion pour le métier, nous avait longuement entretenu des mécanismes et divers degrés de la perversion mentale; avant d'ajouter, que, la société contemporaine était une véritable «fabrique» d'hommes pervers.

De plus en plus de pervers ? Non pas bien sûr au sens courant de serial killer ou autre dérive spectaculaire, mais dans une acception plus ordinaire ; celle où la relation à l'autre tend à devenir essentiellement utilitaire. L'autre qui, bien souvent, ne serait plus qu'un objet dans une stratégie d'épanouissement à sens unique ou de réparation d'un ego mal construit, nous expliquait en substance Dominique Barbier. Ainsi, les pervers seraient comme des vampires qui, sans en avoir l'air, puisent dans un autre leur vitalité, créant chez ce dernier un malaise durable et diffus.

Rendez-vous fut pris pour que le spécialiste nous en dise un peu plus. C'est chose faite.

Anne Crignon

BibliObs.- Et quel est le profil d'un pervers ?

 

Dominique Barbier.- Il faut opposer la perversité à la perversion. La première constitue un trait de personnalité, la seconde une structure, c'est-à-dire un mécanisme constant de fonctionnement psychique. Le pervers s'insinue dans le fantasme de l'autre, dont il a une connaissance intuitive bien meilleure que l'intéressé : il fait croire à l'autre, même en dehors des mots, qu'il lui est indispensable et qu'enfin il y a quelqu'un qui le comprend, dans un fantasme de complétude totale. Il s'agit d'une effraction dans l'autre et d'un rapt d'identité, à l'insu de sa proie.

 

Ce prédateur, qui évoque l'image du vampire, va de mieux en mieux au fur et à mesure qu'il anémie sa victime ; c'est un destructeur, il a une indifférence à la souffrance de l'autre dont il peut abuser. Sa culpabilité apparaît inexistante. C'est la jouissance à perte de vue où l'autre est réduit à n'être qu'un outil entre ses mains.

 

BibliObs.- Quel est le lien entre l'état-limite et le pervers ?

 

Dominique Barbier.- Le pervers a une compétence extraordinaire à déstabiliser l'autre avec de petites phrases faussement insignifiantes mais qui s'accrochent à l'inconscient qu'elles parasitent à notre insu en continuant leur travail de sape. C'est ce que j'appelle les plasmides. Comme l'état-limite est influençable et manque de repères et d'assurance, du fait d'une personnalité fluctuante, il est la cible privilégiée du pervers, avec lequel ils forment un bon tandem, le conducteur étant bien sûr le pervers.

 

BibliObs.- Est-ce un phénomène de société selon vous ?

 

Dominique Barbier.- Assurément. Nous sommes aujourd'hui dans la gestion de l'autre : que peut-il m'apporter pour optimiser mes possibilités, mes convenances, mon bien-être ?

 

 

 

BibliObs.- Quelles sont les conséquences sociales de ce renversement de pathologie ?

 

Dominique Barbier.- Cette absence de sevrage a une conséquence très nette : un discours présidentiel qui a réponse à tous les problèmes est en adéquation parfaite avec l'époque, laquelle  ne supporte pas le manque - y compris le manque de réponse. Et qui cherche une mère archaïque, même à la tête de l'Etat. En quelque sorte, notre Président a réponse à tout. Il ne favorise pas le « travail du manque » qui est la fonction paternelle de défusion. Il répond trop bien au fantasme du citoyen, ce qui ne règle en rien les problèmes sociétaux. Nous sommes gavés de toute part, jusqu'à ne plus y trouver notre compte : si l'on veut remplir le récipient, le débit du robinet ne doit pas être trop fort sinon le récipient reste vide. Nous en sommes là aujourd'hui, dans le vide par excès ! L'homme en est réduit seulement à sa valeur économique, ce qui le dépossède de sa dimension spirituelle et psychique, fondée sur le manque.

 

BibliObs.- Avec un degré d'individualisme rarement atteint ?

 

Dominique Barbier.- Oui, le but de la vie semble être aujourd'hui la jouissance à perte de vue, ce qui, obligatoirement, amène à l'individualisme par absence d'altérité. Le non-sevrage ne nous fait pas aller vers l'autre. De plus, la politique actuelle résultant d'une guerre économique mondialisée casse ce qui est encore humain en nous. Nous sommes dans une marchandisation de l'existence.

 

Propos recueillis par Anne Crignon

 

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D.R.
Criminologue et expert-psychiatre, Dominique Barbier est l'auteur de nombreux livres de psychiatrie et de psychanalyse, comme «la Dépression» (Odile Jacob), et de nombreux articles comme «la Rédemption du pervers» dans la revue «Synapse». Il prépare un nouvel ouvrage sur la fabrique de l'homme pervers dans la société contemporaine.


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Extrait du titre inédit : "Confessions d'un ventriloque"

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"Monsieur, sachez qu'aujourd’hui il n’est plus question de rentabilité... de retour sur investissement, car le besoin légitime d’un retour sur investissement finit là où commence la recherche effrénée du profit maximal ; et cette recherche-là, c’est la recherche du seuil de rupture des modes de production et de fonctionnement musculaires et psychiques de l’espèce humaine salariée. Le fameux point-mort, c’est ça ! Le moteur de cette production humaine, c’est bien le meurtre ! C’est la recherche perpétuelle du concurrent à trucider, pour occuper seul la place et imposer sa loi.

Le monde de l’entreprise c’est un monde totalement orienté vers une logique de guerre et dans la guerre, on ne laisse aucune chance à l’adversaire. On ne partage pas, non plus, le butin ou les territoires conquis avec les troupes qui vous ont permis de gagner cette guerre. Une fois les objectifs atteints, on démobilise tout le monde. Aux soldats, on leur donne une médaille en chocolat pour toute consolation, pour toute indemnité et pour toute récompense.

Ils sont prêts à tout pour survivre même si ce système les condamne tous ! Oui, tous ! Car ce système de production n’existe pour personne d’autre... sinon pour lui-même, tout en sachant comme nous le savons maintenant qu’il faudra qu’ils se sacrifient tous les uns après les autres quand le moment sera venu pour eux de se retirer parce qu’un plus performant qu’eux les aura balayés, eux, leurs salariés, leurs fournisseurs et leurs clients. Leurs successeurs pourront toujours se réjouir et ceux à qui ils distribuent des miettes, avec eux, insoucieux qu’ils sont, les pauvres bougres, du sort qui les attend.

Bientôt, il n’aura plus de nom ce système ! On ne sait déjà plus comment le nommer ! Il n’a déjà plus de visage ! Lorsque le sacrifice de tous contre tous sera partagé par tous, en kamikazes d’une défaite universelle, ce système sera sans morale et sans honneur, car sous le couvert de l’anonymat, tout lui sera permis ! Absolument tout ! Le moteur de ce système, c’est bien le meurtre : celui du meurtrier et de ses victimes et puis encore... le meurtre de ce même assassin qui se donne la mort... en tuant.

Alors, aujourd’hui, qu’est-ce qui nous reste à célébrer ? Je vous le demande. Sûrement pas la vie ! Pourquoi croyez-vous que les femmes n’enfantent plus là où ce système triomphe sans conteste ? Il vient de là, le déficit démographique. La fin, nous sommes ! La fin et les moyens. Rien d’autre. Plus rien au-dessus de nous : plus rien ne nous dépasse. Plus rien devant nous. Ne cherchez pas ! Quelque part au fond de nous-mêmes, nous savons tous... que nous sommes tous... déjà morts."

_________________

Auteur à la recherche d'un éditeur à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com/-_synopsis_entretiens_commentaires_et_extraits/

Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 07 2009 19:28

Les druides sont décrits comme des penseurs proches des idéaux pythagoriciens. Série "Nos ancêtres les Gaullois" 3/6.

 

Ce village est une cour d'école. Il y a le souffre-douleur, le barde Assurancetourix. Il y a le querelleur, le forgeron Cétautomatix qui cherche constamment noise au poissonnier, Ordralfabétix. Il y a les bons, les mauvais élèves. Et, bien sûr, il y a le druide Panoramix - le vieux sage. La IIIe République est passée par là. Dans son Histoire de France populaire publiée en 1875, l'historien et homme politique Henri Martin (1810-1883) "représente les druides comme des philosophes-précepteurs", écrit Nicolas Rouvière dans Astérix ou la parodie des identités (Flammarion, 2008). "Dans l'enseignement laïc de la IIIe République, ajoute-t-il, (...) le druide atténue la barbarie de la religion (...), il est dépositaire du savoir, ancêtre de l'instituteur."

Plus que celle du magicien barbare, c'est donc cette figure du druide en enseignant laïc que choisiront Goscinny et Uderzo. Les druides, précurseurs de l'école républicaine ? Voire. Le poète romain Lucain (39-65), les décrit comme habitant "au fond des forêts dans des bois reculés" et, surtout, leur reproche leurs "rites barbares et leur sinistre coutume des sacrifices" humains. Quant à l'historien Suétone (70-130 environ), il fustige la sauvagerie de leur "religion atroce". Mais il est vrai que tous deux écrivent à une époque où le druidisme est, déjà, entré dans la légende...

Qui croire ? Pour l'historien et archéologue Jean-Louis Brunaux (CNRS), les druides ne sont ni de gentils professeurs ni de sombres sacrificateurs sanguinaires. Il faut, selon lui, voir le druidisme comme une école philosophique "à la grecque". Un mouvement qui aurait littéralement régné sur la Gaule entre le Ve et IIe siècle avant notre ère, avant de décliner pour disparaître tout à fait au tournant de l'ère chrétienne. Ainsi, lorsque César (100-44 avant J.-C.) part en campagne, en 58 avant notre ère, "il ne reste déjà presque plus de druides en Gaule, les derniers se font discrets et ne sont que des produits de l'institution pédagogique", assure Jean-Louis Brunaux.

Chose étrange. Car César est aussi l'auteur de l'Antiquité qui s'étend le plus sur les druides et le druidisme. Dans La Guerre des Gaules -, le récit, mené tambour battant, de ses opérations diplomatiques et militaires entre le Rhin et l'Atlantique - il consacre au sujet quelques pages des plus célèbres. Mais à aucun moment de son récit il ne narre la moindre rencontre avec l'un de ces mystérieux mages gaulois. "En réalité, la majorité des passages ethnographiques de La Guerre des Gaules, sont recopiés de l'oeuvre de Poseidonios d'Apamée (135-51 avant J.-C.), un philosophe grec qui a voyagé en Gaule une quarantaine d'années avant César", explique M. Brunaux. Injustement méconnu, Poseidonios d'Apamée est une puissance intellectuelle. Il est scolarque (directeur) de l'école du Portique. Il est astronome et géomètre. Il est peut-être l'inventeur du prodigieux mécanisme d'Anticythère, machine antique permettant de calculer les positions astronomiques. Il est géographe et historien. Il est grand reporter.

Que diable va-t-il faire dans la lointaine Gaule ? "Il cherche l'Age d'or, il veut observer un monde dans lequel les gouvernements sont encore tenus par les savants, comme cela avait été le cas quelques siècles avant lui, lorsque des écoles philosophiques administraient des cités grecques, dit Jean-Louis Brunaux. C'est, entre autres choses, ce qu'il pense trouver en Gaule avec les druides." Un siècle et demi avant Lucain et Suétone, les druides gaulois pouvaient donc aussi être considérés par les philosophes grecs comme des alter ego.

Hélas ! Le récit complet de Poseidonios est perdu ; il faut se fier à ce qu'en laissent filtrer les auteurs ultérieurs qui l'ont lu, dont César. Les druides, écrit le proconsul, "apprennent par coeur, à ce qu'on dit, un grand nombre de vers : aussi certains demeurent-ils vingt ans à leur école. Ils estiment que la religion interdit de confier ces cours à l'écriture, alors que pour le reste en général, pour les comptes publics et privés ils utilisent l'alphabet grec". César ajoute qu'ils "discutent abondamment sur les astres et leur mouvement, sur la grandeur du monde et de la Terre, sur la nature des choses" ; qu'ils cherchent à "établir que les âmes ne meurent pas mais passent après la mort d'un corps dans un autre".

Il les crédite donc d'un pouvoir politique exorbitant, excédant de loin la seule régulation des pratiques religieuses. Ces druides, "commandés par un chef unique" et qui se réunissent une fois l'an, "dans un lieu consacré, au pays des Carnutes" (près d'Orléans), arbitrent les différends entre particuliers ou entre la soixantaine de peuples qui forment cette mosaïque bigarrée qu'est alors la Gaule. "Si un particulier ou un Etat ne défère pas à leur décision, ils lui interdisent les sacrifices et cette peine est chez eux la plus grave de toutes", précise César. Mais tout cela était bel et bien révolu au moment de la Guerre des Gaules : sinon, César se serait inquiété des druides lors de ses opérations. Il n'en a rien été.

Croyance dans la transmigration des âmes, prohibition de l'écriture pour conserver le secret de l'enseignement, initiation, pratique de l'astronomie, implication dans la vie de la cité : pour un esprit grec formé à la philosophie, ce qui est décrit là ne peut faire penser qu'à la doctrine du grand Pythagore (vers 580-497 avant J.-C.), le "premier philosophe". "De nombreux auteurs grecs se sont interrogés sur ces ressemblances frappantes entre les idées pythagoriciennes et celles des druides, explique Jean-Louis Brunaux. Certains se sont même demandés si Pythagore n'avait pas été instruit par des druides !" L'inverse est vrai, comme en témoigne saint Hippolyte qui, au IIe siècle de notre ère, écrit que "les druides chez les Celtes se sont appliqués avec un zèle particulier à la philosophie de Pythagore". De même, Ammien Marcellin (vers 330-395), dernier grand auteur païen de l'Antiquité, dit à propos des druides qu'ils sont "formés en communautés dont les statuts étaient l'oeuvre de Pythagore" et que leur esprit est "toujours tendu vers les questions les plus abstraites et les plus ardues de la métaphysique".

Stéphane Foucart

 

Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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