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Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /2009 17:40

La philosophie de Louis Lavelle : Liberté et participation
Par Sébastien Robert


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  • Rang parmi les ventes Amazon: #392472 dans Livres
  • Publié le: 2007-04-18
  • Reliure: Broché
  • 126 pages

Révisions éditoriales

Présentation de l'éditeur
Philosophe et moraliste. Louis Lavelle (1883-1951) relança en France, au début du siècle dernier, la question de l'Être. Professeur à la Sorbonne puis au Collège de France de 1941 jusqu'à sa mort, il concentra ses recherches sur le problème de notre rapport au Tout. Pour Lavelle. l'homme participe à un Absolu qui le dépasse. II faut alors retrouver le point de jonction entre le moi et l'Être, qui est l'acte réflexif. Prendre conscience de soi, c'est non seulement se reconnaître à part entière mais c'est aussi découvrir la présence fondamentale de l'Absolu.
À partir de son ontologie, Lavelle a pu considérer l'existence humaine : exister c'est participer librement de l'Être. Vivre. c'est découvrir sa propre vocation et se réaliser comme tel. Bien qu'opposé à Sartre, Lavelle développa une philosophie de l'existence où, selon d'autres modalités. l'homme est aussi une invention de lui-même

Biographie de l'auteur
Né à Châteauroux (Indre) en 1983, Sébastien ROBERT poursuit des études de philosophie à l'Université François Rabelais de Tous. Membre de l'Association Louis Lavelle. il a notamment contribué à l'ouvrage dirigé par Vincent Von Wroblewsky, Pourquoi Sartre ? (Éditions du Bord de l'eau, Latresnc, 2005)


Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /2009 23:12
EDITIONS ARFUYEN - Louis LAVELLE
Peu connu du grand public, Louis Lavelle est pourtant l'un des grands philosophes français du XXe siècle, et sans doute un de ceux qui, aujourd'hui, ...
www.arfuyen.fr/html/ficheauteur.asp?id... - En cache - Pages similaires

Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /2009 22:44

Les citations de Louis Lavelle

«La parole des hommes est à mi-chemin entre le mutisme des animaux et le silence des dieux.»
[ Louis Lavelle ]

«Le passé est l’intervalle qui sépare la perception du souvenir.»
[ Louis Lavelle ] - Du temps et de l’éternité

«Le plaisir crée entre le monde et nous un état d’harmonie où la conscience tend à se dissoudre.»
[ Louis Lavelle ] - Le mal et la souffrance

«Il y a tout l'homme dans chaque homme, avec le meilleur et le pire.»
[ Louis Lavelle ] - L'erreur de Narcisse

«Chaque homme s'invente lui-même. Mais c'est une invention dont il ne connaît pas le terme.»
[ Louis Lavelle ] - L'erreur de Narcisse

«Pour être capable de faire le don de soi, il faut avoir pris possession de soi dans cette solitude douloureuse hors de laquelle rien n’est à nous et nous n’avons rien à donner.»
[ Louis Lavelle ] - Tous les êtres séparés et unis

«Il ne peut y avoir de réelle amitié qu'entre ceux qui ont d'abord foi dans les mêmes valeurs.»
[ Louis Lavelle ]

«La vie spirituelle commence à partir du moment où nous découvrons que toute la réalité de nos actes réside dans les pensées qui les produisent.»
[ Louis Lavelle ] - La Conscience de soi

«Dans la solitude il faut agir comme si on était vu du monde entier et quand on est vu du monde entier agir comme si on était seul.»
[ Louis Lavelle ] - L’Erreur de Narcisse

«Le silence est un hommage que la parole rend à l’esprit.»
[ Louis Lavelle ] - La Parole et l’écriture

«Le plus grand bien que nous faisons aux autres hommes n’est pas de leur communiquer notre richesse, mais de leur révéler la leur.»
[ Louis Lavelle ] - L’Erreur de Narcisse

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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 17:29
LIEN :
Parutions.com
Interprétation de la Deuxième considération intempestive de Nietzsche
Parutions.com - France
Il s'agit d'un cours de 1938-1939 sur la seconde des Considérations inactuelles ou intempestives intitulée par Nietzsche «De l'utilité et des inconvénients ...
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Philosophie  

 

 

Grandeur et échec de Nietzsche
Martin Heidegger   Interprétation de la Deuxième considération intempestive de Nietzsche
Gallimard - Bibliothèque de philosophie 2009 /  35 € - 229.25 ffr. / 418 pages
ISBN : 978-2-07-012316-2
FORMAT : 14cm x 22,5cm

L'auteur du compte rendu : Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, Agrégé d'histoire, Docteur ès lettres, sciences humaines et sociales, Nicolas Plagne est l'auteur d'une thèse sur les origines de l'Etat dans la mémoire collective russe. Il enseigne dans un lycée des environs de Rouen.
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Gallimard continue la publication des œuvres complètes de Heidegger : Alain Boutot, auteur également de la préface, a traduit ce volume, qui correspond à un volume de 2003 de l’édition allemande de la Gesamtausgabe placée sous la responsabilité de Hermann Heidegger, fils du philosophe, et publiée chez Vittorio Klostermann à Francfort-sur-le-Main. Il s’agit d’un cours de 1938-1939 sur la seconde des Considérations inactuelles ou intempestives intitulée par Nietzsche «De l’utilité et des inconvénients de l’histoire pour la vie». Comme l’expliquent fort bien la préface et la postface, il aurait dû s’agir d’un «séminaire» (genre dans lequel le texte est officiellement rangé), mais en raison du nombre trop élevé d’auditeurs, Heidegger le mena comme un véritable cours : outre les notes de cours de Martin Heidegger, le lecteur trouvera ici les protocoles de séances que les meilleurs étudiants se voyaient confier : cette démarche typique des séminaires du maître avait pour but de mettre au propre le bilan de la séance afin d’appuyer la pensée en cours sur les acquis et les problèmes des séances précédentes.

Les lecteurs de Heidegger le savent bien : la lecture méditative sur Nietzsche joua un rôle décisif dans la formation de sa pensée. Présente (§76) dans Être et temps (1927), la référence à Nietzsche n’a rien d’anecdotique ; elle traduit une admiration intellectuelle qui ne se démentira jamais d’autant que s’y mêle le sentiment d’une proximité dans la différence. Mais alors que Heidegger semble faire d’abord de Nietzsche un précurseur, il insiste davantage ensuite, dans ses cours de 1936 à 1940, sur ce qui le distingue par-delà les analogies et la part de filiation historique ; dans un Nietzsche (1961) qui reprend ces années d’études, il révèle, à l’étonnement de ceux qui n’ont pas assisté à ses séminaires, du philosophe intempestif rien moins que le dernier grand métaphysicien de l’occident et un platonicien méconnu ! Bien plus que le Nietzsche de Jaspers, celui de Heidegger donna à celui qui voulait philosopher à coups de marteau le statut d’un authentique penseur : celui qu’on prenait alors pour un poète hyper-subjectif ou dionysiaque, en proie à ses passions, que les artistes seuls avaient pris au sérieux, qu’on le reléguait généralement au rang de provocateur mégalomane et égocentrique, contradictoire et irrationnel, amusant ou délirant, pas très digne en tous cas d’attention de la part des philosophes et professeurs de philosophie, Heidegger osait en faire, à égale dignité avec Hegel et Husserl, un des penseurs cardinaux de la tradition occidentale, et, plus en un sens que Husserl, Bergson ou Scheler, le révélateur des problèmes de la métaphysique, du sens de l’Histoire européenne et des tâches historiales de la pensée.

Très critiquée depuis lors, cette interprétation originale devait au moins stimuler la recherche sur Nietzsche bien sûr, mais aussi sur l’évolution de la pensée de Heidegger. L’audace heuristique de Heidegger consistait à postuler la cohérence de l’œuvre nietzschéenne, tant interne (conceptuelle et sémantique) qu’externe (la réalité de son inscription dans l’histoire de la culture mais aussi dans la tradition de la pensée) : mais la radicalité de cette mise en perspective correspond elle-même à un approfondissement de son questionnement pour Heidegger et fait de son travail des années trente sur Nietzsche un des lieux où penser le sens de ce qu’on a appelé «le tournant» («Kehre») de sa pensée. Ce séminaire est donc l’atelier d’un grand livre, où se déploie de façon exemplaire le sens herméneutique du dialogue historique des penseurs en recherche commune de dépassement et de cohérence en vérité.

Le séminaire rassemble les fils de l’essentiel qui lie ces auteurs : la volonté de penser la temporalité et l’histoire, sans se laisser piéger par une ontologie dualiste qui dégrade le monde en illusion, sans sacrifier l’être à une métaphysique dogmatique et réductionniste par rapport aux phénomènes. Si Heidegger montre les limites et les impasses de l’approche nietzschéenne du problème central de la philosophie, il continue de rendre hommage à l’intuition géniale de Nietzsche devant l’héritage qu’il reçut, il fait ressortir l’effort réalisé pour formuler les questions et dépasser les apories léguées par l’idéalisme allemand. Même si Nietzsche ne comprit pas toujours correctement Kant ou Hegel, du fait, selon Heidegger, du filtre schopenhauerien qui en distordait la lecture, c’est l’arbre qui cache la forêt. Car si les naïvetés et malentendus de l’œuvre de Nietzsche doivent être pointés, les traiter en simples preuves d’ignorance philosophique est une condescendance elle-même naïve et manque l’essentiel : d’abord que les erreurs de Nietzsche ne sont pas des phénomènes purement subjectifs et individuels, mais traduisent quelque chose de hautement significatif de la pensée au XIXe siècle, de ses ambiguïtés et de ses apories, et que même en cela, Nietzsche est un héritier créatif et, pour le meilleur et pour le pire, une origine des idées du début du XXe siècle ; ensuite que l’œuvre de Nietzsche n’est pas condamnée sur le terrain de la pensée par ce qui la distingue des canons académiques de la philosophie épigonale des universitaires, mais que sa manière de reprendre les questions de l’être et du devenir, de «la vie», de l’histoire, avec peut-être le demi-aveuglement d’une assurance excessive, a été l’occasion presque providentielle de percées ou d’intuitions remarquables qui touchent des points sensibles de la philosophie.

Encore faut-il le voir : et justement les premières décennies du XXe siècle sont pour Heidegger le temps d’une lente maturation du sens de ce qui se dit dans cette œuvre. Mais le comprendre n’implique nullement d’être un disciple pieux, encore moins un spécialiste étroit : «pour» ou «contre» Nietzsche. Évidemment Heidegger assume d’interpréter Nietzsche dans le cadre de son chemin propre de pensée, d’avance indifférent aux critiques des «nietzschéens» auto-proclamés et patentés (fort nombreux à cette époque en Allemagne), qui souvent ne voient même pas les abîmes de sens, tensions ou contradictions que Nietzsche ressentait lui-même douloureusement : aux nietzschéens nazis, en particulier, Heidegger n’accorde aucun intérêt, suggérant seulement la malhonnêteté de leurs simplifications (en revanche le grand soldat-écrivain Ernst Jünger, auteur du Travailleur, disciple original et créatif, retient son attention et nourrit à cette époque un séminaire où se nouent une amitié et un respect d’égaux). Pour Heidegger, il s’agit de travailler avec les textes de Nietzsche pour en dégager la pensée mais aussi «l’impensé» (p.241) – tout ce qui forme l’esprit de Nietzsche aux prises avec son moment historique – et, les articulant, dépasser Nietzsche (en ses contradictions comme en ses tendances erronées) grâce à Nietzsche. C’est en cela que consiste, rappelle Heidegger, le respect authentique pour un auteur. Cela implique donc une critique loyale et informée, étayée par sa propre recherche de philosophe méditant sur l’Histoire. Il n’y a de lecture profonde et constructive d’un auteur qu’engagée, nourrie par une problématique assumée et explicite. Comme Nietzsche tenta de le faire.

Évidemment, il s’agit en dernière instance du sens de l’être : on passe de l’analyse existentiale pratiquée dans Être et temps à l’histoire de l’être. S’il faut réagir aux nietzschéismes qui pullulent sans tomber dans d’impuissants anti-nietzschéismes idéologiques ni dans l’ignorance du sens d’une œuvre aussi active dans le siècle, c’est que conceptions du monde dogmatiques, philosophie de la vie, vitalisme et autres formes du nihilisme sont à l’œuvre et menacent la survie de l’humanité comme lieu d’une pensée et d’une vie animées par la quête de la vérité. En un sens, Nietzsche en est responsable : il a cautionné d’ailleurs la mode du pathos de «la vie» en philosophie. Le problème, comme insiste Heidegger, c’est que, par une ambiguïté indépassable, il hésite sans cesse entre deux significations : le flux vital d’énergie (l’idéal animal à la limite) et l’idée normative de la noblesse d’esprit et de volonté incarnée dans les artistes et les héros. Or la première tendance aboutit à l’éloge inutile et dangereux de «l’animal de proie» - absurde négation de la culture et de l’histoire ; la seconde est radicalement insuffisante en ce qu’elle occulte le besoin d’une norme de vérité pour mesurer la grandeur (comme le voit également Jaspers). Cette équivoque de la vie est le fond d’une métaphysique nietzschéenne, contradictoire en ce que Nietzsche rejette la métaphysique ; celle-ci est à l’œuvre dans la Considération, puisqu’elle rejaillit sur les thèmes inauguraux de la mémoire et de l’histoire. Plus schopenhauerien qu’il ne le croit et fasciné par le développement de la biologie (l’archétype de la science vraie au XIXe siècle), Nietzsche est d’ailleurs moins «inactuel» qu’il ne le croit : il radicalise les tendances métaphysiques du siècle. Il participe de la radicalisation nihiliste des ambiguïtés de la subjectivité cartésienne : l’ego cogitans universel devient subjectivisme, illusion de la conscience et culte du «génie» ; le rationalisme métaphysique et scientifique devient – contradictoirement - subjectivisme et dogmatisme d’un biologisme absurde : une métaphysique cachée et fondée en fait sur les sciences. Contradictions pleines de sens et qui manifestent les ambiguïtés portées par une tradition, dont justement les corrélations problématiques font l’unité et la continuité. Nietzsche est au terme du processus et, comme il l’a senti, a plus approfondi le nihilisme qu’il ne l’a réellement dépassé.

Reconnaître cela est la condition d’une issue à la crise qu’exprime Nietzsche et rien de plus profond que de l’étudier en ces tragiques années trente (et suivantes …). Et qu’on ne s’illusionne pas sur notre capacité à nous en sortir par «les valeurs» (thème nietzschéen d’ailleurs) : jusqu’au bout et d’abord dans Lettre sur l’humanisme (1945), Heidegger dénoncera une fuite verbale rassurante devant la responsabilité de décisions plus radicales. «Ce n’est pas dans un séminaire comme celui-ci, lequel n’a d’autre but que de préparer à la méditation, que de telles décisions peuvent être prises», qui concernent «l’être, la vérité et l’homme» (p.242). En 1966, dans Seul un dieu peut encore nous sauver, Heidegger devait résumer l’enjeu : «Une confrontation avec le national-socialisme», forme radicale du nihilisme.


Nicolas Plagne
( Mis en ligne le 07/07/2009 )
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Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /2009 19:21
Encéphi - Kierkegaard
Présentation de la pensée du philosophe danois par Luc Desautels.
www.cvm.qc.ca/encephi/CONTENU/philoso/kierkega.htm
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Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /2009 12:56
Merde à l'écologie !
Le Monde - France
... deux romans aux éditions Grasset : "Blouse" (2004), "La Grande Garde" (2007), et d'un essai aux éditions du Regard "Maître Eckhart peint par Van Eyck". ...

 


Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /2009 07:55

Au panthéon nietzschéen, les auteurs français se bousculent. Le philosophe allemand n'a jamais caché sa prédilection. "La France est encore maintenant, assure-t-il dans Par-delà bien et mal, le haut lieu de la civilisation la plus intellectuelle et la plus raffinée d'Europe et la grande école du goût : mais il faut savoir trouver cette France du goût."

Les recherches de Nietzsche l'ont mené vers les moralistes, au nom de la lutte contre le dogmatisme et l'esprit de système. Il raffole de leur légèreté, de leurs traits incisifs, de leur écriture en forme d'aphorismes, dont il est lui-même un redoutable adepte. Il apprécie La Rochefoucauld (1613-1680), La Bruyère (1645-1696), Vauvenargues (1715-1747) et Chamfort (1740-1794) au siècle suivant. En 1878, il dédie Humain, trop humain à Voltaire (1694-1778) : "Un grand seigneur de l'esprit : exactement ce que je suis moi aussi." Il admire aussi Montaigne (1533-1592), et Blaise Pascal (1623-1662), "la victime la plus instructive du christianisme".

 

Au-delà du cercle des penseurs avec lesquels il ressent une affinité, il distingue quelques romanciers au premier rang desquels Stendhal (1783-1842), "inappréciable avec son oeil de psychologue précurseur". Dans Ecce homo, il avoue même, sur le ton de la plaisanterie, une forme de jalousie à l'égard de l'écrivain : "Il m'a ôté de la bouche le meilleur mot d'esprit athée dont j'aurais justement été capable : "La seule excuse de Dieu, c'est qu'il n'existe pas." "

Nietzsche s'est aussi intéressé à quelques-uns de ses contemporains. Il a entretenu une brève correspondance avec Hippolyte Taine (1828-1893), même s'il reproche à l'historien et philosophe français d'avoir été "corrompu par la philosophie allemande", Hegel en particulier. A Paul Bourget (1852-1935) et à ses Essais de psychologie contemporaine, il emprunte le mot si important chez lui de "décadent". En retour, la France ne s'est passionnée pour Nietzsche qu'au xxe siècle. En 1894, précise son premier traducteur, Henri Albert, il est quasi inconnu de ce côté-ci du Rhin.

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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /2009 17:16
 Pascal Bruckner

Bambi le zombi

Par Pascal Bruckner

On le sait depuis Oscar Wilde et son portrait de Dorian Gray : vieillir est un crime. Mais être un homme ou une femme est également un péché, avoir un corps est une faute, exister, une disgrâce. Michael Jackson est celui qui aura voulu effacer d'un coup les malédictions de l'être humain.

 

 

 

Ce petit garçon noir devenu une femme blanche, cet adulte régressif, atteint du syndrome de Peter Pan, aspira sa vie durant à être un ange, quitte à ressembler à une goule. Il aura travaillé pendant cinquante ans à gommer la double fatalité de l'âge et de la race, au point d'évoquer une créature fantastique entre Bambi et zombi.

 

Dans sa folle tentative de recréation de soi, il a témoigné de la passion contemporaine pour la désincarnation : il a voulu récuser toutes les divisions naturelles ou sociales liées au sexe (illustrant jusqu'à l'ascèse la théorie des genres formulée dans les années 1980) refuser les diktats de l'horloge biologique, s'affranchir du devenir, procéder à une deuxième ou troisième naissance qui ne devrait plus rien aux hasards de la nature.

 

Voyez ses clips : un polymorphisme vertigineux le montre se transformant sous nos yeux en dansant, son visage se mélangeant à celui de tous les autres jusqu'à devenir un loup-garou, une panthère noire, un enfant, un lapin. Il se veut le pont qui rattache les créatures les unes aux autres, confond le règne animal et humain.

 

 

Il voyage aussi dans le temps et l'espace, défie la pesanteur, la chronologie ordinaire. Le kitsch côtoie bientôt le monstrueux; il crée un parc d'attractions pour enfants dans sa propriété, Neverland, fait assaut de mignardises, adopte à partir de 1987 une voix sucrée de petite fille à la Shirley Temple. Mais le conte de fées tourne au cauchemar : une photo terrible le montre choisissant une prothèse nasale alors que son nez s'est désintégré sous le bistouri de trop de charlatans, laissant un trou au milieu du visage. Entre le chérubin et le poupon s'est glissé un troisième personnage : le mort-vivant.

 

Cette prodigieuse icône androgyne aura voulu accomplir sur lui-même les promesses du paradis, devenir un corps glorieux et incorruptible, d'après le Jugement dernier. Rencontre sur la scène pop de Frankenstein et de saint Paul. C'est pourquoi sa carrière chirurgicale est aussi passionnante que sa carrière musicale. Artiste de soi même, Michael Jackson est notre dernier martyr chrétien.

 

P.B.*

 

Michael Jackson sur BibliObs

 

La mort de Michael Jackson, édition spéciale

 

Toutes les critiques de l'Obs

 

Revenir à la Une de BibliObs.com

 

(*) Pascal Bruckner est l'auteur de nombreux essais et romans,
dont «les Voleurs de beauté», prix Renaudot 1997
.

 

Source: "Le Nouvel Observateur" - 2330 - 02/07/2009.

michael-jackson_0.jpg
©AP/Sipa
Michael Jackson en 2005


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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 17:47
Sous la direction de Jean-Jacques Kupiec, Olivier Gandrillon, Michel
Morange & Marc Silberstein, Le Hasard au cœur de la cellule.
Probabilités, déterminisme, génétique

Parution : février 2009
194 pages, 15 €
Format : 15 x 21,5
ISBN : 978-2-84950-

207-5
Editions Syllepse, collection Matériologiques

4e de couverture :
Une révolution se produit actuellement en biologie. Les êtres vivants
ne sont pas gouvernés par un programme génétique omnipotent. Il est
maintenant clairement démontré que le hasard se niche au cœur des
organismes, dans le fonctionnement des gènes et des cellules, et y
joue un rôle encore largement sous-exploré. Alors que depuis
l’Antiquité,
la biologie a toujours été dominée par des théories «déterministes »,
voire finalistes, les résultats expérimentaux obtenus ces toutes
dernières années annoncent un changement de perspective radical. La
nouvelle biologie, par son caractère probabiliste, rendra caduque
l’idée même de programme et de déterminisme génétique – conception
communément qualifiée de thèse du « tout génétique » – forgée à la
suite de ce qu’il a été convenu d’appeler le «dogme central de la
biologie moléculaire» (Francis Crick, 1958). Mais, cette nouvelle
biologie ne doit pas être comprise comme une négation des acquis
antérieurs de la biologie moléculaire. Bien au contraire, elle
constitue une extension de la conception physico-chimique du vivant.
Inévitablement, elle aura également de profondes conséquences
philosophiques. En effet, ce n’est pas seulement le finalisme –
religieux ou immanent – qui est de facto évacué, mais c’est encore la
conception cartésienne de l’animal-machine qui doit être abandonnée.
Si l’homme est une machine, il est aussi un homme-aléatoire !
Les principaux aspects, expérimentaux et théoriques, de cette
révolution et les débats philosophiques qu’elle suscite sont exposés
ici par les meilleurs spécialistes, biologistes et philosophes.
La question passionnante qui s’ouvre alors consiste à comprendre
comment, à partir du hasard moléculaire, se construit le vivant.

Table des matières

Introduction ..............................................................................................................
4
Marc Silberstein, Jean-Jacques Kupiec, Olivier Gandrillon
De la nécessité du hasard en biologie

Chapitre 1 ..............................................................................................................
19
Thomas Heams
Expression stochastique des gènes et différenciation cellulaire

Chapitre 2 ..............................................................................................................
43
Thierry Martin
De la diversité des probabilités

Chapitre 3 ..............................................................................................................
59
Antoine Coulon, Guillaume Beslon, François Chatelain, Alexandra Fuchs,
Olivier Gandrillon,
Mathieu Gineste, Jean-Jacques Kupiec, Camila Mejia-Perez, Andras Pàldi
Mécanismes moléculaires et fonction biologique de la variabilité de
l’expression génique à l’échelle de la cellule unique : une approche
systémique

Chapitre 4 ..............................................................................................................
79
Jean Gayon
Déterminisme génétique, déterminisme bernardien, déterminisme laplacien

Chapitre 5 ..............................................................................................................
93
Jérôme Glisse, Laurent Le Guillou, Bertrand Laforge, Jean-Jacques Kupiec
Simulation informatique du modèle darwinien de la différenciation cellulaire

Chapitre 6 ............................................................................................................
127
Jean-Pascal Capp
Le rôle de l’expression aléatoire des gènes dans la cancérogenèse

Chapitre 7 ............................................................................................................
153
Francesca Merlin
Pour une interprétation objective des probabilités dans les modèles
stochastiques de l’expression génétique

Index des noms ...................................................................................................
185
Les auteurs ..........................................................................................................
189

Les auteurs :
Jean-Jacques Kupiec est biologiste moléculaire et épistémologue
(Centre Cavaillès, Ecole normale supérieure, Paris) et vient de
publier L’origine de l’individu (Fayard, 2008). Guillaume Beslon est
bioinformaticien à l’INSA-Lyon. Jean-Pascal Capp est biologiste
moléculaire au CNRS, université de Toulouse 3. François Chatelain est
chimiste (Cytoo SA). Antoine Coulon est bioinformaticien à
l’INSA-Lyon. Alexandra Fuchs est biologiste moléculaire (Cytoo SA).
Olivier Gandrillon est biologiste moléculaire à l’université Lyon 1.
Jean Gayon est historien et philosophe de la biologie à l’université
Paris 1 (IHPST). Mathieu Gineste est biologiste moléculaire à
l’université Lyon 1. Jérôme Glisse est bioinformaticien au Laboratoire
de physique nucléaire et des hautes énergies, université Paris 6.
Thomas Heams est biologiste moléculaire à AgroParisTech. Bertrand
Laforge est physicien au Laboratoire de physique nucléaire et des
hautes énergies, université Paris 6. Laurent Le Guillou est physicien
au Laboratoire de physique nucléaire et des hautes énergies,
université Paris 6. Thierry Martin est philosophe à l’université de
Besançon et à Paris 1 (IHPST). Camila Mejia-Perez est biologiste à
l’université Claude Bernard, Lyon. Francesca Merlin est philosophe de
la biologie à l’université Paris 1 (IHPST). Michel Morange est
biologiste moléculaire et historien de la biologie à l’ENS Paris, et
dirige le Centre Cavaillès de l’Ecole normale supérieure. Andras Paldi
est généticien au Généthon, Evry. Marc Silberstein dirige la
collection « Matériologiques » et participe aux travaux du Centre
Cavaillès de l’Ecole normale supérieure.

 

__._,_.___
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 18:46

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Chers collègues,

Permettez-moi de vous signaler la parution du livre suivant :

L'interprétation de la mécanique quantique, une approche pragmatiste

de Manuel Bächtold

aux éditions Hermann, collection « Visions des sciences »

préfacé par Michel Bitbol

Bien cordialement,

Manuel Bächtold

Présentation :

Ce livre débute par une présentation à la fois pédagogique et rigoureuse des bases de la mécanique quantique suivant l'interprétation « standard ». Il expose en détail le fameux « problème de la mesure », examine les stratégies visant à le surmonter et montre que toutes les approches « réalistes » (qui présupposent une correspondance entre la théorie et la réalité en soi) se heurtent à des difficultés persistantes.

Partant de ce constat d'échec, ce livre propose d'adopter une approche alternative de la connaissance, dite « pragmatiste », qui revient à évaluer une théorie à l'aune de la pratique des physiciens en s'abstenant de lui greffer une construction métaphysique sans lien avec l'expérience. La mise en œuvre de cette approche permet d'offrir une interprétation très éclairante de la mécanique quantique, qui dissout le problème de la mesure, sans modifier la théorie et sans générer de nouvelles difficultés.

Ce livre s'adresse aux étudiants et chercheurs en physique, ou à tout lecteur curieux, en quête de clés pour comprendre la mécanique quantique, mais aussi aux philosophes qui s'interrogent sur la possibilité d'une application concrète des diverses conceptions de la connaissance dans le champ des sciences.

Sommaire :

Préface de Michel Bitbol

Introduction

Chap. 1 – Le réalisme scientifique face au problème de la mesure

1.1    Introduction

1.2    Le réalisme scientifique et la description classique du monde

1.3    L'interprétation standard de la mécanique quantique

1.4    La description quantique de la mesure

1.5    La théorie de la décohérence

1.6    La théorie de l'onde pilote

1.7    La théorie de la localisation spontanée

1.8    Les interprétations modales

1.9    Les mondes multiples et les esprits multiples

1.10  Conclusion

Chap. 2 – Vers une conception pragmatiste de la connaissance

2.1    Introduction

2.2    Resituer la connaissance dans la pratique

2.3    Le rôle des moyens de connaissance

2.4    Le nouvel expérimentalisme

2.5    Conclusion

Chap. 3 – La contextualité de la mécanique quantique

3.1    Introduction

3.2    Le débat de 1935 entre Bohr et Einstein

3.3    Violation des inégalités de Bell et non-localité

3.4    Les preuves de la contextualité

3.5    Conclusion

Chap. 4 – Une interprétation pragmatiste de la mécanique quantique

4.1   Introduction

4.2   Définitions pragmatiques

4.3   Les fonctions pragmatiques

4.4   Le formalisme des espaces de Hilbert

4.5   Le produit tensoriel

4.6   L'équation de Schrödinger

4.7   L'opérateur densité

4.8   Le postulat de projection

4.9   Le problème de la mesure revisité

4.10 Conclusion

Conclusion

Bibliographie

Table des matières



Par DominiqueGiraudet - Publié dans : penser - Communauté : La commune des philosophes
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