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Ernst Cassirer né le 28 juillet 1874 à Breslau, Silésie (aujourd'hui Wrocław, Pologne) et mort le 13 avril 1945 à New York. Philosophe allemand, représentant d'une variété de néo-kantisme, courant fondé par Paul Natorp et Hermann Cohen, développé dans ce qu'on appelle aujourd'hui l'école de Marburg.
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Fils d'un commerçant juif de Breslau, il fit des études en droit, littérature allemande et philosophie à l'université de Berlin et, à partir de 1896, à l'université de Marbourg. Il fut fortement influencé par Hermann Cohen et obtint en 1899 son doctorat avec une thèse sur Descartes.
De retour à Berlin, il soutint en 1906 sa thèse d'habilitation, ou thèse d'État, et reste à l'université pendant treize ans en tant qu'assistant. À partir de 1919 il occupa une chaire de philosophie à l'université de Hambourg.
Lors de la montée du national-socialisme et la prise du pouvoir en 1933, il dut quitter l'Allemagne en raison de ses origines juives, enseigna d'abord à Oxford, Angleterre (1933-35), puis à Göteborg, Suède (1935-41). Devenu citoyen suédois en 1939, il s'installa aux États-Unis à partir de 1941, où il travailla aux universités Yale (1941-44) et Columbia (1944-45).
Cassirer partit de l'approfondissement de la théorie de la connaissance kantienne, telle qu'elle fut élaborée par le néo-kantisme. Il est d'usage de le considérer comme un membre de l'école de Marbourg. L'originalité de son œuvre, et les orientations qu'il prit en font un penseur original et non pas un simple néo-kantien. Sa plus grande originalité réside sans doute dans sa vision dynamique de la pensée humaine, tant dans sa composante historico-temporelle que constructiviste.
En 1929, il prit part à un séminaire à Davos, resté célèbre de par la confrontation qui y eut lieu entre lui et Heidegger. Alors qu'Heidegger fondait une ontologie, en procédant à une relecture radicale de Kant (et en particulier de la première édition de la 'Critique de la Raison Pure', où l'imagination transcendantale se voit attribuer le rôle d'une faculté de synthèse, susceptible de pouvoir être considérée comme la "racine commune" de l'entendement et de la sensibilité, bref : de pouvoir être considérée comme le cœur du sujet), afin d'explorer l'en-deçà de la représentation. Cassirer ouvrait une voie visant à définir la manière dont le sujet construit sa représentation. En d'autres termes, leurs travaux ne sont pas strictement antagonistes car leurs directions n'étaient pas les mêmes.
Ce qui était en jeu, en revanche, était les orientations à donner à la philosophie du XXème siècle : explorer les fondements existentiels de l'être ou la façon dont la raison se construit et se développe ? Là réside la profonde originalité et l'intérêt de Cassirer. Il anticipe d'une certaine manière, les travaux de Piaget, des structuralistes et des cogniticiens modernes. En effet, il s'attache, dans sa philosophie, à comprendre et décrire comment l'homme construit ses représentations vers toujours plus d'objectivité et la science moderne. Le fil directeur est l'élaboration humaine de symboles, que ceux-ci soient mythiques, linguistiques, artistiques ou scientifiques. L'homme ne naît pas avec des représentations de type kantien, mais il se les construit. C'est là son principal apport à la théorie kantienne de la connaissance.
De ce point de vue, il peut être considéré comme l'un des précurseurs du constructivisme moderne et eut également une influence majeure sur Maurice Merleau-Ponty et en particulier son ouvrage "Phénoménologie de la perception".
Sa philosophie peut être qualifiée de philosophie de la culture. L'esprit humain produit des représentations dont on peut écrire l'histoire. Ces représentations constituent la culture humaine, formes objectives de l'esprit. Le langage, le mythe mais également les sciences sont des élaborations de l'esprit humain, qui lui permettent de mieux comprendre le monde et agir sur lui.
Celle-ci vise à unifier les différents aspects de l'esprit humain en définissant l'homme, à la suite de Wilhelm von Humboldt, comme un animal symbolique. Pour lui, l'esprit humain se développe par symbolisation toujours plus précise et sophistiquée. Il jeta les bases de sa philosophie dans un article de 1910 Forme et fonction, qu'il reprit et étoffa dans Philosophie des formes symboliques, son ouvrage majeur. Le symbole produit par l'esprit permet à l'être humain de toujours mieux connaître le monde qui l'entoure. Cette symbolisation part de la perception brute telle qu'elle est donnée par les sens, pour ensuite la structurer au moyen de concepts et idées toujours plus exactes. Ainsi, pour Cassirer, la science moderne constitue l'aboutissement du développement de l'esprit humain, tel que l'histoire de la connaissance et de la pensée le montrent. Pour lui, sans que cela soit explicitement exprimé, la science est le mode supérieur de connaissance.
Il résuma sa philosophie dans L'Essai sur l'homme, qui constitue la synthèse de sa vision de l'homme, plus accessible que sa Philosophie des formes symboliques.
Son dernier ouvrage tente d'analyser le phénomène de l'état nazi Le mythe de l'État.
Son principal et plus connu ouvrage est Philosophie des formes symboliques en 3 tomes :
Parmi ses autres ouvrages majeurs disponibles en français mentionnons :
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Cassirer étudie la philosophie, la littérature allemande et l'histoire de l'art successivement à Berlin, Leipzig et Heidelberg. De retour à Berlin en 1894, il suit les cours de Georg Simmel, puis ceux du néo-kantien Hermann Cohen à Marburg, en 1896. Privadozent à Berlin en 1909, il est nommé professeur à l'Université de Hambourg en 1919, d'où il fuit le régime national-socialiste dès 1933. Cassirer part alors enseigner à Oxford, puis à Göteborg, Yale et enfin à l'Université de Columbia, à New York, où il meurt subitement.
Cassirer a notamment écrit : le Problème de la connaissance dans la philosophie et la science contemporaine (1906-1920), la Philosophie des formes symboliques (1923-1927), l'Individu et le cosmos dans la philosophie de la Renaissance (1927) et la philosophie des Lumières (1932).
La fonction symbolique
Cassirer apparaît d'abord comme un commentateur de l'œuvre de Kant, qu'il relit à la lumière des progrès récents des sciences exactes et des sciences humaines et sociales.
La science moderne, cherchant à objectiver le réel, veut établir des principes d'invariance. Or le modèle scientifique ne suffit pas à exprimer tous les invariants de la réalité, dont Cassirer perçoit l'essence dans le symbole. Il va alors appliquer les catégories kantiennes - qui sont les fonctions du jugement grâce auxquelles la connaissance du monde est possible (espace, temps, nombre, causalité) en ce qu'elles permettent d'unifier, au sein de la conscience, le divers en un tout - à d'autres objets que ceux de la connaissance physico-mathématique : la culture et ses différentes formes - langage, religion, mythe, art -, qui sont un autre modèle d'objectivation de la réalité.
Cassirer va donc procéder à l'inventaire des diverses «formes culturelles». Le langage apparaît comme un système privilégié de signes : il est une activité symbolique qui donne forme au réel, il est un moyen par lequel les multiples impressions sensibles sont formées en objets de la pensée. Vecteur de sens, il exprime les relations symboliques, d'espace, de temps et de nombre. Pour Cassirer, la fonction symbolique s'étend à «la totalité des phénomènes qui, sous quelque forme que ce soit, manifestent un sens au sein du sensible».
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Pour en savoir plus |
| La philosophie des Lumières |
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PAR MARY AIKINS
Quand on discute avec Tenzin Gyatso, on sent dans la pièce une autre présence: la joie. Le «simple moine» salue la vie avec une bonne humeur qu’il ponctue souvent de grands éclats de rire.
Né en 1935 dans une famille de fermiers, Tenzin Gyatso est reconnu, à l’âge de deux ans, comme le 14e dalaï-lama. Trois ans plus tard, il devient le chef spirituel des bouddhistes tibétains.
Les dalaï-lamas sont restés pendant des siècles les souverains temporels et spirituels de ce «pays des neiges». Puis, en 1950, la Chine envahit le Tibet. Durant neuf ans, le dalaï-lama résiste et tente de négocier la paix avec l’occupant. Ce n’est qu’en 1959, après la sanglante répression d’un soulèvement populaire, qu’il s’exile en Inde avec 80 000 Tibétains.
Même expatrié, Tenzin Gyatso reste le souverain politique et spirituel de tous les Tibétains. Symbole du Tibet libre, il est admiré dans le monde entier par des fidèles de toutes les
religions.
Nous nous entretenons avec lui dans la salle de réception du monastère indien Theckchen Choeling, de Dharmshala, où il vit la plus grande partie de l’année. L’écho des psalmodies d’une centaine de moines bouddhistes en robe safran s’élève au-dessus des pinèdes odorantes tapissant les contreforts himalayens.
Sélection: Votre assistant nous dit que vous êtes à moitié végétarien. Comment peut-on être à moitié végétarien?
Dalaï-lama: [Rires.] Je suis devenu végétarien au début des années 60, et je le suis resté pendant près de deux ans. Puis j’ai contracté une hépatite, mon corps est devenu jaune. Mes pupilles, mes ongles étaient jaunes ! J’étais comme le Bouddha, mais cela n’avait rien à voir avec la spiritualité, c’était la maladie! Alors je suis revenu à mon régime précédent. Végétarien un jour, non-végétarien le lendemain.
Depuis l’année dernière, mon régime est surtout constitué de légumes et de riz ; c’est bon pour mon tour de taille. Mais on ne peut pas dire que je suis tout à fait orthodoxe: quand je suis ailleurs, je mange ce qu’on me sert.
Sélection: Quels sont vos animaux favoris?
Dalaï-lama: Les oiseaux. Je nourris ceux qui sont pacifiques. Je suis contre la violence, mais, si un faucon attaque mes protégés, je me fâche et je vais chercher ma carabine à air comprimé.
Sélection: Vous avez une carabine?
Dalaï-lama: Uniquement pour faire peur aux faucons.
Sélection: Chaque matin, vous vous levez à trois heures et vous méditez jusqu’à six heures. Quand le temps vous manque pour méditer, ça vous rend bougon?
Dalaï-lama: Il faut une certaine accumulation de journées stressantes, pendant plusieurs mois, pour que je devienne bougon. Ça m’arrive aussi quand je côtoie des gens qui manquent de sérieux. Mais j’ai toujours envie de découvrir de nouveaux endroits, de nouveaux visages.
Sélection: Les personnes avec lesquelles vous avez le plus d’affinités ?
Dalaï-lama: Des chefs religieux, bien sûr. Le pape. Vaclav Havel, l’ex-président tchèque. C’est de lui que je me sens le plus proche. Sa spiritualité est très profonde.
Le pandit Nehru [artisan, avec Ghandi, de l’indépendance de l’Inde] manifestait un profond intérêt pour le règlement du problème tibétain; sur cette question, c’est avec lui que j’ai eu la relation la plus étroite. J’admire aussi Willy Brandt, l’ancien chancelier de l’Allemagne de l’Ouest. En pleine guerre froide, il a réussi à gagner la confiance des dirigeants de l’Union soviétique sans que cela porte atteinte aux droits de son pays. C’est la meilleure stratégie: défendre ses droits et ses valeurs tout en gardant une attitude amicale.
Sélection: Qui d’autre?
Dalaï-lama: Le président Mao. Notre première rencontre a été plutôt formelle. J’étais très inquiet. Plus tard, lors de dîners officiels, il m’a souvent fait asseoir à ses côtés. Il me traitait comme un fils. Il allait jusqu’à me faire goûter certains plats avec ses baguettes! Ça me rendait un peu nerveux: il toussait tellement que j’avais peur d’attraper ses microbes! [Rires.]
Il m’a souvent félicité de ne pas fumer. Il était incapable d’arrêter. J’aimais la candeur avec laquelle il m’avouait ça. Je crois que nous avons fini par devenir amis. J’avais beaucoup de respect pour lui; il était un grand révolutionnaire. Son comportement était parfois fruste, mais il était très attentionné.
Sélection: Les relations peuvent-elles s’améliorer entre la Chine et le Tibet?
Dalaï-lama: En septembre dernier, une délégation tibétaine s’est rendue en Chine et a été bien accueillie. Auparavant, les Chinois sermonnaient durement nos représentants, mais, cette fois, ils se sont montrés plus conciliants. La Chine évolue. Tôt ou tard, le système communiste changera lui aussi.
Sélection: Mais plus lentement, sans doute…
Dalaï-lama: Je préfère cela. Un changement trop radical engendre parfois le chaos. Personne n’y trouve son compte. Je crois que certaines personnalités chinoises réalisent que le pouvoir devra être plus décentralisé. La situation présente au Tibet est dangereuse pour les Chinois. C’est pour ça qu’ils suppriment tant de gens ou qu’ils les endoctrinent. Mais je crois que l’intelligentsia et certains dirigeants éclairés trouveront des solutions plus raisonnables et plus réalistes. Quand ? Je ne le sais pas.
Sélection: Croyez que de jeunes Tibétains pourraient recourir à la violence si les négociations échouaient?
Dalaï-lama: Ce danger existe.
Sélection: Comment réagiriez-vous?
Dalaï-lama: Je démissionnerais.
Sélection: En tant que chef du gouvernement tibétain ou en tant que dalaï-lama?
Dalaï-lama: [Rires.] La réincarnation du dalaï-lama ne peut abdiquer. Pour cela, il faudrait que je change de corps!
Depuis 2001, nous avons un gouvernement élu. Je suis donc quasi retraité. Mais il est certain que, jusqu’à ma mort, je continuerai à promouvoir les valeurs humaines, l’harmonie entre les religions et la protection de l’environnement.
Sélection: En tant que moine, vous êtes passé à côté de certains plaisirs. Vous le regrettez?
Dalaï-lama: Non. La chasteté, pour les moines et les moniales, est plus qu’une règle. Notre but primordial est de faire en sorte de réduire toutes les émotions négatives. Le désir sexuel et l’attachement sont agréables, mais ils peuvent produire colère, jalousie et haine.
Les moines jeûnent, leur habillement est très simple. Ces pratiques n’apportent pas seulement la paix de l’esprit, mais la moksha, la libération.
Sélection: Il y a plus de 40 ans, vous avez été forcé de fuir votre terre natale. Depuis, la culture tibétaine a été anéantie et beaucoup de gens sont morts. Ressentez-vous de la colère et de la haine?
Dalaï-lama: De la colère, parfois. De la haine, presque jamais. Un moine ne peut se laisser aller à de tels sentiments.
J’ai rencontré récemment un vieux moine tibétain qui a passé près de 20 ans dans un goulag chinois. Il m’a décrit ce qu’il y avait subi. Puis il a évoqué des moments particulièrement difficiles. Je croyais qu’il faisait allusion aux dangers pour sa vie, mais ce n’était pas cela. Le véritable danger, m’a-t-il expliqué, était de perdre sa compassion envers les Chinois. Il savait que ces gens qui le faisaient souffrir créaient un nouveau karma qu’ils devraient affronter pendant très longtemps. Alors, il s’inquiétait pour eux.
Mais atténuer la colère ne veut pas dire qu’on abandonne la lutte. Nous continuons à nous battre pour nos droits, pour la justice, mais nous le faisons sans colère. Je crois que l’essence de la non-violence ne réside pas seulement dans l’action, mais dans la motivation.
Dans l’une de ses vies antérieures, le Bouddha a tué un homme pour sauver la vie de 499 personnes. Cet homme avait l’intention d’éliminer ses compagnons pour s’emparer de leurs biens ; s’il mettait son dessein à exécution, s’est dit le Bouddha, non seulement toutes ces personnes mourraient, mais il commettrait un péché. Alors, par pure compassion, le Bouddha a pris le péché sur ses épaules et a ainsi sauvé 499 personnes.
Sélection: Quel message donnez-vous aux parents?
Dalaï-lama: S’aimer et se respecter l’un l’autre. Cette attitude a une influence positive sur l’esprit des enfants. Les parents doivent saisir toutes les occasions de manifester leur affection envers leur progéniture. C’est primordial.
Je ne suis pas sûr que j’aurais été un bon père, car j’ai mauvais caractère… Je tiens cela de mon père, qui s’emportait facilement.
Sélection: Il vous punissait?
Dalaï-lama: Oh oui!
Sélection: La leçon la plus importante à donner aux enfants?
Dalaï-lama: Leur apprendre la compassion, l’affection. Leur démontrer que tout est dans l’action, pas dans les mots.
Sélection: L’intolérance religieuse est une source majeure de violence dans le monde. Comment l’endiguer?
Dalaï-lama: J’ai quatre suggestions. Premièrement, des rencontres au cours desquelles des érudits discuteraient des religions, de leurs différences et de leurs similarités. Deuxièmement, des entretiens entre des pratiquants de différentes religions. Ces échanges leur permettraient de comprendre les autres traditions.
Troisièmement, des pèlerinages dans les lieux saints. Je suis allé à Jérusalem, à Lourdes et à Fatima, au Portugal. Ici, en Inde, j’ai visité des églises, des synagogues, des mosquées et des temples jaïns et hindous. Je ne crois pas en Dieu. Je ne crois pas qu’il y ait un créateur. Mais je respecte toutes les religions.
Il y a quelques années, des catholiques d’Angleterre sont venus en Inde, à Bodh Gaya (la ville où le Bouddha a reçu l’« éveil ») pour y participer à un séminaire. Chaque matin, sous un figuier, chrétiens, bouddhistes, musulmans et jaïns se réunissaient pour méditer. Leurs croyances étaient différentes, mais ils recherchaient tous la paix intérieure et voulaient devenir des êtres meilleurs.
Ma quatrième suggestion est de tenir des conférences comme celles d’Assise, où des chefs religieux se retrouvent pour parler de leur foi.
Pour ce qui est des intégristes, je crois qu’une des causes principales de leur intolérance est l’isolement. Lorsqu’ils étaient au Tibet, beaucoup de moines, y compris moi-même, pensaient que le bouddhisme surpassait tout. Mais, lorsqu’on rencontre d’autres croyants, on devient plus ouvert, plus respectueux de leur religion. Essayer de convertir est contre-productif et crée un tas de problèmes.
C’est sans doute parce qu’il y a beaucoup d’hindous, de jaïns et de sikhs en Inde que l’attitude des musulmans indiens est plus ouverte que celle des musulmans arabes, qui sont isolés. Des contacts plus étroits, plus fréquents, avec d’autres traditions permettraient d’atténuer l’intégrisme.
Sélection: Existe-t-il aujourd’hui un plus grand esprit d’œcuménisme chez les dirigeants religieux ?
Dalaï-lama: Oui, ils respectent le pluralisme. Il y a longtemps, à Paris, un prêtre catholique a essayé de me convertir au christianisme. C’était perdu d’avance ! [Rires.]
Sélection: Avez-vous une pensée que vous vous répétez souvent ?
Dalaï-lama: Oui. Une prière. Quand je suis triste ou découragé, quand je me demande si la vie a un sens, ces quelques mots me donnent une réponse et restaurent ma force intérieure :
Tant que durera l’univers
Tant que des êtres y souffriront
Je serai là pour aider, pour servir…
Quand les gens font les louanges du dalaï-lama, ce poème m’inspire davantage. Je ne suis qu’un serviteur. S’il en était autrement, cela voudrait dire que je m’accorde trop d’importance. C’est cela qui crée l’arrogance et le désir d’exploiter les autres.
Lorsqu’on apporte bonheur et réconfort à ses semblables, on est en accord avec soi-même et avec la vie. Lorsqu’on ne leur apporte que problèmes et souffrances, cette vie perd tout son sens.
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Il nous faut apprendre à rêver, à rêver encore. Mais il s'agit là du véritable rêve, du rêve créateur, et non pas du rêve de l'homme endormi. C'est lorsque l'on rêve, paradoxalement, que l'on est éveillé. La puissance du rêve est gigantesque, il nous faut rêver comme des enfants, aux choses les plus inconcevables, auxquelles l'homme social ne peut avoir accès. Rêve, jeu, et non plus cette triste réalité dont se gargarisent les bien-pensants.
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| Critiques actuelles: 4 |
Henri Laborit (Hanoï, 21 novembre 1914 - 18 mai 1995) était un biologiste,un philosophe du comportement animal et surtout du comportement humain.
Henri Laborit a dirigé la revue d'Agressologie de 1958 à 1983.
Il se montra toute sa vie esprit curieux et par ailleurs anticonformiste (défense inattendue de la revue Planète contre les attaques de l'Union rationaliste dans les années 1960, rappel discret des massacres de Vendée dans « Mon oncle d'Amérique » en 1980, participation au comité de direction de l'Institut de Sémantique générale de Lakeville). On ne le vit pas néanmoins se laisser étiqueter sous quelque mouvement que ce soit.
En 1969, les étudiants en urbanisme de l'Université de Vincennes, qui est en train de se créer, l'invitent à animer une unité de valeur biologie et urbanisme (jusqu'en 1974)
C'est avec son livre La Nouvelle grille (1974) qu'il fit connaître ses idées sur la biologie comportementale au grand public dans le contexte favorable post-68.
Ses travaux sur le conditionnement sont à la base du film Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais en 1980. Il fait montre de l'expérience scientifique sur des rats qui l'a amené à développer le concept d'Inhibition de l'action (titre de l'un de ses livres voir plus bas) et qui explique dans qeulles conditions se stress des rats isolés somatisent (ulcères).
On doit à Laborit l'introduction (1952) de la chlorpromazine (le premier neuroleptique, dont le nom commercial est Largactil) dans le traitement de la schizophrénie. Avant, il avait introduit l'hibernation artificielle (1951).
Il a donné sa vraie importance à la névroglie ou ensemble de cellules gliales, et aux radicaux libres, bien avant leur irruption dans la presse-radio-TV et même dans la presse scientifique. Il a également été le premier à synthétiser le GHB au début des années années 1960.
Prix Lasker (USA) en 1957, médaillé de l'O.M.S. en 1972, il reçut le prix Anokhin (URSS) en 1981.
Il n'a pas eu le prix Nobel (il était nominé) parce qu'il ne faisait pas partie de l'élite scientifique: il n'était pas membre d'un grand Institut ni d'un grand Centre de recherche.
Un hôpital de Poitiers porte son nom. Il est le grand-père de l'actrice Emmanuelle Laborit.
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Dès la première page de son livre « Inhibition de l'action » (Masson, Paris, 1980), le Professeur Henri Laborit (1914-1995) évoque le PBD (programme biologique de survie) : « Quand l'action [pour résoudre un conflit] est impossible, l'inhibition de l'action permet encore la survie puisqu'elle évite parfois la destruction, le nivellement entropique avec l'environnement. C'est en ce sens que la « maladie » [les guillemets sont de Laborit] sous toutes ses formes peut être considérée comme un moindre mal, comme un sursis donné à l'organisme avant de disparaître.» (...) « Le manichéisme qui caractérise la majorité des conduites humaines ne permet d'envisager jusqu'ici que deux conduites à l'égard de la maladie : l'une consiste à agir sur l'organisme malade en ignorant son environnement, l'autre à agir sur l'environnement en croyant que cela suffira à résoudre tous les problèmes organiques. Il serait sans doute préférable dans certains cas, pour traiter un ulcère d'estomac, d'éloigner la belle-mère par exemple plutôt que de pratiquer une gastrectomie qui ne changera rien au facteur environnemental." (...) "Nous sommes les autres, c'est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres - nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs - ont fait de nous, consciemment ou non. Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie."
Voici l'expérimentation scientifique avec des rats conduisant à l'observation de l'inhibition de l'action: Expérimentation de la cage d'inhibition
1. Un rat est placé dans une cage à plancher grillagé et séparée en deux compartiments par une cloison, dans laquelle se trouve une porte Un signal sonore et un flash lumineux sont enclenchés et après quatre secondes un courant électrique est envoyé dans le plancher grillagé. La porte est ouverte. Le rat apprend très vite la relation temporelle entre les signaux sonores et lumineux et la décharge électrique qu'il reçoit dans les pattes. Il ne tarde pas à éviter cette "punition" en passant dans le compartiment adjacent. A peine est-il arrivé que le plancher bascule légèrement et active les signaux et quatre secondes plus tard le choc électrique. Il doit cette fois parcourir le chemin inverse et le jeu de bascule recommence, ainsi que les signaux et le choc électrique. Il est soumis à ce va et vient pendant dix minutes par jour pendant huit jours consécutifs. A l'auscultation, son état biologique est excellent.
2. Cette fois deux rats sont placés dans la cage mais la porte de communication est fermée. Ils vont subir le choc électrique sans pouvoir s'enfuir. Rapidement ils se battent, se mordent et se griffent. Après une expérimentation d'une durée analogue à la phase 1, ils sont auscultés et leur état biologique, à part les morsures et les griffures, est excellent.
3. Dans cette nouvelle expérience, un rat est placé seul dans la cage avec la porte de communication fermée. Le protocole est identique aux précédentes expérimentations. Au huitième jour, les examens biologiques révèlent : - une chute de poids importante ; - une hypertension artérielle qui persiste plusieurs semaines ; - de multiples lésions ulcéreuses sur l'estomac.
Constatation : L'animal qui peut réagir par la fuite (expérience N°1), ou par la lutte (expérience N°2) ne développe pas de troubles organiques. L'animal qui ne peut ni fuir ni lutter (expérience N°3) se trouve en inhibition de son action et présente des perturbations pathologiques. Il en est de même pour l'être humain. Dès qu'il se trouve enfermé, coincé dans une situation sans issue et qu'il ne peut réagir par la fuite ni l'attaque il se trouve dans une situation qui provoque des symptômes plus ou moins importants selon son état de santé physique et psychique antérieur et la durée de la situation.
4. L'expérience numéro trois est à nouveau proposée à un rat avec le même protocole. Chaque jour l'animal isolé est soumis, immédiatement après les dix minutes d'inhibition dans la cage fermée, un électrochoc convulsivant avec coma. Au bout des huit jours, et malgré l'intensité agressive de l'électrochoc, l'état de santé du rat est excellent. Dans cette expérience il est démontré que l'électrochoc interdit le passage de la mémoire immédiate, à court terme, à la mémoire à long terme. L'oubli forcé est ici, pour le rat, un moyen efficace de sauvegarde face à une situation inhibitrice qui se répète."
Ces expérimentations sont aussi à mettre en lien avec les découvertes concernant l'origine psychobiologique de la plupart des maladies du Dr Geerd Hamer ; en effet, sa première des 5 Lois biologiques, la "Loi d'airain du cancer" (prendre suivant ce qu'en dit le Dr Hamer le mot cancer comme désignant toute maladie) montre qu'un "cancer" apparaît suite à un choc, vécu dans l'isolement, ayant entraîné un conflit psychique et qui ne se résout pas (cf. cas du rat seul dans la cage dans l'expérience N°3) [1]. Ses découvertes ont reçu de nombreuses vérifications scientifiques [2] ; il faut encore noter qu'elles sont à mettre en résonnance et en concordance compatible avec les autres découvertes scientifiques de notamment Hans Selye [3].
"Au delà de la vision étroite des perturbations "psychosomatiques" auxquelles on se référait alors, il ouvre la voie de la neuro-psycho-immunologie, une des approches les plus prometteuse du comportement humain en relation avec les mécanismes moléculaires et cellulaires. L'inhibition de l'action peut être le facteur déclenchant de désordres neuro-psycho-immulogiques. La preuve est faite aujourd'hui des interrelations entre macrophages, hormones peptidiques et régulateurs du fonctionnement cérébral. Les trois réseaux qui assurent l'homéostasie du corps (système nerveux, immunitaire et hormonal) convergent et s'interpénètrent. " "Henri Laborit, homme total et libre dans l'univers fragmenté des disciplines, restera en cette fin du 20ème siècle comme un pionnier de la pensée complexe et l'inspirateur d'un nouveau sens de la vie" Joël de Rosnay (Directeur de la Prospective et de l'Evaluation Cité des Sciences et de l'Industrie – Paris )
"(…) pour faire une infection ou une affection néoplasique [cancer], il ne suffit pas d'un contact avec un microbe ou un virus ou un irritant local chroniquement subi. On a trop focalisé sur le microbe, le virus ou le toxique cancérogène et pas assez sur le sujet, sur son histoire passée et présente, ses rapports avec son environnement. Les toxiques eux-mêmes doivent sans doute présenter une toxicité variable suivant le contexte et le statut social de l'individu qu'ils atteignent. (...) Contentons-nous maintenant de rappeler que les schizophrènes parvenus au stade de la démence, isolés du contexte social par leur folie, sont parmi les populations les moins atteintes par les affections cancéreuses, infectieuses et psychosomatiques (...)". "(...).il n'y a pas que les maladies psychiques et psychosomatiques qui soient du ressort des comportements individuels en situation sociale (…) , sans doute toute la pathologie en dépend." (...) "Nous sommes les autres, c'est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres - nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs - ont fait de nous, consciemment ou non. Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie." (...) "la pathologie réactionnelle aiguë à une lésion, elle-même brutale et soudaine, dépend aussi de ce qu'il est convenu d'appeler le "terrain" et qui nous paraît être l'état de la dynamique métabolique tissulaire au moment où elle s'installe. Cette dynamique elle-même dépend de toute l'histoire antérieure du sujet, c'est-à-dire de ses rapports historiques avec ses environnements.".(…) "Quand, il y a peu d'années encore, un médecin observait chez un malade une raideur des muscles de la nuque, une céphalée avec obnubilation, coma parfois, hyperthermie, pouls ralenti, vomissements, il faisait le diagnostic de syndrome méningé. Notons qu'il avait fallu des millénaires pour réunir ces signes disparates en faisceau et montrer qu'ils exprimaient un état d'irritation des méninges. Mais en se limitant aux symptômes par ignorance des processus sous-jacents, la thérapeutique se limitait généralement à prescrire de la glace sur la tête et de l'aspirine. La plupart des malades mouraient."(…) "La séparation entre l'esprit et le corps est sans doute un des concepts les plus difficiles à détruire, car fondé sur une apparente évidence. C'est lui qui distingue encore les écoles philosophiques, les sciences humaines des sciences physiques, et par exemple les psychiatries pavlovienne et freudienne, c'est-à-dire les méthodes cherchant à s'appuyer sur des mesures objectives de faits observés de celles basées sur une approche entièrement subjective et introspective des comportements humains. C'est la barrière qui persiste entre la pathologie cortico-viscérale et la pathologie psychosomatique." Henri LABORIT « Inhibition de l'action » (Editions Masson Paris & Presses Universitaires de Montréal, 1980)
A l'issue d'une conférence que donnait Laborit en 1966, un psychiatre se leva pour déclarer, non sans emphase, qu'il le voyait comme un " hardi explorateur qui, tel un Viking, s'élance sans peur sur les eaux profondes et dangereuses de la pensée scientifique à la découverte de nouveaux rivages".Laborit étudie systématiquement toutes les grandes familles de molécules agissant au niveau du système nerveux central. Il déplore les effets abrutissants de tranquillisants tels l'équanil et les benzodiazépines qui ne remédient en rien aux causes de l'anxiété. [4].
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